‹ Procès de Fieschi et de ses complices, devant la Cour des pairsChapitre 23 sur 71 · DÉTAILS SUR4HNA LASSAVE ET SA FAMILLE · texte numérisé non relu

DÉTAILS SUR4HNA LASSAVE ET SA FAMILLE

Virginie ou JNina Lassave est une jeune fille de dix-neuf ans, née à Cette , département de l'Hérault, de Louis-Joseph Lassave, receveur aux déclarations des douanes^ et de Laurence Petit, née à Balaruc , dans le même département. Elle perdit son père de bonne heure , et sa mère ne tarda pas à contracter une nouvelle union avec François Abot, négociant en rouenneries, établi à Lyon.

Il paraît par une lettre de son frère , saisie avec les effets de Nina , que leur mère était sévèrement jugée par ses propres enfans, et que la jeune fille ne trouvait point en elle cette tendresse providentielle et éclairée des mères , qui sait si bien faire naître et développer dans Lame d'une jeune fille le sentiment du devoir, l'instinct de la pudeur et le goût des vertus de son sexe. La santé de la fille Nina tut long-temps 1 anguissante. Une maladie d'enfance l'a privée de trois doigts de la main droite , et probablement de l'usage de l'œil qu'elle a perdu. Fieschi assure s'être a ttaché à elle à cause des soins qu'il lui avait prodigué s durant une dangereuse maladie , qui avait duré neuf mois. Elle n'avait que quatorze ans quand elle vint à Paris, en i83i, rejoindre sa mère, réputée depuis plusieurs années la femme de Fieschi, qui

avait emprunté son nom (car il se faisait souvent appeler Polit) j ils vivaient maritaleinent ensemble , pour parler leur propre langage. Durant un voyage que fit plus tard, à Lyon , Laurence Petit, elle laissa sa fille Nina seule avec Fieschi ; à son retour, Laurence Petit prit un logement clans la maison n. 49» de la n.ie Saint-Victor-, la fille Nina demeura avec Fieschi au moulin de CrouUebarbe. L'instruction, d'où résultent tous ces faits, nous apprend encore que, dans un épanchement de confiance, la fille Lassave aurait laissé échapper le déplorable aveu que ses relations avec Fieschi étaient l'ouvrage de sa mère (i).

Quand la passion de Fieschi pour la fille Lassave eut éclaté, Laurence Petit fit admettre sa fille à la Salpétrière^ elle y fut reçue comme indigente et infirme. Fieschi continua à lui témoigner un vif attachement; elle passait avec lui et chez lui les journées du dimanche, mais elle n'y demeurait jamais la nuit, parce que la règle de la maison qu'elle habitait voulait qu'elle fût rentrée à neuf heures du soir. Il fournissait à son entretien, et lui donnait souvent quelque argent.

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