‹ Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, dite La Pucelle: Témoignages des chroniqueurs et historiens du xve siècle. Volume 4Chapitre 78 sur 139 · SUR LA FAUSSE JEAMME D’ARC · texte numérisé non relu

SUR LA FAUSSE JEAMME D’ARC

Tumble supplicacion de Jehan de Siquemville, escuier ' . *

du païs de Gascoigne, contenant que, deux anza pu ' ‘ '

environ , feu sire de Raiz, en son vivant noslre con- ^ i < 1,1;^ -seTnér chambellan et mareschal de France, soubz lequel ledit suppliant estoit, dist à icellui suppliant qu’il ' vouloit aler au Mans et qu’il vouloit qu’il prinst la ■charge et gouvernement des gens de guerre que avoil lors une appelée Jehanne, qui se disoit Pucelle, en promectantque, s’il prenolt ledit Mans, qu’il en seroit cappitaine ; lequel suppliant pour obéir et complaire audit feu sire de Raiz , son maistre , duquel il estoit homme à cause de sa femme, lui accorda et print la- -ditte charge et se tint par certain temps entour les païs de Poictou et d’Anjou ; et pour avoir vivres et patiz ■pour les soustenir et entretenir jusqnes au retour de son dit feu maistre, et jusques à ce qu’il eust nouvelles de lui comment il avoit à besongrier, icellni suppliant envoya certaines cédulles en plusieurs villaiges estans èsdiz païs de Poictou et d’Anjou, et manda aux faabitans eslans en iceullx qu’ilzse veiiissent appatisser 9 lui , ou que lui et sa dicte compaignie yroient logier esdiz villaiges; durant lequel temps qu’il tenoit ainsi les champs, nostre très chier et très amé fîlz le daulphin de Viennois, que envoyasmes en nostre païs de Poictou pour oster les pilleries et faire wldier les gens de guerre qui estolent en icellui , après ce qu’il fut venu à sa cougnoissance que ledit suppliant tenoit ainsi les champs et appatissolt nosditz païs, envoya prandre ledit suppliant; et fut mené prisonnier au ehastel de Monlaguoù lors nostre dit filz et son conseil estoient; et pour ce que les gens dudit conseil d’icelui nostre Blz devant lesquelz il fut mené, le vouloient

questionner et examiner sur les choses dessus dictes, et doublant qu’on voulsist rigoureusement procéder par justice à l’encontre de lui , et pour eschever les perilz et dangiers qui eussent peu avenir en sa personne, il rompy la prison où il esloit et s’en es-

chappa, etc., etc et se double que, à l’occasion

des choses dessus dictes, il ait esté appelié aux droiz de justice et qu’on ait procédé ou vueille l’en procéder contre ses personne et biens par ban et autrement, parquoy il n’oseroit retourner ne converser ou paîs ne aler veoir sa femme et mesnaige, se nostre grâce et miséricorde ne lui estoit sur ce imperlie , etc.... Pour ce est-il que nous , ces choses considérées et les bons et aggréables services que ledit suppliant nous a faiz le temps passé en noz guerres, etc à icelluy sup-

pliant avons les fais et choses dessus dictes et chacune d’icelles, et leurs circonstances et deppendances, qnictées, remises et pardonnées et par ces présentes de grâce especial, plaine puissance et auctCH-ité royale ,

quictons , remectons et partlonnons , etc. , etc

Donné à Saint-Denis en France, ou moi.s de juing, l’an de grâce mil cccc quarante uug et de nostre r^ne le XIX*. Ainsi signé, Par le roy, le sire de Saintrailles et autres présens. D. Budé. Fïsa.

Extrait du Journal de Paris sous Charles YI et Charles VII , au mois d’août 1440.

En ce temps estoit très grant nouvelle de la Pucelle, dont devant a esté faitte mencion, laquelle fut arse à Rouen pour ses démérites ; et y avoit donc maintes personnes qui estoient moult abusez d’elle , qui

Page 1