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ayant prêché que l'Antéchrist était né, et annoncé le jour du jugement pour l'année 1430 '.
Lorsque Jeanne s'était montrée devant Paris, au mois de septembre 1429, les Parisiens ne doutaient pas, suivant des rumeurs habilement répandues, que ses fidèles allaient tous les exterminer ; que l'intention du roi Charles VII était de faire passer la charrue sur la ville. Tandis que les Parisiens processionnaient en l'honneur de la Vierge, la veille de la Nativité, au mépris de l'observance des fêtes religieuses qui venait encore d'être rappelée par l'Université, Jeanne avait donné un assaut infructueux à la ville. On vit dans cet échec un miracle de la Vierge en faveur des Bourguignons. Le crédit de Jeanne tomba, puisqu'elle avait échoué : donc l'esprit du Malin la conduisait, et non pas l'esprit de Dieu. Question qui préoccupait alors les maîtres universitaires, puisqu'ils avaient, en ces jours, fait composer et transcrire un traité : De bono et maligno spiritii^.
La croyance à la mission divine de Jeanne cessa dès lors. Bedford, écrivant au roi, la représentera comme le limier du diable, usant d'enchantements et de sortilèges. Après la sortie désastreuse de Compiègne, que devaient penser de Jeanne prisonnière les maîtres de Paris, alors qu'elle avait annoncé avoir été envoyée de Dieu pour chasser de France tous les ennemis de son roi ? Et le saut de Beaurevoir, n'était-ce pas coupable témérité et mortel péché?
Voilà ce qu'il ne faut pas oublier si l'on veut voir un peu clair dans l'acharnement des théologiens universitaires à poursuivre Jeanne ; ce qu'il convient surtout de retenir si l'on veut comprendre la portée des questions sur le pouvoir magique de tous les objets qui lui avaient appartenu, son étendard, son épée, ses anneaux; les interrogations insidieuses qui lui furent posées sur l'étendue de sa mission