Ibidem
599. Voir ce qui a été dit sur cette scène et l'authenticité défectueuse de la formule d'abjuration (t. I, p. xxiv, Notice critique). — Suivant Aimond de Macy, le notaire Calot aurait tenu la main de Jeanne lorsqu'elle signa la douteuse formule.
Laurent Calot, secrétaire du roi d'Angleterre, signa du moins la lettre de sauvegarde pour les juges de Jeanne. On voit souvent sa signature, et la mention de sa main : << parleroy àla relacion de son grand conseil estant devers lui «, sur les actes de Henry VI (Bibl. nat., fr. 26054). Calot, secrétaire du roi, le 31 octobre 1437, reçoit 4 1. t. pour avoir porté des lettres du duc d'York au sire de Talbot qui tenait le siège devant Tancarville (Bibl. nat., fr. 26063, p. 3315).
600. Avec toutes les réserves formulées dans l'Introduction, voici comment le translateur du Procès a rapporté cet acte : Ensuit la teneur de la cèdulle que ledit évesque de Beauvoys et autres juges disent avoir esté oye par ladite Jehanne, et signée de sa main ; ce que je ne crois pas, et nest à croire, actendu ce que sera ici après :
« Jehanne, appelée la Pucelle, misérable pécheresse, après ce que j'ai congneu les las d'erreur auquel je estois tenue, et que par la grâce de Dieu suis retournée à nostre mère saincte Église, affin que on veoie que, non pas fainctement, mais de bon cœur et de bonne volonté, suis retournée à icelle, je confesse que j'ai griefvement péché en faignant mensougneusement avoir eu révélacions de par Dieu et ses anges, et sainctes Catherine et Marguerite ; et de tous mes dicts et faicts, qui sont contre l'Église, je me révocque et veuil demourer en l'union de l'Eglise, sans jamais en départir, tesmoing mon seing manuel : signé : Jehakne, une croix. »
On remarquera que cette formule peut avoir cinq ou six grosses lignes, et qu'elle commence par le mot Jehanne, comme les témoins du procès de réhabilitation l'ont affirmé de la cédule. Mais ce n'est là assurément qu'une coïncidence, favorisée par les habitudes d'abréger, chères au vieux translateur.
601. C'est là la forme d'abjuration définie plus tard par les canonistes devehenieiiti. Durand de Maillane la décrit ainsi (Dictionnaire du Droit canonique, Lyon, 1770, t. I, ad V. abjuration) : (( On élève un trône dans l'église où l'on a déjà convoqué le peuple ; on prononce un discours relatif à la cérémonie ; le discours fini, le coupable fait son a'ojuration verbalement et par écrit entre les mains de l'évêque et de l'inquisiteur. Il est rare qu'on use de cette cérémonie, qui n'a lieu que quand de grandes circonstances l'exigent. Lupus de Bergomo, part. I, lib. 3, dist. 4. L'abjuration de levi se fait en particulier et en secret dans la maison de l'évêque ou de l'inquisiteur. » Sur la procédure et la cérémonie de l'abjuration, cf. Nicolas Eymeric, Directorium inquisitorum, p. 522 à 528.
602. Au cours de cette scène, on avait dû présenter à Jeanne l'Èvangéliaire destiné à recevoir les serments.
603. Signature. — Voir la discussion du comte de Maleyssie sur ce point (t. I, Notice critique, p. xxvii, note 5). Jeanne y aurait mis par dérision une croix ; d'autres témoins disent qu'elle y fit un rond.