‹ Procès de condamnation de Jeanne d'ArcChapitre 172 sur 182 · Louis Orsel, prêtre, clerc de Noyon · texte numérisé non relu

Louis Orsel, prêtre, clerc de Noyon

587. Le cimetière deSaint-Ouen, entouré d'une clôture, et au milieu duquel s'élevait une grande croix de pierre, régnait le long du côté sud de l'église (cf.de Beaurepaire, Notes sur Je cimetière de Sivnt-Ouen à Rouen ; A. Sarrazin, Pierre Cauchon juge de Jean lie d'Arc, p. 147; Le livre des fontaines, 15-25, éd. V. Sanson ; A. Marty, L'histoire de Jeanne d'Arc d'après les docvvients originaux, 1907).

588. Henri Beaufort, évêque de Winchester, cardinal depuis 1426, chancelier d'Angleterre, grand oncle du roi (-J- 1447).

Ce fils illégitime de Jean de Gand, grand chancelier de Henri V puis de Henri VI, banquier d'état, candidat à la papauté, grand ennemi de Gloucester, guerrier et plus tard pacifiste, en relation avec toutes les cours d'Europe, un ambitieux et un avare au demeurant. Légat du pape Martin V en Allemagne, il avait prêché la croisade contre les Hussites en Bohême. Alarmé de son pouvoir grandissant, Gloucester l'avait persuadé de venir en France au mois d'avril 1430. Il y couronna Henri VI à Paris, le 17 décembre 143 1, et il fut employé à toutes les affaires cette année-là. Il était de retour en Angleterre au mois de mai 1432. La tragédie de Henri VI de Shakespeare nous donne un portrait achevé de cet étrange prélat.

589. William Alnwick, évêque de Norwich (1426-1436) puis de Lincoln (1436-1449). Moine de Saint-Alban, homme de confiance de Henri V, garde du sceau privé de Henri YI et son confesseur, c'était un homme de savoir et jouissant d'une grande réputation de sainteté et d'orthodoxie. Il poursuivit très rigoureusement les hérétiques LoUards. William Alnwick eut une influence dans les grandes fondations scolaires de Henri VI et s'occupa de la restauration de la cathédrale de Lincoln. Dès 1425, il avait été désigné par le roi d'Angleterre au saintsiège pour l'évêché d'Elv (J. Bentham, The history and antiquities 0/ the catludral church ofEly, 1771, p. 166).

590. Thomas Frique, bénédictin, prieur puis abbé du Bec-Hellouin depuis le 9 juin 1430, confirmé par le pape dans cette fonction le 18 août (Denifle et Châtelain, Le Procès de Jeanne d' Arc, p. 29). Il résidait à Rouen dans l'hôtel de la rue du Bec. On le voit, en 1436, prendre place après l'abbé de Saint-Ouen dans une assemblée de prélats convoquée dans la chapelle archiépiscopale, place qui lui fat contestée fort longtemps. Il mourut en 1446 (Ch. de Beaurepaire, Notes,

591 . Robert Jolivét de Montpinchou, /o/iiW» R. ahbas Moutis, R. abbè du Mont, bénédictin normand, bachelier en décret en 14 16, abbé du Mont-Saint-Michel depuis 141 1. Il avait fui son abbaye demeurée fidèle à Charles VII et s'était réfugié chez les Anglais dès 1419. (Denifle et Châtelain, Le Procès de Jeantie d'Arc, p. 50.) Il remplit de nombreuses missions pour Bedford,fut nommé son chancelier et garde du sceau privé en 1423 (Stevenson, Letlers aiid papers, vol. II, part I, p. 7,52). On voit que, le 27 mai 1428, Robert Jolivel était son représentant lors de sa fondation aux Carmes de Rouen (Arch. de la Seine-Inférieure, G. 3573). Extrêmement dévoué au gouvernement de Henri VI, ce religieux joua un rôle diplomatique et même militaire important, inspectant les troupes, visitant les forteresses ; il était de tous les grands conseils (S. Luce, Chron. du Mont- Saint-Michel, passim). En 1425 il avait commission de par le roi d'Angleterre de recouvrer l'abbaye qu'il avait si admirablement fortifiée avant son départ. Entre avril et juin 1428, Robert Johvet était à Paris, attendant la venue du comte de Sallisbury et de l'armée anglaise pour« aviser et conclure où ilz seroient envoyez» (U'id., p. 77). Au mois de novembre, il allait trouver le régent à Mantes au sujet du siège d'Orléans (Ibid. p. 88). Le 12 septembre 1430, Robert Jolivet est dit son conseiller aux gages importants de 800 1. par an. Il avait sa résidence à Rouen pour le service de son roi. Le 16 novembre 145 1, le roi Henri mandait de payer les gages de 10 lances et 30 archers à cheval qui l'avaient escorté(avec l'abbé de Fécamp) à Paris, où il était mandé (Bihl. nat., fr. 26055, "° 1690). Robert Jolivet, le 18 juin 1432, donne commission à R. Josel, lieutenant du bailli de Cotentin de recevoir les montres du sire de Willougby, lieutenant royal en Basse-Normandie (Bibl. nat. fr. 26055, n* 1844). Le 23 juillet 1436, le roi Henri lui donne l'ordre, ainsi qu'à l'évêque de Lisieux et à Suffolk, de réunir les trois États à Caen et lui fait part de son intention d'installer à Caen une Université (Bibl. nat., fr. 26061, no 2887).

Robert Jolivet fut enterré à Rouen en l'église Saint-Michel, au mois de juillet 1444 (Ch. de Beaurepaire, Notes, p. 129-133). Il avait fondé une messe du Saint- Esprit dans la cathédrale de Rouen (Arch. de la Seine-Inférieure, G. 2130). Le 12 juillet 1442, le chapitre délibérait sur une autre fondation qu'il proposait de deux torches ardentes pendant l'élévation de la messe de Notre-Dame derrière le chœur {Ibid.). On voit qu'il avait fondé un autre obit en l'église paroissiale de Saint- Michel {Ibid., G. 7208).

Le frère de Robert, Jean Jolivet, archidiacre d'Avranches, chanoine de Bayeux et de Coutances, fut reçu à la Hcence en décret en 1428, au doctorat, cette même année, en présence de Bedford, et il enseigna à Paris à partir de 1430 (Denifle et Châtelain, Cbart. Univ. Paris., t. IV).

592. Jean, xv, 4. S fî^ut palmes non potest ferre frnctum senietipso nisi manserit in vite... « Je suis le vrai cep et mon Pèreest le vigneron ; tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche; et tout sarment qui porte du fruit, il le nettoie, afin qu'il en porte davantage... Demeurez en moi et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter fruit, s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi... Si quelqu'un ne demeure pas en moi, on le jette dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on ramasse ces sarments, on les jette au feu et ils brûlent... »

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