‹ Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, dite La Pucelle: Témoignages des chroniqueurs et historiens du xve siècle. Volume 4Chapitre 72 sur 139 · VERS COMPOSÉS POUR LA FÊTE · texte numérisé non relu

VERS COMPOSÉS POUR LA FÊTE

Ces vers ont tout l’air d’étre ceux pour lesquels messire Ëloi d’Amerval reçut la somme consignée dans l’article précédent. Ils sont certainement du temps de Louis XI ou des premières années de Charles VIII. M. Lottin les a publiés pour la première fois dans ses Recherches historiques sur Oiléans (première partie, tom. I, p. 279 ). Ils viennent d’un manuscrit qui était autrefois au trésor de la ville , mais qui n’y est plus aujourd’hui. L’éditeur ne dit pas où il en a trouve la copie.

Hymne chanté devant l'église de Notre-Dame des Miracles de Saint-Paul.

Noble cité de moult grant renommée,

Ville puissante en tous lieux bien famée.

Chambre de roy digne d’estre nommée Lieu décoré de décrets et de loix,

De guerre en paix la mercy Dieu tournée,

Rejouy toi à icelle journée.

Peuple vaillant et très loyal françois.

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 la doalce prière Dont le roy Dieu pria,

Vint Pucelle bergière Qui pour nous guerroya.

Par divine conduitte Anglois tant fort greva Que tous les mist en fuitte Et le siège leva.

Chantez, 6 le clergié et messieurs les bourgeois. Vous, notables marchans, aidez nous ceste fois. Commune d'Orliens, eslevës vostre voix En remerciant Dieu et la Vierge sacrée,

Quant jadix, à tel jour, huictiesme de ce mois, Regarda en pitié le peuple orliénois.

Et tellement chassa noz ennemis anglois Que la duchié en fust en joye délivrée.

O reine de là sus, en grand dévotion Icy devant Sainct-Pol vous en remercions.

D’en célébrér le jour sommes par trop joyeulx ; Chascun an y faisons belle procession.

Portons nos biaux joyaux par décoration,

En chantant chants de paix et motets gracieux.

O benoist sainct Aignan, tant digne et précieux, O sainct Euverte aussy, nos patrons glorieux, Du trésor d’Orliens garde et protection I

Motet chaoté à la Porte duDoiae.

Grandement rejouyr te doibs,

Dévost peuple orliénois,

Et, comme très loyal François,

Remercier Dieu à haulte voix.

Quand cinq jours après la grand feste De la digne et benoisté croix,

SUR LA FÊTE DU 8 MAL Le huictiesme jour de ce mois.

Par une Pucelle une fols,

Chassas tes ennemis Anglois Qui tant te firent de tempeste.

Voici la croix du Fils de Dieu ;

Voici de France le milieu,

La noble cité d'Orliens.

Fuyez, Anglois, de ce beau lieu.

Et TOUS souvienne, après tout jeu Que ne gaignastes rien lians.

Judith et Esthep, nobles dames,

Et plusieurs aultres vaillans femmes, Par le vouloir du Dieu des dieux^ Bataillèrent pour les Hëbrieux Et eurent de belles victoires,

Comme nous trouvons ès histoires.

Dont ainsi pour nostre querelle Batailla Jehanne la Pucelle.

Ne saillez jamais d'Angleterre,

Anglois, pour gaigner nostre terre.

Regardez comment Glacidas Fust noyé, et d'aultres grans tas ; Sallebry frappé d’un canon Dont mourut à confusion :

Car Nostre Dame et sainct Memart liCS grefvèrent de toute part ;

Sainct Euverte les mit aussy Et saint Aignan en grant soucy,

En la vertu, comme je crois,

De Dieu et dé sa digne croix.

Or, prions donc pour le bon capitaine Sage et prudent, monseigneur de Dunois ;

Qoe Dieu le mecte en la gloire haultaine,

Poton, Lahyre et tous les bons François;

Et rendons tous grâces au Roy des rois Quy à tel jour nousmist hors de grand peine,

Et adorons sa précieuse croix,

Le yray salut de créature humaine.

En la bannière estoit rais.

A la Vierge tous deux Quant vous a plu tourner En liesse nos deulx.

Très humblement aussy Vous en remercions (t).

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