‹ Procédures politiques du règne de Louis XII [i.e. douze]Chapitre 49 sur 348 · DÉPOSITION DE PONTHUS DE GREZE, ABBÉ DE VALENCE · texte numérisé non relu

DÉPOSITION DE PONTHUS DE GREZE, ABBÉ DE VALENCE

Rapports du maréchal avec le sire d’Albret, au sujet de l’évêché de Périgueux.

(Trésor des chartes de Bretagne, E 191, n° a.)

Du xme jour de décembre, mil cinq cens et quatre, a Paris.

Par devant nous, Jehan Nicolay, conseiller du Roy nostre seigneur et maistre des requestes ordinaires de son hostel, et Pierre de Sainct André, aussi conseiller dudit seigneur en son grant conseil, commissaires en ceste partie, maistre Ponthus de Greze, abbé de Valence en Poictou, aagé de trente deux ans ou environ, tesmoing produit par le procureur du RoyW; apres le serment par lui fait, sur les sainctes evangilles de Dieu, de dire vérité, a dit et deppouse en la forme et maniéré que s’ensuit (2).

(1> Assigné le 28 octobre. — (5) Le récolement de cette déposition, en date du 20 décembre i5o4, la confirme purement et simplement.

Et premièrement, interrogé sur les interrogatoires a nous baillez par ledit procureur : dit qu’il est homme d’eglise, aiant des biens en icelle, et ne vouldroit pour riens encourir irrégularité ne suspicion d’icelle, protestant expressément, par nous requérant sadite protestacion estre insérée en ceste présente depposicion, qu’il n’entend dire ne depposer aucunement a fins criminelles, mais seulement a fin civile, et obtempérer et obéir au Roy et a sa justice, et pour s’acquitter du serment par lui a nous fait faire par vertu de commandement et povoir a nous donné. Et touchant le contenu esdits interrogatoires, que lui avons leuz et qu’il dit avoir bien entenduz, respond qu’il peut avoir cinq ou six ans ou environ, du temps et jour autrement nest souvenant, il qui parle estant au service de monseigneur d’Albret, a Neyrac, ledit seigneur d’Albret le despescha pour s’en venir devers le Roy a la poursuite de l’evesché de Perigueulx, lors vacant, pour et en faveur de monseigneur le cardinal, filz de mondit seigneur d’Albret M, et, pour ce faire, icelui seigneur d’Albret lui bailla plusieurs lettres missives adressans tant au Roy, monsaigneur le légat, mareschal de Gyé et autres : dit que, lui arrivé a Meulun ou estoit lors le Roy, il bailla ses lettres ou elles s’adressoient, et mesmement celles qui s adressoient audit mareschal, auquel il qui parle recommanda la despesche dudit evescbier de Perigueux , ce que ledit mareschal lui promist de s’i employer comme il feit. Dit, quelques jours apres qu’il qui parle fut despesché de son affaire et prest pour s’en retourner devers ledit seigneur d Albret, il vint retrouver ledit mareschal en sa chambre; auquel il qui parle demanda s’il lui vouloit riens commander; et lors icelui mareschal lui fist despescher quelques lettres missives adressans audit seigneur d’Albret, et lui dist, ledit mareschal, entre autres devises qu ilz eurent lors ensemble, que ledit seigneur d Albret faisoit mal qui! ne tenoit quelque bon personnage de robbe courte en court pour ses affaires, que [ceux que] il tenoit n’estoient que joueurs; et oultre, plus, est souvenant il qui parle que ledit seigneur de Gyé, mareschal, lui demanda lors si ledit d’Albret trouveroit point de gens qui en auroit a besoigner comme (1) Voir ci-dessus, p. 43.

il avoit acoustumé; a quoy il qui parle respondit que voirement ledit seigneur d’Albret en trouvèrent autant ou plus qu’il set jamais, si besoing estoit, et lors ledit mareschal dist a il qui parle qu’il le recommandast a la bonne grâce dudit seigneur d’Albret. Dit qu’il qui parle dist audit seigneur d’Albret qu’il feroit bien d’entretenir le plus de gens qu’il pourroit, ce que il qui parle accorda faire : et ainsi le dist et raporta audit seigneur d’Albret, apres qu’il eust baillé a icelui seigneur d’Albret lesdites lettres que ledit mareschal lui escripvoit; desquelles parolles le seigneur d’Albret pour lors n’en feit autre compte a lui qui parle.

Interrogué si ledit mareschal, lorsqu’il qui parle lui respondit, comme dit a, que ledit seigneur d’Albret trouveroit autant ou plus de gens qu’il ne feit jamais, se besoing estoit, dit point a lui qui parle, entre autres parolles, que icelui mareschal en estoit bien aise : dit qu’il ne lui sauvient point a présent que ledit mareschal lui dist formellement lesdites parolles : ce qu’il en estoit bien aise, . . d etc. Bien dit estre souvenans que icelui mareschal dist a il qui parle tout le résidu dont dessus a depposé, et n’est records qui lui tint autre propos ne parolles, touchant ceste matière.

Interrogué a quel propos ne a quelles fins ledit mareschal lui disoit lesdites parolles : dit que ledit mareschal ne lui déclara point a quel propos ne a quelles fins icelui mareschal lui dist lesdites parolles, par quoy n’en sauroit autrement depposer.

Interrogé s’il est souvenant en quelle disposicion estoit le Roy lorsque ledit mareschal lui dist lesdites parolles, et si ledit seigneur estoit sain ou malade : dit qu’il est records que le Roy estoit lors mal disposé, a cause de son espaule, en laquelle il avoit esté blessé en courant apres ung cerf, comme on disoit lors communément en court, et ne scet point qu’il fust autrement indispousé.

Soubz les protestacions que dessus, et au fins a la mienne ecclesiasticque vocacion compatibles , et non autrement , j e confeysse estre vrayes avoir dit et depposé comme dessus, tesmoigne mon seing cy soubz mis les an et jour dessusdit. — Ainsi signé : P. abbé de Valence.

Donné, etc.

Paris, 16 décembre i5o6.

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