‹ Procès de condamnation de Jeanne d'ArcChapitre 63 sur 182 · I. Gerson, ihid., III, col · texte numérisé non relu

I. Gerson, ihid., III, col

Elle est la fidélité. L'homme qui a le mieux compris Jeanne est son juge, Pierre Maurice, quand il fit appel à sa foi envers Dieu, à la fidélité due au prince.

Elle est encore à l'image de la France dans son impatience : et c'est par la patience que ses juges la réduiront le plus sûrement.

Jeanne fut une « bonne enfant », suivant la parole de l'ange. Enfant précoce et grave, qui danse peu, mais chante volontiers, sait les cantilènes, et pleure lorsque ses voix la quittent.

Elle demeure la fleur rustique de la piété chrétienne.

Et Jeanne fut, à son insu, imitatrice de Notre Seigneurjésus- Christ. Elle foula aux pieds la bête impure et se montra douce aux pauvres gens, aux enfants ; croisée jusqu'au bout, jusqu'au plus haut sacrifice; active, intraitable aux simulateurs, candide et défiante. Elle connaîtra le désespoir, le doute et l'agonie à la fin, comme Jésus! Elle consommera le dernier sacrifice, comme lui!

On se demande comment tant d'idées, de sentiments, se sont rencontrés dans une personne aussi simple que sainte. Sainte, elle l'était à coup sûr ; simple, la question vaut d'être posée, en esprit comme en condition. Mais peut-être aussi que c'est notre instruction, notre éducation, notre civilisation, en un mot, qui ont le plus séparé les hommes, et cela à mesure qu'ils se montraient toujours plus avides d'égalité. Comme ils sont loin de nous, parfois, nos frères les paysans et les ouvriers ; comme ils sont rapprochés, les grands seigneurs et les paysans du temps de Jeanne, qui savent à peine signer leur nom, mais qu'une expérience commune, un commun bon sens, une même intuition unissaient ' !

I. « C'est moi qui élève en un moment l'esprit des liumbles et leur communique la vérité éternelle mieux que ne le feraient dix années passées dans les écoles .

« C'est moi qui enseigne sans le secours de la parole, sans arguments qui se contredisent, sans orgueil et sans dispute ». (Iiiiitation, ch. xliii, troisième partie.)

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