CONFIÉS A LA GARDE DU MARECHAL DE GIE
( Orig. Archives nationales, Trésor des chartes, K 7 Zi , n® Aa.)
Nous Loys, duc d’Orléans, de Millan et de Valois, conte de Blois, de Pavie et de Beaumont, seigneur d’Ast et de Coucy, confessons avoir eu et receu de nostre très amé cousin Pierre de Rohan, seigneur de Gyé, viconte de Fronsac, mareschal de France, les bagues et joyaulx cy apres declairées.
C’est assavoir : Ung grant balay, mis en euvre en une cordeliere d’or et une S au bas, esmaillée de rouge cler, appelle «le balay de la treille».
Ung autre balay moindre, mis en euvre en ung reliquiere d’or.
Ung curedent d’or ou il y a deux dyamans, lun en losenge, 1 autre en poincte, et une grosse perle longue au bout.
Une grant table de dyamant, mise en euvre en ung vent (1) d’or, ou il y a trois perles rondes.
Ung loi rie (2;' d’or, ou il y a ung dyamant taillé a faces, avecques deux petiz rubiz et une grosse perle en façon de poire.
Ung fermellet d’or, ou il y a ung grant dyamant en escusson, quatre grosses perles rondes et trois petis rubiz.
Ung reliquiere en façon d’unes tablectes, aux armes d’Orléans.
Vent, van, c'est-à-dire panneau , lame, vantail.
<s) Loirie ou loirre, terme de faucon¬
nerie , dit :
équivalent de leurre. A. Chartier a Amour loirre
Les cueurs, comme faucon en loirre.
Une potence de saint Anlhoine, garnye de cinq bal ays et de douze grosses perles.
Une grant croix, toute de perles, rubiz et dyamans, ou il pend une grosse perle en façon de poire.
Cinq SS, garnyes chacun d’un balay, et quatre loiries de dyamans, c’est assavoir : S, loiries rattachées (1) en quatre SS, garnies chacune de deux grosses perles.
Ung doitier ou il y a six verges , en chacune verge quelque petite pierrerie de petiz rubiz, dyamans, petiz saffirs, et en aucune desdites verges des camayeux.
Trois saffirs enchâssez en plomb.
Trois autres plates pierres, non enchâssées, hleuates, tirans au salir.
Ung couvercle de boite, ou il y a de petites pierreries atachées en cire.
Deux autres pierres non enchâssées, tirans au halet.
Et aucune autre petite pierrerie qu’on ne scet que c’est, non enchâssée.
Et une pierre non enchâssée, assez grande, qu’on ne scet que c’est.
Trois livres du Mirouer Historial, en grant volume en parchemin, en latin et en françois, avecques ung autre livre qui parle de Dieu.
Toutes lesquelles bagues, joyaulx et livres® lui avoient esté baillés en garde par feue nostre très chere dame et mere, que Dieu ahsoille, comme son principal exécuteur de son testament et ordonnancement de derniere voulenté.
Et d icelles bagues, joyaulx et livres nous nous tenons pour contens et en avons quicté et deschargé, quictons et deschargeons, par ces présentes, nostredit cousin et tous autres.
(1) Le texte porte : «C’est assavoir S. 1. R. en quatre SS . »
<J) Ce n’était qu’une faible partie des anciens diamants de la maison d’Orléans. (Voir l'Inventaire de Chauny, publié par M. G. Lecocq sous ce tilre : Élude historique sur Marie de Clèves , p. 3 1 , et de nombreux documents aux Archives nationales , KK e64, 268-269,270-272, 333,5oo,5o2-
5o3, 535, et K 5oo.) Marie de Clèves avait été obligée de faire argent de ses diamants. (Voir notre livre Jeanne de France, p. 69, notes.) On verra, dans le compte de i A97, que nous publions ci-après ( Procès de divorce de Louis XII , pièce justificative n“ 2), que Louis d’Orléans fut également obligé de les mettre en gage.
En tesmoing de ce, nous avons signé ces présentes de nostre main et scellées de nostre grant seel.
Donné a Paris, le dix neufviesme jour de mars, l’an de grâce mil cccc quatre vings et douze (1).
Lovs.
Par monseigneur le duc :
Cotebeau.
DOCUMENTS BELATIFS À LA SITUATION DU MARECHAL SOUS LE RÉGNE DE LOUIS XII.
Paris, s8 août i4g8.