DÉPOSITION DE RENÉ GHRISTOFLE , NOTAIRE À MAILLÉ
Et premier, en la ville de Maillé, en la maison de René Christofle, le xne jour de juillet, l’an mil cinq cens et quatre.
René Christophle, notaire ou practicien en court laye, demourant en la ville de Maille, aagé de lvi ans ou environ, tesmoing produit de la partie desdits haulx et puissans Marguerite de Rohan et Gilles de
Laval, seigneur de Maillé et de la Haye, a l’encontre dudit hault et puissant messire Pierre de Rohan, chevalier, Rolant Ploret, François Le Gay, François Gochinart, Pregent de Livilion, Pierre Odet, Gilles Mareschal, et autres, juré ce jour d’uy de dire vérité, oy et examiné par nous, lieutenant commissaire et adjoinct susdit, sur les ivc, v=, vne, ixe, xe, xive, xve, xvie, xvme, xixe, xxe, xxie, xxue, xxive et xxve articles des faiz et articles des intendit et articles desdits Marguerite de Rohan et Giles de Laval : et premier enquis sur le ive et ve desdits articles, dit • et deppose, par son serement, qu’il cognoist, quatorze ans sont ou environ, ladite dame Marguerite de Rohan, qui, en celuy temps, espousa feu messire François de Maillé, chevalier, seigneur dudit lieu de Maillé, qui la mena demourer audit lieu de Maillé, ou ilz se sont depuis tenuz jusques au dexces d’iceiuy feu de Maillé, qui décéda, deux ans sont ou environ, au chasteau dudit lieu de Maillé; et vingt ans sont et plus qu’il cognoist ledit messire Pierre de Rohan et souvent l’a veu, tant audit lieu de Maillé que ailleurs; et pareillement cognoist ledit Gilles de Laval, depuis deux ans en ça, qu’il expousa ladite damoyselle Françoise de Maillé : laquelle damoyselle ledit depposant cognoist, de ce qu’elle fut née : et ne cognoist point, ledit depposant, le baily de Touraine, bien a oy dire qu’il est fdz dudit messire Pierre de Rohan. Et se remembre que, au mois de janvier derrenier passé a eu ung an, il vit, audit lieu de Maillé, a certain jour de dimenche, entre sept et huit heures du matin, noble homme Hugues Bretin, seigneur de Lessay, qui se disoit lieutenant du prevost des mareschaulx el serviteur domesticque et commensal dudit messire Pierre de Rohan : et lui estant audit chasteau de Maillé, il manda quérir ledit depposant pour aler parler a luy, et, quant il depposant y fut arrivé, il oyt et entendit que ledit Bretin luy clist que ledit messire Pierre de Rohan avoit esté commis tuteur ou curateur de ladite damoyselle Françoise de Maillé, sa niepce, par le baily de Touraine ou son lieutenant a Tours et que, a ceste cause, il estoit venu audit chasteau de Maillé pour et de par ledit messire Pierre de Rohan, et qu’il failloit garder ledit chasteau et place de Maillé pour et au nom dudit messire Pierre de Rohan,
et qu’il falloit inventorier les biens meubles estans audit chasteau de Maillé pour en rendre par lui compte en temps et lieu a qui il appartiendrait.
Et pareillement manda ledit Bretin quérir Jacques Chesneau M, demourant au bourg dudit lieu de Maillé, et, lui venu par devers ledit Bretin audit chasteau, lui dist semblables parolles qu’il avoit dictes par avant audit depposant. Et lors estoit ledit Bretin acompaigné de • deux ses serviteurs qu’il ne saurait nommer et d’un nommé Sanxon, dont autrement il ne scet le nom, que l’en dit estre pannetier ou boulenger dudit messire Pierre de Boban, et d’un nommé Pierre Sainct, armeuriez, qui a acoustumé suyvre la compaignie des ordonnances dudit messire Pierre de Rohan. Et, des lors, feist ledit Bretin fermer ledit chasteau, et en print les clefs entre ses mains, lesquelles il bailla a ung sien serviteur qu’il ne saurait nommer. Et oyt dire lors, ledit depposant, que ledit Bretin et ceulx de sa compaignée estoient entrez ledit jour de dimenche audit chasteau de Maillé parcequ’ils a voient trouvez les portes ouvertes, et oyt et entendit ledit depposant que noble homme Nicolas des Croix, seigneur de Sainct Anthoine du Rocher, lors capiteine dudit chasteau de Maillé et estant en icelui, demanda audit Bretin de par qui il estoit ilec venu et s’il avoit mandement de ce faire. A quoy ledit Bretin respondit qu’il y estoit venu pour et au nom dudit messire Pierre de Rohan, tuteur ou curateur de ladite damoyselle Françoise de Maillé, et que, en temps et lieu, il lui monstreroit bien son mandement dudit messire Pierre de Rohan de soy mettre audit chasteau et y estre le plus fort. Et avec ledit seigneur de Saint Anthoine estoit noble homme Fiacre de la Barre, seigneur de la Barraudière, et veit que lesdits seigneurs de Saint Anthoine et de la Barraudière s’en issirent hors dudit chasteau et demandèrent que on leur ouvrist la porte pour eulx en yssir et aler a la messe. Et ne sceit s’iiz retournèrent depuis audit chasteau , ne qu’ilz leirent pour celle heure. Et pour ce que ledit Bretin vouloit que ledit
( ) La déposition d’Antoine Chesneau suit.
inventaire fust fait par ledit depposant et ledit Chesneau comme notaires, iceulx depposant et Chesneau lui respondirent que, autres foiz et lors n’avoit gueres, ledit inventaire avoit esté fait par eulx rnesmes, et que les tapiceries et autres choses précieuses avoient esté mises et enfermées en coffres oudit chasteau et en pluseurs chambres ou il y avoit pluseurs meubles, le tout fermé a clef, et quils n en avoient pas les clefs, et que mieulx estoit, sans riens rompre, ne lever les sarrures desdits coffres et huys, que ledit Bretin scellast lesdits coffres et huys de son sceau, afin que personne n’y entrast ou touchast qu’il ne l’aperceust bien, mesmement que les gens qui estoient audit chasteau estoient a lui et audit messire Pierre de Rohan, dont ledit Bretin fut content. Et, ce fait, ledit Bretin demanda une escriptoire et du papier, et, apres ce qu’il en eut eu en la presence dudit depposant et dudit Chesneau, escripvit unes lettres missives audit messire Pierre de Rohan, qui lors estoit logé en l’abbaye de Sainct Julien de Tours, comme l’en disoit, contenans que, en ensuivant le bon plaisir et commandement dudit messire Pierre de Rohan, il estoit audit chasteau le plus fort et que, si son plaisir estoit de y venir sans quelque difficulté, il le mettroit dedans. Et, lesdites lettres ainsi escriptes, les monstra audit depposant et Chesneau et les leut en leur presence, et, ce fait, les cloyt et bailla a ung nommé Jehan de la ï’orest, demeurant oudit bourg de Maillé, pour les porter audit messire Pierre de Rohan, et, pour ce faire, donna trois solz tournois audit de la Forest.. Et au soir dudit jour, ledit messire Pierre de Rohan arriva oudit bourg de Maillé et se logea en l’ostellerie ou pend pour enseigne le Mouton, et la vindrent par devers lui lesdits Bretin et de la Croix seigneur de Sainct Anthoine; et, le lendemain au matin, s’en alla ledit messire Pierre de Rohan et disoit on qu’il s’en aloit a sa maison du Vergicr, et laissa pour et de par lui audit chasteau de Maillé ung nommé Pregent de Livilion, l’un des archiers de la garnison du chasteau d’Amboise, dont lors ledit messire Pierre de Rohan estoit cappitaine, et autres archiers et gens de guerre que l’en disoit estre de la garnison d’Amboise jucques au nombre de sept ou huit en tout, qui se y tmdrent
depuis; lesquelz , depuis et tantost apres, il cogneut bien, et y en avoit l’un que l’on appelloit François Le Gay, que on disoit estre conciergie dudit chasteau d’Amboise, et ung autre nommé Glemens Chesneau, que l’on disoit estre natif du païs et duchié de Bretaigne, ung autre nommé Pierre Odet, que l’on disoit estre du païs et duchié de Lorraine ou autre païs loingtain et hors du Royaume et estoit marié près Nostre Dame de Ghemisson, en Touraine, comme l’en disoit; et aucunes foiz se changeoient lesdits gens de guerre et s’en alloient dudit chasteau de Maillé, et en revenoit d’autres en leur lieu de la garnison dudit lieu d’Amboise. Et neanmoins que audit chasteau de Maillé ne y eust aucune pouldre d’artillerie par avant leur venue,, toutesfoiz lesdits gens de guerre, estans en icelui chasteau, toutes les nuyts, par forme d’esbat, tiroient desdits canons et artilheries, et y estoient encores lesdits gens de guerre, quoy que soit, si les dessus nommez ne y estoient, d’autres y estoient en leur lieu, car souvent ilz muoient, comme dit est, lorsque monseigneur maistre Michel Biguet, conseillier du Roy nostre sire en sa court de Parlement, vint audit lieu de Maillé.
Sur les viie, ixe, xc, xiv°, xve, xvie, xvme, xixe, xxc, xxie, xxuc, xxivc et xxve desdits articles, dit qu’il a certaine mémoire que, le jour et leste Sainct Galiste, xiv® jour du mois d’octobre derrenier passé ou le jour précédant, ne sceit lequel, ledit monseigneur Biguet arriva audit lieu de Maillé et se logea a ladicte hostellerie ou pend pour enseigne le Mouton. Et disoit on qu’il estoit venu pour executer certain arrest donné par ladite court de Parlement, pour et au prouffit de ladite dame Marguerite de Rohan et ledit Gilles de Laval, seigneur de la Haie W, contre et au préjudice dudit messire Pierre de Rohan ; par lequel arrest il estoit dit et ordonné que ladite dame Marguerite de Rohan auroit le régime, gouvernement et administra cion de ladite damoyselle Françoise de Maillé, sa fille, et lui seroit ledit chasteau et place de Maillé remis entre ses mains. Et en ladite hostellerie du Mouton se tint ledit monseigneur Biguet par trois ou quatre jours, comme lui
i ils de Pierre de Montmorency-Laval.
semble. Pendant lequel temps, il feit adjourner, a haulte voix et cric public, lesdits gens de guerre et autres tenans ledit chasteau de Maillé et estans en icelui, a comparoir par devant lui pour veoir procéder a ladite execucion dudit arrest. Et pour ce que, a la première assignacion, ilz ne se voulurent comparoir, il feist venir la trompeté de la ville de Tours et, ladite trompeté venue, fist derechief adjourner lesdits gens de guerre et autres estans et tenans ledit chasteau de Maille, a son de trompe et cric publicq, a comparoir pardevant lui, audit lieu de Maillé; et lurent faiz lesdits adjournemens, preconisacions et son de trompe aux quatre coings dudit chasteau de Maillé et en la balle et bourg dudit lieu de Maillé. Et furent lesdits adjournemens reiterez par pluseurs foiz, audit cry et son de trompe, en la forme dessusdite, et nommoit on pluseurs desdits gens de guerre que l’on disoit estre oudit chasteau de Maillé; mais aucun deulx ne soy y voulut comparoir, comme l’en disoit, et telement qu’ilz furent declairez contumax par sentence dudit monseigneur Biguet, exécuteur dudit arrest. Et, en ce temps pendant, fut rapporté et tesmoigné audit monseigneur Biguet, mesmement par ung nommé Bertrand Dampierre et ung autre nommé Guyon, qu’ilz avoient veu noble homme Boland Ploret qui, de nuyt, estoit entré oudit chasteau de Maillé et y avoit mené grant nombre de gens de guerre avecq lui, et disoient que ledit Ploret estoit serviteur dudit messire Pierre de Bohan et son lieutenant oudit chasteau d A elboise; et la nuy ensuivant la venue dudit Ploret audit chasteau de Maillé, fut amené au logis de monseigneur Biguet ung nommé Sanxon, sergent royal demourant a Tours, dont autrement ne sceit le nom, et ung nommé Jehan Danjou, demourant à Vallieres, qui est une maison abbacial de ladite abbaye de Sainct Julien, qui avoient une bcste chevaline chargée de xvm pains fetiz, autrement appeliez pains de mes* naige, certain nombre de livres de chandelle et environ derny boiceau de sel. Lequel Sanxon declairast, dist et confessa audit monseigneur Biguet, commissaire exécuteur dudit arrest, que lesdites choses il menoit et conduisoit audit chasteau de Maillé pour la provision des gens de guerre qui y estoient lors, pour et de par ladite damoyselle
Françoise de Maillé. Lequel monseigneur Biguet, veu que ledit Sanxon se disoit sergent royal et qu’il savoit qu’il aloit contre ladite execucion d’arrest en avitaillant ceulx qui tenoient contre le Roy, ladite court de Parlement et lui, exécuteur dudit arrest, il le retint prisonnier et le fit mener et conduire es prisons royaulx de Tours, et de la en la conciergerie du Palais a Paris, comme l’on disoit, et ledit Danjou feist délivrer et envoyer, parcequ’il trouva qu’il y estoit venu par commandement dudit Sanxon, sergent, et en obéissant aux commandemens que icelui Sanxon, sergent, lui avoit fait de ce faire; et la jument ou beste chevaline, sur quoy estaient menez et conduitz lesdits vivres et avitaillemens, fut depuis advouée par ung nommé Corbeau, demourant au lieu de Vallieres, et depuis lui fut délivrée par ledit monseigneur Biguet, apres ce que ledit Sanxon eut declairé, dit et confessé audit monseigneur Biguet qu’il avoit fait commandemens, de par le Roy, audit Danjou et audit Corbeau , c’est assavoir audit Danjou de conduire et mener lesdites choses et audit Corbeau de bailler sadite jument. Et ordonna ledit monseigneur Biguet que lesdits vivres seroient données pour honneur de Dieu aux pouvres. Ce que depuis fut fait. Et ledit Sanxon fut retenu prisonnier comme dit est.
Et ne sauroit declairer combien de gens de guerre il y avoit audit cliasleau de Maillé lorsque ledit monseigneur Biguet y vint , ne combien ledit Ploret y en avoit amené de renfort, ne leurs noms. Et scet que tousjours, en faisant les adjournemens dont dessus a parlé, que injonction estoit faicte ausdits gens de guerre de vuyder ledit chasteau de Maillé et en bailler la joissance a ladite dame Marguerite de Rohan, jouxte et selon ledit arrest de la court de Parlement; ce que toutesfoiz 11e vouldrent faire et ne feirent lesdits gens de guerre, quelque commandement et injonction que de ce faire leur fust fait de par le bov, ladite court de Parlement et ledit monseigneur Biguet, exécuteur dudit arrest. Ainçois, en lieu d’obeir a heure que ledit monseigneur Biguet, acompaigné de noble homme Pierre de Laval, seigneur de Loué, de ladite dame Marguerite de Rohan, ledit Gilles de Laval, le seigneur de Maillé, frere dudit seigneur de Loué, les enfans du
seigneur de Créant et icelui seigneur de Créant comme il croit, autrement n’est certain que ledit seigneur de Créant y fust, honourable homme et saige maistre Jacques Berthelot, prevost de Tours, maistre Jehan Regueneau et autres pluseurs se transportèrent devant ledit chasteau de Maillé, et lors commanda, ou fist commander, ledit monseigneur Biguet, de par le Roy et ladite court, ausdits gens de guerre estans audit chasteau, que on nomma lors par nom et surnom ainsi que dessus les a nommez , qu’ilz vuydassent icelui chasteau et le meissent entre les mains de ladite dame Marguerite de Rohan, jouxte et en ensuivant Tarrest et ordonnance de ladite court de Parlement, et que l’on rompist le premier huvs ou guychet du pont leveys d icelui chasteau pour savoir s’il y avoit personne en icelui chasteau qui le voulsist empescher ne Texecucion dudit arrest. Et, a donc que le premier huys fut rompu, qui n’estoit pas de grande force, lesdits gens de guerre estans oudit chasteau eommancerent a getter de grosses pierres dudit chasteau dudit lieu de Maillé contre ledit monseigneur Biguet et autres dessusdits. A l’occasion de quoy ladite dame Marguerite de Rohan , Pierre de Laval, seigneur de Loué W , François de Laval, seigneur de Marcillé, lesdits enfans dudit seigneur de Créant, lesdits maistre Jehan Ragueneau , procureur du Roy , Julien Chalopin , advocat dudit seigneur audit sieige de Tours, maistre Jacques Berthelot, prevost dudit Tours, acompaignans ladite dame Marguerite de Rohan et autres pluseurs en grant nombre, qu’il ne sauroit a présent nommer, non armez ne embastonnez, se cachèrent et musserent darnere ung mur, jouxte ladite porterie, pour dangier etdoubte que lesdites pierres ne leur meffeissent et les blessassent; et les gettoit on de ladite place et chasteau de Maillé a ladite place et darriere les murs ou ilz estoient cachez a ladite porterie, et telement que l’une d’icelles, de bout ou de voilée, tomba sur les espaules dudit seigneur de Marcillé, mais ne les bleça aucunement; quoy que soit, ne laissa a faire ses euvres comme auparavant; et apres lesdites pierres ainsi gettées, lesdits gens de guerre tirèrent pluseurs
(') Pierre de Montmorency-Laval , chef de la famille, seigneur de Loué, Montsabert, Eressuire, Marcillé, Benais, etc.
IMPRIMERIE NATIONALE
coups de canon et de feu dont iiz ne blecerent personne, et avecques ce plusieurs traictz d’arbaleste dont ilz blecerent trois personnes par les cuisses : c’est assavoir ung nommé Lyonnet, sergent l’oyal, qui, par commandement dudit monseigneur Biguet, avoit rompu l’uys de ladite porterie, et ung autre filleur de soye, demourant a Tours, tenant une couleuvrine en main, et ung autre jeune compaignon mal abillé, presque tout nud, qui par l’inspection de sa personne povoit estre aagé de quatorze a quinze ans; et en furent menez touz blecez audit lieu de Tours. Et s’efforcèrent lors en moult de façons de tirer contre ledit monseigneur Biguet, ladite dame Marguerite de Bohan et autres de leur compaignée, en gettant des pierres comme dit est.
Et ung des enfans dudit seigneur de Créant, voyant ledit dangier ou estoient ledit monseigneur Biguet, ladite dame et autres de leur compaignée darriere ledit mur, il print une fenestre ou huys de ladite porterie qu’il atacha a des cordes au barres d’iceiui huys ou fenestre et le mist sur lui, et en feist taudis et couverture pour tirer de dangier de darriere ledit mur lesdits monseigneur Biguet, dame Marguerite de Rohan et autres de leur compaignée dessus nommez qui y estoient latitez et mussez, et de la s’en afferent au logis dudit commissaire en ladite hostellerie ou pend pour enseigne le Mouton; mais ne sceit si ce fut ledit jour ou le'lendemain apres.
Et ledit jour que ledit monseigneur Biguet alla audit cliasteau , acompaigné comme dessus, ne lendemain, lesdits gens de guerre qui estoient audit chasteau ne se monstrerent. Mais, deux ou trois jours apres, se monstrerent et descenderent dudit chasteau ou bourg et ville dudit lieu de Maillé : c’est assavoir lesdits Clemens Chesneau, ung archier nommé Le Lanbalays, autrement ne scet son nom, qui, long temps avoit, estoit venu audit lieu de Maillé, et autres qu’il ne saurait nommer, jucques au nombre de cinq en tout, qui vindrent quérir des vivres quilz payèrent, et tousjours ont payé voulentiers ce qu’ilz ont prins en ladite ville de Mafflé, et jamais n’oyt plaincte que on feist deulx de exces quils eussent fait a personne, comme il dit, et n’oyt jamais que lesdits gens de guerre se moucquassent dudit arrest, ne de
l’execucion d’icelui, ne dudit monseigneur Biguet, ne de ceulx de sa compaignée, mais bien chantèrent des chançons en iangaige de gascon a la despartie dudit monseigneur Biguet et de ceulx de sa compaignée dudit chasteau. Et autre chose ne autrement du contenu esdits articles a présent ne sauroit depposer, sur iceulx diligemment enquis, et est ce qu’il deppose.
Suivent les dépositions analogues de Léon Christofle, notaire à Maillé; Antoine Cheskeau, marchand à Maillé; Jean Turpin, sergent et officier de Maillé; Guillaume Raoul, journalier à Maillé ; Jean Feulais, notaire à Maillé; Pierre Goyau, corroyeur à Maillé; Louis Raoul, sergent ordinaire de la prévôté de Tours; Pierre de la Noue, rouyer (l) à Maillé; Remît Roche, sergent ordinaire au bailliage de Touraine.
(1) Fabricant de roues.