‹ Procès de condamnation de Jeanne d'ArcChapitre 14 sur 182 · INTRODUCTION XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXV

et sur la question, toujours fort mystérieuse, de ses intuitions et de ses voix '.

La Pucelle avait annoncé, en somme, une mission imparfaitement réalisée. Les Anglais n'étaient pas chassés du royaume de France ; le duc Charles d'Orléans restait toujours en Angleterre ; elle-même était tombée aux mains de ses ennemis et y était demeurée. La description de ses apparitions, si précise, pouvait sembler fallacieuse à des gens qui étaient habitués à lire sur ce sujet, dans la Légende dorée par exemple, de vagues généralités. Dans le récit de son entretien avec le roi, il était évident que Jeanne avait varié, et même qu'elle s'était vantée. Dans tout cela les théologiens les plus avertis, comme Beaupére, étaient enclins à voir « plus de cause naturelle et intencion humaine que de cause surnature ».

L'Université, on Ta vu, était intervenue au début du procès de Jeanne; elle interviendra encore dans la suite de la procédure. Le 19 mai, Pierre Cauchon le déclarait en séance publique : les opinions des docteurs et des maîtres pouvaient suffire pour juger la cause. Mais, une fois de plus, il faisait appel, pour la plus grande paix des consciences et l'édification de tous, aux lumières de l'Université, en particulier à celles de la Faculté de Théologie et de Décret. Or, le 14 mai, l'Université venait de le faire savoir au roi d'Angleterre : le procès avait été conduit sagement, saintement, raisonnablement par des professionnels éminents, des gens qui n'avaient ménagé ni leur peine, ni leur temps, ni pris en considération aucun danger. Toute dilation étant bien périlleuse, il fallait en finir, agir rapidement pour ramener le peuple égaré à une saine doctrine. La veille, une lettre avait été adressée à l'évêque par les universitaires dans laquelle les mêmes sentiments étaient exprimés. Il fallait aller de l'avaiit si l'on voulait éviter que Jeanne ne gangrenât tout le monde occidental.

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