IV. — Rôle du chapitre de Rouen
Il faut maintenant nous transporter dans la grande cité industrieuse de Rouen, au chœur de l'immense cathédrale, non loin de la tombe du roi Henri, frère de Richard Cœur de Lion ; dans la haute église, pleine encore de souvenirs anglo-normands, dont les Anglais ont voulu faire leur sanctuaire, comme ils ont fait delà ville une bastille d'Angleterre^ Ville immense que nous fera voir, un siècle plus tard, le curieux Livre des Fontaines K
Rouen, par les soins de Henri V, est devenu un autre Londres, avec son palais en bordure de la Seine chargée de nefs, son pont fortifié, son vieux château augmenté de tours du côté de la campagne, ses innombrables venelles, ses églises, ses couvents, ses places commerçantes. Au cœur de la cité, la cathédrale est déjà tout un monde avec son vaste cloître, son officialité, ses maisons canoniales. Là, durant la vacance du siège, les chanoines formeront comme un parlement politique ^ ; car Bedford est arrivé à faire cesser la tyrannie des Anglais, comme il a rendu aux corporations marchandes leurs libertés >. Et les chanoines, normands et décrétistes, les aumussés, s'y montrent comme de petits rois. Pierre Cauchon vil très près d'eux, chez M^ Jean Rubé, comme l'un d'eux. Et Bedford, qui aimera à se rendre au chœur