‹ Procès de condamnation de Jeanne d'ArcChapitre 19 sur 182 · III. — Responsabilité de l'évêque Cauchon · texte numérisé non relu

III. — Responsabilité de l'évêque Cauchon

Le lieu où Jeanne avait été prise faisait partie du territoire de Beauvais ', dont Pierre Cauchon était alors évêque. C'était un homme considérable, fort zélé bourguignon, tout dévoué aux Anglais, et qui s'était même réfugié auprès d'eux à Rouen, ayant été chassé de son évêché par la venue des Français. De plus, ce politique, cet ambitieux était conservateur des privilèges de l'Université de Paris, le protecteur et l'avoué de la corporation qui venait de dénoncer si âprement la Pucelle. Circonstances qui le désignaient absolument pour instruire* son procès. Dès avant le 14 juillet, l'Université l'avait d'ailleurs indiqué au choix du roi.

Chargé de constituer un tribunal, à s'en tenir aux consultations que Cauchon demanda auxévêques de Normandie, on peut croire qu'il le composa avec art \ Uinquisiteur delà province, Jean Lemaistre, ne fit guère que couvrir de son autorité l'œuvre de l'évêque de Beauvais K L'inquisiteur provincial ne paraît pas avoir été un homme bien entrepre-

1. Cela, on l'a nié, à la suite d'Edmond Richer, et on en a tiré des conclusions absolument fantaisistes. La ville de Compiègne faisait partie, il est vrai, du diocèse de Soissons. Mais il faut admettre que les gens^du xv^ siècle savaient pratiquement ces choses-là mieux que nous. Question oiseuse, s'il en fut ! L'évêque de Soissons, Renaud de Fontaines, suppôt de l'Université, nommé à la place de Gerson, exilé en 141 1, agréé par les Anglais, était bon bourguignon. Cf. F. Brun, 2^otes biographiques sur Renaud de Fontaines, évèqite de Soissons au temps de Jeanne d'Arc, Soissons, 1912. — 11 y avait une croix plantée au milieu du pont de Compiègne, qui marquait la limite des deux diocèses de Beauvais et de Soissons. Cf. Bonnault d'Houët, Compiègne pendant les guerres de religion.

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