ALEXANDRE
Par sa Majesté Impériale, Lt secrétaire d*état , comte db NesselboIdb.
PROCLAMATION du conseil-général du département de la Seine j et du conseil municipal de PaHs*
HABITAKg DE PâBW,
Vos magistrats seraient traîtres eifVers Vous et la
patrie si, par des viles considérations personnelles p
ils comprimaient plq# lèng-temps la vpix de leur
coDscienice.
£ile leur crie que vous devez tous les maux qui
Vous accablent à un seul homme.
C'est lui qui, chaque année, par la conscription, décime nos familles. Qui de nous n'a peifdu un 6ls« un frère, des parens, des amis? Pour qui tons ces braves sont-ils morts? Pour lui seul, et non pouf ^e pays. Pour quelle cause? Ils ont été immolas, uniquement immolés à la démence de laisser après lui le souvenir du plus épouvantable oppresseur qui ait pesé sur l'espèce humaine.
C'est lui qui , au lieu de quatre cent millions que la France payait sous nos bons et anciens rois pour être libre, heureuse et tranquille, nous a surchargés de plus die quinze cent millions d'impôts auxquehl il menaçttit d'ajouter encore*
C*eft lai qui nous a fertné les mers des deut mondes y qui a tari toutes les sources de Tindustrie iiatioDale> arraché à nos champs les cultivateurs^ les oiivriers 4 Qos manufactures.
A lui nous devons la haine de tous les peuples ^ sans ravoir méritée , puisque » comme eux , nous fûmes les malheureuses victimes bien plu^ que les tristes instruments de sa rage.
Pï'est'Ce pas lui aussi quij violant ce que les hommes QUI de pl^s sacré, a retenu captif le vénérable chef de la religion^ a privé de ses états, par tine détestable perfidie j un roi son allié , et livré à la dévastation la nation espagnole , notre antique et ^ toujours (idèle amie?
N*est*ce pas lui encore qui, ennemi de ses propres sujets long-^tems trônâtes par lui, après avoir tou^àrheure refusé une paix honorable dans laquelle notre malheureux pays» du moin$, eût pu res;>i>er, a fini par donner Tordre parricide d^exposer inutile- . ment la garde nationale pour la défense iqipossible de la capitale 9 sur laquelle il appelait ainsi toutes les vengeances de l'ennemi?
N'est-ce pas lui enfin qui, redoutant par-dessus tout la vérité , a chassé outrageusement , à la face de l'Europe 9 nos législateurs, parce qu'une fois ils ont tenté de la lui dire avec autant de ménagement que de dignité ?
Qu^împorto qa il n^ait sacriflé qa^ikii petit nombre de personnes à ses haines ou bien à ses'yen^ances particulières 9 s^il a sacrifié ia France? que disonsnous ^ la France? toute TEurope à son ambition sans mesure! ambition ou Tengeance^ la cause nVst rien. Quelle que soit cette cause , voyez l'effet; voyez ce vaste continent de l'Europe, partout couvert des ossemens confondus de Français et. de peuples qui n'avaient rien à se demander les uns aux autres, qui ne se haïssaient pas, que les distances
affranchissaient des querelles, et qu'il n'a précipités dans la guerre que pour remplir la terre du bruit de
:flon nom.
Que nous parle-t-ou de ses victoires passées? Quel bien nous ont-elles fait, ces funestes victoires? La haine des peuples , les larmes de nos familles , le célibat £orcé de n,os filles, la ruine de toutes les fortunes, le veuvage prématuré de nos feooimeSy.le désespoir des pères et des mères à qui , d'une nombreuse postérité, il ne reste plus la main d'un enfant pour leur fermer les yeux : voilà ce que nous ont produit ses victoires ! <Ce sont elles qui amènent aujourd'hui jusque dans nos murs toujours restés vierges sous la paternelle administration de nos rois,
. le s étrangers , dont la généreuse protection nous commande la reconnaissance, lorsqu'il nous eût été si doux de leur offrir une alliance désintéressée.
Il n^est pasun d^entrenou9 qui, dans le secret âe son cœur 9 ne le déteste comme un ennemi public; pas un qui, dans ses plu? intimes communications, n^ait formé le vœu de voir arriver un terme à tant dMnutiles cruautés.
Ce vœu dé nos cœurs et des vôtres, nous serions des déserteurs de la cause publique, si nous tar* dions à Fexprimer.
L'Europe en armes nous le demande : elle Tim-
plore comme un bienfait envers l'humanité, comme le garant d'une paix universelle et durable.
Parisiens, l'Europe en arabes ne l'obtiendrait pas de vos magistrats, s'il n'était pas confornoe à leurs devoirs. Mais c'est au nom de ces devoirs mêmes , et des plus sacrés de tous , que nous abjurons toute obéissance envers l'usurpateur pour retourner à nos maîtres légitimes.
S'il y a dés périls à suivre ce mouvement du cœur et de la conscience, nous les acceptons. L'hii^oire et la reconnaissance des Français recueilleront nos noms. Elles les légueront à l'estime de la postérité.
En conséquence,
ItC conseil-général du département de la Seine -, auquel s'est spontanément réuni le conseil municipal de Paris , déclare , à l'unanimité de' ses ménïbies présens : qu'il renonce formellement à toute obéis*' sance envers Napoléon Bonaparte;
Exprime le vœu le plu9 ardent pour que le gouvemement monarchique soit rétabli dans la perflooae de Louig XYIII et de ses successeurs légitimes. Arrét^ que la présente déclaration et la proclamation qui TexpliquCy seront imprimées et affichées à Paris, notifiées à toutes les . au tori tés restées* à Paris et dans le départemental çt envoyées à tous les conseils-généraux de département.
Fait en conseil-général^ à Paris» en THôtel-^de-* Ville, le i'*^ avril iSi4, etc.
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