DÉPOSITION DE JEAN DE MIRAUMONT, SEIGNEUR D’ARM A ILLÉ
sur une réclamation adressée au roi par Pierre de Pontbriant, au sujet d’un des et reproches n du maréchal.
(Trésor des chartes de Bretagne, E 19a, n° 1.)
Du xixe jour dudit moys de mars, cinq cens et quatre, a Bloys.
Jehan de Myraumdnt, seigneur d’Armaillé, escuier d’escuierie de la Royne, âgé de cinquante deux ans ou environ, tesmoing produit de la partie du procureur general du Roy, sur le xme article des addictions des salvacions, contre messire Pierre de Rohan.
Dit et deppose, apres serment par luy fait de dire vérité, que, en Resté derrenierement passé, estant le Roy par lors en ceste ville de Bloys, ung jour, dont a présent luy qui deppose n’est recors, alla au chasteau pour ce que luy fut dit pour ung sien compaingnon que la Royne vouloit aller aux champs; et quant lui qui deppose fut a la cour dudit chasteau, trouva des gentilzhoimnes de la Royne que dirent, a luy qui deppose, que ladite dame n’iroit point ledit jour aux champs, mais qu’ilz y vouloient aller; si estoit Pierre de Pontbriant a leur compaignie, qui dit, a luy qui deppose, qu’il n’avoit point de monture; a ceste cause ledit depposant luy bailla ung des aulbins de la Royne, pour aller a l’esbat avecques les autres; et luy mesme qui deppose se mist en chemin pour aller a l’esbast avecques les dessusdits; et est recort, luy qui deppose, que, en chevauchant par les rues, ledit de Pontbriant luy dist telles ou semblables parolles, en effect, que luy de Ponbriant avoit esté adverti que ledit de Rohan avoit dit au Roy que ce que icellui de Pontbriant avoit depposé par devant monsseigneur le légat ne contenoit vérité : a ceste cause, et pour soy purger desdites parolles, s’en alloit devers le Roy, qui estoit allé aux champs, luy dire que ce qu’il avoit dit et depposé par devant mondit seigneur le légat contenoit
vérité, et que faulcernent et mauvaisement ledit de Rohan avoit maintenu au contraire, et que il, de Pontbriant, estoit prest et appareillé de soustenir son dire comme véritable, jusques alla darniere goûte de son sang, et d’en combatre ledit de Rohan: apres lesquelles parolles dites, icelui depposant laissa ledit de Pontbriant pour ce que ung autre gentilhomme de la compaignie le coumença a entretenir et tirèrent, tout jour, le chemin jusques au bout du pont, ou rencontrèrent aucuns des refformateurs que la Royne avoit envoyé pour reconformer le dournaine de son conté de Montfort; avec lesquelz refformateurs icellui depposant se arresta, et ledit de Pontbriant et les autres gentilzhommes dessusdits tirèrent oultre; lesquelz icelluy depposant, apres qu’il eust parlé esdits refformateurs, suyvit, et, quant fut delà le pont, près la eglise Nostre Dame des Aides,, trouva le Roy qui revenoit des champs, et pour la presse qu’y estoit ne le peust aproucher, et par ainsi ne scet si icelluy de Pontbriant parla avec ledit seigneur, ne quelles parolles eurent ensemble. Rien a oy dire a plusieurs gentilzhonunes que le Roy se courrouça avec l’ung desdits gentilzhommes, nommé Canucas (?), mais qu’il avoit oy benignement icelluy de Pontbriant.
Dit plus que, depuis ledit temps, il a veu ledit de Pontbriant, avec et au service de monseigneur d’Angoulesme a Amboyse.
Et autre chose ne scet du contenu oudit article, sur tout enquis et examiné, et a signé sa depposicion. — De Miraujiont.
Même date.
DÉPOSITION DU SIRE D’ORVAt,
chevalier de l’ordre, gouverneur de Champagne M, sur les rapports du maréchal avec madame d’ Angoulême.
(Même cote.)
Messire Jehan de Graumont, chevalier de l’ordre, seigneur d’Orval, (l) V. ci-dessus, page 348.
IPIUMERIE NATIONALE.
gouverneur de Ghampaigne, âgé de quarante deux ans ou environ «, tesmoing produit de la partie du procureur general du Roy sur le liii° article des salvacions par luy baillées contre messire Pierre de Rohan, mareschal de France.
Dit et deppose, apres serment par luy fait de dire vérité, qu’il n’a veu ensemble madite dame d’Engoulesme et ledit de Rohan, et par ainsi ne sauroit depposet de leur amytié et conversation; vray est que ledit depposant vid le Roy, en décembre darnier passé peult avoir troiz ans, au chausteau d’Amboyse auquel ladite dame estoit et icelluy de Rohan, mais ledit seigneur n’y demeura que ung disner, et par ainsi ledit depposant, qui n’y demeura amplus que le Roy, pour si peu de temps n’auroit peu comprendre l’amitié, habitude et conversacion desdits dame d’Angoulesme. et de Rohan; aussi est recors que luy qui deppose et ledit de Rohan furent ensemble, apres le trespas du feu seigneur d’Auhijoux(a), pour conduire le corps audit lieu d'Amboyse, ou demeurèrent une nuyt; mais, ainsi que dit a cy dessus, pour la briesveté du temps, ne peult comprendre l’amytié et conversacion desdites dame et de Rohan.
Dit plus que, la derreniere foiz que le Roy fut en Ytalie, ledit de Rohan dit a luy qui parle que il avoit escript et dit a ladite dame d’Angoulesme que, si elle ou monsseigneur son filz avoient a besoigner d’aucune chose, que ne savoit personnaige demourant par deçà pour les mieux secourir que ledit depposant, et que en leurs affaires le pourraient faire advertir et se retirait a luy, car demeurait en France et, a ceste cause, ledit depposant envoya par devers ladite dame ung sien serviteur, et luy manda que, s’il luy pou voit faire service, que l’employast, car de bon cuer le feroit, ainsi que autresfoiz dit avoir deppose en ceste matière, a quoy se rapporte; et, autrement, ne sauroit depposer si icelluy de Rohan a escript lettres, envoyées
(1) Jean d’Albret, sire d’Orval, etc., cou- avait épousé en i486 Charlotte de Bour-
sin germain d’Alain d’Albret, et fils d’At- gogne, comtesse de Rethel.
naud-Amanieu d’Albret, sire d’Orval. Il L. d’Amboise.
par messaigiers exprès, et offert a icelle dame luy faire tout ce que luy seroit possible, ne si se louet d’elle.
Dit plus que, pareillement, ne scet si, avant que icellui de Rohan dit, a luy qui parle, les parolles susdites, si entre ladite dame et ledit de Rohan y avoit inimitié.
Et aultre chose ne scet du contenu oudit article, sur tout enquis et examiné, et a signé sa depposition. — J. d’Albret.
Amboise, aA, a5, 26 et 28 mars i5oA (i5o5).
DÉPOSITIONS DE JEAN DE LA RUE, NOTAIRE ET SECRÉTAIRE DU ROI ; NICOLE BARBIER, GRÈNETIER D’ÉPERNAY; RENAULT DU REFUGE, SEIGNEUR DE VILLAINES-LA-JUHEL ; ARNAULT MORIN, SOMMELIER DE LA COMTESSE D’ANGOULEME; GILBERT GUYOLET, ÉGALEMENT SOM¬ MELIER; RAYMOND DE BEZEST, BAILLI D’ AMBOISE; PREGENT COCHON, SOMMELIER DU COMTE D’ANGOULÊME; FRANÇOIS DU FOU, CHEVALIER, SEIGNEUR DE VIGEAN ; MARTIN MACHICQUET (ou MASYs), QUEUX DE LA COMTESSE D’ANGOULÊME; BASTIEN DE MAREAU, VICOMTE D’AVRANCHES, SECRÉTAIRE DE LA CHAMBRE AUX DENIERS DE LA COMTESSE d’Angoulême; jean de saint-gelais, SEIGNEUR DE montlieu; EUE DE POLIGNAC, ÉCUYER, SEIGNEUR DE FLÉAC.
(Même cote.)
Tous ces témoins, à charge, constatent les mêmes faits: l’achat par le maréchal de la capitainerie d’ Amboise; les très affectueuses relations qui s’étahlirent entre lui et la comtesse d’Angoulême; cette intimité ne parut pas diminuer lorsque le jeune comte cessa de coucher dans la chambre de sa mère.
Nous donnons, les dépositions de Jean de la Rue, du bailli d’ Amboise, de Jean de Saint- Gelais , et des extraits des autres dépositions.
(1) Ancien argentier de la maison d’Angoulême.
Amboise, 26 mars i5o4 (i5o5).
DÉPOSITION DE JEAN DE LA RUE, SECRETAIRE DU ROI, sur les relations du maréchal et de madame d’A ngoulême.
(Même cote.)
Le xxive jour de mars mil cinq cens et cinq, a Amboyse , au logis de mondit commissaire, ou pend pour enseigne l’y mage saint Martin.
Maistre Jehan de la Rue, notaire et secrétaire du Roy, âgé de quarante ans ou environ, tesmoing produit de la partie du procureur general du Roy, sur le ve article des addicions baillées par ledit procureur, jusques a ce mot: et quelque chose , et sur le ixe desdits articles depuis ce mot: mais lui a tousjours depuis fait, ce a l’encontre dudit de Rohan.
Dit, apres serment fait par luy de dire vérité, que il y a deux ans ou environ que luy que deppose vint au service de mesdames et seigneur d’Engoulesme en l’estât d’argentier; depuis lequel temps il a continué et fréquenté au chateau d’Amboyse, ou mesdits dame et seigneur font leur demourée, et a veu, lui qui deppose, durant icelluy temps, deux lieuxtenans de part icelluy de Rohan audit chasteau; c’est assavoir Plorest, qui estoit continuellement, et Moireau, en son absence; lesquelz lieutenans ledit depposant a veu traicter audit chasteau, par ladite dame, ses gens, serviteurs et officiers,, comme s’ilz eussent été de la maison de mesdits dame et seigneur d’Angoulesme, et menger a la table des chambellans, et leur faisoit on toutes les curialités et pleisirs com pouvoit: et est recors, luy qui deppose, que ledit Ploret luy dist que aucuns de ses archiers avoient faict quelque exces alla fille d’un appothicquaire, et que inadite dame, en leur faveur, en escripvoit a monsseigneur le chancellier, pour avoir leur pardon , et prioit ledit depposant d’adresser leur affere en court; et par ainsi dit icelluy depposant que, d’autant rjue madite dame escripvoit en
leur faveur d’un tel affaire, que luy semble quelle les traitait bien; et, avec ce, quant aulcuns des serviteurs dudit de Rohan venoient audit chasteau, on leur faisoit très bonne chere, et, s’ilz estaient gens d’apparance, mengeoient alla table desdits chambellans; et il a veu faire plusieurs curialitez et pleisirs es archiers dudit de Rohan, estans soubz lesdits lieuxtenans.
Bien dit que, durant le temps qu’il a esté au service de ladite dame ne autrement, n’a veu icelluy Du Restai, mencionné audit article, audit chasteau ne ayant charge pour ledit de Rohan.
Dit oultre, sur ledit ixe article, que, au temps qu’il arriva au service de mesdits dame et seigneur d’Angoulesme, mondit seigneur d’Angoulesme couchoit en sa chambre, ou il couche de présent, qu’est séparée de la chambre de madite dame d’Angoulesme; et a veu icelluy deppousant, durant ledit temps que ledit de Rohan venoit audit chasteau, que ladite madame d’Angoulesme faisoit très bonne chere audit de Rohan, luy a monstre signe d’amytié et familiarité, mengé et beu ensemble a la table de madite dameW; et menoit ledit de Rohan mondit seigneur d’Angoulesme aux champs, a la chasse et a la messe; mais si, auparavant que ledit depposant y entrast audit chasteau, ladite madame faisoit meilleure chere a icelluy de Rohan, ledit depposant n’en scet riens.
Dit plus qu’auparavant que luy qui deppose feust au service de mesdits dame et seigneur d’Angcmlesme, il se mesloit de ses affaires en court, quant en aulcune chose le voûtaient employer; durant lequel temps, et aussi depuis que luy qui deppose a esté en leur service, a veu que, quant les officiers de madite dame venoient en court pour les affaires d’icelle, s’adressoient, pour l’expedicion d’iceulx, audit de Rohan, lequel s’i emploioit de bon cueur, et s’en loueient iceulx officiers; et est recors, luy qui deppose, que, apres qu’il eust l’estât d’argentier en ladite maison, ledit de Rohan luy feist très bonne chere, et dit a luy qui deppose, a Lyon, que n’en s’en allast sans avoir
(l) C’est ce qui a fait dire à plusieurs historiens et à l’accusation elle-même que le maréchal de Gié était devenu amoureux de Louise de Savoie et cherchait à l’épouser,
lettres de luy, que vouloit escripre a madite dame. Et estoit lors malade et logé ledit de Rohan au Jougeiz du receveur des aides a Lyon.
Et autre chose n’en dit, sur tout enquis et examiné, et a signé sa depposition. — J. de la Rue.
Même date.
DÉPOSITION DE RENAULT DU REFUGE sur le même sujet.
(Même cote.)
Régnault du Refl'uge, escuier, seigneur de Villene(1), âgé de quarante sept ans ou environ, tesmoing de la part du procureur general du Roy, sur les ive, depuis le mot: ensuivant laquelle ordonnance; ve, jusques au mot: el quelque chose; vme, depuis le mot : et comme celle; ix°, depuis le mot : et luy a tousjours depuis fait; xe, depuis le mot : que hon congnoist assez, jusques au mot : et pourchassa de luy faire avoir; xie, depuis le mot : ledit de Surgieres a acoustumé, jusques au mot : et na jamais congneu; xne, jusques au mot : dont le Roy deument adverti, des intenditz et articles des addictions dudit procureur general contre ledit de Rohan.
Dit et deppose , apres serment par luy fait de dire vérité, que, par ordonnance du Roy, mes dame et seigneur d’Angoulesme vindrent a Bloys , ou demeurèrent quelques temps, et depuis, par le commandement
(1) Seigneur de ViHaines (Mayenne), de Archiv. nat. , K 77, n° 7.) Et sa famille
Fossez, près Blois, et de Gaillardon, près resta attachée à la cour et en possession
Chartres, premier écuyer du roi Louis XII; de la charge de valet de chambre du Roi.
quatrième fils de Raoul du R., seigneur de (Ibid., J 745, n°‘ 17 et 18, année i56o.)
Courcelles, des Bordes et de Salvert, gou- Il avait eu pendant quelque temps à Am-
verneur des finances du duc d'Orléans et boise la garde de madame d’Angoulême et
podestat d’Asti ; il se' maria à Saintes et cette charge lui avait été enlevée par le ma-
épousa dame Marie Chauvet. Il était attaché réchal pour la donner à Pierre de Pont-
personnellement à la comtesse d’Angoulême, briant. (Trésor des chartes de Bretagne,
dont il avait commencé par être écuyer E 1 g a , n° 1 . — Déposition de Bastien de
d’écurie. (Rôle des gages - de 1498. Mareau.)
dudit seigneur, vindrent a ce présent Heu d’Amboyse; por lors estait cappitaine du chasteau Godebecarre, seigneur de Sainct Quentin, lequel, pour la garde de monseigneur d’Angouîesme, avoit ung. nombre d’archiers escossoys; lequel Gaudebecare demeura par ung tamps audit chasteau d’Amboyse, depuis que mondit seigneur d’Angoulesme fut arrivé.
Plus dit que icellui de Rohan acbapta ladite cappitainerie dudit Caudebecarre deux mille escuz, ainsi que ledit depposant a oy dire a la femme dudit Caudebecarre, qui contait l’argent, sur une table, prouvenu d’icelle cappitainerie comme elle disoit.
Dit plus que icelluy de Codebeçarre demeura audit chasteau d’Amboyse jusques a ce que ledit de Rohan l’emmena a Millan. Et peu apres lesdits archiers ecossoys qui estaient a la garde de mondit seigneur d’Angoulesme furent envoiez quérir et des lors s’en, allarent, et ledit de Rohan mist un lieutenant audit chasteau d’Amboyse depar luy, auquel bailla ung nombre de ses archiers pour la garde de mondit seigneur d’Angoulesme : et scet les choses dessusdites ledit depposant pour ce que durant ledit temps et auparavant estoit au service de mesdits dame et seigneur d’Angoulesme, comme si est encores, et a veu les choses dessusdites ainsi que dit a .... .
Même date.
DÉPOSITION DE RAYMOND DE BEZEST, BAILLI D'AMBOlSËÿ SËIGNEUR DUVYSE, sur le même sujet.
(Même cote:)
Raymond de Bezest, bailli d’Amboyse, seigneur d’Avyse, âgé de soixante ans ou environ, tesmoing produict de la partie du procureur general du Roy, sur les IVe, depuis le mot : hdicte damé mena mondit seigneur, jusques au mot : mais ledit de Rohan cuidant; Ve, depuis le mot : et n’ont acoustumé; vie, depuis le mot : qu est telle dame, jusques au mot : qui
ne s’y estoitjames trouvée ; ixe, depuis le mot : mais lui a toujours depuis; xc, depuis le mot : que on congnoist assez ledit de Suergeries , jusques au mot : dont ledit meresclial; xuc, depuis le mot : qu’on scet assez la grant amytié, jusqu es au mot: dont le Roy; xme, depuis le mot: et y a esté depuis, des intenditz et articles des addictions bailiéez par ledit procureur general a l’encontre dudit de Rohan.
Dit et deppose, apres serment par luy fait de dire vérité, que il a veu Codebecarre, seigneur de Sainct Cantin, cappitaine d’Amboyse, apres le deces de feu monseigneur de la Seelle Guenault; et est recors et memoratif, luy qui deppose, que, quatre ans et plus peult avoir ou environ, et autrement du temps bonnement ne luy recorde, que ledit de Rohan, estant lors a Bloys, ecripvit unes lettres missives a luy qui deppose, par lesquelles luy prioit se trouver a Chasteau Régnault le jour que lesdites lettres furent escriptes, auquel lieu icelluy de Rohan se devoit trouver en passant pour aller au Vergier; en suivant letpiel mandement, ledit depposant se trouva ledit jour audit lieu de Chasteau Régnault, et y trouva ledit de Rohan qui avoit ja soppé; lequel de Rohan dist a luy qui deppose, présent monseigneur du Boys Daulphin, telles ou semblables parolles: ttj’ay voulenté d avoir la cappitainerie d’Amboyse, et sommes d’acort, messire Codebecarre et moy; mais la femme dudit Codebecarre ne si vouloit acorder; vous avez bonne habitude a l’un et a l’autre des dessusdits, qui m a meu vous envoyer quérir, affin de vous prier de ayder a conduirre ceste euvre. Car quant je seray capitaine, vous n’en vauldrez pomct moins. Et je recompence très bien ledit Codebecarre, et luy baille ma terre de Gyé, en Champaine, qui est près Sainct Cantin. n Ensuivant lesquelles parolles, ledit depposant en parla audit de Becarre, a sa femme, tendant affin que la matière sortist elfect a l’in— tencion dudit de Rohan; et respondit ledit Codebecarre audit depposant que il avoit promis de bailler ladite cappitainerie audit de Rohan, moyennant 1 accord qui estoit entre eulx, et qu’il tiendroit promesse; et, quelque temps apres, dit icelluy Codebecarre audit depposant que le Roy lenvoyoit a Millan, pour estre capitaine de la Rocque, et que
ü av°it appoincté audit de Rohan de iadicte capitainerie d’Amboyse, et qu il nauroit poinct la terre de Gyé, ains de l’argent; ce que a esté faict, ainsi qu il est notoire; et a veu ledit depposant, depuis que icelluy Codebecarre s en fut aile à Millan, que ledit de Rohan s’est pourté cappitaine dudit chastel d Amboyse, et y a tenu ses lieuxtenans pour la garde de la place, et ung nombre des archiers estans soubz sa charge, pour la garde de mondit seigneur d’Angoulesme et de ladite place, avec les mortes payes acoustumées. Et autre chose ne scet du contenu oudit article.
Sur le v° desdits articles, dit qu’il a demeuré au service de quatre Roys, c’est assavoir Charles VIIe, Louis XIe, Charles VIIIe et du Roy qui a présent est, domestique et familier de leur maison; et les a veuz en plusieurs lieux et places ou y avoit mortes payes et archiers, et n’a veu que lesdites mortes payes et archiers se trouvassent au lever desdits seigneurs et princes, ce qu’il eust veu, si fust esté autrement fait, car se trouvoit souvent a leur lever.
Dit plus, sur le vie desdits articles, que il congnoist madicte dame d Angoulesme, parce que plusieurs foiz l’a veue, hentée et conversée, et est une très prudente et sage dame, ainsi que chacun scet; et croit, luy qui deppose, que madicte dame n’a acoustumé a voir telz gens a son coucher et lever, qu’est ledit Du Restai.
Sur le ixe desdits articles, dit que, depuis que monseigneur d’Angoulesme a couché hors la chambre de madite dame d’Angoulesme, sa mere, il a veu, par pluseurs foiz, ledit de Rohan audit chasteau; et faisoit madicte dame très bonne chere audit de Rohan, parloient seul a seul, familièrement ensemble, ainsi que ledit depposant a veu souventes foiz. Et a esté présent, luy qui deppose, plusieurs foiz quant madicte dame expedioit aucuns de ses gens pour envoyer en court, pour ses affaires, et leur commandoit que, pour l’expedicion d’iceulx, s’adressent audit de Rohan: et, par ce, présumé ledit depposant qu’il n’y avoit aucune inimityé entre eux.
Sur le xe desdits articles, dit qu’il y a bonne congnoissance du seigneur de Surgeres, car, plusieurs foys, l’a henté, veu et conversé, en la
[PRIMEEIE NATIONALE.
mayson du feu Roy Charles, et depuis de la Reyne; et estoit iceliuy de Surgieres de la maison du feu Roy Charles, comme est d’icelluy qui est de présent, comme luy semble; et est iceliuy de Surgieres très bon et honneste gentilhomme, de ce que ledit depposant le peult congnoistre, et bien estimé; et scet, comme il est notoire, que le Roy l’a marié a la fdle bastarde de feu monseigneur d’Angoulesme, pour les vertuz et mérités qui estaient en luy.
Dit plus, sur les xne et xme desdits articles, qu’il a bonne congnoissance dudit Pierre de Pontb riant, parceque, plusieurs foiz, l’a ben té et conversé, et des le commencement que vint en ce royaume, au service du feu Roy Loys; et scet, luy qui deppose, que, apres le trespas de feu monseigneur le dalphin, derrenier décédé, lequel iceliuy de Pombriant servoit d’eschanson, que iceliuy de Pombriant se retira en sa maison de Mont-Real, et n’a prins parti de service jusques a ce que ledit de Rohan eust charge de la personne de rnondit seigneur d’Angoulesme et dudit chasteau d’Amboyse; depuis lequel temps a esté au service de rnondit seigneur d’Angoulesme, et le servoit au commencement d’escuier tranchant, et depuis a eu charge de la garde de la personne dudit monseigneur d’Angoulesme, et de le servir et aconpaigner; et croit ledit depposant que ce a esté pour le moyen dudit de Rohan, et ainsi se dit tout communément; et dit qu’il a veu grant arnytié et familiarité et habitude entre iceliuy de Rohan et de Pontbriant, et faisoit iceliuy de Pontbriant (sic) M, ainsi que ledit depposant a veu, trop meilleure chere audit Pontbriant que a piece des serviteurs dudit monseigneur d’Angoulesme; et a veu tousjours, depuis ledit temps, iceliuy de Pombriant au service de monseigneur d’Angoulesme comme est de présent. Et autre chose ne scet du contenu esdits articles, sur tout enquis et examiné, et a signé sa depposition. — R. de Bezest.
(l> Il faut lire <r Rohan ».
Même date.
DÉPOSITION DE FRANÇOIS DU FOU sur les rapports du maréchal avec madame d’Angoulême. (Même cote.)
. Messire Fraoçoys du Fou, chevalier, seigneur de Vigean W, âgé de trente cinq ans ou environ , tesmoing produict de la part du procureur general du Roy. . . .
Dit et deppose, apres serinent par luy fait de dire vérité, que il a veu, au chasteau d’Amboyse, plusieurs lieuxtenens successivement dudit de Rohan; lesquelz ont esté traictez par madicte dame d’Angoulesme doulcement, et ont esté souffers et oheys en leurs charges bennoictement ; et mengeoient avec les gentilzhonnnes et officiers de madicte dame auz despens d’elle, ainsi que ledit depposant a veu; et est recors et memoratif, luy qui deppose, que ung temps se trouva audit chasteau et ville d’Amboyse que les vins se trouvarent aigres; et lors madicte dame commanda que hon gardast quelque piece de bon vin qui c’estoit trouvé en ces caves pour ledit PloretW, et qu elle luy donnoit, ce que fut fait, et l’appelloit on le vin de Ploret, ainsi que ledit depposant vid, qui estoit pour lors audit chasteau. Ainsi a veu que les maistres d’ostel de madicte dame se esvertuoient a complaire audit de Ploret, et de luy fournir des viandes et saulces, esquelles il prenoit appétit.
Dit plus qu’il ne scet s’il y a acoustumé que les mortes payes et autres de semblable condicion se treuvent au lever et coucher des princes : bien luy semble que n’est chose honneste ne condecente que lesdites mortes payes et autres [de] semblable estât se trouvent audit coucher et lever : toutesfoiz dit que cella deppend du vouloir et grâce du prince.
m Qu Bigean. — <5) Ploret commandait ia garnison en l’absence du maréchal.
Sur ledit vie desdits articles, dit que il congnoit madicte dame d’Angoulesme estre telle que ne vouldroit tollerer que, a son lever ou coucher, que ledit Du Restai ny autre s’i trouvast; et luy qui deppose, combien que soit aussi familier de madicte dame que ledit Du Restai, ne se trouva onques au coucher ne lever de madicte dame, comme si ne font les autres officiers et gentilzhommes de ladicte mayson, ne aussi ses damoyselles, si n’est qu’elles faict appeller, ainsi qu’il est tout notoire audit chasteau.
Sur les ixmc desdits articles dit que, depuis mondit seigneur d’Augoulesme a couché hors la chambre de madicte dame sa mere, il a veu par plusieurs foiz ledit de Rohan audit chasteau d’Amboyse, auquel madicte dame faisait très bonne et familière chere : et a veu luy qui deppose depuis ledit temps parler plusieurs foiz madicte dame et icelluy de Rohan seul a seul familièrement par l’espace d’aucunes foiz de une heure, autre foiz deuz heures, aucune foiz plus, aucune foiz moins. Et adressoit madicte dame les affaires quelle avoit en court audit de Rohan et escripvoient souvent l’un a l’autre ainsi qu’il est tout notoire entre les gens de madicte dame.
Sur le xQ desdits articles, dit qu’il a congnoissance du seigneur de Surgieres, l’a henté et conversé et cogneu estre très bon et honneste gentilhomme et de bonne extimacion; et semble, a luy qui deppose, que icelluy de Surgieres ne vouldroit faire aulcune chose contre le vouloir du Roy. Et dit, luy qui deppose, que ledit Surgieres est des gentilzhommes du Roy soubz la charge de monseigneur le vidasme, ainsi que ledit depposant a oy dire audit vidasme; aussi a veu que, quant les gentilzhommes de ladite maison estoient appeliez pour aller en quelque lieu, ladite dame de Surgieres demandoit son congié au Roy pour excuser sondit mari. Dit oultre icelluy depposant que il est notoire que icelluy de Surgieres a espousé la fdle bastarde de feu monseigneur d Angoulesme ; et croit ledit depposant que ledit mariage a esté fait par le moyen dudit de Rohan; car, au temps que fut fait, icelluy de Rohan gouvernoit tout en ladite maison d’Angoulesme, et, quelque espace de temps apres lesdites nopces, luy qui deppose demanda au-
dit seigneur de la Viliate a quoy avoit tenu que le seigneur du [Fou], feu frere de luy qui deppose, n’avoit eu ladite bastarde, pour ce que avoit eu quelque volonté de l’avoir; lequel de la Viliate luy respondit qu’il en avoit parlé audit mereschal, et en avoit fait ce qu’il avoit peu ; mais que ledit de Rohan luy avoit dit qu’il n’extimoit gueres ledit seigneur du Fou; que fait présumer audit depposant que ledit de Rohan avoit vouloir de parachever ledit mariage dudit de Surgieres et de ladite bastarde.
Sur les xue et xmc desdits articles, dit que il a veu, entre ledit de Rohan et Pierre de Pontbriant, grand et habituelle familiereté et amityé, tellement que, toutes les lettres que icelluy de Rohan escripvoit a madicte dame, les adressoit audit de Pontbriant, pour les luy présenter ou celluy qui apportoit lesdites lettres; et croit, luy qui deppose, que ledit de Rohan a mis au service de mondit seigneur d’Angoulesme ledit de Pontbriant avec le bon pleisir du Roy. Et le scet parceque a oy dire audit de Pontbriant qu’il estoit tenu audit de Rohan plus que a homme du monde; et a veu servir icelluy depposant ledit de Pontbriant d’escuier tranchant monseigneur d’Angoulesme, et au commencement que fut a son service, et depuis, la servi comme si fait encores de le suivre et donner garde de sa personne. Et autre chose n’en scet du contenu esdits articles, sur tout enquis et examiné, et a signé sa depposition. — F. du Fou.
Même date.
DÉPOSITION DE MARTIN MACH1QUET sur le même sujet.
(Même cote.)
Du xxvie jour du moys de mars, cinq cens et cinq, audit Amboyse. Martin Machicquet, queux de Mme d’Angoulesme, âgé de trente sept
ans ou environ, tesmoing produict de la part du procureur general du Roy. . . .
. . . Sur le xic desdits articles, dit ledit déposant que, depuis la question et débat que fut entre lesdits de Rohan et Surgieres, il n’a veu ledit de Surgieres audit chasteau : bien dit que ledit de Surgieres venoit aucunes foiz a Bleré, ou a son logeiz qu’il a dedans la ville d’Amboyse, et alloit vers luy sadite femme; et depuis douze ou treize moys en ça a veu ledit de Surgieres aller et venir audit chasteau ou est a présent demeurant et faisant sa residance.
Sur le xne et xme desdits articles, dit qu’il a tousjours veu grand habitude et familiarité entre lesditz de Rohan et Pombriant, les a veus souventes foiz deviser et communicquer ensemble; et scet que ledit de Rohan a mis au service de mesdits dame et seigneur d’Angoulesme ledit de Pombriant : et vid ledit depposant que ledit mareschal, estant audit chasteau d’Amboyse, envoya querir.ledit de Pombriant, et servit icelluy de Pombriant au commencement d’escuier tranchant; et depuis ledit de Rohan , pour plus l’avancer, luy a baillé la principale charge de la personne de mondit seigneur d’Angoulesme pour le suyvre, accompaigner et se prandre garde de luy, et a depuis ledit de Ponbriant consigné audit service, comme encores fait de présent. Et autre chose ne scet du contenu esdits articles , sur tout enquis et examiné , et a signé sa depposition. — Martin Masïs.
Même date.
DÉPOSITION DE SEBASTIEN DE MAREAU sur le même sujet.
(Même cote.)
Maistre Bastien de Mareau, vicomte d’Avranches, secrétaire et maistre de la chambre aux deniers de Poste! de madame d’Angou-
lesme, âgé de vingt huit ans ou environ, tesmoing produit par le procureur general du Roy. . . .
. . . Sur le vme [article], dit que ledit de Rohan envoya Du Restai, son lieutenant^, hors le chasteau, apres qu’il eust esté adverti de l’injure que icelluy Du Restai avoit fait a madicte dame. Et vid icelluy depposant en aller icelluy Du Restai; et croit fermement que ce fut par le commandement dudit de Rohan, autrement ne s’en fut allé.
Sur le ixe, dit que, depuis que mondit seigneur d’Angoulesme a couché hors la chambre de madite dame sa mere, luy qui deppose a veu, par pluseurs foiz, ledit de Rohan audit chasteau d’Amboyse; auquel madicte dame faisoit très bonne chere, parloient longuement et familièrement ensemble, seul a seul, se monstroient grand signe d’amour et amytyé; et dit, luy qui deppose, que, par pluseurs foiz, a esté depuis ledit temps en court pour les affaires de madicte dame, et avoit charge d’elle de s’adresser pour l’expedicion desdites affaires audit de Rohan, auquel elle escripvoit familièrement; et s’emploioyt ledit de Rohan pour les affaires de madicte dame d’Angoulesme, comme si ait esté pour les sciens propres, ainsi que ledit depposant dit avoir veu.
Plus dit icelluy depposant avoir escript pluseurs lettres missives soubz madicte dame , adressans audit de Rohan pour les affaires d’elle et de monseigneur son filz.
Sur le xiv° desdits articles, dit que, quant mesdits dame et seigneur d’Angoulesme arrivarent a Rloys venans d’Angoulmoys, au temps que dit a cy dessus, le seigneur de Montlieu estoit en leur compaignie, comme si estoit le seigneur Mommoyrau <2) et plusieurs autres gentilzhommes d’Angoulmoys; lesquels demourerent, ainsi que ledit depposant vid, quelque espace de temps audit Rloys avec mesdits dame [et]
(1> Du Restai, comme on le sait, s’était introduit violemment dans la chambre de la comtesse d’Angoulême, en brisant une cloison. M“" d’Angoulême envoya immé¬
diatement au maréchal, à Lyon, un de ses gens pour se plaindre de celte grave offense.
<!) Le sire de Montmoreau.
seigneur; et madite dame fil faire ung ordonnance de ceufx qui s’en yroient et de ceufx qui demoreroient en leur service; et se trouva ledit seigneur de Montiieu du nombre de ceufx qui s’en devoyent afler, ainsi que se disoit communément en ladite maison de mesdits dame et seigneur; et est recors et memoratif ledit depposant que, quelque temps apres, ledit seigneur de Montiieu vint a Amboyse et fut lougé en la ville et hentoit et frequentoit au cbasteau, comme les autres gentilzhommes de la maison : et pour ce que, luy qui deppose, avoit grand amityé et familiereté avec ledit seigneur de Montiieu, luy dist, s’il vouloit venir coucher en la chambre que ledit depposant avoit au chasteau, qu’il y vint; et a présent n’est recors ledit depposant qui le meust de dire lesdites parolles audit seigneur de Montiieu, toutesfoiz ledit seigneur de Montiieu fit apporter sondit lict en ladite chambre et y vint coucher; de quoy madite dame advertie fut mal contente, et fit dire audit seigneur de Montiieu qu’il n’y retournast plus coucher; et, tout apres, ledit seigneur de Montiieu s’en alla hors dudit chasteau, et peu apres hors dudit lieu d’Amboyse. Et autre chose ne scet du contenu esdits articles, sur tout enquis et examiné, et a signé sa depposition. — B. de Manceau (sic).
Même date.
DÉPOSITION DE JEAN DE SAINT-GELA1S , SEIGNEUR DE MONTL1EU, sur le même sujet.
(Même cote.)
Jehan de Sainct Gelaiz, seigneur de Montiieu W, agé de quarante huit ans ou environ, tesmoing produict de la part du procureur gene-
Seigneur de Montiieu et de Saint- Godefroy (Paris, 1622, in-4“). 11 est facile Aulaye, frère dOctavien de Saint-Gelais , et de voir par la déposition précédente pourauteur de 1 Histoire publiée par Théodore quoi il était un adversaire du maréchal.
ral du Roy, sur les xue, depuis le mot : on scet assez, jusques au mot dont le Roy; xivc, depuis le mot : car oncques ledit de Rohan, des intenditz et articles des addictions que ledit procureur entend prouver contre ledit de Rohan.
Dit et deppose, apres serment par luy faict de dire vérité, que il a oy dire pluseurs, des noms desquelz a présent ne luy recorde, que ledit de Rohan avoit mis Pierre de Pontbriant au service de monseigneur d’Angoulesme, et ainsi le croit ledit depposant; car icelluy de Pontbriant n’avoit aulcune accointance en ladite mayson pour y entrer en service, si ce n’est le moyen dudit de Rohan; auquel ledit de Pontbriant a esté toujours familier, ainsi qu’il est notoire; et est recors ledit depposant que ledit seigneur d’Amailho, a autres foiz, dit a luy qui deppose que ledit de Pombriant avoit parlé audit de Rohan de quelque lieu ou avoit esté admené mondit seigneur d’Angoulesme, luy estant a Rloys; et depuis ledit d’Amailho aussi en avoit parlé audit de Rohan, lequel avoit respondu : cr Monseigneur d’Amailho, Pontbriant en a usé comme saige, et vous comme fou»; qui fait présumer audit depposant que, pour lors, y avoit grant familiarité entre lesdictz de Rohan et de Pontbriant.
Dit plus qu’il y a trentre huit ans ou environ, et plus, qu’il est au service de la maison d’Angoulesme et chambellan de feu monseigneur d’Angoulesme et d’icelluy qui est a présent; et est recors et memoratifque, quant mondit seigneur d’Angoulesme vint d’Angoulmoys a Chinon par ordonnance du Roy, luy qui deppose acompaigna mondit seigneur; et depuis mondit seigneur alla de Chinon a Rloys ou le Roy l’envoioit, et passarent par ceste ville d’Amboyse, dont pour lors estoit cappitaine Codebecarre; et quant furent entre Escures et Bloys, ou bien a Bloys, autrement du lieu ne lui recorde, le seigneur d’Amailho dit a luy qui deppose que madicte dame avoit ordonné que pluseurs des gentilzhommes qui avoient fait compaignie a mondit seigneur s’en retournoient, du nombre desquelz estoit ledit depposant, et avoit chargé icelui d’Amailho, de par madicte dame, de le dire audit depposant; et semble audit déposant que, depuis, madite dame le luy
dist en ladicte ville de Bloys, mais, ce neantmoins, a eu tousjours ledit depposant en ladite mayson l’estât et gaiges que avoit acoustumé d’avoir du temps de t'eu monseigneur d’Angoulesme, et n’a jamais ledit de Rohan dit audit depposant, par luy ne par autre, que ledit depposant s’en allast hors ladite maison. Et dit icelluy depposant qu’il n’est vraysemblable que madicte dame ait prins querelle pour luy a mondit seigneur le mereschal; car madicte dame avoit donné a luy qui deppose la senescbaucée d’Agennoys, vaccant par le trespas de leu monseigneur d’Angoulesme; loutesfoiz le Roy, estant lors duc d’Orléans, qui estoit tuteur honnoraire, voulut que icelluy qui le tennoit au trespas de l'eu mondit seigneur d’Angoulesme la tint pour le cors de sa vie, la resfusant audit depposant, la vaccacion d’icelle escheant par son deces; toutesfoiz, apres que ledit senneschal trespassa, madicte dame, nonobstant ladite resfusacion et don par elle fait audit depposant, la donna ailleurs. Et autre chose n’en dit, du contenu esdits articles, sur tout enquis et examiné, et a signé sa depposition. — De Saint Gelaiz.
Amboise, 28 mars i5o5.