MICHAËLIS
Orléans, 7 juillet i5o4.
DÉPOSITION DE JEAN GRIMAUD, SEIGNEUR DE PROCE, GENTILHOMME DE LA REINE.
Propos attribués au maréchal.
(Trésor des chartes de Bretagne, E 191, n° 1.)
Du vne jour de juillet, mil cinq cens et quatre, a Orléans.
Jehan Grirnauld, escuier, seigneur de Pressé^, natif du pais de Bre-
d Cette formule se retrouvant au bas de toutes les pièces dont nous publions l’expédition ainsi authentiquée, nous ne la reproduirons plus in extenso. — (!) Procé (commune de Sucé), près de Nantes..
taigne, estant a présent au service de la Reyne, l’un des cinquante gentilzhommes de sa maison, puis sept ans en ça, aagé de vingt huit ans ou environ, tesmoing par le procureur general du Roy en son grant conseil, oy et examiné par nous, dits commissaires. Apres le serement par lui fait sur les sainctes evangilles de Dieu a dire vérité, a dit et depposé comme il s’ensuit :
Et premièrement, sur le premier article contenu en l’aticquete baillé par devant nous par ledit procureur general : respond qu’il peut avoir dix ans ou environ, de temps a présent ne autrement records, que la Royne, ou service de laquelle il qui parle estoit lors baillé, il qui parle, en sortant hors de page, fut baillé audit de Rohan pour le mettre en sa compaignée, en laquelle il a demeuré et servy le Roy pour homme d’armes soubz la charge dudit de Rohan, l’espace de cinq ans, durant lequel temps feu Jehan le Rlont fut lieutenant de ladicte compaignée, et depuis Olivier de Plouet. Et dit, sur ce enquis, qu'il a veu bien et loyaument ladicte compaignée servir le Rov, sans y avoir cogneu aucune lâcheté qu’il sache.
Item, enquis sur le tiers article contenu audit atiquete : respond qu il a toujours oy dire, durant le temps de sa souvenance, cpie ledit de Rohan est natif et originel dudit pais de Rretaigne, et party et yssu de la maison de Guymené.
Item, enquis sur le IXe desdits articles contenu oudit atiquete : dit que, du contenu en icelui , il n’en scet autre chose sinon que, deux ans ou environ, la compaignée et gendarmes estant soubz la charge dudit de Rohan se tint certaine espace de temps a la Gherité, a Saint Pierre le Moustier et a Disise (l), et le scet, ainsi qu’il dit, avoir oy dire par plusieurs foiz a plusieurs gentilz hommes de ladite compaignée; mais ne scet, sur ce enquis, a quelles fins ladite compaignée y fut envoyée, ne si s estoit pour descendre a Sauinur, a Tours, a Amboise ou ailleurs, et s’en rapporte a la vérité.
Item, enquis sur le XIIe desdits articles contenu a ladite atiquete :
1 1 La Charité, Saint-Pierre-le-Moustiers et Decize (Nièvre).
dit que, du contenu audit article et atiquete, il ne scet autre chose, excepté qu’il peut avoir deux mois ou environ, autrement du jour n’est records, il qui parle, s’en alant a Nostre Dame de Liance(l) et passant par Nostre Dame de Clery, rencontra, dedans le village dudit Ciery, Plouret, maislre d’ostel dudit de Rohan, qui, en devisant avecques il qui parle, lui demanda quelles nouvelles couroient en court, et ce que c’estoit que on disoit dudit de Gyé, son maistre; et lors, il qui parle respondit par telles ou semblables parolles : « S’il est vray que monseigneur le mareschal, n voulant dire audit de Rohan, cr ait dit les parolles de la Royne qu’on dit qu’il a dictes, que c’estoit un malheureux homme, n A quoi ledit Plouret respondit en demandant a il qui parle : ce Et quelles parolles dit on qu’il a dictes ? « et lors, il qui parle respondit audit Ploret qu’on disoit que ledit mareschal avoit dit qu’il garderait bien que la Royne ne s’en yroit en Rretaigne. A quoy icelui Plouret respondit par teles ou semblables parolles : ce Et bien, et quant il l’auroit dit, est si grant chouse?» Et lors, il qui deppose dit qu’il s’en rapportoit a la vérité et que, s’il avoit bien dit, bien s’en trouverait, et, s’il avoit mal dit, que mal trouverait : et autre chose n’en fut dit, excepté que ledit Plouret lui demanda se monseigneur d’Albret estoit en court : a quoy, il qui parle respondit qu’il y devoit bientost arriver; et est tout ce qu’il scet en ladicte matière. Et plus n’en dist, et a signé sa depposicion. Ainsi signé : Procé.
Donné, etc.
{1> Sans doute, Notre-Darne-de-Liesse.
ITIOtULE.
Maillé, juillet i5o4.
ENQUETE SECRÈTE, PAR LE LIEUTENANT DE CIIINON, SUR LES REQUETES DE MARGUERITE DE ROHAN, VEUVE DE FRANÇOIS DE MAILLE ET NIECE DU MARECHAL, ET DE GILLES DE LAVAL, SEIGNEUR DE MAILLÉ.
Manière violente dont le maréchal se serait emparé , les armes à la main , de la tutelle de sa petite-nièce , malgré un arrêt clu Parlement.
(Trésor des chartes de Bretagne, E 191.)
Informacion secrete l'aide par nous, Gerald Franeboucher, licencié en loix, lieutenant ordinaire de monseigneur le bailly de Touraine au siégé royal de Chinou, commissaire du Roy nostre sire en sa court de Parlement en ceste partie, par la partie de haulx et puissans Marguerite de Rohan et Giles de Laval, seigneur de Maillé et de la Haye., a l’encontre de hault et puissant messire Pierre de Rohan, chevalier, Rolant de Ploret, François Le Gay, François Cochinart, Pregent de Livilion, Pierre Odet, Giles Mareschal et autres. Pour laquelle informacion faire, nous avons prins pour adjoinct honourable homme et saige maistre Jehan Marche, licencié en loix, procureur du Roy nostre sire audit Ghinon, et y avons vacqué par les jours, et ainsi que cy apres s ensuit, de et sur certains faiz et articles a nous baillez et présentez de la partie desdits Marguerite de Rohan et de Laval.
1 2 juillet.