Bibliothèque de Gienève y manuscrit français
DU PROCÈS DE CONDAMNATION. 405
îi®86. — Volume in-fol.en papier, couvert de parchemin^ 1 76 feuillets à deux colonnes de 37 lignes ; écriture gothique écrasée du temps de Louis XII. Les premières lettres de chaque alinéa sont grossièrement coloriées en rouge ou en jaune; une grande initiale enluminée sert à distinguer chacune des parties du manuscrit, qui sont au nombre de trois, savoir : 1® le Journal du siège Orléans ^ dont Senebier a donné le titre au long dans son Catalogue des manuscrits de Genève (p. 300 ); 2® la copie du procès de condamnation d’après l’original de 1 1 1 feuillets (ms. de l’Assemblée nationale); 3® la copie incomplète du procès de réhabilitation, terminée par un renvoi au manuscrit de Saint-Victor : Require residuum in bibliotheca Sancti Victoris Parisiensis , Le manuscrit de Genève est en effet une copie de celui que fit exécuter l’abbé Nicaise Delorme (ci-dessus, n® 8). Peut-être est-il le même que celui dont a voulu parler Fontette dans une note manuscrite qu’on trouve au trente-septième portefeuille (n® 16 ter) de ses papiers à la Bibliothèque nationale. Voici cette note :•« M. de Peiresc disoit avoir vu parmi les « manuscrits de la bibliothèque de Henri du Bouchet ,con- « seiller au Parlement de Paris , un recueil de tout ce qui « avoit étéfait pour et contre la Pucelle d’Orléans, lorsqu’on U lui fit son procès, et que ce recueil avoit esté fait par ordre U de l’abbé de Saint-Victor de ce temps-là. »
Quoi qu’il en soit , le manuscrit en question vient de France, et il y était encore au siècle dernier, puisque c’est J. J. Rousseau qui le donna à la République de Genève. On lit encore sur la garde du volume Yex dono autographe de cct illustre écrivain : <( Pour la Bibliothèque de Genève « de la part de Jean-Jacques Rousseau, citoyen. »
Le procès de condamnation commence au fol. 27 : In nomine Doniini, amen, Jncipit processus , etc. Il est complet, occupe 101 feuillets, et se termine par la signature paraphée du copiste, nommé Roussel.
4o6 notice littéraire
On achèvera cette description dans la notice des textes de la réhabilitation.
19. Manuscrit de M. Laurent, — Volume in-4®, de 115feaillets de papier et de parchemin entremêlés, originairement relié en bois avec couverture de cuir ronge.
Expédition authentique délivrée en 1475 par Jean Patatin et Hector Touchet , notaires d'église à Orléans , d'après un original en parchemin qui était paraphé de BoisguiU laume à chaque feuillet, et signé à la fin par les trois greffiers.
En 1787, M. Laurent , directeur du Vingtième à Orléans , possédait ce manuscrit dont il envoya la notice à M. De l'Averdy mourut peu de temps après, tout au commencement de la Révolution , et sa bibliothèque fut Vendue; mais au moment de la vente, le manuscrit en question avait déjà été distrait , et toutes les recherches faites dans ce siècle-ci n'ont pas pu en faire retrouver la trace.
Voici les termes de l'attestation par laquelle il se terminait 2
In nômine Domitii , amen. Tendre hujus præsentis publici io- ^trumenti , cunetîs pateat et sit notum , quod anno ejusdem Domîni UOGCCLXXV, indictione nona, mensis vero novembris die. . . . pontificatus sanetissimi in X* patris et domiui costri domini Sixti , divîna prdvidentia papæ quarti, anno qninto, in mei^ ootarii subscripti. * . . prxsenlem codicemcentumquindecim fbliola papjri et pergameni contioentem f intra duos asseres rdig^tum , corio rubro coopertum , cum quodam alio codice pergameneo , quod in isto describîtur ad loogum , continente sanctum processnm fiictum per dominum F^etrum quondam episcopum Belovacensem , et sanctum inquisitorem fidei, contra Johannam quondam diclam la l^ucelle , signalo in quolibet folio signo manuali domini Guillelmi Ëoisguillaume , et iii uUimo folio signis et subseriptionibus præfatt
(t) Noticefdes Manuscrits, t. III, p. MO.
ou PROCÈS DE CONDAMNATION. 407
ejusdem Boisguillaume , domiDorum Gutllelmi Manchon et Nioolai Taquel , notarioniin publiconim et curiæ Rothoroagensis , duobus^ que sigillis eidem præfato ultîmo foHolo affinis in cera rubra munîlo,per multas dietas legimus ac perlegimus^et finaliter die præfato opus perficiendo collatioiiavimus ; et quia ipsos in omnibus et per omnia concordare reperimus, idcirco signa nostra manualia in quolibet dictorum foliorum et in ultimo autbentica et publicai in tesUmonium veritatis, apponi duximus. Acta fuerunt hæc Aureliæ, m rillâ nova, per nos et sub anno, indictione, mense, die, et pontificatu prædictis.
Et quia ego Johannes Patarin , clericus Pictaviensis diœccsis , in artibus magîster et in decretis baccalaureus , publions apostolica et impérial! autoritatibus curiarumque episcopalium Auréliauensis et Pictaviensis notarius juratns, hune præsentem tibrum seu codicem , una cum notario subscripto , cum alio voluiuinc auibentîco, signis publicis trium notariomm publicorum signato, latins in præsenti instrumente descripto, débité collationavi de verbo ad verbum , et ad invicem concordare inveni ; idcirco qnodlibel fiilium, cum subscripto notario, sigillé roeo manuali signavi , et in majus veritatis robur sigilluro meum publicum et consuetnm huic præsenti instrumento manu mea scripto , una cum præfato notario, hic me eadem manu subscribendo, apposui, requisitus et rogatus.
Et quia ego Hector Touchet, clericus Camotensis dicecesis , in legibus baccalaureus licentiatus , publions apostolica et impérial! autoritatibus curiseque Aurelianensis notarius juratus , hune præsentem librum seu codicem , una cum notario suprascripto , cum alio volumine authentico signis publicis trium notariomm publicomm signato, latius in præsenti instrumento descripto , débite cum notario suprascripto collationavi de verbo ad verbum , et ad invicem concordare inveni ; idcirco quodlibet folium cum suprascripto notario signe meo manuali signavi, et in majus veritatis robur, signum meum publicum et assuetum huic præsenti publicn instrumento manu notarii suprascriptifideliter scripto, una cum ipso, hic me manu propria subscribendo, apposui, requisitus et rogatus.
Il est à noter que le manuscrit de M. Laurent ne conte-
nait pas les pièces postérieures à la condamnation. M. de TArerdy en a conclu qu'elles manquaient dans l'original copié par les notaires d'Orléans. Rien ne prouve cela ; il a suffi que ces notaires vissent l'absence de légalisation pour s'abstenir de copier les annexes du procès.
20. Ancienne bibliothèque de Bosny , manuscrit n® 236R. — Volume en papier, in-fol., composé de 158 feuillets , relié en peau.
Commence : Processus in causa fidei contra quondam quamdam muUerem Johannam diùtam la Pucelle; se termine par les vers français que Martial d'Auvergne a consacrés à l'histoire de Jeanne d'Arc dans les F'igiles de Charles VII.
Marqué au commencement et à la fin de la signature de Pithou.
Tous ces renseignements sont tirés du Catalogue qui fut publié en 1837, lorsqu’on vendit la collection formée à Rosny aux frais de la ducbesse de • Berry. J'ignore quel a été l’acquéreur du n® 2363.
21. Manuscrits de Meerman à La Haye. — Un manuscrit du procès de condamnation , qui existait dans la bibliothèque du Collège des Jésuites de Paris (Louîs-le- Grand) , a été signalé par le P. Lelong. Lors de la suppression de l’ordre, le célèbre Gérard Meerman, qui se trouvait à Paris, acquit les manuscrits du Collège et les emporia en Hollande. Le comte Jean Meerman, son fils, les légua par testament à la ville de la Haye. Ils sont du domaine public depuis 1815. Celui du procès doit encore en faire partie , et c'est certainement avec son secours que furent composés des mémoires sur la Pocelle trouvés parmi les papiers de Jean Meerman (l).
(I) Biographie universelle, art. Meerman.
DU PROCÈS DE CONDAMNATION
22. Bibliothèque de Bennet*s college ^ à Cambridge. — Lenglet Dufresnoy a signalé, dans son histoire de Jeanne d'Arc (l), un manuscrit de cette bibliothèque intitulé : Processus contra Joannam dictam la PuziL La forme seule de ce dernier mot indique une copie exécutée au xv« ou au XVI* siècle par un Anglais.
23. Manuscrits divers signalés par les auteurs. — * J’ai parlé de celui qu’Etienne Pasquier dit avoir vu dans a la Bibliothèque du grand roy François à Fontainebleau (2). »
M. de l’Averdy cite en outre deux copies modernes qui se trouvaient de son temps, Tune chez M. de Flandres de Brunville, procureur du roi; Tautre dans la bibliothèque de M. de SaintX^enis , auditeur des comptes. Elles étaient toutes les deu\ de format in-folio. La première provenait de la collection du président Duret de Meinières; la seconde faisait partie des livres jadis rassemblés par Charles du Lys, avocat général de la cour des Aides , descendant du plus jeune frère de la Pucelle. Peut-être ces deux volumes sontils de ceux que nous avons décrits comme classés dans les Suppléments de la Bibliothèque nationale.
Nous en dirons autant d’une autre copie dont Lenglet Dufresnoy parie en ces termes : «c Processus condemnatio- H nis Johannœ <iirc Æcfœ /a Puceüe, grand volume in-fol., «du XV® siècle, in bibliotheca regia; parmi les nouvelles « acquisitions et qui doit être un jour inséré dans le sup- « plément de Catalogue imprimé de celte immense biblio- « thèque (3). »
Enfin , le président Boubier possédait une copie du procès de condamnation, marquée A. 22, et signalée par Fe-
(I) Troisième parlie , p. 294.
(?) (ii-des8U8 page 388.
(3) Histoire de Jeanne Darc , 2' partie » p. 188.
4lÔ NOTICE LITTÉRAIRE
vret de Fontette comme une copie récente d'après le matiuscrit de D’Urfë (l). Quoique Haenel ait recueilli à Dijon que ce manuscrit avait été transporté à Paris avec une partie des livres de Bouhier, il n'est jamais entré à la Bibliothèqùe nationale.