‹ Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, dite La Pucelle: Témoignages des chroniqueurs et historiens du xve siècle. Volume 4Chapitre 18 sur 139 · FRAGMENT DTJSE LETTRE SUR DES PRODIGES ADVENUS EN POITOU · texte numérisé non relu

FRAGMENT DTJSE LETTRE SUR DES PRODIGES ADVENUS EN POITOU

Vers le 25 jain 1429.

Publié pour la première fois par M. Buchon , d’après le manuscrit Francis 7301 de la Bibliothèque royale. La lettre à laquelle ce morceau appartenait originairement , dut être écrite à Maillezais ou dans quelque autre ville du diocèse de Luçon , peu de temps après la bataille de Patai. Cet événement y est annoncé.

Des nouvelles de vers le roy nostre sire^ [on dit] que les Anglois ont estés tués dedans Jargueux six

(f) Valentine de Blilan, mère du duc d’Orléans» était sœur de Philippe - v,

Marie. ^ \ ^

(2) 11 foui supposer que ce paragraphe est un poscriptum ajouté plusieurs ^

jours après la lettre écrite. Le départ pour Reims n’eut lieu que le 29. ^ ^

(3) Lisez Parcevallüt correction indiquée par les généalogies de la roaisou de Boulainfilliers et par le document de Kœnigsberg.

cens liommes d’armes. Le conte de SuSbrt c’est rendu à la -Pocelle, agenoiilys; La Poule son frère, mors; tous deux et l’antre frère, prisonyer. Assez a d’autres nouvelles, dont nostre Seigneur soit loué.

Certaine chose est la destrousse des Anglois, la quelle a estéfaicte entre Meung et Orléans, en belle bataille. Et là ont estés mors deux mil cinq cens Anglois, et le seurplus de leur compaignie se sont fuicts. Leurs cappitaines estoient Thallebot , Fastol et Escalles; lesquelz l’on distestre prins et mors. Les places de Boygency et dudit Meung sont rendues, et plusieurs autres; et sont les besongnes du roy en plus haut gré que ne furent oncques, et seront encores, au plaisir de nostre Seigneur (1).

Hom voit avenir de pardecza des plus merveilleuses choses que hom vit oncques, comme des hommes armés de toutes pièces chevaucher en l’aer sur ung grant cheval blanc, et dessus les armeures une grant bende blanche, venent devers la mer d’Eispaigne, et passer par dessus deux ou trois forteresses près de Talamont, et tirer vers Bretaigne : dont tout le pays déBretaigne est espavanté, et mondict seigneur le doc, dont il a fait le serement aux Anglois, disent (2) qu’il cognoissent leur destruccion par luy. Le roi a envoyé devers l’évesque de Luczon pour savoir la vérité de ceste besoigne. Lequel s’en est informé et a trouvé par infor-

(1) J’ai intenrerti l’ordre de ces deux paragraphes en meuant le second celui qui est le premier dans la copie très-défectueuse du manusmtTSOl. L’ordre des faits et celui des idées réclamait ce changement.

(S) DUent pour disant, comme plus haut venent pour venant. Ce membre de phrase se rapporte aux Bretous qui accusaient leur duc de les mener à leur perle parce qu’il avait prêté serment aux Anglais.

macioD que plusieurs gens l’ont yu en plnsenrs lieux de son eveschié et que, ainsi que il passoit par dessus ung chastel près dudit Talamont, nommé Bien (1), les gens dudit chastel , quant le virent venir, cuidrent estre tous perdus et foudroyés, quar il estoit hu milieu d’ung grant feu qui n’atouchoit à luy près de deux brasses; et tenoit en sa main une espée toute nue, et venoit chevauchant en l’air de si grant rendon, que il sembloit que le chastel fust tout embrasé. Et ceulx du chastel commencèrent à crier à haulte voix ; et lors ledit homme ainssi armé , leurs dist trois foyx : « Ne vous esmayez. » Et ces choses ont estées affermées au roy estre vrayes par ledit évesque de Luczon et par deux gentilz hommes, envoyés devers le roy pour ceste cause, qui ont affermé l’avoir veu , et plus de deux cens personnes; et tant d’autres merveilles que c’est ung grant fet.

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