‹ Procès de condamnation de Jeanne d'ArcChapitre 62 sur 182 · INTRODUCTION CV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION CV

continuelle, et mon principal désir, que tes petites chambrières, très humbles pucelles, mes sœurs, soient telles que ton serviteur, leur père et le mien, l'affirme : assavoir qu'elles te servent de bon cœur et qu'elles t'aiment et évitent péché. »

Voilà les préoccupations des gens de village, des laboureurs.

Les temps sont durs. La misère est grande. Une pauvre fille rencontrera un mari buveur et querelleur, qui la battra, elle enfantera dans la gêne. Le mariage n'est que trop souvent l'occasion de péchés. Q.u'elle conserve sa virginité, son chemin du paradis '. Idées améres, mais combien loin de cette terre!

Des mystiques, ces fillettes de la Lorraine ou des Ardennes? On est surpris, comme, dans leur campagne, on s'arrête, ravi par les ^chants des jeunes filles et de l'orgue qui remplissent l'humble vaisseau de l'église, un beau dimanche, en la solitude du village.

Dans l'épreuve, Jeanne nous apparaît tout rayonnement.

Elle dira que Dieu est son juge, qu'elle aime Dieu de tout son cœur; ce quia paru toujours insuffisant aux personnes de science. Quand les juges osent l'appeler « Sarrasine », Jeanne répondra simplement qu'elle est bonne chrétienne. Elle voulait bien que l'Église et les catholiques priassent pour elle. Et peut-être que ce sont ces petites réponses : « Je m'en rapporte à Nostre Seigneur », « Messire Dieu premier servi », qui exaspéraient le plus ses juges.

Elle est toute la courtoisie et la grâce de France, toute la chevalerie qu'on aurait su trouver en son temps; elle eut le goût des chevaux et des armes, le prestige du chef.

Elle est aussi toute la terre paysanne de France, dans son entêtement, dans son âpreté au travail, dans son ironie et sa narquoise gaîté, dans son antique politesse.

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