‹ Procès de Fieschi et de ses complices, devant la Cour des pairsChapitre 26 sur 71 · FAITS RELATIFS A VICTOR BOIREAU · texte numérisé non relu

FAITS RELATIFS A VICTOR BOIREAU

Aussitôt après avoir reçu ces avis, M. le préfet de police donna les ordres nécessaires pour qu'on recherchât et surveillât l'ouvrier que désignait la lettre du commissaire de police Dyonnet. On ne sut son nom et son adresse que le 28 à huit heures du matin ; il se nommait Boireau, et demeurait rue Quincampoix, n. 77. Il était sorti à sept heures, portant un chapeau gris 5 il fut aperçu sur le boule vart des Italiens vers neuf heures, en compagnie d'un sieur Martinault.

A onze heures du soir, une perquisition , qui ne produisit aucun résultat, eut lieu dans le domicile de Boireau , peu après son arrestation. Le 29, un juge d'instruction reçut la déposition d'un commis du sieur Vernert , nommé Edouard Suireau : c'était le

premier autour de l'avis donné au commissaire de police Dyonnet.

De ce témoignage^ il résulte que Boireau alFichait des opinions très-républicaines; qu'il avait fait disparaître, dès le samedi 25, son collier de barbe et ses moustaches; que , le lundi 2;, il était venu à l'atelier du sieur \ernert, deux heures plus tard que de coutume ; qu'il avait paru préoccupé, et n'avait pas travaillé comme à son ordinaire; que , vers'deux ou trois heures , et lorsqu'ils s'étaient trouvés seuls ensemble , il avait laissé entendre au témoin, par des demi-confidences , qu'il y aurait probablement du bruit le lendemain , et même une machine infernale sur le passage du Roi; et que, comme Suireau avait désiré savoir en quel lieu , pour que son père, qui faisait partie de la garde nationale, ne s'y trouvât point , Boireau lui avait dit : « Ne dépassez pas l'Ambigu; ce doit être entre l'Ambigu et la place de la Bastille.

C'est Suireau qui a présumé que la machine devait être sous terre. Boireau ne le lui avait pas dit : ce qu'il avait aflirmé," c'est que le fabricateur de la machine était un homme dévoué ^ un criminel , un galérien. Il avait ajouté : « Surtout n'en dites rien.» Il n'aurait point 'parlé de conjuration, et Suireau n'a point répété la circonstance des conjurés richement vêtus qui seraient venus trouver Boireau. A la suite de cette confidence , celui-ci aurait remis vingt sous à Suireau, en le priant d'acheter pour lui un quarteron de poudre et de le lui remettre dans la journée ; Suireau l'aurait promis , et serait allé tout de suite rapporter à son père ce qu'il venait d'apprendre. Le mardi matin, à sept heures, Boireau serait venu demander sa poudre à Suireau; celui-ci, d'après le

?;o6 PROCÈS DE FIESCHÎ

Conseil de son père , lui aurait répondu qu'il la trouverait à sa porte dans une heure -, et, en effet , après l'avoir achetée, Suireau aurait déposé chez le portier ce quarteron de poudre à l'adresse de Victor Boireau. Boireau serait revenu le soir, à dix heures, prendre son parapluie qu'il avait laissé à l'atelier, mais n'aurait point réclamé de poudre. Il portait ce jour-là un chapeau gris et un pantalon blanc, une redingote vert-russe et des bottes.

Ce n'était pas la première fois que Tictor Boireau était impliqué dans une affaire de ce genre-, il a déjà été arrêté, comme prévenu de complot, le 28 février 1834.

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