‹ Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, dite La Pucelle: Témoignages des chroniqueurs et historiens du xve siècle. Volume 4Chapitre 86 sur 139 · BRETAGNE · texte numérisé non relu

BRETAGNE

Fin de mai 1430.

La mention du fait est consignée^ ainsi qu’il suit, dans on recueil d’extraits pris au siècle dernier sur les registres, aujourd’hui détruits , de la chambre des comptes de Bretagne. Le recueil en question fait partie des manuscrits de la Bibliothèque nationale (Suppl, fr. n® 2542, fol. 8).

A un chevaucheur du duc de Bourgogne . nommé Lorraine, venu vers le duc apporter lettres et nouvelles de la prinse de la Pucelle.

SÉJOUR DE LA PUCELLE Aü CHATEAU DE DRUGY.

Novembre 1430.

Lorsque Jeanne fut conduite du château de Beaurevoir à Rouen ^ elle passa une nuit au château de Drugy, situé à côté de la ville de Saint-Riquier. La tradition de ce fait subsiste encore dans le pays, et elle a donné lieu de croire qu’une statue commémorative de la Pucelle fut sculptée au portail méridional de l’église de Saint-Riquier, Construite en 1511. Celte attribution, assurément fausse , se trouve consignée dans l’un des volumes du Recueil de dom Grenier sur la Picardie ( à la Bibliothèque nationale, paquet 4, art. 3). On j décrit ainsi la statue : « Elle est « représentée en habit de femme avec un chapeau sur la tete. a Elle tient de la main droite une lance rompue en partie. Le « bras gauche est rompu. Elle est grande et bien faite. Elle est « belle de visage et paraît les yeux baissés et annonçant une cer- « laine tristesse. » Quoi qu’il en soit, un monument plus digne de foi constate le séjour delà Pucelle à Drugy. C’est une chronique

CONCERNANT LA PÜCELLE.

compilée en 1492 par ordre d’Eustache Lequeux, abbé de Saînt- Riquier, et qui a pour auteur un certain Jean de la Chapelle, curé d’une égUse du pa^s et notaire apostolique.

Très-inexact quant au reste des faits, puisqu’il place l’apparition de la Pucelle en 1428, et qu’il suppose qu’elle fut décapitée avant d’être brûlée, Jean de la Chapelle n’a de valeur que pour la circonstance qui concerne sa localité. Le manuscrit de son ouvrage est a la Bibliothèque nationale], dans le volume de dom Grenier mentionné ci-dessus. Nous en extrayons le passage suivant :

lllo et eodem anno , Anglici voluerunt subjugare civitatem de Orléans ; super quod accidit res mirabilis et vera, quia, dum rex Garolus juTenis et nuper ordinatus rex, volens abjicere et dictos Anglicosrepudiare, supervenit quædam jnvenis puella, numine Jehanne, de Lorinthgia oriunda, ut dicebatur, armata et cum magna potestate, quæ dixit dicto régi : « Ne « timeas. Ego sum mulier bellicosa puella a Deo tibi « in tuis partibus missa et in adjulorium villæ tuæ « Aurelianis, ut liberem eam a suis inimicis; et quos, « Altissima favente, effugabo. Te conducam Rhemis, « ut ibidem sis unctus rex et in villa Sancti Dionysii M coronatus : quod faciam. Et de illis non dubites w quia a Domino missa sum. » Quod fecit , quia ipsa armata cum suo exercitu devicit Anglicos et suas bastilias ante villam Aureiianensem, et eos subjugavit, et fugam acceperunl. Gonstituit prisionarium comitem de Talebol et plures alios Anglicos, veniendo Rhemis ut rex ibidem esset unctus. Subjugavit et regno univit Auxerre, Sens , Troyes , Châlons, Provins, Raims, Soissons , Laon, Noyon, Compiegne , Senlis, Saint-Denys , Biauvais et plures alias villas, civitales, castra, loca murala existentia in obedientia

Anglbrum. Tamen omnibus peractis, ante villam de Compïègne dicta Joanna Puella fuit captiva et detenta, et tandem in manibus Anglorum deposita. Et ut ducerent eam ad civitatem Rothomagensem ut ibidem decollaretur et igné concremaretor, dormivit et pernoctavit in castello de Drugy ; et in eodem castello viderunt eamdomnus Nicolaus Bourdon, præpositus, domnus Joannes Capellani, eleemosinarius , et plures alii religiosi hujus Ecclesiæ. Et de ea erit imposterum memoria quia dicti Angli iniquo odio oderunt eam.

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