‹ Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, dite La Pucelle: Témoignages des chroniqueurs et historiens du xve siècle. Volume 4Chapitre 12 sur 139 · FRAGMENTS DIVERS · texte numérisé non relu

FRAGMENTS DIVERS

Georges Ghastellain, dans la pièce iotitulée Recollection des merveilles advenues de nostre temps, M. Buchon en donne deux leçons différentes en tête de son yôlnme du Panthéon littéraire y. où il a réuni les œuvres de Ghastellain.

En France la très belle Fleur de crestienté Je Teis une Pucelle Sourdre en auctorité ,

Pui fit lever le siégé D'Orléans en ses mains ,

Puis le roy par prodiege Mena sacrer à Reins.

Saincte fut aorée Par les œuvres que fit;

Mais puis fut rencontrée Et prise sans prouffit ;

Arse à Rouen en cendres Au grand dur des François,

Donnans depuis entendre Son revivre anllre fois (1).

François Villon, dans la ballade des Dames du temps jadis, pièce qui fait partie de son Grand Testament, écrit en 1461 :

La royne blanche comme ung lys Qui chantoit à voix de sereine ,

(1) AUoaion à l’appariiion de la fausse Jeanne d'Arc.

Berthe an grant pié, Bietris, Allys,

Harembourges qui tint le Mayne,

Et Jehanne la bonne Loraine Qu'Angloys brüslèrent à Rouen ,

Où sont-ilz, Vierge souveraine?

Mais où sont les neiges d’antan !

Octavien de Sainl-Gelais , dans le Séjour ét honneur, composé 1489 :

Tantost après en champ d'honneur paré Et siégé d'or tapissé de louenge ,

Je vy ung roy glorieux , préparé ,

Fulcy de paix, begnin, doulx comme ung ange , Vaincu par mort; mais son bon bruyt ne change. C'estoit Charles , septiesme de ce nom ,

Qui tant voulut acroistre son renom Qu'à luy reduyt Guyenne et Normaodye,

Quelque chose qu'Angloys ou Normant dye.

Près luy je vy, sur cheval fier marchant ,

Femme qui fut d'harnoys luysant armée.

Pas ne sembioit escolier ou marchant ;

Mais robuste , par prouesse affermée.

Dont m’esbahis de veoir femme fermée De si grant cueur, qui les gens incitoit Donner dedans et ung chascun citoyt A guerroyer, comme si tous jours elle Tint en seurté les souldars soubz son aesle»

Pas n'eut quenoille atachée au costé ,

Mais espée poignante et deffensible ;

Fuyant repos et longue oysiveté ,

Où voulentiers cueur de femme est duysible.

A autre affaire elle n'est entendible

Qu'ordonner gens, pour Jbatailles mouvoir. Dont je congneu que c'estoit, pour trat voir. Selon sa geste et manière approuvée «

La PuceUe , par miracle trouvée.

ET lOTRES PIÈCES DÉTICHÉES.

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