‹ Procès de condamnation de Jeanne d'ArcChapitre 47 sur 182 · Ihid.,U, p. 12S · texte numérisé non relu

Ihid.,U, p. 12S

LXXXVI PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D'aRC

blessés dans la forêt ; ailleurs, ils sont recueillis. Car la trahison est partout, à Rouen même'.

Un trou est percé dans une maison attenant à l'église Saint-Gervais de Sées, brèche par laquelle les Français ont pu pénétrer de nuit dans la forteresse (1427) ; un Jacobin conspire à Argentan (143 1) ^ Rouen faillit être enlevé en

Dans les campagnes, un Anglais qui n'a qu'un guide, est mis à mort '. Des paysans en découvrent un autre, sur la chaussée, près du bois de Baugy, étendu tout nu, dépouillé de ses robes : ils lui enlèvent ses bardes et son cheval ^. Et ces deux Anglais qui surgissent à Chicheboville, et, ne pouvant se faire entendre, frappent les gens de leurs épées nues et pillent un hôtel, les hommes de la paroisse savent bien les assiéger, la nuit, et les menacer de leurs bâtons ferrés K

Combien de gens de village enterrèrent secrètement, parmi les buissons, les Anglais tués sournoisement ^? Qui dira le nombre de « brigands » (ainsi la chancellerie anglaise nomme ces révoltés, ces francs-tireurs) que recèlent les forêts de Normandie'? Et comment ne pas se venger un jour, comme le fit Galoppin, barbier de Bretteville, du serviteur d'un Anglais qui parcourait la contrée en demandant des poules et extorquait un blanc aux bonnes femmes ^?

Car ce peuple normand est vif après boire; et il joue du bâton au retour du pèlerinage et du marché. Il ne se laisse pas rançonner par les archers anglais; il défend son cheval, sa charrue, ses poules, son avoine : passe encore pour un pot de vin qu'on abandonnera au grappilleur anglais ^ ! Ni

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