LU
troubles qui avaiculv^té.les premiers mobiles de sa -purssance propre; quand il eut tou.t assujéli^ et concentré tous les pouvoirs dans sa main 9 la royaii.té se trouva^ toute faite : 11 n'y avait plus entre le roi et .TAngleterre qu'un homme, et il seulrouva que c'était ^n sas^e ou un sot. tout comme Kon voudra. Charle II .remonta sur le. trône sans opposition, -comme l'a fait (Louis XYIII, parce qu'en Angleterre- comme en .France, on n'a pas été du roi à la royauté, mais de là rtfvanié au roi.
(»9) «raient fini par avoir à s'en préierfer ;Jorj-» tju'à son tour, celui qui, si Jong-temps, le* avait épouvantés, fut réduî):, de faute en faute,*. À la nécessité de se défendre lui-même. Ses ennemis se trouvèrent au cœur d'un paysquïls ne connaissaient que par la peur qu'iHeur avait faite, que par les agitation s dont il avait été le ; théâtre , et par les récits contradictoires dont il avait été l'objet. L'impression produite par' la puissance de la France subsistait tout entière (i);,elle se présentait toujours aux alliés comme la tête de Méduse : au milieu d'un peuple tiombreux, brave^ dont une partie avait } usage des armes, on pouvait crain-* dre de retrouver les dangers de la guerre d'Espagne. On voyait des mouvemens^ans la population de l'Est, on ignorait à quel point ses dispositions épient partagées par le reste de la France , auquel on savait qu'on tra« vaillait â imprinqier une direction sembla^ ble. Ceux qui étaient venus de Russie . en, France , pouvaient craindre de s'y trouver ,
(i) Plus d'une fois les alliés entrés en France » ont pensé à repasser le Rhin.
MmmeoenxqviaYaieot été de France en tbm^ 'aie s'étaient trouvés. dana ce pays. Lea alliéB eaKlrés par un cèté de b France ( i ) reculés des autr^es parties de cette yaste contrée ^ n'aYaient aucune communication avec ellèa , et ignoraient absolument ce qui se passait^ Les dangers, ks intérêts des uns n'étaient pas ceux des autre» ; il ne régnait d'accord que sur deux points , ta r^trictiôn du poutoir de Napoléon , et celle de la grandeur de la France. Tout ce qui aurait dépassé cette Mmite ou n'était pas agité , ou n'aurait pas manqué de troubler^ s'il l'eût été. Le coDgrèa de Chàtîllon s'était ouvert dans ces termes et dans ce but ; il faut bien se garder de juger de ce que l'on pensait alors de la résistance présumable de la France , par ce quon peut supposer qu'on en pense aujourd'hui, après les épreuves qu'Ole a subies. Dans cette posi-^ lion^ les alliés, étonnés de ne recevoir aucune manifestation des sentimens de la natioD ^ sa sentant sur un terrain tout neuf » au milieu d'élémens absolument inconnus, désiraient
(i) 4 février.
(Si)
^appuyer des cotmahrMBcea des {yer MHioeft qu'ils supposaient être les mieux ioforaiées de l'état mtérieÙF dé la France. MM.TaUeyrandet de Dalberg avaieot .fixé leur attention d*uiïo taamère plus paitieulière. Quelque peu de tkres que )e pusse arotr à partager cethonrieur» il m'arait été accordé ^ on ayait poussé latteù* tien jusqu'à pout^votr à notre avenir , s'il eût Mé comproinié par l'issue des événeméns*
Les aridées françaises se trourant inter-» posées entre Paris et les dUiés « les communicatiODâ avec eux étaient de Ist plus extrême difficulté. Quelques personnes qui les avaient surmontées n'avaient pu parvenir à se faire éeouter^le premier qui ait )oui de cet avantage, et qui ait réussi à triompher des obstacles qui attendent toute perscfnne qui s'oiSre pour donner des notions sur l'état d'un pays, fut M. le baron de Vitroles : muni des moyens de se légitimer , il parvint à se faire écouter, et c'est par lui que les ministres des quatre grandes puissances commencèrent à acquérir des connaissances positives sur l'état des affaires intérieures qu'ils ignoraient toutà-£ait.'Une pareille tentative ne se fait pas tano beaucoup de dangers et d'es|H:it , et ^
feut diï aéle , du courage etdu sang-frôid pour entreprendre ainsi.
J'arriyai à Paris dans la matinée du â4 )^^* vîer ; c'était Tépoque de la crise de la banque et de la plus forte baisse que les fonds aient éprouvée. L'ennemi approchait. Napoléon se disposait à par tir r C'est dans la matinée de ce jour , qu'il fit à la garde nationale de Paris ; la présentation de son fils, et la remise de la sûreté de la capitale. Il partit dèUx jours après 9 de cette ville qu'il ne pouvait plus défendre , et qu'il n'aurait plus dû revoir. Une seule affaire, comme on le pense bien /occupait tous les esprits. Qu'allait-on devenir? La garde nationale serait-elle mise en activité au dehors delà ville.^ L'ennemi avancèrâit-îl.'^Que venait-il faire? Que ferait- oh au cdngrès de ChâtilloU ? Il y avait là dé quoi exercer le» esprits. Mais à travers les différences d'opinions que devait nécessairement prodùirejune situation ausei compliquée , on trouvait partout une tendance décidée à s'affranchir de la domination du moment. Saiiis s'entendre , sans chercher même à s'entendre, on était d'accord tur ce premier point. On s'entendait en s,e regardant : il y avait je'.ne sais qu6li«
odeur dé conspiration répandue sur, toute la ville. Quand les choses en sont venues à ce point, elles sont bien avancées, bien fortes; et ce qui arrive toujours dans ces espèces de conspirations de volonté générale , ce qui est le secret de tous, est toujours le mieux gardé. Tout le monde parle, et il n y a ni traîtres ni indiscrets. Sûrement , depuis bien des années, piersonne n avait été tenté de se jouer à la puissance de Napoléon : on s'estimait heureux d'en être inaperçu ou bien oublié. A cette époque , on ne le craignait pas moins, peutêtre plus , et de toute part la bride était lâchée aux discussions les plus hasardeuses, aux indications les plus périlleuses. Cela ne durera pas.... La corde est trop tendue.... Il n'y en a pas pour long-temps. On n'entendait que cela dans tout Paris : c'était le texte et le rédultat de toutes les conversations.
Je remarquai, en arrivant que l'exaspération portait entre autres choses sur la scène qui avait suivi la clôture du corps législatif, et sur
quelques sorties yioïentesauxquellesNapoléon
s'était abandonné contre des hommes qui
occupaient un rang distingué dans la société.
Le sentiment de la liberté n'était pas éteint.
pas plus que celui de la dignité. Quelque flil Fétat dans lequel le corps législatif eût ëté tenu pendant beaucoup d'années t. lés Fràn* çais y étaient fortement attachés y comme au tnoyen possible de la liberté , coniftie â s^n image toujours subsistante au milietl d^eni. Ils ne le prisaiant point par ce qu'il fai^aié, mais par ce qu'on pouvait faite âvec Itii : âfissi^ fcelui de ses membre^ (Jui le premiei^ roiffipit le silence , et qtii par là se trouva être Va^iÊé des oppo^atis à Ifapolédn, f»ît-41 soutetiu pa? une opinion qui rendit s^n nom populâife < et qui fit éelater partout )és seiitiinl6tts cfu'H àvdît manifestés (i)
Ea voyant manquer aut hautes convenaiicéfs que commande le i^amrg &uprénte> et qui doivent plus être observées à tees'ure qn^ les nations avaticent en civilisation, un peuple teJ que le peuple français se sent d autant plus o£Penêé, que c'eg| d^ns sa dignité propre, dont le pHncé est dépositaire , qu'il est blessé. Où
(i) Il ne faut jamais désespérer d*un pays dans leqtiel il y un corps législatif: quelques fautes qu'il fasse d'ailleurs 9 un jour ou Tautre il fera bien. Ilporte en lui-même le principe du redressement des ses to^ls et dé U pi'dpte r^fjrmatîon.
( 55 ) a iiiletverti le 8ehs têntabie de la tnajeélL On Ta fait passer {>Qar lie moyen d'en imposer au peuple; au contraire, elle n'est majesté que parce qu'elle le ireprésente , et elle l'est d'autant plus qu'elle le représente mieux.
Dès le moment de mon arrivée à Paris « ^ n'avais pas balancé à m'ou^rir devant des hommes dont l'amitié sera toujours pour moi Ufi titré d'honneur, MM. le duc de Dalberg et le baron Louis; leurd lumières auraient pu me servir de guide , leur patriotisme , leur amour pour les principes d'une véritable liberté fondée sur led lois, ne pouvâie.nt que retracer où enflamriier mes sentiihens pro<* près. Ils connaissaient tous les maux de la Frante ; ils en supportaient le spectacle aveé douleur, et partagaient avec un grand nombre d'httmm'es généreux et nobles , l'ardent désir d'y mettre .Un terme. Ces dispositions étaient celleà ^ué noùi:rîssait de son c&té M. de Talleyraild, auprès duquel, dans le cours des vibissitudes dé la révolution , j'avais trouvé une conformité parfaite de senti mens à mon égard. J'étais témoin de l'impression qu'avait produite parmi lés Belges, la noble conduite qu'il avait tenne dabs rassemblée
du collège électoral 4u dépai^tetuent de. la Dylc, qu'il avait présidé quelques années au-^ p^ravant. Pendant un long intervalle de tçinps on avait vu tous les grands et tous, les niilustres du continent en séjour à Paris, ^Calcinent enchantés de la dignité de ses manières , cle l'agrément de son e9prit , de I étendue de ses talcns , le regardant à-la-fois comme Tarbitre de la politique et du bon ton , et se sentant soulagés auprès de lui du fardeau que la puissance française leur imposait trop sou* veot.
M. de Talleyrand était éloigné des affaires depuisFentreprise contre rEspagne.Undîssententîment très-prononcé sur ce sujet avec Napoléon a viait produit sa retraite. Napoléon, parvenu au faite du pouvoir et de la renommée, ne pouvait souff*rir à ses côtés, ni des yeux clairvoyans, ni un esprit indépendant , ni une réputation qui pût former une ombre a la sienne. Une continuité d*improbation donnée aux guerres d'Autriche, de Russie, aux que-: relles.avec le pape, avaient complété Téloigoement entre M. de Taheyrand et Napoléon ( i ).
» • ,(0 A son retour de Sloskou, Napoléon tint iin
Dans la détres^se de ses âflTaires, cq décembre 18 r5, il pressa M. de Talleyrand de reprendre le ministère , et vit ses prières et ses menaces -restées également sans effbt. A mon arrivée à Paris, j entendais parler des dangers que courait M. de Talleyrand , et je ne puis douter que, dan» le cours des derjiîers temp8,'Iedac de Rovigo n'ait retenu' plusieurs fois Icbras de Napoléon levé sur lui. La retraite de M. de Talleyrand avait laissé de vîft regrets , et il était arrivé à ce degré d'opinion qui,à chaJjfiie nouvelle chute, faisait dire vulgairement que, si M. de Talleyrand était en place, elie n'aurait pas lieu, et qui lui faisait attribuer le peu de bien qui surnageait dans cette mer de douleurs.
conseil pour délibérer sur la paix. 11 déclara qu^elle teuaît à la cession de ce que la France occupait àu^ delàdeTËlbe; Pendant que d*autres avis établissaient , que rhonneur voulait qu'on ne se désistât pas d'un seul village réuni par un sénalus-consuUe, M. de Talleyrand opinait pour la paix, dût-elle coûter la remise de tous les pays situés entre TElbe elle Yahal, y compris la Hollande. Avec cet avis, on n'aurait pas^ vu deux fois les Russes à Paris, et la France tributaire de tout le inonde.
(3Jf )
Quand un homme en eat là, Ue^ IM^ fort!: ^1^ xf/^ lui faut plus qu'iine ocçdsioja paur deve-
nii: le w4lf^ 4^ds( ^o^ F^ys* ^
. . 4, ip(9; pi^mî^rp Qpti^ev.ue awc M* de Tal-
lQyT>aj;^, )q le lui f)U^çt.i|ue pour nous sauirer <PMR» je. j^ç lu^\ den^fi^ndajy^ cjW. de connaître sa, force i ei\e n^e. p£ir;ajs99it in^mon^. L'éf è* nçç^^qt 9 jUJSitifié i?;if^«p,9)ectm3ç.
Jç m,^ souyien^s qw \^. ministre de la police f^n^ca pçpdavQt nc^re ei^(ret(ie|i«. Ik h eoR^naiSr- 8^ tifqp pçuir e^ CQOseypjr le mojwlre om-r b^i^e, U a. eu l^ d^^^éjd^Qii. de né m en rien f éa(i^9igper tanÇ qu'il ^ été eoi plaça ; et c'est Sieulpp^ent depuis qu'il ^ cessé se» fostclions qu'il px'a rappelé ç^t^ç^ r^ncçiidjne.^ et qu'il m'a dit que dès-lors il avait pressenti mes intentions, comme aussi qu*il avait été vivement gournaandé à Blojis, p ^r ijie. mqv^ avoir pa^ Caif ^ri*êtejr. M^intenanf, ^e sems quW va me demander : que voulaitron ? Deùs: choses : être délivré d\in joug devenu intolérable , et continuer Tordre établi. C'était évidemment le sens de tout ce qui ayait i*p£[v!ijençç ç|fijps le^ affaires , et ç est u^niq^i^epiei^t de fte^^là dpnt çxk 4p\\ s.'qççupiçr^çlfwis ieftgraodsoiouvemens des empires* Les vœux les plu& légitimes ne
9ont pas toujours ceux qui comptent le plus: des imUiers d'hommes s^imagineut ayoir ré-« labli le roi parce qu'ils Tout çlésiré , ce dont on ne peut assez les louer ; mais comine ili^ n exerçaient aucun pouvoir, ni aucune in« fluence active , ils re3tent 9Ye;c la seule chose qu oa ne peut pas leur conte^tejr , rhonnéur de leurs sentimeus. Des Tœux , que^u'arden^ qu'ils soient, pe^opt pas un pouvoir i il faut bien se garder de les confondre en;semble ^ car riea ne se ressemble ^loins. Tenons donc poyr certai9 que cette niasse d^hoxnmes, qui 4epui3 vingt-cinq aps étaient en possession du pouvoir, qui Iç maniaient, qui avaient donn^ à la France ks diJTérentes formes qu elle avait siubies « tendaient au dc{uble but que ^ous valons d'indiquer. U faudrait n'avoir pas bablté Paris une n^inuf e pour élever quelque do vite à cet égard. «
Autant la première p^rCje de ce plan était de mon gfttty autant la seconde y était contraire, l^lhe paraiuMl la continuation m^\ déguisée de ce qui ^IPtait : une absence de six iQç^is de la part de Napoléon, un orage de v|pgt ans soii^ un enfant de trois ans, une scission de lempire dont il aurait fallu rçcon-
quérir une partie au profit de cet eiifanù Ce parti paraissait plus propreâ aggraver les maux qu'à les guérir. Ce n'était pas un berceau , mais un trône véritable qui pouvait réunir toutes les divergences d'opinions et d'intérêts dont abondait la France , et dont abonde-tout pays à la fin d'une grande révolution : au contraire , la maison de Bourbon montrait la seule garantie de la paix au dedans et au dehors, le lieu commun de toutes les parties de la France, le retour à la qualité essentielle du trô^e, celle d'éteindre les ambitions particu* lières, par la propriété qui lui appartient, d'être et de rester inaccessible. Le fils de Fijapoléon ne présentait aucun des titres que l'on avait reconnus dans le père. Il y a si Join entre ces deux choses : être l'enfant de ses oeuvres ou seulement le fils de son père ! Le joug de celui qui, pendant seize ans, avait rempli le monde du bruit de son nom , qui avait dominési long-temps tous les trônes; mralgré sa dureté, n'avait ri^MÉhumiliant, mais le fils qui n'avait eu quliPp peine de naître, que l'on ne recevait pas comme on avait fait le père des mains de cette divinité qui a toujours fini par décider du sort des hommes.
la victoire y mais des malheurs publics, comment mêler les acclamations qui auraient salué ce Dou?e«iu roi, aux malédictiops qui poursuivaient la fuite de son père ! Tout cela me paraissait incohérent en soi, outrageant pour nous^ et bien indigne de cette pureté de sentimens et d affectiônsqui'doiyent précéder et accom* pagner toute accession au trône.
J'ai quel quefois en tendu parler d'autres sub*stituts à donner à Napoléon. J aicntendu dire t qu'importe par qui Ton soit gouverné^ pourvu qu'on le soit bien? Je suis plus fier que cela.
Se soumettre a son. semblable est l'acte le plus^nible pour l'homme : tant de. choses sont comprises dans cette soumission] Avant d'en venir là, il faut qu'on montre ses titres: les premiers^ les meilleurs de tous , me pa* Taissent, sans contredit, ceux de la naissance dans ces familles à part qu'une consécration particulière a, par Jç consentement un^tne des peuples* placées à*peu*près swr tous les trônes connus : c'est la loi cpmmune.de l'univers. Là, l'obéissance est pleine de dignité. A leur défaut, aux époques de ces grands déplacêmens qui surviennent quelquefois au sein des nations, et presque toujours pour l^iir
malheur, loréqu'un homme^ se dégageantmTee < éclat de la foule , s'élève au-dessus de tout ce qui Tentoupe, saisit toutes les imaginatiens tous les intérêts , comm^^ide au loin coonmie auprès de lui , ne trouTe partout qu'obéissance et résignation, porte sur ceux-ci une mam consolatrice» sur ceux-là une main qui fait tout fléchir sous elle , amène les plus grandf princes â briguer son alliance, à mêler leur sang avec le sien; alors l'obéissance se confond avec le service de la patrie e^us un chef nér cessaire , alors elle se lie au mouvement qui entraine toute société , et qui ne lui permet pa» de s'arrêter. Les sociétés kjimaioes «a'ont pasété établies pour attendre leurs cksfs^ sciais pour marcher aveceux; non pas pour disputer , mais pour se conserver :en attendant que dos droits soient fixés, reconnus ou repris, il feut qu'elles se soutienn^it;ilfaut queles/pontiët^es soient couvertes contre l'enneçii, que la justice maintienne la paix entre les citoyens, que l'administration leur prête ses soins, et po* çoive l(surs tributs; le guerrier, le )uge, le magistrat , tous les men^bres de Tétat doiveiïi continuer de payer leur tribut à la patrie; s'il» faisaient autreqiient, Ifs anpiens possesseurs
pourraient bien qe retrouver qnç ^^^chaippi d[ésert9 ou cquyerjf. ^ Ifo^ç^^ » W lieu que la continuation (jle leurs travaux a préparé pouf leur retour les fleurs et les fruits dont ils les retrouvent çfaç^rgés. C'est ce qui r^popd à ceux <^ui ,dans lieUr jrréflcxipn habit9elle 4e la n^anière dopt le^ choses ce . passent ici-bas, disent que Ton ^ ser^i 3uoqaparte. No n; auouii Françi^i^ n*a servi Buona partie ; aycuii Français ne s est senti fait pour servir ]iu<pifD,a parte ; mais tous, sous Buonaparte, ont servi U France- dans, la ligne des principes que nçus venons d eî^poser. Tous ont servi leur patrif avec honneur et loyauté , et s'étant tenus d açi» cord avec les principes , se trouvçn^ ep règlç avec tout le monde.
Nos réunions avec les personnes citées cîdessus, continuaient toujours, et souvent plu^ sieursfoispar jour. Le congrès de ChâtUlon (i) était notre fléau : s'il conclu£(it, il nous reun dait Napoléon et laissait la France bien réduitq et surveillé^ strictement. Il n'y avait d'espoir que dans le caractère deNapp^épn, qui dev^
(i) Ouyert le 4 fiévxier, fenn^ le i$ mars, aya|| duré quarante joiuiSr
1 empêcher de vouloir une paix qui ne lui rendit pas tout son pouvoir. On pouvait être rassuré par son caractère contre ses întorêts: il était démontré que ce n'était pas à Châtillon qu'il voulait signer la paix> mais à Pétersbourg. Le public , qui ne se trompe guère, ne s'y méprenait pas; car, chaque victoire faisait baisser les fonds, et'Ies Français ne se pressaient point dé pousser les alliés au-delà du
Rhin pour n avoir pas à lus suivre jusqu'à Vienne.
• Une circonstance particulière m'avait fourni un fanal qui manquait à tout le monde : les papiers anglais. Si jamais il yeùt fruit défendu, sûrement c'est bien celui-là qui Tétait en France , surtout à la fin du règne de Nàpo* léon. Horâ un ou deux ministres, personne txe les connaissait que de nom. Une personne à laquelle ses fonctions donnaient des relations directes avec Londres, pouvant croiice qu'elle m'avait quelques obligations, m'avait donné plusieurs fois des informations que sa position luîavait values. Elle m'avait procuré îa lectures de" plusieurs ouvrages inconnus a toute la FVaticè , tels que ceux de madame la baronne de Staël, de M. le marquis de îa
MfiîaQnfort , €t de M, dlvernais. Par çes-co^mupiçat^on^ , j'étais un peu mpins sevré que tQut le monde de l'usage de ces productions au^quelle^ la prohibition faisait trouver. tant de ^el et donnait tant de prix. Cette n)énxe personne était venue me voir à.M^lines, en décembre i8i3. Elle m'avait trouvç aussi précoce qu'ardent dans la grande question qui s'agitait. J'obtins d'elle que , du moment QÙ le nom des princes de la mai son de Bourbon serait prononcé, soit comme acteurs, soit comme but de la guerre, dès-lors elle me ferait jouir, autant que les circonstances le permettraient , de cette précieuse lecture. Elle fut fidèle à sa promesse. A peine les princes purent-ils passé sur le continent que je reçus régulièrement le journal intitulé le Courrier, écrit en Français et dans le sens le plus royaliste, ce qui était tout ce q\ii pouvait être le plus à notre usage. Par lui, toutes les illusions dont les papiers ofiiciels nourrissaient le pur blic étaient dissipées : nous marchions d'un pas ferme là où ceux qui n'étaient pas favori* ses des mêmes révélations , ne. pouvaient poser qu'un pied timide. C'est par lui que nous apprîmes le détfiil des obstacles insur-
moBtablëd mis pair mie ghintle pulssaiibë au déttôiietnent de Napoléon. Après aiàir déploré rinutilité dés efforts employés par lord Càstelreagh pour détourner cette résolution, il annonçait que sa seigneurie avait eu la dbuléut d*étre obligée d accéder à cette dé-^ bisi'on > dans la crainte de porter à rennemi commun, l'appui (l'une certaine partie de là même fôtoe qui agissait aujourd'hui contre lui; et qu'enfin un traité comttiun à TAngleterre était arrêté avec Nàpoléob. Mais la réflexion nous ramena bientôt ali point où cette nouvelle nous avait trouvés , la conviction c(ue le caractère de Napoléon , en contradic^ tion manifeste avec ses intérêts , l'empéèlierait toujours d'accédei^ sincèrement à des termes véritables de pacification ; qu'elle n'était qu'un leurre pour lui dotinef le tëtops de prendre ses avantages , de réunir dès forcés, et qu'au premier succès , il rie serait pfus ques^ tion que de marcbér sur Vienne. H n'y £i qu'uife manièi^ de jûgér lés hommes qui diit cette espèce de caractère q'ui ab&otbe tout, èf bArmient Napoléoû était dans ce cas. Ndus ne nous tromitions point; car la victoïté 4è Montereau fît éclater cette disîjosillon ûsiiii
(5^) toute 9on étendue ; et le toô de ses {)ublicatibri^ après les combats de Ghampaubert et Montmirail n'annonçaient rien de très«-pacificpie: aussi ne pouvant nous méprendre sur les suites de cette conduite > n*aTons-nous pas kfhsé passer un jour sans miner, sans ébranler cette domination, sans chercher ce qu'il fallait lui substituer au jour de sa chùte^ que tout montrait comme prochaine.
Un îour je ne craignis pas dé remonter fiis^u au ministre de la police , et d'arriver à lui par des insinuations sur sa situation personnelle» Je lui demaitdaî jour pour en coBh férer avec lui. Sa réponse fut aussi nobie que meâùrée. Ne me tenez pas un pareil langage , tÈÈe répondît-il , je ne puis l'entendre , vous me génériez. Sa position était cruelle entre ce qu'il savait et ce qu'on lui faisait dire , entre le vœu de la France et les ordres iin* pératifs du maître. Plusieurs fois il m'a mon* tré les vertes semonces qu'il recevajt du quartier impérial , sur la mollesse de ses publications contre les ennemis ; souvent il m'a montré les représentations les mieux motivées sur l'état des affaires. Il n a pas cessé de dé^
tourner du projet de défendre Paris pài? léS
moyens les plus violens ; et dans cette circonstance comme daiis tout le cours del'année i8i5 / il n a pas laissé passer un jour sans user des atantages que lui donnait sa place» pour faire sentir, à Napoléon la nécessité de consentir à la paix; Dans une contestation très-yive que j'eus chez lui avec un général qui était venu vraisemblablement pour explorer 1 esprit de Paris, il se rangea entièrement de mon avis , et me soutint avec autant d'énergie que de raison. Le dimanche qui précéda la catastrophe , il m'articula que si Napoléon aimait son fils ;il abdiquerait en sa faveur, et qu'il était impossible qu il continuât de régner (i). , En parlant ainsi, ce ministre ne faisait que rendre Topinion de Paris, que personne ne pouvait connaître mieux que lui. •
La position de la France était affreuse. D'un coté, ses forces n'étaient plus dans son propre sein, mais elles étaient répandues au dehors, depuis Hambourg jusqu'à Corfou ; une graïide armée se trouvait en Italie , tout
( 1 ) Parce qu'un homme a fait mal' quelquefois, il n'a pas toujours fait mal : parcd qu'il a fait .quelques niaut^ il n'a pas f^il tous; les maux.
-(49) ' était garni de soldats français , hors Paria et la France. Dun autre côté, la di^sion s'était établie dans Tintérieur. L'Ouest et la Vendée sa chargeaient de nuages semblables à ceux d'où, pendant les années 1.795 et 1794 » élaiûnt sortis de si Tiolens orages. Le Midi s'jenflammait et s'ébranlait. Bordeaux s'était déchiré* Le Nord attendait avec le oalme qui l'a ca-» ractérisé dans tout le eou?s de la réToIutiôo* L'Est ^se prononçait contre^ U» alliés , qui l'avaient traverséet foulé coqiinie font toujours de grandes armées d'invasion. La JP'rance se trouvait donc partagée en plusieurs zanea d affections contraires;les armées etljurs chefa ne présentaient pas plus, d'uniformité : leur courage et leur patriotisme ne pouvaient f comme on le pense bien, prêter à aucun doute, ni à aucune inquiétude; mais après tant d'années d'obéissance à un chef si long-^ temps victorieux, on ne savait pas jusqu'à qjxél point elles pouvaient balancer eÉtreles maux présens et les souvenirs glorieux. Il s'agissait de neutraliser ces élémens de discorde et de perturbation , d'éviter les déchiremens soit par le dedans, soit, par le dehors,, et de Cuire p^sjser sauA s^Qtjisse h isdtipn, de cette crist^
( 5o j compliquée à un ordre gtoéral qui lui rend^' avec la paix Tusage de se$ forces et l'appui: du seul gouvernement qui désormais lui* convint* C est dans ce passage calculé d'un état à un autre que se trouve toujours la plus grande difficulté des mouvemens politiques; c'est ce qui éprouve le plus le talent des directeurs de ces scènes. Le cardiuàl de Retz a dit que lorsqu'un gouvernement est établi, on ne conçoit pas comment il pourra être troublé , et qiie lorsqu'il est troublé , on ne woit pas davantage comment le calme lui sera rendu. Cette idée est parfaitement juste* Nous avons ressenti tout le poids des difficut tés qu'elle énonce; elles étaient d'autant plus pressantes^ quelesévénemens marchaient avec rapidité; les négociations de Chât}llon venaient d'être rompues. Le i5 mars> une déclaration solennelle fit connattrô quel était l'esprit qui avait dirigé les alliés dans tout leur cours. Le terme acdbrdé à Napoléon pour en accepter les conditions était expiré; il avait dévoilé ses sentimens, qui n'étaient dans aucune proportion avec les forces dont il pouvait disr poser pour les soutenir. Les ennemis, n^ pouvaient plus douter qu'il n'eût jjiisqu'au
( 5i .) dernier moment nourri l'espoir de lesamuser : quand les preuves ne s'en seraient pa$ trou-^ vées dans la marche des négociations , ils les auraient lues consignées dans ses lettres â son épouse , que les hasards de la guerre leur avaient livrées. En conséquence , ils avaient pris la détermination de marcher sur Paris , et d*y venir chercher la. paix qu'ils n'avaient pu obtenir à Ghâtillon. C'est le 17 mars que cette résolution commença detre mise à exécution.
En partant de Paris , le 26 janvier, Napo* léon avait formé le projet de se jeter dans les places de la Lorraine et de FAlsace » d'en réunir les garnisons aux troupes qu'il avait rassemblées, et de prolonger ainsi la. guerre , en profitant de toutes les chances qu'elle pouvait présenter: ce plan était sûrement le plus dangereux qu'il pût adopter, et pour la France et pour les alliés , car il était susceptible de donr ner à la guerre une durée indéfinie. Je ne puis assigner au juste la cause qui le porta à s'en désister ; mais il l'abandonna dans le voisinage de Suint-Diziers , en rencontrant le gênérai Blûcher, et fut livrer le combat de Brienne, qui diit Faverfir de l'issUe qui attendait une
lotte poQriuivte avec une auQsi grande inéga* lité de forces ; car dans cette campagne , Napoléon n a jamais réuni cinquante mille hommes : il en ayait en tête plus de deux cent mille. On a ignoré en France, parce qu'H Favait caché avec soin , le nombre des ennemis par lesquels elle était attaquée , ainsi que k force des réserves préparées^ pour soutenir 1 armée d'invasion : ces réserves égalaient les armées principales , et Tensemble de ces forces s'élevait à cinq cent mille hommes.
Comme notre intention n'est point de faire l'histoire de cette campagne, nous nous hoiv nerons à dire, qu'aporès avoir passé deux mois à courir de la Seine à la Marne , et de la IMbrne à la Seine, tantôt vainqueur, tantôt vaincu , toujours inférieur en nombre , mais avec une activité et une habileté qui ont fait dire aux maitres de Yaaet que cette campagne était la plus savante de toutes ses guerres (i), Napo-
(i) C'est dans ces courses, le i5 mars, qa'en re« venant de Laon sur Reims, pour reprendre cette yUM occupée par les alliés^ pendant Taffaîre engagée depuis le matin par les gardes d^bonoeory Napoléon reçut par un o£Scier que le roi de Nuple^ ouvoyait vers luî^
léonreprit son premic»* projet, celui de se jeter daDS les places , et pour cela cherchant à se glisser sur les derrières des armées ennemies, îl ouvrît aux alliés le chemin de Paris ; ils y marchèrent : il ^ut du regret , il courut après eux; ils lavaient devancé; ils arrivaient parla
une lettre qui lui exprimait son repentir^ et son dé^ sespoir de l'avoir abandonné: il lui disait qu^il était prêt à tout réparer^ et qu'il n'attendait qu'un ordre de son ancien bienfaiteur pour se déclarer. Napoléon se retournant avec cet air absorbé, abattu, et comme résigné^ qu'il avait pris depuis sa retraite de Russie, âonna la lettre à un général d^artillerie qui le suivait, en lui disant : c lisez; quemeveut-ii?Il est bien tems, lorsqu'il m'a perdu. > Il allait continuer quand son attention fut attirée par une charge de cavalerie, que M. Philippe de Ségur fit exécuter si à propos, qu'il coupa de la ville un corps d'infanterie prussienne, détruisit cinq cents chevaux russes, et prit quatorze pièces de canon. Pendant que Napoléon fdisait attaquer la ville le nfédecin du prince royal de Suède ^ envoyé par ce prince, l'aborda, et lai dit qu'il était encore temps de faire la paix, et que s'il «te s'y déci« dait pas'sur-^le-champ, il serait trop tard, et qu'il se perdrait sans ressources. Il réexpédia de Reims cet envoyé avec une réponse qu'on peut présumer, d'après ce qu'il afait depuis, contenir les symptômes évidens de sa perte.
(54^ route de Meaux/ quand Napoléou se portait à marches forcés sur Fontainebleau pour les prévenir , s*il était possible. Le ag mars » les alliés se trouvèrent devant Paris : leurs forces s'élevaient à i 8o«qoo hommes. Ib avaient laissa un gros corps de cavalerie pour suivre tous, les mouvemens de Napoléon. Ce fut à la vue de Paris» et sous ses murs, que le prince de Schwartzenberg fit la proclamation ci-jointe : elle ne parlait que de paix,|ippelait Paris à se prononcer Y et promettait l'appui des forces alliées à ses décisions. Mais c'était en vain ; car l'ignorance la plus absolue régnait dans la ville sur ce qui se passait autour d'elle. On l'apprit par le bruit du feu qui s'ouvrit le 3o mars, à siK heures du matin. Il régnait de» puis Montmartre jusqu'à Vincennes. Le combat fut soutenu pendant la plus grande partie de la journée entre des forces bien inégales : jamais les troupes françaises n avaient déployé plus de bravoure , ni leurs chefs plus de talens« Les maréchaux ducs de Raguse et de Trévise les commandaient : leurs forces ne s'élevaient pas à 16,000 hommes, restes de plus de 120 bataillons échappés aux désastres de la Saxe, et aux combats de CEa mp -A ubert et du reste delà
campagneXW a^éc cette poi^èe d'hammei qu'ils devaient couvrir la ligne qui s'étend de«puisla Marne, au sud de Paris, jusqu'à la Seine, au nord de la ville : quelques corps de la garde nationale et des volontaires prirent part à Yaf-^ faire; et cependant ils firent éprouver à l'entoenii une perte qu'ils portaient eux-CBénies à plu^de 7,000 hommes. Ceux-ci avaient jengagé 40,000 hommes , soutenus par la totalité de leurs forces.
L'approche de ces momens suprêmes ne nous avait pas trouvés endormis ; de moment en moment, nous nous réunissions pour aviser à ce qu'il y avait à faire. Le jour de l'attaque, nous nous portâmes, M: le duc de Dalberget moi, sur plusieurs des points où l'on combattait : nous nous trouvâmes à la barrière du Trône , au moment où les Rusises enlevaient la batterie qui était placée en dehors de la grille. Nous vîmes sortir lartillerie de réserve, servie par des élèves de l'École Polytechnique. il était onze heures : nous jugeâmes que l'ennemi, s'il le voulait, pouvait être dans le cœur tie la ville, une heure après. Il n'y avait pas un moment à perdre. Je courus chez M. de Tal^ kyrAnd, pour lui faire part du danger qui met
naçatt la yfiile , et pcmr rengagera user de J'âulorité de ses conseils pour mettrefiù à celte lutle* J'ignorais que Joseph eu avait déjà donné Tordre, jll datait de dix. heures du matio. En me "^ rendant chez M* de Talleyrand nous rencou'- . trames le ministre de la police qui se portait à cheval sur le terrain où roniM>mbattait; nous lui adressâmes les mêmes représentations. Je trouvai cjiez M* de Talleyrand » M» le duc de Plaisance et M. le baron Louis. Je leur pariai avec véhémence de la position critique de v Paris^ et de la nécessité de le préserver par la moins mauvaise capitulation qu'on pourrait obtenir. Je finis en ajoutant qu'a défaut de mi^sures delà part de l'autorité, il fallait en appeler au peuple et se sauver par lui. Dans ce moment, la ville se trouvait abandonnée par ses chefs : Joseph avait fui ; Marte-Louise^ les ministres , et plusieurs principaux fonction^ naires avaient, d'après les ordres de Napoléon» pris la route de Blois. M\f. de Talleyrand et Lebrun restaient seuls. Les alliés ayant prévalu par leur nombre, les positions défensives de Paris ayant élé tournées y les maréchaux ne •pouvantplus défendre la viUe^ nes'occufèrent plus que de la prés^ver. Le danger était tel
que le dnc de Ragusè dut ^'élancer à la tête de quarante hommes detilemetit sur une troupe russe qui avait pénétré jusque dans la rue de Belle?ilie i dès-lors on ne tongea plus qu'à capituler. La retraite de l'armée fi^aûçaise commença ; les alliés prirent possession des hafiieurs de Montmartre ; quelques coups tirés sur la ville annoncèrent leur présence: à la nuit, toute la ligne des collines qui dominent Paris à Test et au nord fut couverte des feut de bivouacs ; e'était un nouveau ' et étrange spectacle. Paris était pris , et jamais il n'avait été plus tranquille. J'ai beaucoup couru la Ville pendant cette nuit, pour lobserver dans une position si nouvèHe. Je puis attester que je n'y ai jamais vu r^ner plus de calme , ni plus de' régularité dans le service. Un étranger qui aurait ignoré ce qui venait de se passer, n'aurait jamais soupçonné que depuis quelques heures Paris avait cessé de s'appartenir à lui^tnéme. Le lendemain , 5i mars , nous nous réunîmes chez M. de Talleyrand. It était A^uprès onze heures ; beaucoup de monde s'y trouvait. M. le duc de Dalberg s'approchant d'une fenêtre qui donne sur la place Louis XV, aperçut quelques personnes portant des ce-
eardesblanches^et agitant des ditapeaut bhm». Quoique j'eusse beaucoup couru dans la matinée « )e nen avais pas aperçu june seule, Oa prend la cocarde blanche , cria M, le duc de Dalberg. Aussitôt )e me précipite Vers lui et je Tentralne ; nous arrivons au lieu du rassemblement : il présentait l'apparence d'un groupe de cinquante personnes « ou à-peu-près , portant des cocardes blanches, et agitant de petits drapeaux blancs. Quelques-unes étaient à cheval. Ce groupe se portait vers le boulevard delà Madeleine ; il se. grossissait en marchante Des personnes de toutes les classes; s'y joignaient,etYquelles que fussent leurs intentions, faisaient comme les autres. Les cris de vive le roi I vive les Bourbons ! se faisaient fréquemjment entendre. La nouveauté de ce cri, de cet appareil , de ce cortège , attirait toiis les regards; bientôt les croisées qui donnent sur le boulevard furent garnies de femmes qui. agitaient avec transport des mouchoirs blancs;les
cocardes blanches ne tardèrent pas à pleuvoir sur les trottoirs. C'est là que je fus abordé par M, le comte de Bétizy , qui m'invita à me réunir aux royalistes qui devaient s'assembler Iç soir chez M. de Morfontaine. Ce fut par Lui
que )*appris leur Téunion. La marche de cd groupe ne dépassa pas le boulevard de la ruQ de Richelieu. Hors de là , tout signe de roya-» lisme était fort rare, et plus loin il n en existait aucune trace ; je puis assurer que je n'en ai pas trouvé de vestige, en arrivant à la porte Saint-Denis , et que, sur la demande que je fis de la signification de Técharpe blanche que portaient au bras gauche les premiers chas^ seurs à cheval qui entrèrent par cette partie de la ville, j'entendis un bon nombre de voix mé-^ nacantes qui s'élevaient contre moi* ,
Ces premières troupes furent bientôt sui-» vies du corps d'armée principale. A la tète paraissait ou plutôt brillait le groupe des souverains ; leur présence faisait sensiblement accroître les signes du royalisme. Il passait peu de pelotons qui ne fussent salués par des cris de vive le roi ! vivent les alliés ! vive le souverain auquel ces troupes étaient censées appar-^ tenir. Une circonstance très-peu prévue assurément eut un grand efiet : tant il est vrai que même dans les plus graves afi*aires,iln'y a pas de circonstance indifférente. Les troupes al liées portaient une écharpe blanche au brâ» gauche; on crut que cétàitrécharpefrançaise.
Cette heureuse méprise aida beaucoup au succès de la journée ; dlle montra même aux tièdes un appui décisif, et aux opposans un obstacle désespérant. La marche des troupes dura plus de quatre heures. Il était facile de juger que l'air avec lequel les troupes, et surtout leurs oflSciers, recevaient les acclamations royalistes, était pris pour un acquiescement qui bientôt serait suivi d une protection efficace. Il ne faut pas douter que cela n'ait eu un effet décisif sur beaucoup de personnes. D'ailleurs , un assez grand nombre d'homme» attachés à la cause des Bourbons s'étaient rendus depuis quelques jours auprès de plusieurs généraux russes et prussiens: ils en avaient reçu des paroles assezcbligeant^s pour pouvoir servir de fondement à une ifiterprétation favorable dans le sens de k cause qu'ils avaient à cœur de faire prévaloir. Tout cela était connu et répandu avec soin , et contribuait à augmenter Je mouvement royaliste. Cependant, pendant toute cette journée, les. signes extérieurs du royalisme ne se relr&u^ valent guère que dans le grand carré focmé par les boulevards, k'rue de Richdieu, fe rue Saint-Houoré et celle du £smboiirg de
(6i) ce nom : hors de là, ils étaient clairs reniés . et le lendemain matin, les cocardes blancheii attiraient encore l'attention.
Vers 5 heures du soir , je me -rendis che^ M. de Talleyrand: en entrant sur la place Vendôoae , \e trouyai le peuple attroupé aur tour de 1^ colonne , vomissant dçs impréca-? tions, et j*arrivai au moment où un hommiç se plaçait sur la statue de NapoMon, et frap^ paît son visage.
Je trouvai M. le baron Louis chez M. de Talleyrand ; celui-ci m^annonça que Tempe* reur Alexandre avait daigné désigner sa maison pour son logement, et qu'il allait l'honorer de sa présence. Je l'en félicitai et nous aussi , comme d'une chose décisive dans notre cause. Peu de minutes après, l'empereur parut, précédé parles acclamations d'une foule de peuple (ij. Ce prince avait passé plusieurs
(i) Ce fut dans ce moment que M. le comte So&thènes de la Rochefoucauld demanda àTempereur de rendre ses princes à la France : il en fut écou(é avee bontéj mais il n'en obtint pas la réponse qu'il désirait^ S'étant approché de plusieurs princes et offîciers-gépnéraux quiaccooipagnaient les souverains^ il compril
heures avec le roi de Pruftse et le pnrince de Schwartzenberg , dans les Champs-Elysées » à voir défiler rarmée. II était venu à pied du palais de FEIysée à l'hôtel de M. de Talleyrand. Nous nous trouTâmes sur son passage, M. le bâton Louis et moi. M. de Talleyrand nous présenta à ce monarque /qui nous salua avec cette gracieuse majesté qui accompagne tous ses mduv'emAis. Le roi de Prusse le suivit, à quelques minutes près. En passant devant moi, ce prince me reconnût, et me dît z M. rarchevéque,îevousai vu à Dresde, il y a deux ans. M. de Nesselrode , qui arriva après i me dit : je suis très-aise de vous voir; nous vous cherchions. M. le prince de Schwartzenberg vint à moi avec empressement, et s'exprima avec reconnaissance sur ce qu'en Pologne j'avais fait pour s^n armée.
Une conférence entre M. dé Talleyrand et
par leur réponse que le sort des princes de la maison de Bourbon n'était rien moins que déterminé.
Si la modestie de M:, le comte de la Rochefoucauld lui permet de publier sa reLuîon de cette journée^ on y trouvera la confirmation de notre exposé , et des détails fort propres à fixer Tophnon sur le véritable état de Paris.
M; le comte de Nesselrode àyoit précédé de quelques heures la tenue de ce conseil. Ou y avait préparé ce qui devait être discuté dans celui-ci*
Il faut dire aussi que M. le prince de Schwartzenberg était muni de pouvoirs de Tempereur d'Autriche pour consentir à tout ce que les souverains présens décideraient. II articula expressément à M. le duc de Dal-^ berg, que lui et M. le prince de Metternîch pensaient que la continuation de Texistence souveraine de Napoléon en Frahce était incompatible avec le repos de l'Europe , et que Napoléon vivant, il ny avait rien de mieux à faire que de se fixer au retour de lanciehne dynastie de France , dès que ce retour paraîtrait être le vœu de la majorité de la France , et que larmée voudrait le partager.
Après la bataille de Montereau, Napoléon ayant repris la ville de Troyes, et poussé jusqu'à quelques lieues en avant de cette ville , l'empereur d'Autriche se dirigeât sur Dijon. De son côté, Marie-Louise s'était éloignée de Paris; par conséquent le père et la fille s'éloignaient l'un de l'autre , et ce fut un heureux hasard, car qui peut répondre de l'effet qu'au-
xs&dnH produit si^r un père les, larmes efc U$ HippUç^ioDâ de ga fiUe ?
Cette explÎQUitÂçii: des iateptîond de TAutrl^ che précéda T ouverture du conseil.
L'empereur Alexandre , après aypîr exprinié les magnapimes intentions qui aoi** msAfx^t les alliés , à-peu-près comme il le fit devant nous v ainsi qu on va le lire dans un moment ^ dit â M* de Talle/rand qu'il n'ayait pas voulu arrêter une détermination dé^ finitive auparavant d'en avoir conféré avec lui; qu'il Y avait trois partis à prendre : . i\ faire la paix avec Napoléon, en prenaût tputes ses sûretés contre lui; , a^ Jltablîr la régence ; . 3*, jRappeler la ipaison de Bourbon.
]\|, de Talleyrand s'attacha à faire sentir les inconvén iens des deu x premières propositions, et à les ruiner dans l'esprit du conseil devant lequci il parlait. Il passa ensuite à l'établissçment de la troisième, comme la seule chose qui convînt, qui fût désirée , qui pût être acceptée généralement , et qui finit pour tout et avec tous, en mettant un terme désiré à la tyrannie, et en donnant des garanties aus^i fortement désirées pour la liberté ^ sou^ des
jvriaces^ 4'un> parac^èr^ çqni^a par |a mo« dération, instruits p£^r le malheur et p^p un long séjour dans une terre toute de liberté.
* On ne lui contesta pas les convenances , mais bien l'existence '4*u^ désir dont on i^'ayait pas trouvé la nianifestation. sur tontç^ la roujte tritveif^ée p^ir V??*fî^ée , 4^^ Ifiqu^Ue, au contraire , id population s'^taÂ( peoooncée divine manière i^stiier
On, appuyait sur. la résistance de 1 ^rmée qui se Retrouvait au naêoie degré dans le;a cotfpsk de ^Quyell^ l^vées^jçit daA9 les Fér
térans^
. On avait vu, il y, avait peu de jours, 4 Iéi Fè^^erChiainpenpise, un corps de.plqsieurs milliers d'hoqc^mes arrachés tout fraiçhepuent à la charrue , se battve jusqu au dernier oonti^ les troupes alliées , au milieu desquelles ils étaient tombés sans s'en douter. Surpris, enr veioppés , il fallut, que l'empereur iÙexandre
aryaûhâ^ IcM* à^^^m, ^ ]» Papi^Jt^q^'il^ contiiMUÛenjt debraver. ' '
On désistait donc à Fidée que lè rappel de la maison de' j^ur^on ne fût pas con-.
trarié par les dispositiotis d'un très^grand nombre de personnes (i).
(i) Il faut ezpli^er cette résistance 9 ou plufftt cette réserve 9 non pas d*un éloignement quelconque pour le rétablissement de la maison de Bourbon , au contraire , il était désiré ; mais de Timpression subsistante et profondément §;ravée dans les esprits^
l^ De ne pas établir de contradiction avec les actes publics, qui tous n'avaient eu rapport qu'à VétaÙissement de la paix; '
a''. De n'imposer aucune loi aux Français, de s'assurer de leurs dispositions véritables avant de se fixer à une détermination dont les suites devaient ètrlP^ bi grandes ;
5^. De faire une chose solide, et réalisée promptement: les souverains étaient en campagne depuis deux ans; ils étaient loin de chez eux: il fallait faire vite et sûrement , pour n'être pas obligé de recom*^ mencer, ou d'attendre trop long-tems.
A cette époque, l'idée des étrangers était qu'il fallait faire la paix, lier strictement Napoléon , et prendre deux ou trois ans pour le détruire. Ils étaient fort éloignés de croire sa fin aussi facile, ni aussi prochaine. Comme ils n'avaient jamais su ce qui faisait sa force, ils ne savaient pas non plus ce qui faisait sa faiblesse* Leur sincérité dans les négociations avec Napoléon était telle , que lord Wellington prévint la députa tion de Bordeaux, qui lui fit part de son intention de
L'empereur Alexandre dananda à M. de Talleyrand quels moyens S se proposait d'employer pour arriver au résultat qu'il annonçait. II. répondit que ce seraient les autorités constituées , et qu'il se portait fort pour le sénat; que l'impulsion donnée par celui-ci serait suivie par Paris et par toute la France.
. Quelques solides que fussent les raisons qu'il allégpNia , et quelque confiance que l'on eàt dans l'influence qu'il était dans le cas d'exercer sûr le sénat, cependant la résis-
recevoir le duc d'Angoulème, qu'elle eût à bien peser sa démarche, parce qu'on traitait avec Napoléon , et que ce général, pour éviter tout mal-entendu qui pourrait compromettre, soit les villes, soit quelques particuliers, remit à la municipalité de Toulouse , lorsque la bataille du lo avril Peut rendu mattre de cette ville, un avis par écrit pour lui faire connaître les dangers que Ton courrait par Texposition des cou* leurs et des signes royalistes qui se montraient en grand nombre.
La députation de Bordeaux n'avait pas tenu compte de ses observations, et même les avait présentées dans un sens absolument contraire. II désirait prévenir à Toulouse les inconvéniens d'une fausseinterprétatlon.
tdnctt durait eocore, et ce fist pwtr Ja ^^amcre qu'il crut ëevoir s'étagrer db-t^m engoue de Itf , le baron Louis , et du «lieu » i^h qtill pi^posa à Tempereur.^ noué iiit^rrciger cottime des personnes que, depuis plusieurs mois, il a^aiÉ tu occupées des mémed intéi:êts,.et de la recherohei des nOM^yens de les ménager.
. Cette proposition ayant été agréée,. M. de T^Ueyrand nous introduisit dans la pièce tA se tefiait le co&seil. On se drdUTa rangé ^^e manière à ce que^ du câté droit, le T<4 de Prusse et M. le prince de Schwartzenberg fussent les plus rapprochés du meuble d'ornement qui est au mffièii de rappartement : M. le duc de Dalberg était à la droite de M. le prince de Schwartzenberg^MM. deNeçselçojle, Pozzo dl Borgo , prince de Lichteinsteio auèvaient. M. le princQ.de Talleymnd était placé à la gauche du roi de Prusse , M. !e baron Louis et nloi étionsauprès de lui : l'empereur Alexandre faisant face à rassemblée ; àl}àit et venait. *
Ce prince, du ton de voij^le plus p^onoççé, soutenu d'un geete très-^animé^ débuta par nous dire que ce n'était pas lui q«i a^ait
(6ô) icommetidéf la g5e*rerqti'oîi*« bvaft été le
dieiacher chm, » lui ; * -qiie ce ri'étuît îtf U iotf'des 'conquétee, m d^e de la Vengeance qnid^anneo^it: A^Parié ; qtftl âvâft^tout fait pôtît
dbsr^irixèie» les plus h^^raM«s ; Te^hbt¥etits fie fa:gtièrFe^; 'qui! ^ràît incombfafele^Vdfe'ëti h\iâit ièiè^àileibte'': -qu'il ne ll^f^tfit pt^itit }À ^e»P9tàla'Prat|Ceï; elf'i^è éës^ffiés ètM tié «bannabdtriéîir qttë ^fteiii ^riÈiehiis 1 1 empçreur PbpêMon tet tdift i Guettai ^ la liberté dés ffarapçaîs. iks'àdret8â:iilbrs ^ti Toi de 4Prassè ^ au prîncedeSchwartzenberg,enleur den^ran^ i^fkt. sicer.WéfaieQb pttS)]là ktfl«'lJa%îh^aDs. {>ë«i^904uisSaeinàôKa3raQi>9ai viicëtle AèiVi^lAVdc/, il BQpét^ a^ffellaqiiénïe action «ine' partie îd'è ic^,q\i/Ay^Qaitj^ dure; îo^slantiràrvxfe^enti^ ^leçA^^nf l^jg4»^iH^t^ oo\is pétiélar«it d'âil^ jpîliafi;<)23^atfiâff e^oa^ai^^anOB; «t apo^è» xioiis
^ép^nf jvar£îi#^^efl|.^ity[i» ^.qu© daQu^ViélnÎMis aus^iv (jfff ;^u^pja;^ip];L8 f|a',àTf(^rec30»fliaÂtir« .ce;gwi;pou5 jparai^^ait certain di^0>ie»(dîsp»^ sitions de la., natian, etr^ue s^ai9€eu ternît aoulenu.pwJes £ûrçeS',0lli4es, îl^'adrfi$$a à chawin- de B(ws. { ,. , . :.
Lorsque mon tour de parler fiit veau ; j'éclatai par la déclaration que nous 'étioûs tous royalistes ; qae toute U France Tâait comme nous ; que si ellene l'avait pas ntonf ré , il ne falbèl en accuser que les négociations continues de Châtillon; qu'elles avaiebt suffi pour tout allenguir^ qu'U en était de même de Paris ; qu'il se prononcerait aussitôt .qu'il serait appelé à le faire, et qu'ilTy aurait de la sûreté ; que d'après l'influence cpj^ Piaris exerçait sur la France depuis la révolution, son exemple siérait, décisif, et répété par-^ tout - J
|i 'empereur s'adressa de nouveau ait roi cie Prusse et au prince de Scfawartzenberg : ils répondirent dans im sens 'parfaitement a^nforme à celui des ofHiiioiifé' que nous avions énoncées; Eh bien ! dit alors lemp&reur Alexandre , jC; déclare que je né traiterai ]^!û8 avec l'empereur Napoléon : il fut observé que Napoléon seul se trouvait exclus par cette déclaration qui n'atteignait pas sa famille, et sur nos représentations , l'empereur ajouta : ni avec aucun membre de sa famille.
On obtint de ce monarque que cette déclaration , qui devait fixer l'opinion de Paris,
(7' ) fût rendue p^liqua : deux heures àprè^.eUa couvrait les murs de la capitale par le^ soins jdeMM. Micbaud^ qui se.trouTaiei|t:daAS'Ie$ appartemeçs voisins die la salle du conseil.
Cette déclaration était tout : cest elle qui a fixé Je sprt de la Francien écartaitt Tol^staclequi était entre elle eti^s anciei|S^soHv^i:^ns> ;en liant les souverains alliés , en assurait à Isi /cauBe des Bourbons, lappui de leurs fDi;çe8. JSon changemet data donc de cette i^ésoluT tion.: c'est ^le qui a tout. fait. Il y; a un
point décisif dans ies affaires ^ et il était là. .Une . simple hésitation suffisait .pour tout changer. Si postérieurement les réspliLitiputô déjà acrétéesuoot pué|re attaquées, qiieût-ce été Vil n y en avaii pas eu? On ne peut donc trop le dire^ la ..restauration, est sortie de ce conseil. Dès-lors to.U9 ks vœux.antp^ 9e manifester, tous les esprits et tous, l^s cœurs ont pu se réunir pour en hâter raçcom^pUs- ,8çment. \ ..
Alafiu duçons,çjl ^QU9 mimes tous nos &oins à empêcher l effet des représentations que les ixégociateurs, au nom delVapoléon^jpojirraîent chercher à produire. Si nous ne pûmes l€|3 empêcher d'arriver , on parvint du moins à
ftbrégefT leur Béjoin* » et à '«n 'àif^vet» ii'effei Dés qite iio«|8 tàiknûÈ Sortis Au ^onseS; M. le bwcm Louis et moi , tt(M| travaillâmes it ttdus as^orer d^iM ^ g^héràuis: liôb.)>Ii£à lUfloàUli et nems dépêchâmes vm ♦étî.'
En Fefrënaat t^àez M^ de T'aâleyraûd , âom ëûtbes ebtmttisis^iiciè ^ue ieû mn^àSèm^'é^ taienteH^géë ^ feî»É^^^ttûl$ le tràkéd6^kk>,
aiéi Fferfèè ^u"i!Ai iië lifi ^ ^SùttSt Hicfcéifdè ychis NajtoWbn ;'ce grand' . hérTÎfce est "dû à •M. ^de TMléjrraiïd ; te leii^ëhiaita , il se l'end*
^«Wirs cî-^ôinffe
'Dâtasibdtté èëàfncie^ lé ^èuvôWtfettîréiit ^r<y- Visoire ftft nomtiié, du^Ititôt conîSViil*; èhr Ub iih«x qui avaient ^té â?réfés ' ^ëitfrè ^éVife , ûé BonSHi^ëtJt pas 'une cotAràdîctrdi'.
Dès ce inoiîient k révolutWn fut con&ô mée : tout ce qui suivît ne fut que là conséquence de ces premiers actes ; et * i oïl 'Vît fe l^éaîilsèr avec 'ràpîâîtè cé que ndrfâ a^ons antionéé àu'cônseîl '^és souverains. Lés -signes dû goùVerÂénÉient tJrééfedçn^^tb'mbaîent suôc^e^îVeiherit (i) : lès émMèmek dé célûî qile
i*>i*dk*>a^a>arfM
(i) Dans la journée du 5i mars^ H. de Bourieniie
Tcm attë&dait ite * relévatent à miesvre : flbuâ # les^corps et ' foBctiowdaiiSés se mlrest^àdiélt^ béitsr» à adjiéi')^ du:ebaB|;ctafeùt p^oviapiire:: l'iéxkafpfe Ide Poris iv .-ciraime on l'avait bîeti préviiv eiitratoà toot. ' : ! ' ' ! r :r^
'fii^àie a"' bvH!» le icmibeil' ^générai idu^dâtléjflaptenientrde la; SeÎEiè , le |x*€nqîer : doDloiIs
ié V^péi d^ là* m^srèa ût dèto»toi^J '
' bë 'â aVrit ^ lé^ftâAiâib 34s9i fatigué ^^êti^ Tinstrument que la victimei'de la tyrdntife ^qpttib'ô^eûAaiCàtetiit, rendit lé Bénatas^^oqnsulte ' 'dé âéchéaâttëiiqfe déba le peiiplk eU'saniié^^ 'fiôs ^b%aÉflORS "ènvcivs, dfapoèéoû (a^.'Cé^t 4iiif>0ft«r le>cffiipinièrtdL< . ' - 1
*i^— — — ^Mi— — *— „.„,^,^ . , „— |j„i^.^^. 1 , Il I ■ »^— ^»
j»*empâra 3e la direction des postes^ chose de la plus èrabàè îttij^oriancer car ÏU tesiaLiirtilîon Vétèrhdh 'à mpgiiri» quft Ifts DOUveUe^^du obAngfypaQût. ^rlvé à Paris ,ae propagèreat dans les départemeng. C'est un éi^a'^ët^ôûHgëuk's^vicfè; cdPp'ïfl^^ftfin^as tydblî^r ijyb lifkpolébn étatt à' quclqélfèS'KetHe^ de Paris, et tfére përidtîAe riè po avait répontlry'fiu parti' que préndtàtt
(i) C'est -âai](tsck'mofenéiJtt<)ui& Nàpdéon àAt cotlùatft^e toiite retendue dç l^'fouve 4ii>â aVail'fôHe> en
Le 3 avril , le corps lëglslatiC adhéra aux actes du sénat : dès4ors les chefs des armées , aussi éclairés que braves , ra|^M»tant toujoun leurs travauz au service de la patrie, furent libres de se lier au changement que «on .bien Tenait d'exiger» et de se séparer de celui qui était devenu l'auteur de tant de maux. L'exemple en fut donné par le maréchal duc de Baguse, qui « pat cette détermination réfléchie , trftça la ligne de démarcation entre les devoirs du guerrier et ceux du citoyen.
Napoléon avait voidu essayer de S6 faire jour jusqu'à Paris , avec ce qui lui restait des débris .de son armée , ddbris eux-mêmes de tant d'autres débris :. il s'avança jusqu'à six lieues de Paris ; mais bientôt détrompé, il céda aux instances de ses anciens généraux, et fit une abdication qu'il voulait rendre perspunçUe ^
u*asM>ciaDt en aucune manière 1» nation à ;^e^ délibérations, ifi i^ rexerçic^e. de son pouvoir: aprjbs.ç^'ep être servi seul et pQur lui seul pendant beaucoup d'années, il resta seul le jour où il Tinvoqua daiis ses nécessités; et conuue il n*ayait janaais écouté personne 9 à son tour il ne fut écouté de pevsonne.^
lui seûly en demandant pour son fils ce qu*il n'avait pa obtenir pour lui-méine.
De grand» efforts furent tentes atiprè» des •ourerains pour les porter à accéder à cettb gulrstitution du fils au père ; mais cetfe en* tftprise échoua : ce fut dans la nuit du 5 au 6 avril, que ce dernier obstacle à 1 affer^ tnissémcint de la rests^ui^ation fut définitives ittèftï écarté.
M. le général DessoUe ,;appelé d'une retraité ^ont le motif avait été • glorieux , hu poste de commandant de la garde nationale de Favîs ; -signala sa rentrée dans les affiiires par là pliis courageuse apposition à l'adoption des deinandes de Napoléon*
Ici doit ^'arrêter mon récit : la restauration était consommée, et c'eAieiie que )'ai voulu retraceiSi. Cependant qu'il me soit permis de dire que l'empereur Alexandre ayant désigi^ Bi. PozKO di Borgo pour résider auprèsidii gouveriîement provisoire « pendant Tabseoiée qif'il fenâit en allant combattre Napoléon , campé à six lieues de Paris , le gouvernement provisoire me désigna pour raccompagner, avec le môme titre. Heureusement ces dispo* sitions furent superflues. Deux jours après , le
gou^emeinent , vauhnll saiisiloata ise doonef une preuve de r*#tehtwoqu'iUiâvaitTacoôrdée A la part que j'ataii ptisè dans <x qui. venait dé se passer* me' ntaunna conHiiissarire -ans grandes cfaancelhntes réunies dei iA* Léj^ea d'bonnèur et de d'ordre de Ja Aédàiott^-doiit les'ohéfs étaieaat absens. le t)e9sat dès^oiid ds m'otctiper des affairas^ générales, et JQ n'y JO'*tervins qu'une seule fois pour soUi^^ter aai^ès diL' '.gouvecneÉneol: provis<»tie la Ub^cfé des pt^tares de, ht Bëlgiguei^^ailés^oiH emprièonoés depuis f^iuicurs ai^néksi • < ; Les jours qui afiikii^ti^.paptèreiit de^àod^ telles forcés à la i^estauçalioaetd'afiermiriept: les armées suivirent iQjaaouyement^néral'de^ la VtUMCit^ risitétieùr ne présentai pas Fombre d'un^dkseolimeikt.A/és 'prijacesi^pnéonraeiirs du itiii,: se trouvèrent stn* leur fiàssage -que de$ acolÈiniafcions ^ ides iaraiâs de ^yoSe et de bbnbwiv.Le ItiiTenrtra'danja iBlÉris tcamme Ma père 'dans : le sein, desa'famid^c^ (Les éttangOR reapeotërent les moffuimens de Ja '^Knamôe , et ne pvîsèrentpas dai»js«stréBops^tlslioiiàr^Dt les^erriers qu41s>fi(Vjâaiiitl«tig4eiirp9rbd0Qtés; la paix répandit son 'bàumeié t ses) bienfaits: tels furent ipevidant atseltme 'temps dta ifinéls
ëe cette première restauratioq , qui , à cette époque, fit lobjet de radmiration et de lallé,gçe9SQ (Je TJinrape , et dont le ^urenfr doit faire toujours trouver en lui-même, à ceux qui y prirent part avec ïè^e, oubli d'eux-mê-p mes, et recherche du.J>j^e»-de la France, leur bonheur et leur récompense.
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