‹ Procès de condamnation de Jeanne d'ArcChapitre 25 sur 182 · Ch. de Beaurepaire, Notes sur les juges, p · texte numérisé non relu

Ch. de Beaurepaire, Notes sur les juges, p

5. Sur leur activité, voir Ch. Ouin-Lacroix, Histoire des anciennes corporations d'arts et métiers... de la capitale de la Normandie. Rouen, 1850, in-80.

XLIV MOCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC

entendre les offices, porte l'aumusse des chanoines. C'est à Rouen qu'il mourut, le 14 septembre 1435, demandante être enterré dans le sanctuaire, au côté droit de l'autel, sous la châsse de saint Sernin, aux pieds du roi Henri, avec la brève et orgueilleuse inscription : iohannes dux betfordi

NORMANNLE PROREX'.

Alors que deux ou trois chanoines suffisaient, en général, pour instruire à Rouen les affaires de foi, Pierre Cauchon appela une partie du chapitre de Rouen à juger Jeanne d'Arc (vingt-deux assesseurs); ce qu'il n'aurait pu faire sans l'agrément du riche et puissant chapitre, presque entièrement renouvelé depuis la domination anglaise à Rouen, et tout à la merci du gouvernement, grâce à la pratique de la régale.

Tous ces bénéfîciers normands se montraient gens fort maniables. Ces hommes n'étaient pas des fanatiques rigoureux (l'un d'eux, Jean Basset, l'official, tirera de leur prison des clercs que le gouvernement anglais avait fait enfermer pour crime de haute trahison) ; il y avait parmi eux, comme dans tout chapitre de cathédrale, des amateurs de livres et des lettrés, tels Jean Alespée, Guillaume Baudribosc, Nicolas Couppequesne, Guillaume du Désert, André jMarguerie et Pierre Maurice. Mais il y a un monde entre un savant et une sainte: ainsi Zanon de Castiglione, l'évêque de Lisieux, Italien de nation. Anglais de cœur, mais surtout humaniste, formulera au sujet de Jeanne un jugement absolument méprisant.

Ces bénéfîciers normands ne demandaient qu'à vivre en paix dans leurs beaux hôtels de Rouen, parmi leurs livres, avec leur argent, au milieu de leur famille. Beaucoup de ces gens d'Église étaient de véritables fonctionnaires anglais appointés, siégeant au conseil, surveillant les finances ro3^ales, remplissant des missions et des ambassades : tels Raoul Roussel, Gilles de Duremort, Denis Gastinel, Loiseleur.

I. A. Deville, Tombeaux de la cathédrale df Rouen. Rouen, 1835, p. 167.

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