AVERTISSEMENT DONHE A LA POUCE
Le ^7 juillet, à onze heures et demie du soir, le commissaire de police Dyonnet écrivit à M. le préfet de police pour l'informer qu'un honnête fabricant, électeur, père de famille, et qni désirait n'être pas nommé , était venu le trouver à l'Opéra, oii son service l'avait appelé, et lui avait révélé que des conjurés préparaient une machine infernale pour attenter le lendemain aux jours du roi, pendant la revue, sur les boulevarts : cette machine devait être placée à la hauteur de ri\mbigu. Cette indication, imparfaitement donnée, fut mal comprise. Il s'agissait de l'ancien Ambigu- Comique : toute la surveillance dé l'administration se* porta sur les alentours du théâtre qui porte actuellement ce nom. On croyait qu'il s'agissait d'un souterrain pratiqué dans quelque cave avancée sous les boulevarts, et où des tonneaux de poudre auraient été introduits.
L'auteur de l'avertissement avait été instruit de ce qu'il rapportait par son fils, commis dans ia maison de M. Vernert , fabricant de lampes, dont les magasins et l'atelier sont situés rue Neuve-des-Petits- Champs, n"* 27 et 3i. Ce jeune homme avait, à ce qu'on disait, surpris, en quelque sorte, un ouvrier de M. Vernert pendant qu'il recevait la visite de plusieurs conjurés richement vêtus. Après leur départ,
2o4 PROCÈS DE FIESCHI
cet ouvrier aurait dit à son compagnon : « Prenezgarde à vous, vous êtes mort si vous dites un mot ! Je veux bien vous dire d'engager votre père à ne pas aller à la revue. Vous êtes le seul en dehors de la conjuration qui en ayez vent : s'il m'arrive quelque chose, vous périrez de la main des conjurés.
On avait ajouté que les conjurés devaient se réunir le lendemain à sept heures du matin en un lieu qu'eux seuls connaissaient : cette indication a été rectifiée plus tard. Il paraît que la réunion indiquée devait avoir eu lieu le 27, à sept heures du soir; c'est par erreur que le commissaire de police Dyonn^t avait compris qu'elle était indiquée pour le lendemain matin. La machine infernale devait être l'ouvrage d'un forçat évadé ou libéré, très-ingénieux» qui y travaillait depuis long-temps.