ANOBLISSEMENT DE JEANNE D’ARC ET DE SA FAMILLE
Décembre 14$9. '
Imprimé pour la première fois par Jean Hordal , dans son bis^ loîrc de Jeanne d’Arc; reproduit parDelaroqueet quantité d’autres. Le présent texte est corrigé d’après un vîdimus de Henri II qui se trouve dansée règistre 260 (pièce 306) du Trésor des chartes, aux Archives du royaume. L’auteur de l’opuscule intitulé : De r extraction et parenté de la Pucelle, dit que la charte originale était de son temps (1610) entre les mains d’un membre de la famille qui habitait la Normandie.
Karolus, Dei gratia Francorum rex, ad perpetuamrei memoriam. Magnificaturi divinæ celsitudinis uberri* mas nitidissimasque gratias, celcbri ministerioFuellæ, Jobannœ d’Ay (1) de Dompremeyo, caræ et dilectœ nostrœ, de ballivia Calvimontis seu ejus ressortis, nobis elargitas, et, ipsa divina coopérante clementia, amplificari speratas : decens arbitramur et opportu-
( I ) On s'est trèS'étonoé de ce qae le nom de famille de la Pucelle ait été altéré de la sorte dans un document si capital ; cela fient de b manière de prononcer des Lorrains qui alors encore plus qu'aujourd'hui faisaient les a étroits et éteignaient les r. Pour les gens de Dompremy, le nom d*.4rc était étranger; vraisemblablement Jacques d'Arc, né en Champagne, prononçait son nom d'une façon et ses enfants d'aune autre.
num, Ipsam Puellam, etsuam, nedum ejus ob officii mérita, verum et divinæ laudis prœconia , totam pareil telam dignis honorum nostræ regiœ majestatis insigniis attollendam et sublimandam , ut divina claritudine sic iilastrata, nostræ regiæ liberalitatis aliquod munus egregium generi suo relinquat , quo diviiia gloria et tantarum gratiarum fama perpetuis temporibus accrescat et perseveret. Notum igitur facimus universis præsentibus et futuris, quod nos, præmissis attentis, considérantes insuper laudabilia, grataque et commodiosa servitia, nobis etregnonostro jam per dictam Johannam Puellam multimode impensa, et quæ in futurum impendi speramus, certisque aliis causis ad boc animum nostrum inducentibus : præfatam Puellam ; Jacobum d’Ay dicti loci de Dompremeyo, patrem; Ysabellam ejus uxorem , matrem ; JncqueminumetJohannemd’Ay,etPetrumPrerelo(1), fratres ipsius Puellæ , et totam suam parentelam et lignagium, et in favorem et pro contemplatioiie ejusdem , etiam eorum posteritatem masculinam et fœmininam, in legitimo mfitrimonionatametnascituram, iiobilitavimus, et per præsentes, de gratia speciali, et ex nostra certa scientia ac pleniludine potestatis, nobilitamus et nobiles facimus; concedentes expresse ut dicta Pueila, dicti Jacobus, Ysabella, Jacqueminus, Johannes etPetrus, et ipsius Puellæ tota patentela et lignagium , ae ipsorum posteritas nata et nascitura , in sois actibus , in judicio et extra', ab omnibus pro nobilibus habeantur et reputentur; et ut privilegiis,
(1) On croit que ce nom doit être lu Pierrelot, et que c'ait ainsi que Pierre d'Arc était appelé au village.
libertatibus , praerogativis aliisqne juribns^ qarbus alii nobiles dicti nostri regni ex nobili genere procréât!, uti consueverunt et utuntur, gaudeant pacifice et fruantur. Eosdemque et dictam eorum posteritatem, aliorum nobilium dicti nostri regni ex nobili stirpe procréa torum consortio aggregamus ; non obstante quod ipsi, ut dictum est, ex nobili genere ortum non sumpserint, et forsan alterlns, quam liberæ conditionis existant : volentes eliam, ut iidem prænominati, dictaque pareiitela et lignagium sæpefatœ Puellæ, et eorum posteritas masculina et fœminina, dnm, et quotiens eisdem placuerit, a quocumque milite militiæ cingulum valeant adipisci, seu decorari. Insuper concedentes eisdem et eorum posteritati tam masculinæ, quam fœmininæ in legilimo matrimonio procreatæ et procreandæ, ut ipsi feoda, et retrofeoda, et res nobiles a nobilibus et aliis quibuscumque personis acquirant, et tam acquisitas quam acquirendas retinere, tenere et possidere perpetuo valeant atque possint, absque eo quod illas vel ilia , nunc vel futuro tempore, extra manum suam innobilitatis occasione ponere cogantur; nec aliquam financiam nobis, vel sucoessoribus nostris , propter banc nobili ta tionem, solvere quovis modo teneantur aut compellantur : quam quidem financiam, prœdecessorum intuitu et considéra tione, eisdem supranominatis, et dictœ parentelœ et lignagio prædictæ Puellæ, ex nostra ampliori gratis donavimus et quitavimus, donamusque et quitamus per præsentes, ordinationibus, statutis, edictis , usu, revocationibus , consuetudine , inhibitionibus, et mandatis factis, vel faciendis ad hoccontrariis, non obstanlibus quibuscumque. Quocirca
dilectis et fidelibus nostrîs gentibus compotorum no»trorum ^ ac thesaurariîs necnon generalibus et commissariis super facto financiarum nostrarum ordinatis seu deputandis, et ballivodictœ ballîvîæ Calvimontis, cæterisque justiciariis nostris, vel eorum locatenentibus præsentibus et futuris, et cuilibet ipsorum, prout ad eum perlinuerit, damus liarum sérié in mandalis quateniis dictam Johannam Puellara, et dictos Jacobiun, Ysabellam, Jacqueminura , Johaniiem et Pe- Irum, ipsiusque Puellæ totam pareil telam et lignagium, eorumque posteritatem prædiclam in legitimo matrimonio, ut dictum est, natam et nasciturara, iiostris præsentibus gratia, nobilitatione et concessione uti, et gaudere pacifice nunc et in posterum faciantet permittant, et contra tenorem præsentium eosdem nuilalenus impediant, seu molestent, aut a quocumque molestari , seu impediri patiantur. Quod ut perpetuæ stabilitatis robur oblineat, nostrum præsentibus apponi fecimus sigillum, in absentia magni ordinatum; nostro in aliis , et alieno in omnibus, jure semper salvo. Datum Magduni super Ebram, mense decembri, annoDomini millesimo quadringentesimo vicesimo nono, regni vero nostri octavo.
Sur le repli : Per Regem, episcopo Sagiensi, daminis de La Tremoïlle et de Trevis, et aliis præsentibns. Si^nA, Malliere.
Et plus bas : Expedita in Caméra compotorum régis, décima sexta menais januarii, annoDomini millesimo cccc®xxix®, et ibidem registra ta, libro cartarum hujus temporis, fol. cxxi. Signé ^ âgrelle.
Scellées du grand scel de cire verte , sur double queue , en laz de soie rouge et verte.
DÉLIBÉRATIONS DU CONSEIL DE LA VILLE DE TOURS SUR UNE DEMANDE DE LA PÜCELLE.
19 janYÎer et 7 février 1430.
Extraîtes de l’un des anciens registres conservés aux archives de la mairie de Tours. Ces documents ont été publiés pour la pre- ^mière fois par M. Vallet de Viriville dans la Bibliothèque de l'École des chartes^ t. IV (première série), p. 488.
Le XIX* jour de janvier, l’an mil iiii* xxix, au Tablier de la dicte ville, présent Guion Farineau, juge de Touraine, se sont assemblez sire Jehan Dupuy (1), conseiller de la Royne de Secille ; les esleus de la ville, maistre Léonnart Champenoys, chanoine de l’église de Tours, commis par ladicte église; maistres Jehan Chemier et Rigaut de Voillon , chanoines de l’élise de Tours , pour le chapitre de Tours ; maistres Jehan Deslandes, chanoine de Monseigneur Saint Martin ; Pierre Briçonnet, Olivier Duboillon, Estienne Gemier ;
Pour délibérer sur unes lettres closes envoyées par Jehanne la Pucelle aux quatre esleus de la ville et sire Jehan Dupuy, faisans mencion que on baille à Heuves Poinoir, paintre(2), la somme de cent escns pour vestir sa fille, et que on la loi garde.
Appointé que sur ce on parlera audit Heuves et res-
(1) Hôte de la Pacelle quand elle était à Tours. Voyez t. Ht , p. tOf .
(7) C’était le peintre qui avait décoré la bannière et l’étendard de Jeanne à son départ pour Orléans. Voj. ci-après les Extraits des livres dé comptes.
ET AÜTRES PIÈCES DÉTACHÉES. ISd
cripra en à sire Jehan de Pontchier et maistre Jehan Lepicart, estansà Bourges. (1), etc.
— Le VII* jour de février, l’an h iiii*xxix, au lieu de la Massequière, présens Jehan G^eau, lieuten.ant, etc., et Guion Farineau, juge de Touraine, se sont assemblez les esleuz : Maistre Pierre Léonart, official de Tours, pour Mgr. l’arcevesque; maistre Jehan Chemier, chanoine et arcepresblre de l’église de Tours, pour la dicte église; maistre Jehan Deslandes dit Bonamy, pour le chappitre de Monseigneur Saint Martin ;
Jehan Debrion, Macé de la Bretonnière, Pierre Briçonnet , Jehan Vesantier, Guillaumede Montbazon, Jehan Laillier, Colas de Montbazon, Jehan Herviet, Jehan Peslieu, Boulet Berthelot, Gillet Debrion et autres.
Par les queix a esté délibéré que à la fille de Heuvès Polnoir, paintre, ^ide nouvel est mariée, pour l’on- 'i'I/ 1 -
neur de Jehanne laPucèilêT venue en ce royaume ’
devers le roy pour le fait de la guerre, disant à luy ' >• j b t '
avoir esté envoyée de par le roy du ciel contre les An- ^ ^ , ri v; ^ glois ennemis de ce royaume; la quelle a escript à la , . ^ ville que, pour le mariage de ladicte fille, icelle ville lui paie la somme de cent escus : que, de ce, riens ne lui sera paié ne baillé, pour ce que les deniers de la ville convient emploier ès réparacions de la ville et non ailleurs. Mais, pour l’amour et honneur de ladicle Pucelle, iceulx gens d’église, bourgeois et habilans feront honneur à ladicle fille à sa bénédjcion, i '
qui sera juedi prouchain ; et d’icelle feront prier au *
nom de ladicte ville; et pour faire ladicte prière aux
( 1 ) lia étaieDt loua lea deux en cour pour lea affairea de la ville.
hommes notables d’icelle ville, est ordonné Michau Hardoin, notaire de ladicte ville. Et à icelle fille sera donnëdu pain et du vin le jour de sadicte bénédicion ; c’est assavoir , le pain, d’un septier de froment, et quatre jalayes de vin (1).