V. ’so
NOTICE
la copie des douze articles et celle de Tabjuration , le mémoire à consulter de Paul Pontanus (1).
4* L*opinion de Martin Berniyer porte la date du 7 avril 1456. Elle a donc été donnée à la requête des juges de la réhabilitation. On voit par les citations que fait Tauteur qu'il a eu entre les mains, non- seulement l'instrument du procès de condamnation, mais encore les enquêtes du cardinal d'Estouteville.
M. de l'Âverdy a lu le nom de Martin Berruyer, Martin de Beuzines ou de Wesines (2), quoique Lenglet Dufresnoy eût donné avant lui la véritable lecture de ce nom (3).
5* Le mémoire de l'évêque d'Âvranches n'est qu'un avis très-succinct donné à la requête du tribunal pendant un court séjour que ce prélat fit à Paris en 1456 (4). Il déclare n'avoir lu , pour former son opinion , que le sommaire du procès qu'il attribue à Paul Pontanus, lorsqu'il est prouvé que ce sommaire est de Théodore de Leliis (5).
6** Il n'y a qu’un texte du mémoire de Jean de Montigny; c'est celui du manuscrit 5970, où le nom de l'auteur se trouve avoir été rogné lors de la reliure, de sorte qu'il n'en reste que la première syllabe : Opinio domini Johannis de mo.... decretorum doctoris. Parmi les hommes célèbres du temps, Jean de Montigny est le seul que j'aie trouvé répondant aux conditions de ce titre mutilé. Il tenait à la fois à l'Université de Paris, à l'église de Paris et au parlement. Son ouvrage est adressé aux juges de la réhabilitation.
(1) T. 111 (le celle édition, p. 3 13.
(2) Notices ei extraits des Manuscrits, t. 111 , p- 519.
(3) Histoire de Jeanne Dore, 2* partie, p. 190.
(4) T. 111 de cette édition , p. 317.
(5) Voyez ci-dec.<tus la Notice de ce sommaire, p.
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Le mémoire de Guillaume Souillé a échappé à M. de TAyerdy quoiqu'il fût à la fois dans le manuscrit de d'Urfé et dans le n^ 5970 de la Bibliothèque nationale. Le protocole expliquait primitivement qu'il avait été écrit en l'honneur de Dieu et du roi de France (1). L'hommage au roi a été effacé dans la rédaction définitive.
L'ouvrage est plutût de théologie que de droit \ il a aussi un côté politique en ce que l'auteur s'applique à démontrer à tout propos que le roi était tout à fait résolu à provoquer la révision du procès de Rouen. Il semble résulter de là que le mémoire de Souillé précéda tous les autres , même ceux des jurisconsultes romains.
V* La consultation de Robert Ciboule est datée du mois de janvier 1452 (v. st.). Cette date peut s'accorder avec le titre où il est dit de l'auteur : qui tam ante hune inchoatutn processum quant etiam post inçhoationem , requirentibus ejus consilium, etc, y delegatis^ scripsit super facto dicti processus. Robert Ciboule, consulté par les juges de la réhabilitation , leur aurait envoyé , après correction , un mémoire qu'il avait écrit en 1453.
Étienne Pasquier attribue la date de 1456 à un manuscrit séparé du même ouvrage qu'il avait vu a ès mains du Feron, ce grand rechercheur d'armoiries, » et d'où il put extraire une analyse des arguments soulevés par Robert Ciboule contre les juges de Jeanne d'Arc (2).
vu. De rédition du procè«.
Depuis deux cent cinquante ans que les manuscrits de la réhabilitation n'ont cessé d'être consultés , ils ne sont pas sans avoir fourni des pièces à nos divers recueils historié
(1) Tome 111 > p. 322.
(2) Recherche* tur la France, 1. VI , c. 5.
NOTICE
ques. Godefroy rapporte la sentence fînale d'après le manuscrit du Trésor des chartes, à la suite de son Histoire de Charles VII {})* En 1753 Lenglet Dufresnoy publia dans V Histoire de Jeanne Darc l’acte de garantie donné par le gouvernement anglais aux juges de la Pucelle , ainsi que la déposition de Jean d’Âulon (2). même érudit dressa en outre pour la commodité du public , la table des autres pièces et dépositions contenues au procès. Enfin il se proposait de faire entrer dans une seconde édition de son livre (3), les informations du cardinal d’Estouteville trois des dépositions recueillies à Domrémy; treize de celles qu’on reçut à Orléans; celle de Thibaud d’Ârmagnac, recueillie à Paris ; huit de celles que donnèrent les témoins de Rouen; enfin les mémoires de Thomas Basin, de Martin Berruyer et de l’évéque d’Avranches.
Cette édition, comme je l’ai dit, ne se fit pas, et il apr partint à M. de l’Averdy de donner au public la connaissance la plus complète qu’on eût encore possédée de la réhabilitation, tant par une longue et consciencieuse analyse de la procédure , que par les nombreux extraits qu’il tira des dépositions des témoins. Ces extraits ne remplissent pas moins de cinquante pages in-4^ en petit texte; mais ils ont l’inconvénient d’avoir été réduits à un ordre systématique.
Tels sont les essais qui ont précédé la présente édition. Il me reste à indiquer dans quels principes je l’ai conçue.
Je me suis efiEorcé de la rendre conforme autant qu’il m’a été possible à l’impression du premier procès. Lie texte a été divisé en paragraphes ; le français distingué du latin par l’emploi d’un caractère plus petit; les intitulés détachés par le meme moyen des pièces auxquelles ils se rapportent ;
(1) PagoSOS.
(2) Deuxième partie , p. 57 et 10|.
(3) Voyez ci-deaaus , p. 390.
DES PIÈCES DE LA RÉHABILITATION. 400
enfin , pour les points lîotables de la procédure que rien ne faisait ressortir, j'ai intercalé des titres de ma façon, que J'ai luis entre crochets pour faire voir qu'ils n'existent pas dans les manuscrits.
Le texte que j'ai suivi de préférence est celui du manus^ crû 5970. Je l'ai corrigé quelquefois par le manuscrit de Notre-Dame, mais jamais sans en prévenir le lecteur. Je me suis borné le plus souvent à 'mentionner comme simples variantes les leçons de ce second manuscrit. Pour plusieurs procès-verbaux des chapitres vi et vu où les deux manuscrits ne concordent plus, j'ai cru devoir donner en regard le texte de l'un et de l'autre, en usant de la même disposition qui m'a permis, dans mon premier volume, de mettre en regard la rédaction définitive et la minute.
Le vœu de la Société de l'Hisloire de France était de publier intégralement le procès de réhabilitation. Sans la faire manquer au but qu'elle voulait atteindre, j'ai cru pouvoir lui conseiller une réduction notable sur le chapitre VIII, à l'égard des mémoires consultatifs ainsi que de la recollection de Jean Brehal. Gis ouvrages en effet n'ont rien d'historique» On ne fait qu'y discuter l'orthodoxie de Jeanne ou la légalité de sa condamnation , d'après les circonstances consignées au procès. Ouvrages de jurisprudenca ou de théologie, ces mémoires auraient grossi mal à propos d'un volume la présente édition ; joint à cela qu'ils sont si mal digérés k plupart , qu'Edmond Richer, tout théologien qu'il était , avait lui-méme prononcé leur exclue sion lorsqu'il projetait la publication du procès ^ a et ne a seroit besoin , dit-il , de les faire imprimer pour ce qu'ils « sont trop peu élaboures et polis, et tumultuairement esa crits, mesme en un siècle auquel la barbarie triom- « phoit (1). » Je me suis donc borné à en publier de courts
(1) Mairascrit Fontaoieu, P. 285 à la Bibl. Nai.
NOTICE
extraits là où j'ai vu pour l'histoire la possibilité d'en tiref parti 9 non pas quant au fait de la Pucelle , sur laquelle ils n'apprennent rien de nouveau, mais relativement à la composition de ces écrits eux -memes. Les prologues où les auteurs déclarent les motifs qui les ont mis à l'œuvre, les exordes où établissent la division de leur discours, les conclusions ù ils résument leur pensée et souvent énumèrent les docunents dont ils ont fait usage ; telles sont les parties où j'ai prb exclushrement mes extraits./Comme la recollection de Jean Brebal offrait, contrairement aux autres mémoires, un chapitre où la discussion repose sur des faits puisés en dehors du procès, ce chapitre a été imprimé intégralement. Il concerne les anciennes prophéties qui annonçaient Jeanne ou du moins qu'on avait appliquées à sa venue (1).
Quant au manuscrit de d'Urfé , qui offre dans sa partie ancienne une rédaction si différente de celle des copies authentiques , pour faire mieux ressortir les points capitaux par lesquels il s'éloigne de ces copies, j'ai cm devoir en donner à part un spécimen et une analyse. On trouvera l'un et l'autre à la suite de l'instmment du procès (2). Comme spécimen, j'ai reproduit le texte des deux premières séances; et l'analyse a pu se faire sans les longueurs du discours , tant au moyen des rubriques fournies par le manuscrit lui-^ meme, qu'en désignant les parties sans intitulé par les titres appliqués aux parties correspondantes de la rédaction définitive. Bien entendu, le relevé consigné d'après ce système, l'a été abstraction faite des interpolations modernes du manuscrit. J'ai aussi remis dans l'ordre qui leur conve-. nait les feuillets déplacés , de manière que la suite des titres rapportés représente la déduction chronologique de la procédure. Je l'ai interrompue au 5 juin pour insérer, sous la
(I) Voyez t. III , p. 337.
(J) T. III , p. 3C7.
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rubrique qui Tannonce, l'instrument de la sentence. C'est une pièce dont ta valeur a été signalée dans la notice préliminaire du procès de condamnation (1). Son absence du manuscrit 5970 est la cause pour laquelle je l'ai reléguée à cet endroit, malgré son importance.