‹ Procès de condamnation de Jeanne d'ArcChapitre 26 sur 182 · INTRODUCTION XLV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLV

D'autres étaient des familiers de Cauchon, chargé lui-môme de tant de missions, comme Venderés, Caval, Thomas de Courcelles et Pierre de Houdenc.

On les tenait par l'intérêt ; et tous étaient plus ou moins gravement compromis vis-à-vis du gouvernement anglais', sans avoir de grandes convictions peut-être.

Sur le chapitre retombe la responsabilité d'avoir accordé le territoire.

Car, bien que Jeanne ait été prise sur son territoire de Beauvais, l'évêque Pierre Cauchon, réfugié à Rouen, ne pouvait exercer sa juridiction sans obtenir la compétence territoriale. Or, le siège étant vacant, le chapitre seul pouv^ait autoriser Pierre Cauchon à suivre la procédure arrêtée par les Anglais. Le chapitre avait bien résisté à Cauchon quand celui-ci avait fulminé des censures lors du conflit qui s'éleva au sujet des décimes : on a vu fort souvent, quand il s'agissait d'intérêts insignifiants, des chapitres cathédraux tenir tête au métropolitain.

Mais, le 28 décembre 1430, le chapitre de Rouen devait accueillir la requête de l'évêque de Beauvais sans aucune résistance ! Alors Bedford venait de prendre rang parmi les chanoines. Il devait flatter, étonner le clergé normand par ses pieuse fondations; et grâce au droit de régale, le chapitre de Rouen avait été nommé en grande partie par les rois d'Angleterre.

Une responsabilité atténuée, plus théorique que réelle, retombe donc sur le chapitre. Car ces mêmes chanoines seront tout aussi déférents et fidèles à Charles VII ; mais quand il occupera Rouen.

Ces « aumussés », que détestait le populaire, il semble qu'on les reconnaisse dans la complainte qu'un clerc allemand écrivait un peu plus tard à leur sujet. Ils ont toujours, dira le rimeur, les meilleurs chevaux, les lits les plus doux, les plus belles femmes, de l'or en abondance, les demeures

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