‹ Procès de condamnation de Jeanne d'ArcChapitre 68 sur 182 · JANVIER 143 1. PREMIÈRE JOURNEE DU PROCES · texte numérisé non relu

JANVIER 143 1. PREMIÈRE JOURNEE DU PROCES

Et le mardi, neuvième jour du mois de janvier, l'an du Seigneur mil quatre cent trente et un, suivant le rite et comput de l'église de France, indiction neuf, quatorzième année du pontificat de très Saint Père en Christ et seigneur Martin V '5^ pape par la Providence divine, dans la rnaison du conseil du roi'^ proche le château de Rouen, nous, évêque susdit, avons fait convoquer les docteurs et maîtres dont les noms suivent : messeigneurs Gilles '^, abbé de la Sainte Trinité de Fécamp, docteur en théologie ; Nicolas de Jumièges '^, docteur en droit canon ; Pierre '7^ prieur de Longueville, docteur en théologie ; Raoul Roussel'*, trésorier de la cathédrale de Rouen, docteur en l'un et l'autre droit; Nicolas de Venderès'9^ archidiacre d'Eu, licencié en droit canon ; Robert Le Barbier-", licencié en l'un et l'autre droit ; Nicolas Couppequesne-'', bachelier en théologie, et Nicolas Loiseleur", maître es arts.

Or ces hommes aussi nombreux que célèbres étant réunis au même lieu et dans le même temps, nous avons requis de leur prudence de nous éclairer sur le mode et l'ordre qu'il y avait à suivre dans cette affaire, après leur avoir exposé les diligences qui y avaient été apportées, comme il est relaté ci-dessus. Ces docteurs et maîtres, dès qu'ils en eurent pris pleine connaissance, furent d'avis qu'il convenait d'abord d'enquêter sur les faits et dits imputés publiquement à cette femme. Déférant, comme il convenait, à cet avis, nous leur avons déclaré que déjà certaines informations avaient eu heu par

nos ordres, et pareillement nous avons décidé d'en faire venir de nouvelles; et toutes, à certain jour déterminé par nous, devaient être rapportées en présence du conseil, afin qu'il pût être mieux éclairé sur la procédure ultérieure à suivre en cette affaire. Et, pour mieux et plus convenablement recueillir ces informations et le reste, et les mettre à exécution, il a été délibéré, ce jour-là, par les susdits seigneurs et maîtres, qu'il était besoin de certains officiers spéciaux qui auraient le soin particulier de les conduire et la charge de les mettre diligemment à exécution. En conséquence, sur le conseil et délibération des assistants, il a été conclu et arrêté par nous, évêque, que vénérable et discrète personne maître Jean d'Estivet ^% chanoine des églises cathédrales de Beau vais et de Bayeux, exercerait dans le procès l'office de promoteur ou procureur général. Scientifique personne maître Jean de La Fontaine ^-^, maître es arts et licencié en droit canon, a été ordonné conseiller, commissaire et examinateur. Pour l'office de notaires ou de scribes, furent désignées prudentes et honnêtes personnes maître Guillaume Colles, autrement dit Boisguillaume^^^ et Guillaume Manchon ^*^, prêtres, notaires par l'autorité apostolique et impériale près la cour archiépiscopale de Rouen; et maître Jean Massieu^'?, prêtre, doyen de la chrétienté de Rouen ^^, fut constitué exécuteur des mandements et convocations émanant de notre autorité. Nous avons, au reste, fait insérer et transcrire ici, à leur ordre, la teneur de toutes ces lettres, closes et patentes, afin que la suite des actes susdits apparaisse en toute clarté.

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