‹ Procès de condamnation de Jeanne d'ArcChapitre 70 sur 182 · JEAN DE LUXEMBOURG, CHEVALIER · texte numérisé non relu

JEAN DE LUXEMBOURG, CHEVALIER

Très noble, honoré et puissant seigneur, nous nous recommandons très affectueusement à votre haute noblesse. Votre noble prudence sait bien . et reconnaît que tous les bons chevaliers catholiques doivent employer leur force et leur puissance au profit de la chose publique. Tout spécialement le premier serment de l'ordre de chevalerie est de garder et de défendre l'honneur de Dieu, la foi catholique et sa sainte Eglise. De ce serment vous vous êtes bien souvenu quand vous avez employé votre noble puissance et présence personnelle à appréhender cette femme qui se dit la Piicelk, au moyen de laquelle l'honneur de Dieu a été offensé sans mesure, la foi excessivement blessée et l'Église très fort déshonorée ; car, à son occasion, idolâtries, erreurs, mauvaises doctrines et autres maux et inconvénients inestimables s'ensuivirent en ce royaume. En vérité, tous les loyaux chrétiens doivent vous remercier grandement d'avoir rendu un si grand service à notre sainte foi et à tout le royaume ; quant à nous, nous en remercions Dieu de tout notre cœur, et votre noble prouesse, certes autant que nous pouvons le faire. Mais ce serait peu de chose d'avoir fait une telle prise s'il ne s'ensuivait ce qu'il appartient pour apaiser l'offense perpétrée par cette femme contre notre doux Créateur, sa foi et sa sainte Église, avec ses autres innombrables méfaits, comme on le dit. Et ce serait un plus grand inconvénient que jamais ; une erreur plus grande qu'auparavant demeurerait parmi le peuple ; ce serait une offense intolérable contre la Majesté divine si la chose demeurait en ce point, ou qu'il arrivât que cette femme fût délivrée, perdue pour nous, comme on dit que certains de nos adversaires veulent s'efforcer de le faire, appliquant à cela tout leur entendement, par les moyens les plus subtils, et qui pis est, par argent ou rançon. Mais nous espérons que Dieu ne permettra pas qu'il arrive un si grand malheur à son peuple, et qu'aussi votre bonne et noble prudence ne le souffrira pas, mais qu'elle saura bien y pourvoir convenablement 35 ; car si sa délivrance avait lieu, sans réparation convenable, ce serait un irréparable déshonneur pour votre grande noblesse, ainsi que pour tous ceux qui s'en seraient entremis : un tel scandale doit cesser le plus tôt que faire se pourra, comme il est nécessaire. Et parce qu'en cette matière le délai est très périlleux et très préjudiciable à ce royaume, nous supplions, très humblement et cordialement, votre

puissante et honorée noblesse, en faveur de l'honneur divin, pour la conservation de la foi catholique et pour le bien et exaltation de tout ce royaume, de vouloir bien mettre cette femme en justice et l'envoyer par deçà à l'inquisiteur de la foi, qui l'a requise et demandée instamment pour discuter les grandes charges qui pèsent sur elle, afin que Dieu en puisse être content et le peuple édifié dûment, suivant bonne et sainte doctrine ; ou qu'il vous plaise de la faire rendre et délivrer à révérend père en Dieu, notre très honoré seigneur l'évêque de Beauvais, qui l'a pareillement requise, et en la juridiction duquel elle a été appréhendée, comme on l'a dit. Lesquels prélat et inquisiteur sont ses juges en matière de foi ; et tout chrétien est tenu de leur obéir, de quelque état qu'il soit, en ce présent cas, sous les peines de droit qui sont grandes. En ce faisant vous acquerrez la grâce et l'amour de la haute Divinité; vous serez l'instrument de l'exaltation de la sainte foi, et aussi accroîtrez la gloire de votre haut et noble nom, et celui de très haut et très puissant prince, notre très redouté seigneur et le vôtre, monseigneur le duc de Bourgogne. Et chacun sera tenu de prier Dieu pour la prospérité de votre très noble personne ; laquelle veuille notre Sauveur, par sa grâce, conduire et garder dans toutes ses affaires, et finalement la rétribuer d'une joie sans fin. Écrit... (à Paris, le quatorzième jour de juillet mil quatre cent trente) 54.

ITEM s ENSUIT LA TENEUR DE LA LETTRE DU VICAIRE GÉNÉRAL DE l'inquisiteur ADRESSÉE AUDIT SEIGNEUR DUC DE BOURGOGNE.

A très haut et très puissant prince Philippe, duc de Bourgogne, comte de Flandre, d'Artois, de Bourgogne et de Namur, et à tous autres à qui il appartiendra, frère Martin, maître en théologie et vicaire général de l'inquisiteur de la foi dans le royaume de France, salut en Jésus-Christ, notre vrai Sauveur. Puisque tous les loyaux princes chrétiens et tous les autres vrais catholiques sont tenus d'extirper toutes les erreurs venant contre la foi, ainsi que les scandales qui en résultent parmi le simple peuple chrétien, et qu'à présent il est voix et commune renommée que, par certaine femme nommée Jeanne, que les adversaires de ce royaume appellent la Pucelle, à son occasion en plusieurs cités, bonnes villes et autres lieux de ce royaume, plusieurs et diverses erreurs aient été semées, dogmatisées, publiées et répandues, et le sont encore présentement, dont plusieurs lésions et scandales contre l'honneur divin et contre notre sainte foi ont résulté et résultent, causant la perte des âmes de plusieurs simples

chrétiens ; lesquelles choses ne peuvent ni ne doivent être dissimulées, ni passer sans une bonne et convenable réparation. Or, puisqu'il en est ainsi, par la grâce de Dieu, que ladite Jeanne soit présentement en votre puissance et sujétion, ou en celle de vos nobles et loyaux vassaux : pour ces causes nous vous supplions, en bonne affection, très puissant prince, et nous prions vos dits nobles vassaux d'envoyer ladite Jeanne, par vous ou par eux par deçà, sûrement et brièvement ; et nous espérons que vous le ferez, comme de vrais protecteurs de la foi et défenseurs de l'honneur de Dieu, et que nul n'y mettra empêchement ni délai (ce que Dieu ne veuille). Usant des droits de notre office, de l'autorité à nous commise par le saint siège de Rome, nous requérons instamment et enjoignons en faveur de la foi catholique, sous les peines de droit, aux dessusdits, et à toute personne, de quelque état, condition, prééminence et autorité qu'elle soit, le plus tôt que sûrement et convenablement se pourra faire, d'envoyer et d'amener prisonnière par devers nous ladite Jeanne, soupçonnée véhémentement de plusieurs crimes sentant l'hérésie, afin de comparaître devant nous contre le procureur de la sainte inquisition, et pour répondre et procéder comme de raison, au bon conseil, faveur et aide des bons docteurs et maîtres de l'Université de Paris et des autres notables conseillers étant par deçà. Donné à Paris sous notre sceau de l'office de la sainte inquisition, l'an 1430, le 26^" jour de mai. Ainsi signé : Le Fourbeur3S. Hébert 3^,

ITEM s'ensuit la TEXEUR DE LA SOMMATION FAITE PAR NOUS, ÉVÊQUE, AUXDITS SEIGNEURS, LE DUC DE BOURGOGNE ET JEAN ' DE LUXEMBOURG.

C'est ce que requiert l'évéque de Beauvais à monseigneur le duc de Bourgogne et au bâtard de Wandomme 37, de par le roi notre sire et de par lui, comme évêque de Beauvais :

due cette femme, que l'on nomme communément Jeanne la Piicelle, prisonnière, soit envoyée au roi pour être livrée à l'Eglise, pour lui faire son procès, parce qu'elle est soupçonnée et diffamée d'avoir commis plusieurs crimes, tels que sortilèges, idolâtries, invocations de démons et plusieurs autres cas touchant notre foi, et contre elle. Et bien qu'elle ne doive point être estimée prise de guerre, comme il semble '^, considéré ce qui est dit, néanmoins, pour dédommager ceux qui l'ont prise et retenue, le roi veut libéralement leur bailler jusqu'à la somme de 6. 000 francs 39, et audit bâtard, qui l'a prise, lui donner et assigner une rente pour tenir son état, jusqu'à 200 ou 300 livres ^o.

Item, ledit évoque requiert en son nom aux dessusdits ct[;\ chacun d'eux, puisque cette femme a été prise dans son diocèse et sous sa juridiction spirituelle, qu'elle lui soit rendue pour lui faire son procès, comme il appartient. Il est prêt à l'entreprendre, avec l'assistance de l'inquisiteur de la foi, et si c'est nécessaire, avec .l'aide de docteurs en théologie et en décret, et autres personnes expertes en l'art de juger, ainsi que la matière l'exige, afin qu'il soit mûrement et dûment procédé pour l'exaltation de la foi et l'instruction de plusieurs qui ont été déçus et abusés en cette matière, à l'occasion de cette femme.

Item, et finalement, si par la manière dessusdite ils ne veulent et ne consentent à obéir à ce qui a été dit, bien que la prise de cette femme ne soit comparable à la prise d'un roi, de princes et d'autres gens de grand état (cependant si des gens de telles conditions étaient pris, fussent roi, dauphin ou autres princes, le roi les pourrait racheter, s'il le voulait, en baillant à celui qui les a faits prisonniers 10.000 francs, suivant le droit, les usages et la coutume de France 41), ledit évoque somme et requiert les dessusdits, en son nom et en celui du roi, que ladite Pucellc lui soit livrée en donnant en garantie ladite somme de 10.000 francs, en tout et pour tout. Et ledit évéque, en son nom propre, suivant la forme et peines de droit, requiert qu'elle lui soit baillée et livrée comme dessus.

ITEM s'ensuit la TENEUR DE l'eXPLOIT FAIT POUR LIVRER LA PUCELLE.

L'an du Seigneur 1430, le 14'-* jour du mois de juillet, indiction 8, l'an 13 du pontificat de notre très Saint Père le pape, Martin V, en la bastille d'illustrissime prince monseigneur le duc de Bourgogne, dans son ost campé devant Compiègne, en présence de nobles hommes messeigneurs Nicolas de Mailly42 et Jean de Pressy 43 , chevaliers, et de plusieurs autres nobles témoins, en grand nombre, fut présentée par révérend père en Dieu monseigneur Pierre, par la grâce de Dieu évéque et comte de Beauvais, à l'illustrissime prince monseigneur le duc de Bourgogne, certaine cédule en papier contenant mot à mot les cinq articles44 ci-dessus transcrits. Cette cédule, monseigneur le duc la bailla à noble homme Nicolas Rolin45j chevalier, son chancelier, qui l'assistait, et il lui donna l'ordre de la transmettre à noble et puissant seigneur messire Jean de Luxembourg, chevalier, seigneur de Beaurevoir ; ledit seigneur Jean de Luxembourg étant survenu, ledit chancelier lui bailla cette cédule qu'il lut, à ce qu'il m'a semblé. Ceci s'est passé devant moi. Ainsi signé : Triquellot46^ notaire pontifical.

lo proces de condamnation de jeanne d arc

s'ensuit la teneur de la lettre de l'université de paris, adressée a nous, évêciue.

A révérend père en Dieu et seigneur, monseigneur l'évêqueet comte de Beauvais. Nous voyons avec étonnement, révérend père et seigneur, le grand retard apporté à l'envoi de cette femme, vulgairement appelée la PticeUe, si préjudiciable à la foi et à la juridiction ecclésiastique, surtout puisqu'on la dit actuellement remise entre les mains du roi notre sire. Les princes chrétiens, dans leur zèle à favoriser les intérêts de l'église et ceux de la foi orthodoxe, lorsqu'une atteinte téméraire est portée aux dogmes de cette même foi catholique, ont accoutumé de livrer le prévenu aux juges ecclésiastiques, afin qu'ils s'en saisissent et le punissent incontinent. Et sans doute si votre paternité avait prêté une diligence plus active à poursuivre l'affaire, déjà la cause de ladite femme serait agitée devant un tribunal ecclésiastique. Il vous importe grandement, puisque dans l'Eglise de Dieu vous portez si haute prélature, d'abolir les scandales perpétrés dans notre chrétienne religion, surtout quand il s'agit de juger un cas que le hasard amena dans votre diocèse. Donc, pour qu'en cette affaire l'autorité de l'Église ne souffre plus grave blessure d'un si long atermoiement, que votre paternité daigne dans son zèle travailler avec une extrême diligence à ce que ladite femme soit remise au plus tôt en votre pouvoir et en celui de monseigneur l'inquisiteur de la perversité hérétique. Cela fait, veuillez prendre peine de la faire conduire sûrement en cette ville de Paris, où il y a nombre de personnes sages et érudites, afin que ce procès puisse être examiné diligemment et conduit avec certitude ; pour la saine édification du peuple chrétien et l'honneur de Dieu qui veuille bien, révérend père, vous accorder en toutes choses un spécial secours ! Écrit à Paris, dans notre assemblée générale tenue solennellement à Saint-Mathurin 47, le 2i<' jour du mois de novembre, l'an du Seigneur 1430. Le recteur -48 et l'Université de Paris bien vôtres. Ainsi signé : Hébert.

s'ensuit LA TENEUR DE LA LETTRE DE NOTRE MÈRE l'uNIVERSITÉ DE PARIS ADRESSÉE A NOTRE SIRE LE ROI DE FRANCE ET d'aNGLETERRE.

A très excellent prince, le roi de France et d'Angleterre, notre très redouté seigneur et père. Très excellent prince, notre très redouté et souverain seigneur et père, nous avons entendu dire nouvellement que la femme dite la Pucelle est à présent rendue en votre puissance ; ce

dont nous sommes très joyeux, confiant dans votre bonne ordonnance pour mettre cette femme en justice, réparer les grands maléfices et les scandales survenus notoirement en ce royaume à son occasion, au grand préjudice de l'honneur divin, de notre sainte foi et de tout votre bon peuple. Et parce qu'il nous appartient particulièrement, suivant notre profession, d'extirper de telles iniquités manifestes, surtout quand notre foi catholique en est touchée, nous ne pouvons sur le fait de cette femme dissimuler le long retard de justice qui doit déplaire à chaque bon chrétien, à votre royale majesté plus qu'à nul autre, pour la grande obligation que vous avez envers Dieu, en reconnaissance des hauts bienS, des honneurs et des dignités qu'il a octroyés à votre excellence. Et bien qu'à ce sujet nous vous ayons plusieurs fois écrit, et encore à présent, notre très redouté souverain seigneur et père, en proposant toujours très humble et loyale recommandation, afin de n'être noté d'aucune négligence sur une matière si favorable et nécessaire, nous supplions très humblement, en l'honneur de Notre Seigneur Jésus-Christ, et nous prions bien votre haute excellence qu'il vous plaise ordonner que cette femme soit remise brièvement entre les mains de la justice d'église, c'est à savoir de révérend père en Dieu notre très honoré seigneur l'évêque et comte de Beauvais, et aussi entre celles de l'inquisiteur ordonné en France, à qui la connaissance de ces méfaits appartient spécialement en ce qui touche notre foi, afin que par voie de raison soit faite discussion convenable au sujet des charges qui lui sont imputées, et telle réparation [apportée], comme au cas appartiendra, en gardant la sainte vérité de notre foi, et en mettant hors des cœurs de vos bons, loyaux et chrétiens sujets toute fausse erreur et scandaleuse opinion. Et il nous semble bien convenable, si tel était le plaisir de votre hautesse, que cette femme soit amenée en cette cité [de Paris] pourfaire son procès notablement et sûrement ; car menée par les maîtres, docteurs et autres notables personnes étant par deçà en grand nombre, la discussion serait de plus grande portée qu'en autre lieu ; et il convient assez que la réparation des scandales soit faite au lieu même où ses faits ont été divulgués et excessivement notoires. En ce faisant, votre majesté royale gardera la grande loyauté envers la souveraine et divine Majesté : laquelle veuille octroyer à votre excellence prospérité continuelle et félicité sans fin. Ecrit à Paris, en notre assemblée générale tenue à Saint-Mathurin, le ai'^ jour de novembre, l'an 143c. Votre très humble et dévote fille : l'Université de Paris. Ainsi signée : Hébert.

ITEM s'ensuit la TENEUR d'uNE LETTRE ROYALE SUR LA LIVRAISON DE LADITE FEMME A NOUS, ÉVÊQ.UE DE BEAUVAIS.

Henri, par la grâce de Dieu roi de France et d'Angleterre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut. Il est assez notoire et connu comment, depuis certain temps, une femme qui se fait appeler Jeanne la PiiceUc, délaissant l'habit et le vêtement du sexe féminin, contre la loi divine, chose abominable à Dieu, réprouvée et défendue par toute loi, s'est vêtue, habillée et armée en état et habit d'homme, a fait et exercé de cruels homicides, comme on le dit, donnant à entendre au simple peuple, pour le séduire et l'abuser, qu'elle était envoyée de par Dieu et qu'elle avait connaissance de ses divins secrets, avec plusieurs autres dogmatisations très périlleuses, bien préjudiciables à notre sainte foi et scandaleuses. Tandis qu'elle poursuivait ces abus et exerçait des hostilités contre nous et notre peuple, elle a été prise sous les armes, devant Compiègne, par certains de nos loyaux sujets et depuis amenée prisonnière par devers nous. Et parce qu'elle a été par plusieurs réputée suspecte, notée et diffamée au sujet de superstitions, de fausses dogmatisations et d'autres crimes de lèse-majesté divine, comme on le dit, nous avons été requis très instamment par notre amé et féal conseiller l'évêque de Beauvais, juge ecclésiastique et ordinaire de ladite Jeanne, qui a été prise et appréhendée dans les bornes et limites de son diocèse ; pareillement nous avons été exhorté par notre très chère et très aimée fille, l'Université de Paris, de vouloir bien faire rendre, bailler et délivrer cette Jeanne audit révérend père en Dieu, pour l'interroger et l'examiner sur ces cas, afin de procéder contre elle suivant les ordonnances et dispositions des droits divin et canon, appelés ceux qui seront à appeler. C'est pourquoi, pour le respect et l'honneur du nom de Dieu, la défense et l'exaltation de sa sainte Eglise et delà foi catholique, nous voulons dévotement obéir, comme de vrais et humbles fils de sainte Eglise, aux requêtes et instances dudit révérend père en Dieu et aux exhortations des docteurs et maîtres de notre dite fille l'Université de Paris. Donc nous ordonnons et nous accordons, autant de fois qu'il semblera bon audit révérend père en Dieu, que cette Jeanne lui soit baillée et délivrée par nos gens et officiers qui l'ont en leur garde, pour l'interroger, l'examiner et pour que son procès lui soit fait, selon Dieu, la raison, le droit divin et les saints canons, par ledit révérend père en Dieu. Ainsi nous donnons mandement ànosdites gens et officiers, qui ont en garde cette Jeanne, de la bailler et délivrer audit révérend père en Dieu, sans refus ni aucun

contredit, autant de fois qu'ils seront requis par lui ; et nous mandons en outre à tous nos gens de justice, officiers et sujets, tant aux Français comme aux Anglais, qu'ils ne donnent, de fiiit ni autrement, aucun empêchement ni trouble audit révérend père en Dieu et à tous autres, qui sont et seront désignés pour assister, vaquer et entendre audit procès : mais, s'ils en sont requis par ledit révérend père en Dieu, leur donnent garde, aide, défense, protection et confort, sous peine de grave punition. Toutefois c'est notre intention de ravoir et de reprendre cette Jeanne s'il arrivait qu'elle ne fût convaincue et atteinte des cas dessusdits, ou de certains d'entre eux ou d'autres touchant ou regardant notre foi -^9. En témoin de quoi nous avons fait mettre à ces présentes notre sceau ordonné en l'absence du grand 5°. Donné à Rouen, le 3^ jour de janvier, l'an de grâce 143 1, et de notre règne le 9«. Ainsi signée : par le roi à la relation de son grand conseil, J. de Ri\el>'.

ITEM s ENSUIT LA LETTRE DE TERRITOIRE ACCORDEE A NOUS, EVEQUE,

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