‹ Procès de Fieschi et de ses complices, devant la Cour des pairsChapitre 28 sur 71 · RAPPORTS DE FIE8CHI AVEC LA POLICE · texte numérisé non relu

RAPPORTS DE FIE8CHI AVEC LA POLICE

Fieschi ne négligeait aucun moyen d'améliorer sa position; il obtint, par l'entremise de M. Chauvin, d'être compris au nombre des porteurs du journal la Révolution , ce qui lui assurait une rétribution de 3o à 4o sous par jour. Fieschi, qui faisait profession d'un dévoûment exalté pour l'empereur Napoléon, s'était attaché à M. Chauvin, parce que celui-ci avait suivi son héros à Sainte-Hélène.

Au journal la Révolution , Fieschi se lia avec l'ancien chef d'escadron Lennox , et il fut dénoncé à M. le président du conseil et à M. le ministre de la guerre, comme facilitant les intelligences que MM. Lennox et Gustave de Damas (i), cherchaient à nouer dansles régimens de la garnison de Paris , afin d'y propagerl'esprit d'insurrection et de révolte qui venait de se manifester si malheureusement à Tarascon.

A cette même époque, Fieschi eut quelques rapportsavecle préfet de police de Paris, alors M. Baude, actuellement membre de la Chambre des Députés.

Il paraît que M. le préfet de police avait conçu le projet de diriger sur Alger un grand nombre d'hommes dont la présence pouvait troubler l'ordre public à Paris. M. Gustave de Damas , qui habitait alors le département de la Loire, écrivit à M. Bande pour lui demander à être employé dans cette opération 5 il vint à Paris pour avoir son appui. Dans un de

(i) Fieschi avait servi sous les ordres de M. Gustave de Damas dans la campagne de Russie.

ses entretiens avec M. le préfet de police, M. Gustave de Damas lui parla d'un homme qui lui était dévoué , dontrintelligence , le sang-froid et l'adresse pouvaient être fort utiles. M. Baude n'hésita pas , sur un tel éloge, à remettre à M. Gustave de Damas un billet, à Taide duquel cet homme pût parvenir jusqu'à lui. Cet homme était Fieschi : il se présenta dans un état misérable-, il parla de la condamnation qu'il avait subie pour délit politique-, il dit qu'il y avait dans cette affaire un peu de vengeance. M. Baude ne tarda pas à se convaincre que Fieschi avait une grande valeur pour certaines expéditions.

Il l'employa après lui avoir donné quelques directions. Paris était alors fort agité-, des désordres graves se succédaient 5 le sang avait coulé. Fieschi bravait les plus grands dangers pour rapporter des renseignemens exacts. Son amour-propre, exalté par la confiance qu'on lui témoignait, le pénétrait d'une vive reconnaissance pour les rapports directs qu'il avait avec M. le préfet de police, et qui n'étaient connus que de celui-ci et de son secrétaire intime. Fieschiaparlélui-mêmedesc's rapports avecM.Baudej il paraît que ce magistrat l'avait chargé de surveiller quelques sociétés politiques qui voulaient , dit Fieschi, renverser à droite et à gauche. Il se vante d'avoir rendu de notables services, surtout à l'occasion du pillage et de la destruction de l'Archevêché. Quand M. Baude quitta la préfecture de police, Fieschi vint le trouver et lui dit : Je suis Corse; je suis fier ; je ne suis pas fait pour être un instrument ordinaire de la police , et je n'y retournerai pas. On a dit cependant à M. Baude que Fieschi avait été employé par son successeur, M. Vivien 5 nous inclinons à croire que ce sont les efforts infruc-

ET DE SES COMPLICES. Îtl3

tneux qu'il fit pour communiquer directement à ce magistrat quelques lettres qu'il s'était procurées, qui ont donné naissance à cette supposition. M. Vivien a depuis fait connaître qu'il ne conservait aucun souvenir de Fieschi.

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