Ch. de Beaurepaii'e, Notes sur les juges, p
5. La non-compétence de Cauchon, débattue au procès de réhabilitation, vise le heu de naissance de Jeanne et les lieux où elle aurait commis le crime d'hérésie dont on la chargeait.
INTRODUCTION XXXVIl
nant; et il ne s'associa à cette affaire que de mauvaise grâce, par mandement spécial du grand inquisiteur de France ; et de même Cauchon se couvrira surtout de l'autorité des universitaires parisiens, dont il était. Dans leurs rangs Cauchon trouva ses plus zélés collaborateurs, et môme des censeurs qui estimeront qu'il n'allait pas assez vite en besogne! Leur participation au procès devait être fatale à Jeanne. Dix docteurs parisiens allaient être appelés au procès; et,- parmi eux, les plus intolérants et les plus remarquables des docteurs bourguignons : Jean Beaupère, Guillaume Erart, Nicolas Midi, et surtout Thomas de Courcelles, un éloquent jeune homme, savant, modeste, au regard baissé, qui sera une lumière du concile de Bâle, et qui peut passer pour le père des célèbres libertés de l'Église gallicane. C'est lui que Cauchon emploiera de préférence à tous, et qui sera l'auteur de la rédaction définitive du procès'.
Ambitieux, violent et souple tout à la fois, clairvoyant, rompu à toutes les diplomaties, Pierre Cauchon était un homme supérieur, un homme partial et « dangereux » dira de lui un avocat du Parlement de Paris, ce qui doit s'entendre d'un esprit fécond en ressources. Jeanne eut certainement conscience de son rôle occulte et de sa grande intelligence : elle le redoutait : c< Je vous le dis, prenez bien garde à ce que vous prétendez que vous êtes mon juge... » (lo^ séance). « Evêque, je meurs par vous », criera-t-elle sur son bûcher\
Cauchon eut l'extrême adresse d'empêcher que ce procès en matière de foi ne tournât visiblement à la politique : il eut la force d'en éloigner les Anglais, qui iront jusqu'à le menacer. Il laissera faire l'Université, qui se plaindra d'abord de son manque de diligence '. Car l'Université