‹ Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, dite La Pucelle: Témoignages des chroniqueurs et historiens du xve siècle. Volume 4Chapitre 21 sur 139 · FRAGMENT D’ÜNE LETTRE DU DUC DE BETHFORD · texte numérisé non relu

FRAGMENT D’ÜNE LETTRE DU DUC DE BETHFORD

Fin dejaillet(P)

Imprimé dans les Pacta, Fœdera, etc,, de Rjmer, t. X, p. 408, sous le titre suivant : Super morte comitis Sarum, super in^ cantamentis diabolicœ fœmina quam Puellam nuncupant, et de statu tune rerum in Francia, inter alia hac memorantur ducis Bedfordiœ ad regem verba, A cause qu’il j est parlé de la mort de Salisburj, Rjmer l’a placé parmi les pièces de l’an 1428 , mais à tort, puisque non-seulement la Pucelle avait paru au moment de la dépêche, mais que déjà même elle avait étonné le monde de ses succès.

And aile thing there prospered for you, til the tyme of thesi^e of Orléans taken in hand, God knoweth by what advis. At the 'whiche tyme, after the adventure fallen to the persone of my cousin of Salysbury, whom God assoille, there felle, by the hand of God, as it seemeth , a greet strook upon your peuple that was assembled there in grete nombre, cansed in grete partie, as y trowe, of lakke of sadde beleve, and of unlevefulle double that thei hadde of a disciple and lyme of the Feende, called the Pucelle, that used fais enchauntemeqts and sorcerie. The which strooke and discomfiture nought oonly lessed in grete partie the

nombre of youre people, there, but as well TTÎlhdrowe the courage of the remenant in merveillous yryse, and couraiged youre adverse partie and etiuemys to assemble hem forthwith in grete nombre, etc. (t)

EXEMPTION D’IMPOTS ACCORDÉE AUX HABITANTS DE CREUX ET DE DOMPREMY EN CONSIDÉRATION DE LA PUCELLE.

31 juillet 1429.

Un vidimus de l’an 1483, conservé naguère k la mairie de Creux (2) , a fourni le texte de cette pièce h M. Jollois , qui le fit imprimer, pour la première fois, dans son Histoire abrégée de la vie et des exploits de Jeanne d’Arc. Lenglet Dufresnoj avait promis de la donner dans la troisième partie de son ouvrage ; mais il ne le fit pas , sans doute parce que la copie ne lui vint pas à temps.

Le privilège des concitoyens de Jeanne d’Arc a subsisté jusqu’au siècle dernier. J’en ai vu une confirmation de Louis XY en date du 10 août 1723, où étaient allégués, comme antécédents, une ordonnance du mois de mars 1656 et un arrêt du conseil du 28 février 1682. D’anciens mémoires, rédigés au commencement du

(1) Voici la traduction littérale de ce morceau : « Et toute chose a prospéré pour vous jusqu’au temps du siège d’Orléans entrepris , Dieu sait par quel conseil. Auquel temps, après l’aTenture arrivée à la personne de mon cousin de Salisbury, que Dieu absolve, arriva par la main de Dieu , comme il semble, un grand mécbef sur vos gens qui étoient rassemblés là en grand nombre ; lequel provint en grande partie, comme je pense , par enlacement des fausses croyances et folle crainte qu’ils ont eues d’un disciple et limier de l’Ennemi (c’est-à-dire du Diable) , appelé la Pucelle , qui a usé de faux enchantements et de sorcellerie. Lesquels méchef et déconfiture non-seulement ont diminué d’une grande partie le nombre de vos gens, mais aussi bien ont ôté le courage du restant d’une façon merveilleuse, et ont encouragé vos adversaires et ennemis à s’assembler incontinent en grant nombre. >»

(2) M . lielcion . maire actuel de Creux , a , sur ma demande , cherché ce titre parmi les papiers de sa commune et ne l’a plus retrouvé.

dix-septième siècle, fondeot la perpétoilé du même usage sur la reproduction constante de la formule Néants la PucelU , mise devant les noms des villages de Grenx et Domremj sur tous les rôles de taille des temps antérieurs.

Charles, par la grâce de Dieu roy de France, au bailly de Chaumont, aux trésoriers (1) et commissaires commis et à commettre pour asseoir et imposer les aides, tailles, subsides et subventions audit bailliaige, et à tous nos autres justiciers et officiers ou à leurs lieuxtenans, salut et dilection. Sçavoir vous faisons [que] en faveur et à la requeste de nostre bien amée Jehanne la Pucelie; [considéré] le grant, haut, notable et prouffitable service qu’elle nous a fait et fait chacun jour au recouvrement de nostre seigneurie : nous avons octroyé et octroyons de grâce espéciale par ces présentes aux manans [et] habitans des ville [et] villaige de Greux et Domrémy, oudit bailliaige de Chaumont en Bassigny (2), dont ladite Jehanne est natifve, qu’ilz soyent d’ores en avant francs, quictes et exemptz de toutes tailles, aides, subsides et subvencions mises et à mettre oudit bailliaige. Si vous mandons et enjoingnons et à chacun de vous [que d’iceulx] affranchissement, quittance et exempcion, vous faites (3), et laissez lesditz manans et habitans joyr et user pleinement, sans leur mettre ou donner ni souffrir estre mis ou donné aucun destourbier ou empeschement au contraire, lors ni pour le temps

(1) Aux tiers, dans l’éditioD de M. Jollois.

()) Pins tard les élections ayant été multipliées , Domrémy seul resta de celle de Chaumont. Grenx fut du bureau de Bar.

(3) Ici un second verbe que la copie reproduite par V. Jollois interprète , doublus.

à venir; et en cas qae lesditz manans et habitans soient assis ou imposés auxdites tailles et aides, chacun de TOUS endroit soy les en (aire tenir quictes et paisibles : car ainsi nous plaist et voulons estre fait, non obstans qnelxconques ordonnances, restrictions, mandemens on deffenses au contraire. Donné au Ghasteau-Thierry, lederrenier jour de juillet, l’an de gi*ace mil quatre cens vingt-neuf, et de nostre règne le septiesme.

Ainsi signé : Par le roy en son Conseil. BunÉ (1).

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