‹ Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, dite La Pucelle: Témoignages des chroniqueurs et historiens du xve siècle. Volume 4Chapitre 11 sur 139 · LE MYSTÈRE DU SIÈGE D’ORLÉANS · texte numérisé non relu

LE MYSTÈRE DU SIÈGE D’ORLÉANS

Cet ouvrage, dont l’auteur est inconnu, n’a pas moins de vingtcinq mille vers. Il est conservé à la Bibliothèque du Vatican parmi les manuscrits de la reine de Suède, occupant à lui seul tout le manuscrit 1022 de cette collection, qui est un petit in-folio en papier, composé de 509 feuillets et écrit en cursive gothique du commencement du xvi* siècle.

M. Paul Lacroix est le premier, à ma connaissance, qui ait signalé aux curieux le mystère du siège d’Orléans, et cela dans le septième volume de ses Dissertations sur quelques points curieux deVhistoire de France (Paris, 1839). Depuis un érudit allemand, M. Adelbert Keller, en donna une notice plus étendue, accompagnée d’extraits , dans un livre qui parut à Manheim en 1844 sous le titre de Romvart» Enfin, j’ai moi-même entre les mains un volumineux cahier de notes prises sur le manuscrit du Vatican par M. Salmon, élève de l’Ëcole des chartes. Grâce à ces notes aussi bien qu’aux indications de MM. Lacroix et Keller, j’ai pu me faire une juste idée de la valeur que présente, comme document historique, l’ouvrage en question.

Cette valeur est nulle, je me hâte de le dire, non parce que l’auteur s’est éloigné de l’histoire, mais au contraire parce qu’il l’a suivie de trop près. Sa pièce n’est antre chose que le Journal du siège, dialogué et mis en vers, avec une exposition dont l’idée est empruntée à la Chronique de la Piicelle.

L’ouvrage commence ainsi sur le premier feuillet du manuscrit :

Le mistère du siégé dOrléans, fait, composé et compillé en là manière cy après déclarée. Et premièrement Sallebry commence en Engleterre et dit ce qui ensuit :

Très haulx et très puissans seigneurs ,

Vous remercy des grans honneurs Dont vous a pieu ainsi me faire,

Quant vous autres, princes greigneurs ,

Qui estes les conservateurs De tout nostre territoire ,

Me vouloir faire commissaire Esire [et] lieutenant exemplaire :

C'est de Henry, noble roy de renom.

Pour le jour d’uy, n’est de si noble affaire.

De France est roy, il en est tout notoire ,

Et d’Engleterre , qui est son propre nom.

Or suis-je dont, par la vostre sentence ,

Son lieutenant, par la vostre ordonnance,

Esleu par vous, pour conduire sa guerre ;

Dont plusors sont de vostre appartenance

Plus suffisant et de magnificence

Pour besoigner mieulx et savoir conquerra ^

Mais puis qu’ainsi l’avez volu requerre,

Obeyr veul à vous tous sans enquerre ,

Et y vaquer de tout inon pansement.

Sur les François nous devons tous acquerre ,

Que de bon droit nous appartient leur tetre Et leur royaulme aussi entièrement, etc., etc.

Ce discours tenu devant les lords est fort long , et plus longues encore sont les reparties qui le suivent. La fin de tout cela est d’amener en scène le duc d’Orléans, alors prisonnier à Londres, qui conjure Salisburj d’épargner les villes et terres de son domaine. Le générai anglais promet , puis change de propos aussitôt qu’il a mis le pied en France. Telle est l’exposition.

La Pucelie ne parait qu’au tiers environ de l’ouvrage 172 du manuscrit). On la voit « gardant les berbiz de son père et queusant en linge. » Les orgues jouent et l’archange Michel se présente devant elle pour lui transmettre les ordres de Dieu. On passe de

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là à Vaucouleurs, dans l’hôtel de Baudricdürt ; puis on retourne à Orléans pour assister à la passe d’armes qui , selon le Journal du siège, eut lieu m le dernier jour de l’an »» entre deux hommes d’armes Francis et deux anglais. On voit après cela l’escarmouche où le Bour de Bar fut fait prisonnier, puis l’arrivée des Auvergnats, pois la bataille des Harengs, etc., etc.; et ainsi se succèdent toutes les actions militaires du siège, à grand renfort de trompettes et clairons qui prennent la plupart du temps la place du discours. L’étendue des rubriques destinées à expliquer les mouvements de scène montre que le spectacle était plutôt pour les yeux que pour les oreilles.

Voici, par exemple, comment le dernier assaut des Tourelles est expliqué aux feuillets 339 et 340 du manuscrit :

c< Lors les trompetes sonneront de pins fort en plus fort, et seront les Ânglois tous esbayz de voiroelle puissance revenir sur eulx; et y a ung grand assaull; et ceulx de la ville sonneront et saudront pour venir secourir la Pocelle et gens d’armes, et feront des planches de bois pour venir' aux Tourelles et passer sur les arches rompues, et puis viendront ayder au bouloart de la Belle-Croix, et de si grant force, d’un cousté et d’autre, que les François gaigneront le bouloart des Tourelles et se retraieront Glasidas et autres cappitaines grant nombre d’Anglois sur le pont, lequel avoyent rompu. Et tout n coup cherra ledit pont soubz lesdits- Ânglois et seront tous noyez : c’est assavoir Glasidas et le seigneur de Pont, le sire de Molins, lebailly de Mente et plusieurs autres. Et furent prises les Tourelles d’assault et tout tué , fors que ung peu de prisonniers qu’on amena en la ville. »

Le mystère se termine par le retour triomphal de la Pucellc et des capitaines à Orléans, après la victoire de Patai. Talbot et les V. G

autres prisonniers anglais marchent devant le cortège aux cris de Noël ! poussés par la population entière. Jeanne s’arrête, fait faire silence k la multitude et débite une harangue d’actions de grâces dont voici la péroraison :

Si vous encharge faire les processions Et louer Dieu et la Vierge Marie ,

Dont par Anglois n’a point esté ravie Yostre cité ne ses possessions.

En voilà assez pour un livre comme celui-ci. Je laisse aux amateurs de notre ancien théâtre le soin d’anal jser plus an long ou même de publier, si bon leur semble, le manuscrit du Vatican.

J’ajoute , à propos de représentation dramatique, que la Pucelle avait un rôle dans une pièce jouée à Ratisbonne en 1430. C’est M. de Hormayr qui allègue ce fait d’une manière tout â fait incidente dans son Tcuchenbuch pour 1834 (p. 326). Le sujet de la pièce allemande étant la guerre contre les Hussites, Jeanne n’j figurait sans doute qu’à raison de la lettre qu’elle adressa à ces hérétiques le 3 mars 1430. (V(^ez ci-après la pièce n* XXIV.)

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VALERAN VARANIÜS.

n faut parier de cet auteur à cause de l’autorité très-grande dont il jouit par le &it des historiens de Jeanne d’Arc. 11 était natif d’Abbeville et théologien de la Faculté de Paris. Son nom français n’est pas connu. Devant quelques-uns de ses vers qui parurent en 1501, il est appelé de Varanis, et adjectivement Varanius en tête de son poème sur la Pucelle. Ce poème, la seule chose de lui qui nous intéresse, a pour titre De gestis Joannœ virginis Franca {l),^gregiœ hellatricis, libri IV, H le composa, de son aveu, avec les pièces de l’un et de l’autre procès qu*il avait connus par le manuscrit de Saint-Victor (2). L’histoire y est en effet suivie très-exactement , et le poète ne s’est permis que des fictions conformes à ce qu’on apprend par les interrogatoires de Jeanne. Toutefois, par l’expression et par la mise en scène, le sujet se trouve entièrement travesti , et l’on peut dire que l’exactitude des recherches se dérobe sans cesse sous l’emphase du rhétoricien.

Très-frappés de voir un poète s’attacher ainsi aux documents, les modernes n’en ont pas moins attribué à Varanius la valeur d’un historien. De là vient que diverses circonstances mises dans ses vers passent pour des faits prouvés, quoiqu’on ne les trouve que là. Ainsi, c’est d’après son témoignage qu’on fait mourir Jacques d’Arc de chagrin par suite du supplice de sa fille. Isabelle d’Arc dit cela dans le quatrième chant du poème :

Vir meus audito dilectæ funere prolis Oppetiit, mortis causam exsecratuS et ignés.

(1) Un manuscrit contemporain de l’édition, qui est à la bibliothèque de Sainte-Geneviève (n* 1643] a pour titre: Ubri quatuor de gestit Joannœ Puellœ Lotharingœ.

(2) Voir ce qui est dit de ce manuscrit dans la Préface.

Un long récit de ce qui se passa à Rouen lorsqu’on y fut informé de la prise de Jeanne appartient aussi en propre au poëte abbevillois. Selon lui, une grave délibération aurait eu lieu le jour même au conseil de régence. Les lords étaient d’avis de faire égorger la Pucelle ou de la nojer sans forme de procès ; mais Warwick dé> montra qu’en la jugeant comme sorcière, on aurait le double avantage de la perdre et de déshonorer Charles VU. En conséquence, l’accusation de magie fut répandue parmi le peuple, d’abord mystérieusement et comme une semence destinée à fructifier sous peu. Un sermon du doctqi^r Jean de GhasHllon acheva la besogne, en édifiant les consciences sur le cas de sorcellerie :

^Quumque ita res pendet, concrescit rumor in horas Et venit in varium populus problema. Magiam Obstupet indoctum y aigus creb roque requirit Quid magicœ possint artes, quo aucfore parentur; Sintne piis omnes adversæ moribus, et quo Usque per bas lîçeat vetitos descendere in usus.

Tain sedet in rostris Castilius atque ita fatur, etc., etc.

A propos du procès de réhabilitation dont Yaranius a résumé les principaux incidents à la fin de son poème, il paraphrase ou feint une lettre que Charles V|I aurait écrite au pape Calixte III pour obtenir le rescrit qui servit de fondement à la cause :

Callisto destinât unam Carolus bac ferme verborum iege tàbellàm ;

« Maxime pontificum , qui sancto numine terras Sub solo modérare Deo , cui tanta potestas Ut cœlos aperire et apertos claudere possis,

Possis et Stygiæ reserare ergastula noctis ;

Hæc sub apostolico libranda examine causa Te petit, o sacrate pater; quam, quaeso, paternis Excipe vîsceribus, justoque attoUe favore.

Flaccida quum magnis lugeret Galba bellis,

Finibus Âustrasiæ digrêssa juvencula, paucis

DES POETES Dü XV» SIÈCLE.

Hue venit comitala viris, causamque rogata Quæ suasisset iter, vel ubi tractaverat arma :

Respondit superis venisse aucteribus et rem Non obiisse prius certis quam cognita signis Constarent édicta Dei. Sed cætera coram Disseret orator melius, nec epistola paucis Rem caperet verbis. Tandem perfuncta recepto Muiiere, post victos crebris confiietibus hostes,

Dum Compendiaci decerlat in æquore campi,

Transfosso decumbit equo et Yenumdatur Anglis ^

Qui dirum scelus objiciunt vulgantque magiæ Esse ream et sacra de relligione tenentem Impie, ut adversus nostri moderamina sceptri Dissidium patrare queant. Sic perfidus hostis Destinât insonlem flammis; sed fraude retecla,

Versa alio res est. Fieri quæcunque per arma Etfernim licuit, tentavimus; hoc tameri unum Restât adhuc quod te propter contingere nemo Audeat; ista tuum poscit censura tribunal Praecipias mores inquiri et facta Puellæ,

Quaeque sit adversœ nequam sententia partis. » *

Toutes ces particularités, il faut en convenir, sont de la plus grande vraisemblance. Mais Tautenr les a-t-il tirées de documents authentiques ou bien de son cerveau? Dans le doute, on fera bien de s’abstenir, ou au moins dé ne citer jamais le De gestis putüœ Francœ que comme une autorité secondaire.

n n’entre pas dans mon plan de reproduire un. ouvrage qui ofire si peu de garantie d’autbentici^é, eu égard surtout à son âge déjà bien postérieur aux faits. La première édition est sans date, mais accompagnée d’une épître préliminaire écrite en novembre 1616. C’est déjà le règne de François !•». Je me bornerai à rapporter ici, comme renseignements utiles, l’épître préli§iinnîre en question, qui est adressée au second Georges d’Amboisc^ les arguments du poëme tels que les donne l’édition; et enfin une petite

pièce «le vers en forme d’épilogue, composée pour l’abbé de Saint- Victor qui avait prêté à l’auteur le manuscrit du procès.

Ad R. P. Georgiom de Ambasia V. Vaianii epistola.

Dignissimo in Ghristo patri, Geoi^io Ambasiano, Rothomagensi archiepiscopo, Valerandus^ Yaranios, salutem.

Inter evolvendas Francorum annales, dignissime præsul, quum Johannæ virginis Francæ historiam perfunctorie decursam animadverterem , mihi persuasum feci non indignum fore laborem, si, per succisivi otii sufiurationem , in re ipsa latins propaganda paulisper continerem studium; id genus officii arbitratus dignum, quod nostri partent sibivindioet ortos. Si enim ardnis in uegotiis patriæ prodesse non possimos, non ideo præclusuiù nobis fuerit iter quominus egregia virginis facinora memoriæ prodendo simus tolerandi. Mihi certe non solum, sed et quant plurimis bonis et stndiosis viris, ejusmodi historiavisa est quæ non penitus oblitescat; nam si veterum fabulamenta , meras et inanes nugas referentia, non paucos illicibili quadam voluptate detinent, quanto magis hanc historiam impense legent posteri , ut quæ non de Gorgonibus aut Pandionis avibus conficta est? Sane et in hanc usque diem superstites sunt plusculi qui virginem viderunt inter viros agcntem. Obiit enim Rothomagi , anno millesimo qnadringenlesimo tricesimo primo, quum urbi et toti fere provinciæ præessent Angli. Elapsis subinde quatuor et viginti annis, Galixtus lertius, romanus pontifex, Remensem archiepiscopiim, Parisiensem et Gonstantiensem episcopos

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destinât judices, qui, priore lite, qua Puella auloribus Ânglis damnata est, diligenter recensita et fideliter oltro ci troque discussa, tandem innocentem et probam rirginem fuisse definiunt. Si quempiam delectet plenius historiam nosse, ex cœnobio Sancti Yictoris Parisiensis librum répétât , quem aliquot dies mutuatus sum , ubi abunde et ex fori judiciarii ordine omnia quæ transcripsi, digeruntur. Sed hæc satis fuerint. Hune autem laborem meum quo prœsidio tutarer quum apud me requirerem, dignissime pater, féliciter actum esse cnm libello existimavi si inter chartaceam snpellectilem tuam ei locum benigne indnlseris.

Ex Parisiis , decimo kalendas novembres anni ' quingentesimi decimi sexti supra millesimum. Yale.

Argumenta librorum De gestis Joannœ virginie Francœ.

Ârgumentum libri primi.

In exordio narrationis habetur oratio Caroli Magni ad divam Yirginem, pro pace impetranda. — Mariæ ad filium pro Gallis oratio. — Ghristi ad matrem responsio. — Gausarum belli expositio. — Yirginis ad Garolum Magnum adlocutio. — Ângeli ad Joannam legÿtio. — Joannæ ad Deum oratio. — Ensis miraculosa proditio. — Joannæ ad Baudrecurtum oratio. — Roberti ad Joannam responsio. — Joannæ ad Garolum septimum progressio. — Joannæ in universitate Pictavensi examinatio. — Magna super ejus receptione disceptatio. — Longa Joannæ oratio , in qua multa de patria, parentibus et aliis ad eam pertinentibus commémorât.— ^Yirginitatis Joannæ per reginam Siciliæ probatio.

Témoignages

Argumeatam libri Mcnndi.

Primo habetur Aurelianensis ad Carolom legatio. — Mœsta Caroli ad Deum oratio. — Anuonæ ad Aurelios delatio.-TAurelîaneusium exultatio.— Joannœ ad Angios epictola. — Obsidionis descriptio. — Dunensis ad proceres oratio. — Joannœ pro invadendis Aiiglis exhortatio. — Francornm in Angios congressio. — ‘Mira Joannœ decertatio. — Francorum in agi'o pernoctatio. — Litterarum apud adolescentes deprehensio. — Apparatus belli primo diluculo. — Gallornm et Anglorum ferox dimicatio. — Anastrophe nd Talebotum éuis non opitulantem. — Arpis et vallorum per Fi^ncos demolitio.

* Ai^gamentum tertii. v

Sufibrti ad Talebotum pro solvenda obsidionealloi^ cutio. — Virginum Aurelianensium ad Joannam gratiarum actio. — Anglorum in Belsiam incursio. — Fastoli ad suos exhortatio. — Francorum in Angios progressio.,— Alenconii ad suos alloculio.*— Fran* corumde Anglis Victoria. — 'Taleboti ab Joanna cap'ti cpierimonia. — Joannœ ad Carolom ut Remos petat oratio. — Receptio moltarum urbium cum ingressu et sacra unctione apud Remos. — Caroli Magni ad Carolum recenler sacratom allocutio. — Joannœ ad divum Dionysium oratio. — Obsidio Compendiaca ubi Joanna capitnr. — Joannœ ante egressum oppidi oratio. — Cltima Joannœ decertatio.

Argomentiiin cpiarti.

Joannœ in Picardiam traductio. — Joannœ per Litcemburgnm venditio , et cjus in Norroanniam tra-

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ductio. — Yarricii comitis super morte ioannœ definitio. — Gas^Iibnis theologi oratio in qua mnlta de magia disserit. *- Acris in Joannam invectio. — Joannæ ad objecta responsio. — Ânglornm in judices sententiam difierentes indigna tio. — Joannæ ad Deum ultima oratio. — Crudelis Joannæ concrematio..?- Matris Joannæ ad Garolum regem prodigna filiæ purgatione oratio. — Garoli ad Galistum tertiuaa, Rjqmanum pontificem, pro bac materia legatio. — Arcbiepiscopus Remensis et episcopus Parisiensis judices in bac causa del^ti. — Heraldi theologi pro Joanna longa oratio. — Thomæ Gnrcellii oratio in qua mnlta de illustribus foeminis commémorât. — Fraudis Anglorum in priori processa detectio. — Dira aliquorum post mortem Joannæ pnnitio. — Prioris processus irritatib et plena Joannæ purgatio.

y. Vtranü ad R. P. Sancti Victoria Pariaienaia abbatem de Joanna. • »

Mnlta tibi , venerande pater, gçnerosa virago Debet et Austrasiæ nobile «temma plagæ.

Credidit Anglorum quondam nervosa juventus Vallesium franco tollere ab orbe gênas; ^

Sed Deus, attriti miserans incommoda regni,

Fortia virgineas misit ad arma manus ;

Et qui vix alias cessere virilibus armis ,

Fœmineo, victi, colla dedere jugo.

Sastinuit claros deleri pene triumphos Gallia ; sed pleno congeris acta libro ,

Qoem tua ma^pMficum non bibliotbeca reponat, eois fama it in occiduos.

Nostra tibi grates exsolvit musa, quod hujus Historiæ nobis, te duce, aperta via est.

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