CHRONIQUE DE L’ÉTABLISSEMENT DE LA FÊTE
Ce morceau , dont la place Oaturelle eût été mon quatrième vo* lame , n’a été découvert que depuis Tiropression de ce volume. M. Salmon l’a tout récemment publié dans la Bibliothèque de l’École des chartes (tome 111 de la deuxième série). 11 provient du manuscrit 891 de la reine de Suède, à la bibliothèque du Vatican , où il précède, en façon de notice explicative, une transcription des indulgences accordées au xv* siècle pour la célébration de la fête du 8 mai. L’auteur ne se fait pas connaître. Ce qu’on peut dire de loi , c’est que son récit est celui d’un vieillard qui parle des choses dont il a été témoin dans sa jeunesse. Son témoignage complète ou redresse , h l’occasion de la délivrance d’Orléans , non-seulement le Journal du siège , mais encore plusieurs des dépositions consignées au procès.
En Tan mil quatre cens et vingt et huit, les Anglois tindrent leur conseil au pais d’Angleterre , et là fut ordonné que le conte de Salebery descendroit ou païsde France, pour conquerre les païsde monseigneur d’Orléans, lequel ilz tenoient prisonnier dès l’an quatre cens et quinze, et avoit esté pris par eulx et fait prisonnier à une journée qui fut Aginconrt, en laquél journée il fut pris , et plusieurs autres sei-
gneurs de France. Audit conte de Sallebery fut baillé de six a sept mille Anglois combatens. Et lors mondit seigneur d’Orléans aterti dé ces choses^ considérant le dommage et destruction qu’il doubtoit advenir en ses tetres et seigneuries au moyeh de la dicte entreprise et mission du dit conte de Saleberj, voulant obvier ad ce de son pouvoir, se adressa au dit conte de Salebery, et lui recommanda sa terre; le quel Salebery luy promist que il la supporteroit, et moyennent ce luy promist mondit seigneur d’Orléans six mille escuz d’or, c’est assavoir de luy raïmbre (4 ) ung jouyau qu’il avoit en France. Et de tout ce, le dit conte de Salebery n’en tint riens; aussi il luy en pris! mal, comme vous orrez, car Dieu l’en punit.
Le dit conte de Salebery, poùr accomplir sa mouvaise voulunté, non obstant la promesse par luy faicte à mon dit seigneur d’Orléans, descendit ou pa!s de Normeudie , tint sa rotte droit à Chartres , et prist Nogent-le-Roy et se lira jusquesà Yenville enBeausse, et là mist le siège, et de hit prist iceluy lieu d’Yen^ ville d’assault. Et ce voyans ceux de Meung sur Loire, trouvèrent moyen et se rendirent sans coup ferir. Et puis alla mettre le siège devant Boisgency et devant Jargueau, et là se rendirent. Et cependant vint ieeluy conte de Salebery piller le lieu et ésglise de Nosti'e Dame de Clery, dont il fist très mal, car pour iceluy temps il n’y avoit homme d’armes qui y osast riens prendre que il n’en fust iucoutinant puny^ comme chachun scet.
L’an de«usdit; le treiziesme joiu* d’octobre, arriva
(I) Forme iofolite de raocieii verbe rmerer.
SUR LA FÊTE Dü 8 MAI. 287
le dit conte de Salebery au Portereau d’Orlëans , et fut posé le siège; et la nuyt fut brûlé et abatu le moutier des Âugostins ad ce que iceulx Ânglois ne se logenssent léans. Et ne demoura guères que il , Salebery, donna assault au dit Portereau, c’est assavoir au boloart du bout du pont, lequel n’estoit fait que de fagos ; et dura de quatre à cinq heures ; et là fut blecié monseigneur de Saintrailles et Guillaume de La Chapelle, qui estoient capitaines; et y eut telle deffence qu’ilz ne peurent riens faire ce dit jour. Et puis après copèrent ledit boioart par dessouiz, et ainsi fut advisé qu’il estoit expédiant de l’abendonner. Et le dimenche en après fut donné l’assault aux Torelles devers le matin, et à icelle heure ne firent riens. Et en iceluy jour, environ deux heures après midi, Sallebery donna l’assault et de fait prist les dictes Torelles, car il n’y avoit homme d’armes qui se osast tenir pour la force des bombardes et canons que iceulx Anglois gettoient. Et quant ilz les eurent prises, le dit conte de Sallebery monta au plus hault et se mist à une fenestre qui estoit devers la ville, pour veoir le pont qui estoit très bien armé ; et à ceste heure vint ung canon de la ville, lequel frappa par la teste ledit conte de Sallebery : qui fut l’avancement de sa mort. Et aucuns dient que ledit canon partit de Saint-Anthoine, les autres dient qu’il partit de la tour Nostre- Dame et qu’il y eut un jeune paige qui jecta ledit canon; et qu’il soit ainsi, le canonnier qui avoit la charge de ladicte tour, trouva ledit paige qui s’enfuyoit. Et aussi estoit ce assez raisonnable, veu et considéré que iceluy conte de Sallebery avoit, comme dit est devant, pillée ladicte esglise de Nostrc-Dame de
Clëry, que par elle il en fost puny. Le dit conte de
Sallebery ainsi heurté et frappé dudit canon , fut porté
à Meung sur Loire par aucun desdits Ânglois, et là
morut.
Et voyant ce, les capitaines dudit siège levèrent une partie de leur siège, et laissèrent de cinq à six mille combatens ausdicles Torelles et se retreyrent à Paris, qui pour lors estoit Anglois, et ordonnèrent ung nommé Tallebot à estre leur chef. Et les fériés de Noël, vindrent devers Saint-Loup pour mettre le siège. Et ce pendant, ceulx de la ville abbatirent toutes les esglises et maisons des forsbours : qui fut une grande consolacion pour la dicte ville d’Orléans à l’encontre desdiz Anglois.
Environ quaresme-prenant . nouvelles vindrent que monseigneur de Bourbon venoit pour secourir la dicte' ville d’Orléans; et arriva iceluy monseigneur de Bourbon, avec luy monseigneur de Toars et plusieurs autres seigneurs; et tindrent conseil entre eulx, et fut advisé que l’on iroit au devant de leurs vivres, c’est assavoir desdits Anglois qui estoient partis de Paris. Et ainsi se partirent nos gens dudit Orléans et trouvèrent les Anglois environ Rouvray-Saint-Denis qui est en Beausse, et estoient noz gens contre iceulx Anglois six contre ung; mais la fortune fut telle, et en demoura environ trois cens de noz gens; et là fut blé* cié mon.seigneur de Dunois et fut tué le counestable d’Escosse. Et ce partit monseigpeur de Bourbon et plusieurs autres seigneurs et chefs de guerre de la journée, et an'ivèrentà Orléans environ mynuit, et entrèrent à icelle heure , et là furent neuf jours estans tous effraies de la journé qu’ils avoient perdue, telle-
ment que quant ilz veirent les Ânglois Tenir au si^e, 4iomme ne les poToit faire issir hors de la ville. Et ce voyons les bourgeois de la ville, que leurs vivres diminuoient fort, vindrent devers monseigneur de Bourbon et devers monseigneur de Touars leur faire requérir qu’ilz les envoyassent hors; et ainsi s’en partirent.
En iceluy temps. Dieu de sa saincte grâce et miséricorde envoya une voix à une bile pucelle, nommée Jehanne, laquelle gardoit les bestes aulx champ» ès pais de environ Yaulconloor, qui est près de Laurraine, disant que Dieu lui commandoit qu’elle se prépxirast piour aller lever le siège de devant Orléans , et qu’elle meiiast le roy Charles coroniier. Ainsi la dicte Jehanne se adressa au seigneur dudit Yaucoulour, et luy nota ces choses, qui luy fut une grant merveille; et se px-épiara px>ur amener la dicte Pucelle devers le roy, qui j)our lors estoit à Chinon. Et elle venue devers le roy, fut examinée de plusieurs évcsques et seigneurs en pdain conseil; et en tout son fait ne fut trouvé que tout bien. Lors on luy iist faire ung haruois complect et aussi une estandart, et eut licence d’estre habillée comme ung homme.
Ccpiendent vindrent nouvelles à Orléans de la dicte Johanne, laquelle lors vulgaument on appielloit Jehanne la Pucelle, de quoy furent. bien esmerveillés ceulx de la dicte ville d’Orléans; et de prime (ace cuidoient que ce ne fust que une desrision , non obstant qu’ilz avoient grande confiance en Dieu et au bon droit du roy et de leur seigneur, lequel estoit prisonnier, comme avez ouy cy devant ; et leur corage s’en escrut de la moitié. Et environ la fin d’avril, fut baillé V. 19
à la dicte Jehaiine, monseigneur de Rais, mareackal de France, et plusieurs autres capitaines, et aussi des communes des païs d’à bas , et luy fut ordonné d’ame* ner vivres et artillerie, et vindrent par laSanloigne, et passèrent par Olivet ou près, 6t arrivèrent jusques à risle-aux-Bourdons qui est devant Checi. Et saichans ceulx d’Orléans que elle venoit, furent très joyeulxet firent habiller challans à puissance; et estoit lors la rivière à plain chantier; et aussi le vent, qui estoit contraire, se tourna d’aval et tellement que un chalen menoit deux ou trois chalens, qui estoit une chose merveilleuse, et failloit dire que ce fust miracle de Dieu. Et passèrent par devant les bastilles des Anglois, et arrivèrent à leur port, et là cluirgèrent leurs vivres, et puis passa la rivière la dicte Pucelle. Et là estoient présens monseigneur de Danois, La Htre et plusieurs aultres seigneurs, et vindrent par devant la bastille de Saint-Loup, où estoient les Anglois.
Arriva à Orléans la dicte Pucelle et fiit logée près de la porte Regnart, et de son logis povoit veoir tout le si^e. Et est assavoir que ceulx de la- ville d’Orléans estoient bien joyeulx. Et ce pendant monseigneur de Rais et les autres capitaines la dicte Pucelle avoient amenée , retournèrent à Bldis quérir des autres vivres. Et elle estant audit Orléans, elle alla par deux ou trois fois sommer les Anglois qu’ils s’en allassent en leur païs et que le roy du ciel le leur mandoit : à laquelle ile dirent plusieurs injures et entre les autres Clacidas, auquel la dicte Pucelle respondit qu’il mentoit de ce qu’il luy disoit et qu’il en mourrait sans seigner. Ainsi fust- il, comme sera dé-
clairé cy après. Et prenoit icelle Jehanne la Pucelle en bonne pacience les injures que luy cuidoient dire et faire lesdiz Anglois. Et après s’en alla à l’église Saincte- Croix, et là parla à messire Jehan de Mascon (1), docteur, qui estoit ung très sage homme, lequel luy dist : « Ma fîlle, estes-vous venue pour lever le siège? » A quoy elle respondit : « En nom Dé, dist elle, ouy. »
— U Ma 611e, dit le sage homme, ilz sont fors et bien fortiffiés et sera une grant chose à les mectre hors. »
— Respondit la Pucelle : « Il n’est riens impossible à la puissance de Dieu. » Et en toute la ville ne 6st honneur à autre.
Et le mercredi, quatriesme jour de may l’an vingt et neuf, partit la dicte Pucelle pour aller au devant des autres vivres que amenoit le sire de Rais, et allèrent avec elle tous les capitaines (et là estoit monseigneur de Dunois, La Hire, meœire Florent d’illiers, le baron de Co[lo]nches)jusques en la forest d’Orléans, et failloit passer au plus près de la bastille des dits Anglois, nommée Paris. Et quant ceulx de la ville les veirent venir, saillirent au devant pour les recepvoir à grant joye; et eulx venus audit Orléans, prinrent leur réfection et puis vindrent en l’ostel de la ville requérir habillemens de guerre, comme coulevrines, arbalestes, eschelles et autres habillemens; et partirent pour aller à Saint-Loup. Et en iceluy jour fut pris d’assault la bastille du dit Saint-Loup ; et là estoient de six à sept vings Anglois combatens. Et ce Toyans les autres Anglois, c’est assavoir le dit Talle-
(I) Ce personnage, qui n*est nommé nulle part ailleurs, ne serait-il pas ' Tauteur de la présente relation?
bot et les autres capitaines des Anglois, issirent de leurs bastilles cinq à six estandars pour cuider lever le siège dudit Saint-Loup jusques près du pavé de Fleury, entre ledit Saint-Loup et leurs dictes bastilles, en belle bataille; et à celle heure, tout homme yssit hors Orléans pour aller enclore lesdits Anglois; mais ce voyans, se retrairent à grant haste en leurs bastilles. Et avoient de dix à nnze bastilles , dont la première estoient les Torelles; les Augustins, Saint- Jehan-le- Blénc,. celle du champ Saint-Privé, et celle de l'Isle Charlemaigne, Saint-Lorent, et Londres, le Pressoer- Ars, Paris et Saint-Loup.
Item, le cinquiesme may qui estoit le jour feste de l’Ascencion Nostre Seigneur, homme ne fist guerre, car la dicte Pucelle ne le vouloit pas, et chacun reposa en Dieu.
Item, le vendredi, sixiesme jour du dit may, la dicte Pucelle passa la rivière de Loire et tous Içs dits seigneurs et gens d’armes, aussi communes, et vindrent devant le Portereau; et voyans les seigneurs qu’il n’estoit pas possible de les prendre, se retrairent une partie en une isle qui est devant Saint-Jehan-le-Blanc; et demoura derrière la Pucelle et aussi monseigneur de Dunois, les mareschaulx de France et La Hire. Et ce voyans les Anglois , issirent hors à bel estandart desploié, et venoient sur noz gens frapper. Et quant nos gens veirent ce , se retournèrent à l’encontre et les repossèrent jusques dedans leurs bastilles et pril'ent les Augustins de bel assault; et ceux qui estoient en l’isle retraiz , ne demandoient nniz chalans pour venir au dit assault, car ilz passoient à gué tous armez, estans jusques aux aisselles en l’eau, et là demourè-
relit toute nuyt. Et ce voyans les dits seigneurs que la dicte Pucelle esloit fort folée (1), la menèrent en la ville pour soy refreschir; et fut crié que chacun portast des vivres au dit siège, et aussi que chacun gouvernast les paiges et chevaulx des hommes d’armes qui estoient hors. Aussi fist-on par toute la ville.
Item, en celle nuyt, cuidèrent passer la rivière les dits Anglois au droit de la bastille du champ Saint- Privé, et estoient en deux ou trois chalans; mais il/, fuient si effrayés que il s’en noya beaucoup ; et qu’il soit ainsi, depuis a on trouvé de leur harnois en la dicte rivière.
Et quand fut le samedi , septiesme du dit may, fut tenu conseil en la ville et fut requis de par les bourgeois à la dicte Pucelle que elle voulsist acomplir la charge que elle avoit de par Dieu et aussi du roy, et ad ce fut esmeue et s’en partit. Monta à cheval et dist : «En nom Dé, je le feray, et qui me aimera si me siiyve. » Les dits seigneurs allèrent avec elle, passèrent la rivière, furent menez vivres et artillerie, et vindrent si près que dès le matin* fut donné l’assault par elle ausdictes Torelles. Et devers ceulx de la ville aussi firent pons pour assaillir, car il y avoit trois arches rompues avant que on peust joindre ausdictes Torelles; et fut une merveilleuse chose de faire les pons, car ilz avoient faiz grans boloars fors et aventaigeux ; mais en tout ce Dieu ouvroit, car quant ung homme venoit pour besoigner ausdits pons, il estoit ouvrier ainsi que s’il eust acoustumé toute sa vie. Ceulx de la ville chaînèrent ung grand chalen plain
(() Foulée, c’esl-à-dire , lasse , faliguée.
Î94 DOCÜMEWTS
de fagotz, d’os de cheval, savates, souffre et toutes les plus puentes choses que on sceut finer, et fut mené entre les Torelles et le boloart, et. là fut boté le feu, qui leur hst ung grand grief; et à venir joindi-e, les dits Anglois avoient des meilleurs canons du royaulme ; mais ung homme eust aussi fort getté une bole comme la pierre povoit aller d’iceulx canons, qui estoit un bel miracle.
I Item, quant vint environ quatre ^ures après midi , j aucuns chevaliers veirent ung colon blanc voler par ' sus l’estandart de la dicte Pucelle, et incontinent elle disl : <( Dedans, enffens, en nom Dé, ilz sont nostres! » Et Oiicques on ne veit grouée d’oisillons eulx parquer sur ung buisson comme chacun monta contre le dit boloart. Et ce voyant, ledit Clacidas, qui estoit chef, avec luy de vingt à trente hommes, cheu* rent de dessus le pont dedans la rivière, car ils avoient copé le dit pont pour cuider tromper noz gens ; et là fut accompli la prophétie que on avoit [faict] au dit Clacidas, c’est assavoir la Pucelle, qu’il mourroit sans seigner; aussi fist-u , car il se noya et plusieurs autres; et furent prises les dites Torelles, et plusieurs sei> gneurs, comme le sire de Poains, le sire de Molins; et estoient léans de cinq à six cens combatans et gens d’élitte, car ilz estoient si obstinez qu’ilz ne creignoient pour quinze jours toute la puissance de France ne d’Angleterre. Et si la dicte Pucelle iaisoit son devoir, ceulx de la ville le faisoient de devers la ville, tant par terre que par eaux. Et les amena on au dit Orléans deux à deux tous prisonniers, ceulx qui ne furent tuez.
/te//}, quant vint ledimenche, liuitiesme dudit may.
SUR Lk FÊTE DU 8 MAI. i9!>
les autres bastilles tindrent conseil et se partirent au plus matin ; et la estoit ledit Tallebot; et se misdrent sus les champs. Et ce voyans ceulx de la ville, yssirent hors à toule puissance avec ladicle Pucelle pour leur courir sus; mais elle dist que on les laissast aller, et non pour tant que chacun estoit en bataille tant d’un costé comme d’autre; et prist on entre les deux batailles leurs bombardes et artillerie; mais ladicte Pucelle avec les seigneurs feirent retraire tous leurs gens, et là fut faicte une haulte et grande louenge à Dieu en criant Noël. Et en la compaignie avoit plusieurs prestres et gens d’église qui chantoient belles ympnes; et dist ladicte Pucelle que chacun allast oyr messe. Et ne doubtez pas se audit Orléans chacun faisoit grant joye, tant ès églises, comme en appert, pour le grant don que Dieu leur avoit fait.
Item, nedemoura guères que les dits seigneurs emmenèrent la dicte Pucelle devers leroy Charles, qui estoit h Tours, et considérez quelle recepcion on leur fist; et remercia Dieu le roy si haulteraent, et aussi monseigneur de Dunois et les mareschaulx, et La Ilire, et tous les autres capitaines qui luy avoient tenu compaignie. Ledit Tallebot demoura à Meung, il Boisgency et à Jargueau et à Yenville, et aussi tous ses gens. Et ne demoura guères que le duc d’Alenson vint avec ladicte Pucelle, et fut mis le siège devant Jargueau, auquel estoit le conte de Chifort, avec luy plusieurs capitaines d’Anglois; et estoient léans de six à sept cens combatens, et ne demoura que deux jours qu’ils ne feussent pris de bel assault; et Dieu scet si ceulx d'Orléans se faignoient à mener artillerie et gens et aussi vivres. Et puis après vindrent par de-
vant Meung sur Loire où estoil Tallebot et tonte sa puissance ; mais il n’osa frapper sur noz gens, car il estoit tout esperdu. Puis vindrent noz gens mectre le siège devant Boisgency, et là se trouva monseigneur le coiiuestable de France, et prisrent composicion les Anglois qui lëans estaient, et s’en allèrent audk Tallebot. Et à la poursuite se trouvèrent près de Pastoy nos gens contre ledit Tallebot , et là fut pris , et furent tuez environ quatre mille Anglois,desquieulz se estoient tous retraiz avec ledit Tallebot. Et ce dit jour se rendit Yenville et plusieurs autres forteresses; et qui eust voul# poursuir, on eust chassé lesdits Anglois jusques à la mer, veu le courage que chacun avoit, car ung François eust abatu dix Anglois; non pour tant il n’y eut point deforse d’omme; mais tant procédoit de Dieu, auquel louange appartient, et non à aultre.
Item , ce voyant monseigneur l’évesque d’Orléans avec tout le clergié, et aussi par le moyen et ordonnance de monseigneur de Dunojs, frère de monseigneur le duc d’C^léans, avec le conseil d^celuy, et aussi les bourgeois, manans et habitans dudit Orléans, fut ordonné estre faicte une procession le hnitiesme dudit may, et que chacun y porlast lumière , et que on irort jusques aux Augustins, et partout où avoient esté le estaur, on y ferait stacions et service propice en chacun lieu, et oroisons, et les douze procureurs de la ville auroient chacun ung sierge en leur main où seroient les armes de la ville, et qu’il en demourrait quatre à Sainte-Croix, quatre à Saint-Evurtre et quatre à Saint-Aignan ; et aussi que le dit jour seraient dictes vigilles audit Saint-Aignan et le landemaiu
messe pour les trespassés, et là seroît offert pain et \in , et chacun procureur huit deniers parisis à Toffi*ande; etseroient portées les châsses des églises, en espécial celle de monseigneur Saint Aignan, celle de monseigneur Saint Evurtre, lesquieulx furent moyens et protecteurs de ladicle cité et ville d’Orléans; car en iceluy temps fut récité par aucun des Anglois estant pour lors audit siège, avoir veu durant iceluy siège deux prélas en abbit pontifical aller et circuir en cheminant par sus les murs de ladicte ville d’Orléans. Aussi autrefoiz ont esté gardes ou protecteurs lesdits sains monseigneur Saint Evurtre et monseigneur Saint Aignan de la dicte ville d’Orléans, au temps que vindrent devant icelle les mescréans; car à la prière et requeste d’iceulx sains faicte envers Dieu, ladicte ville fut préservée des mains desdits mescréans, et en approchant h icelle, comme raconte l’istoire, furent tous évuglez ad ce qii’ilz n’eurent puissance de mal faire à la dicte ville entre cy et Saint-Loup.
On ne peult trop louer Dieu et les sains, car tout ce qui a esté fait, ce a esté tout par la grâce de Dieu; ainsi donc on doit avoir graut dévocion a ladicte procession, mesmement ceulx de ladicte ville d’Orléans, attendu que ceulx de Bourges en Berry en font solemnité, mais ils prenent le dimenclie après l’Ascencion, car celuy an estoit le dimenche ladicte Ascencion (1).
(1) Suppléez après entre les moi» dimanche ei ladite ascension , oa tout autre équivalent qui épargne à Tauteur U faute d'avoir fait tomber l'ascension un dimanche. Il veut dire que les habitants de Bourges faisaient la fête d'Or- . léans le dimanche après l'Ascension , parce que la délivrance était tombée ce jour-li , célébrant ainsi l'anniversaire , non pas à son quaqtiéme , mais à sa férié. Le fait se trouve ainsi rapporté d'après les registres capitulaires de la cathédrale de Bourges, dans l'Histoife du Berry (t. III, p. 26) publiée
Et aussi plusieurs autres villes en font solempnité, car si Orléans fust cheu entre les mains desdits Anglo.is, le demourant du royaulme eust esté fort blécié. Et pour tant, en recognoissant tousjours la grant grâce laquelle Dieu a voulu faire et démonstrer en ladicte ville d’Orléans, en la gardant des mains de ses ennemis, soit continuée et non pas délaissée ladicte saincte et dévote pi'ocession, sans cheoir en ingratitude, car ; par icelle viennent beaucoup de mauix. Chacun est i tenu d’aller à ladicte procession et porter luminaire ' ardanten sa main. On revient autourdela ville, c’est assavoir par devaftt l’église Nostre-Dame-de-Saiut- Pol, et là fait on grande louenge à Nosti'e Dame ; et de là à Saincte^roix, et le sermon là, et la messe après, et aussi, comme dessus, les vigilles audit Saint-Aiguau, et le landemain messe pour les trespassez.
Et pour ce, soit ung chacun averti de louer et de lemercier Dieu, car par aventure il y a pour le présent de jeunes gens qui à grant paine pourroient ilz croire ceste chose ainsi advenue, mais croiez que c’est chose vraye et bien grant grâce de Dieu; car doranl ledit si^e , oneques n’y eut ancune division entre les gens d’armes et ceulx de l^ville, non obstantque par avant ilz se entre-hayoient conàme chiens et chas; inais quant ils furent avec ceulx de la ville, ils estoient comme frères , et aussi ceulx de la ville ne bar faisoient avoir aucune nécessité ou soulFreté à leur
réceimnent fMir N. Rajiial : « La proceMÎOD dite de lu Fucelle avait lieu tout > les ans à Bourges , le dimaoehe le plus rapproché de ranoiversaire de soo « supplice. Elle se rendait à travers la ville , de la cathédrale à Tcglise des m frères Prêcheurs. « Notre texte fournit de quoi corriger ce qn*il y a (finexact dans ce passage. >
pouToir, en quelque manière que ce fnst. Et par le bon service que ont fait les manans et habilans de ladicte ville d’Orléans, sont et seront en la bonne grâce du roy, lequel leur a de fait montré et monstre de jour en jour, comme il appert par la teneur des beaulx privileiges lesquieulx il leur a donné.
’ll.
INDULGENCES ACCORDÉES PAR LE CARDINAL D’ESTOU- TEVILLE POUR LA CÉLÉBRATION DE LA FÊTE.
9 juin 1462.
Pièce imprimée par Lenglet Dufresnoj, Histoire de Jeanne d’Arc (111 * partie , p. 267 ) « d’après Foriginal , autrefois ài’hôtei de ville d’Orléans , aujourd’hui au greffe de la cour rojalede la même ville. 11 y en a aussi une copie authentique dans le manuscrit 891 de la reine de Suède , à la suite de la chronique imprimée ci-dessus.
Guillelmus, misera tione divina, tituli Sancti Martini in Montibus sacrosauctæ Ecciesiæ romanæ presbyter, cardinalisdeEstoutevilla vulgariter nuiicupatus, in regnoF ranciæ, singulisque Galliarum provinciis apostolicœ sedis legatus : nniversis Christi bdelibus præsentes litteras inspecturis, salutem in Domino sempiternam. Licet isde cojnsmunerevenit,ulsibi asuis fidelibus digne et laudabiliterservialur,deabniidantiasuæ pietatis, quæ mérita supplicumexcedit et vota^benemerentibus sibi multo majora retribuit quam valeant promerita : nihilominus tamen, desiderantes Domino populum reddere acceptabilem et bonorum operum sectatorem, fideles ipsos ad complacendum ei, quasi quibusdam fnnneribus, indulgentiis videlicet et l'emissionibus invitamus, ut exinde reddanlur divinæ gratiæ
aptiores. Cum itaque, ut aocepimas, vigentibus dii' dum in regno Franciæ, proh dolor! guerrarum vo* raginibus , et ab antiquis inimicis regni hœc insignis Aurelianensis. civitas obsidione circumdata foret, ex qtio cives et habitatoi'es ferventiusoralionibus insislentes, iiivocato beatoram Âniani et Evurcii, gloriosissimorum confessorum , divino prœsidio, postqaam ipsa iosigiiis civitas eorumdem Sanctorum precibus et me* l'itis, volente Domino, ab ipsis eorum et regni inimi* cis absoluta et liberata fuit , gloriam divini nominis magis exaltare cupientes, et ex tanta eorum victona devotius gratias Altissimo rependere curantes, coiisentiente toto clero ejusdem civitatis , pro perpetuis temporibus , simili die qua prœfata civitas ab eisdem inimicis exstitit liberata, dieoctava maii, festum solemne cum missa, et processionem generalem, nec non in crastinum ejusdem, pro illorum animabus in dicta obsidione defunctorum, servitium pie et unanimiter celebrari ordinarunt; quod quidem festum cum missa et vesperis primis et secundis, alque ipso crastino de defunctis, a singulis horis eorumdem dierum, in cathedrali ecclesia Aurelianensi hue usque laudabiliter procurarunt celebrari : cupientes igitnr ni tam pium tamque laudabile propositum eorumdem peramplius soiidetur, atque divina nominis exaltatio in eadem ecclesia publicetur; ipsa quoque prœterea divinis et congruis honoribus frequenletur, ntque Christi fîdeles eo libentius ad id inclinentur, quo se senserint coelrstis dono gratiæ iiberius refertos; de omiiipotentis Dei misericordia, acbeatorum Pétri et Pauli, aposlolorumejus, ac apostolica, qua fungimur in liac parte, aucloritate coiitisi : omnibus et singulis
utriusque sexus vere pœuitentibus et confessis, qui præfatis diebus TisitaTerint prcdatam cathedralem ecclesiam, ac septima dicti mensis maii annuatim iii prqpis vesperis; necnon octava, in missa ac vesperis secundis, crastino quoque in deftinctorum servitio, singulisque eorumdem dierum horis et vigiliis, interfuerint, et ipsa die octava in processioiie général!, ipsasque devote audierint; singulis videlicet vesperis, missa et servitio defunctorum , ac etiam processione generali , unum annum , singulisque horis supra dictis, centum dies de injunctis eis pœnitentiis , iir Domino misericordiler relaxamus, prœsentibus, perpetuH^ temporibus duraturis. In quorum omnium et singulomm fidem et lestimonium præmissomm, præ> sentes litteras per secret arium nostrum infra scriptdm subscribi , sigillique nostri fecimus appensione commnniri. Datum Aurelianis, anno incarnationis dominicée m.cccc.lii. die vero ix. mensis junii, pontificalos sanctissimi in Christo patris et domini nostri, demini Nicolai , divina proTidentia papœ quinti , anno vi.
Signé : P. Pontahus (I).
(1) La copie du Vatican porte la aouacription auivante : Gratû de mandaio, Guillermus Ketardi Juvenis, pro copia et coUatione factis cum originale.
in.
AUTRES INDULGENCES ACCORDÉES PAR TDIBAUD D’AUSSIGNI , ÉVÊQUE D’ORLÉANS.
' 4imil4&3.
Même provenance que la pièce précédente , et imprimée dans le même ouvrage.
Theobaldiis, miseratioiie divina, Âurelianensis episcopus, universis præsentes litleras impecturis, salatem in Domino Jhesu, qui in suis fidelibus mirabiliter operari dignatos est, cum catenatos et ligatos a suis ligaminibus et ærumnis gratiose liberavit.. Sane cum, ut novimus, regni Francorum acerbissimis , proh dolor! vigentibus guerris, et contra Franciæ regem insm’gentibus antiquis inimicis, hæc nostra AureliauOTum nobilissima civita&dudum circumcirca notabiliter erecta et ædificata, modernis iis temporibus, Anglicorum, regni antiquorum inimicorum, obsi- (üone circumdata et diu eadem in subjectioqe detenta fnerit, et exinde causantibus Altissimi adjutorio, precibus etiam et meritis SS. Evurcii et Aniani , gloriosissimorum confessomm, prædecessorum nostrorum episcoporum, ac habitantiom orationibus impensis, a manibus eorumdem inimicorum liberata et absoluta : ob quod iidem habitatores et cives, gloriam divtni nominis et Sanctorum gesta ex tanta Victoria exaltare curantes, et gratias in supemis rependere, clero et altero populo consentiente, die eadem qua fuit hujusmodi civitas liberata, octava scilicet menais maii, temporibus perpetuis solemne festum cum missa , et processionem generalem, ac etiam in ejusdem festi
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crastinum, pro animabus illorum in dicta obsidionc defunctorum , servitium cum vigiliis in dicta nostra etsancti Aniani prædicti ecclesiis celebrari decreverunt et ordinaverunt, et hue usque idem festnm solemnîterfieri procurarunt : cupientes Igitur et affectantes eorumdem habltantium et civium laudabile propositum in perpetuum conservari et manuteneri , divinumque nomen exaltari, ac easdem ecclesias a Christi fidelibus eoferventius visitari, quo sesenserint dono cœlestis gratiæ refertos; omnibus et singulis Christi fidelibus vere pœnitentibus et confessis, qui ad commemorandam hujusmodi victoriam, in dicta solemni processione, eadera dieoctava aut alia qua ipsa liet processio, ac etiam in septimæ præcedentis et oclavæ ejusdem, dierum, vesperis et crastino servitio dictorum defunctorum in dictis ecclesiis fiendo, ipsiusque diei octavæ singulis aliis horis intererunt: de omnipotentis Dei misericordia , gloriosissimæque Virginis Mariæ matris ejus, ac victoriosissimæ sanctæ Crucis beatorumque Pétri et Pauli, apostolorum ejus, auctoritate, ac omnium Sanctorum meritiset intercessionibus confisi, xl dies de injunctis sibi pœnitentiîs misericorditer in Domino relaxamus præsentibus perpetuo duraturis. In cujus rei testimonium, litteris præsentibus sigillum nostræ curiæ duximus apponendum. Datum et actum Aurelianis , anno Domini M.cccc. LUI. die iv. mensis maii.
Signé : Chenu.
AUTRES INDULGENCES ACCORDÉES PAR FRANÇOIS DE BRILLAC, ÉVÊQUE D’ORLÉANS.
4 mai I4t4.
Même provenance , même éditeur que les pièces précédentes.
Franciscus, miseratione divina , Âurelianensis epi> scopus, universis et singulis fidelibus præsentes litteras inspecturis, salutem in Domino Jcsa Christo , qui in Sanctis suis laudabilis semper et gloriosus, ac in operibus mirabilis existit. Sane cum, ut novimus, in regno Francise acerbissimis , proh dolor! vigentibus guerris, et contra regem et regnum anliquis hostibus et inimicis insurgentibus, hæc nostra Âareiiaiiorum civitas nobilissima, œdiâciis notabilibus etdomibus sedificata et circumvallata extiterit, quæ tandem, mediisprædecessorum nostrorum lemporibus, Anglicorum dicti regni inimicorunt antiquorum obsidione ad aream demoUta, propter ipsorum inhnicorum diu* turnam moram et obsidionem circum circa per eosfactam et appositam ; exindeque Tictoriosissnme sanctæ Crucis, patronœ nostræ, ac beatorum Âniani et Evur* cii, confessorum, prsedecessornm nostrorum Aurelianensium prœsulnm) precibus et interventa, ac civium et habitatorumsuffragiis etorationibus Altissimo porrectis, ab eorumdem inimicorum manibus, et ad coiifusionem suam, Dominique nostri Jhesu et prædictorum gloriosissimorum confessorum laudem etgloriam plebisque Aurelianorum exultationem , liberata et expedita fuerit : quamobrem et in hujus rei gestœ me-
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moriam a clero et populo, pro laudibus et gratiis Altissimo de tanta misericordia et gratia impertita re-» ferendis, fuerit ordînatum et per stalutum decretum , diem dictæ liberationis et inimicorum confusionis, quæ fuit octava die mensis maii, amodo in perpetuum tali die soleraniler feriari et in ipsa die processiones soleiDiies fieri, ac in ejusdera festi crastinum, pro animabus defunctorura in dicta obsidione decessorum, servitiiim cum vigiliis, in nostra Aurelianensi etbeati Aniani Aurelianensis ecclesiis, servitiumsolemne cum vigiliis fieri, dici et celebrari , prout ab illo tempore factum fuit et observatum : cupientes igituret aiïectantes eoruradem habitantium et civium laudabile propositum in perpetuum conservari et manuteneri, diuturnoque tempore exaltari, ac easdem ecclesias a Christi (idelibus eo ferventius visitari quo se senserint dono cœlestis gratiæ alTectos : omnibus et singulis Christi fidelibus \ere pœnitentibus et confessis, qui ad commemorandam hujusmodi victoriam in dicta solemnî processione, eadem die octava aut alla qua ipsa fiet processio, ac etiam in septima præcedentis et octavæ ejusdem dierum vesperis, et crastinæ servitio dictorum defunctorura in dictis ecclesiis fiendo, totiusquc diei octavæ singulis aliis horis, intererunt; de oranipolentis Dei nostri, gloriosissimæque Virginis Mariæ raatris ejus ac victoriosissimæ sanctœ Crucis, beatissimoruraque Pétri et Pauli, apostolorum ejus auctoritate, ac omnium Sanctorum meritis et intercessionibus confisi : xl dies de injunctis sibi pœnitentiis raisericorditer in Domino relaxamus, præsentibus perpetuo duraturis. In cujus rei testimonium, litteris præsenlibus sigillum Cameræ nostræ duximus appov. lu
nendnm. Datum et actum Aurelianis, anno Dootini
HCcccLXXiv. die iv. mensismaii.
Signé: Coteiread.
AUTRES INDULGENCES ACCORDÉES PAR LE CARDINAL JEAN ROLIN , ÉVÊQUE D'AUTUN.
19 janvier 1482.
Même provenance et même éditeur que les précédentes. Cette pièce fut transcrite plusieurs fois aux frais de la ville , comme fl appert d’un article de ses comptes pour l’an 1483-1484 (registre manuscrit à la bibliothèque d’Orléans) : « A Jnnian Daller, notaire en court d’église à Orlians , pour avoir doublé et escript ou livre rouge de la dicte ville , ouquel livre est le service de la feste de la ville , la bulle de cent jours de pardon donnez par monseigneur le cardinal d’Autun , à la requeste des procureurs , à tous cenlx qui 'eront h la procession et service d’icelle feste de la ville ; 2 sols , 2 den. obole parisis. »
Joannes Rotin ^ miseratione divina, tituli Sancti Slephani in Celto monte, sacrosanctæ Romanæ Ecclesiæ presbyter cardinalis, et episcopus Eduensis, uni- ▼ersis et singulis ChristI (îdelibus præsentes litteras inspecturis, salutem in Domino sempiternam. Suscepti per nos compelliloiBcii debitum ot illud intendamus operibus quæ salutem respiciunt animarum. Cum itaque, sicut accepimus, processiones et congregationes devotæ, quas civitatis Aurelianensis procuratores hue usque per viros ecclesiasticos, in Redemptoris nostri Jhesu-Christi, in quo omnium salus posita est, laudem fieri et continuari impetrarant, a quam plurimis , blanditias sectantibus carnis , deseri iiici-
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piant ; nos lotis desiderantesconatibus, olTenstonibus et corraptelisquæ salis mœstedefleri nequeunt, obviare, devotis dilecti nobis in Chrislo magistri Joannis Luillier y in legibus licenliati , ejusdem civitalis incolæ et consiliarii, porrectis super hoc nobis supplicationibus inclinati : de omnipotentis Dei misericordia ac beatorum Pétri et Pauli, apostolorum ejus auctoritate, sanctorumque martyruin Nazarii et Ceisi, Lazari atque Leodegarii, patronorum nostrorum, inerilis et întercessionibus conüsi; auctoritate etiam apostolica, nobis ad hoc specialiter concessa : omnibus et singulis Christi iidelibus utriusque sexus, bene pœnilentibus et confessis, qui processionibus, ad procuratorum ipsorum,pro teinpore existentium, prosecutionem in jpsa civilate fiendis, sive missarum obsequiis quæ pro ipsius civitatis et communitatis ejusdem prosperitale et decenti regimine aut aliter celebrabuntiir, intererunt, aul in hujusmodi processionum et missarum celebratione pias , prosalute, tranquillitate et pace serenissimi domini nostri regis successorumque ipsius regni et ejus incolarum, preces celsissimo devotas depromere meruerint; sive in hujusmodi processionibus capsas, reliquiaria et alia sacra vasa, débita cum reverentia, deportaverint; quive sermones, ad populuni hujusmodi processionum occasione üendos,devote audierint : quotiens præmissa seu aliquod prœmissorum adimpleverint , totiens cenlum dies indulgentiarum de sibi injunctis pœnitentiis suis in Domino relaxamus præsentibus, perpetuis temporibus duraturis. In quorum fidem et testimonium præmissorum, præsentes litteras sigilli nostri oblongi jussimus appensione muniri. Dalum Parisiis, in domibus noslræ residen-
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tiæ, XIX. mensisjanaarii, atiDO Domini mcccclxxxi. more gallicano computando , pontifîcatos sanctissimi in Christo Patris et Domini nostri , domini Sixli , divina providentia papæ iv, anuo xi.