‹ Procès de Fieschi et de ses complices, devant la Cour des pairsChapitre 30 sur 71 · NOUVEAUX INTERROGATOIRES DE FIESCHI. ~- SES RÉTICENCES · texte numérisé non relu

NOUVEAUX INTERROGATOIRES DE FIESCHI. ~- SES RÉTICENCES

Depuis que Fieschi eut avoué son véritable nom, et qu'il eut librement communiqué 5 selon son désir, avec M. Lavocat, il dut être interrogé de nouveau. Voici quelles furent alors ses premières paroles : « J'aurais voulu que M. Lavocat ignorât ma situation. Quand il est venu me voir, j'avais honte de paraître devant lui, je me suis mis à pleurer, et je lui ai dit : Je vous raconterai à vous tout ce qui s'est passé, non comme à un juge d'instruction, ni comme » au président de la Chambre des Pairs, ni comme à » un ministre de Sa Majesté, mais comme à un homme » qui m'a fait beaucoup de bien; je vous dirai tout. » Vous en ferez ensuite ce que vous voudrez. M. La- » vocat n'est pas aussi puissant que vous -, mais il m'a » fait plaisir de venir me voir , et je lui dirai tout. » C'était M. le président qui l'iiaterrogeait. M. le ministre de l'intérieur, M. le duc Decazes, l'un des pairs désignés pour assister ou suppléer M. le président, M. le procureur général près la cour des Pairs , e.t M. Lavocat étaient présens.

Cependant le moment n'était pas venu : Ficschi prétendit qu'il ne pouvait rien dire maintenant; que plus tard il avertirait ^|. Lavocat et lui dirait dans quel endroit on pom>ait atteindre Sa Majesté; que , * du reste , personne n avait vu sa machine , ni ne lui avait fourni de l'argent ^ qu'il en avait gagné en travaillant ; qu'après avoir conçu la première idée de son projet, il s'était dit d'abord : Il faut attendre au mois de mai ; qu'il en avait ensuite ajourné l'exécution jusqu'au mois àe juillet y dans l'espérance d'avoir le temps de lever le pied ; il serait parti s'il avait pu emporter ses canons de fusil , car pendant les sept ou huit jours qui avaient précédé l'attentat , il était décidé à partir. Mais ne pouvant avoir de passe-port pour l'extérieur , il s'était dit : « Il faut jouer de son M reste , » et il avait mis le feu à sa machine.

M. Lavocat intervint dans finterrogatoire, pour faire sentir à Fieschi que la confiance qu'il disait avoir en lui serait entièrement stérile s'il se bornait, comme il lavait fait jusqu'alors, à raconter en détail le plan ou la description de sa machine ^ que ce qui importait à la justice , c'était de savoir le nom des personnes avec lesquelles il avait été en rapport et qui pouvaient l'avoir poussé à l'acte qu'il avait commis. Fieschi se contenta de lui répondre : « Les hommes M que j'ai connus sont les ennemis du gouvernement, » ne se plaisent sous aucune couronne ; viendrait » Charles X, viendrait la république, ce serait la » même chose : ce sont des gens corrompus. »

M. le président reprit la parole et s'efforça de faire comprendre à Fieschi que, s'il avait des complices, il devait les faire connaître et déclarer tout ce qu'il savait et qui pouvait intéresser la sûreté du Roi et de l'Etat, fieschi biaisa encore dans sa réponse. Il était

aao PROCÈS de fieschi

toujours dans son lit, enveloppé de bandes et de cataplasmes; il dit que, quand il serait levé et qu'il y verrait des deux jeux , il parlerait à M. Lavocat , parce qu'il était reconnaissant des démarches que son ancien bienfaiteur avait faites pour le voir 5 que tout ce qu'il demanderait serait d'être envoyé à trois ou quatre cents lieues, sous un autre nom 5 qu'il avait fait une sottise, mais qu'il était dévoué à Sa Majesté. Pressé par M. le président, il prit rengagement formel de dire à M. Lavocat tout ce qu'il savait, et de ne lui dire que la vérité; il ajouta: « Si M. Lavocat )) n'était pas venu , un quart d'heure avant de monter » sur l'échafaud , j'aurais dit au Roi : méfiez-vous de ))'^cela et de cela. »

Désormais on n'avait pas le choix des moyens ; la marche de l'instruction était déterminée par la nécessité. L'état des blessures de Fieschi faisait une loi de le ménager. Les médecins ordonnaient d'entretenir sans cesse de la glace sur sa tête , et la plus légère contrariété pouvait rendre inutiles tous les soins et tous les remèdes. Son caractère extraordinaire ne commandait pas de moindres précautions. Il fallait l'aborder par le seul côté qui semblait accessible; et, si l'on pouvait espérer d'obtenir de lui la vérité, la saisir au passage , pendant qu'elle s'échapperait de ses lèvres, dans les épanchemens de sa confiance reconnaissante pour M. Lavocat. 11 eut en effet avec ce dernier plusieurs entretiens. M. Lavocat recueillait avec soin ses paroles ; il s'assurait, en les lui répétant, qu'il les avait bien comprises, et il portait ensuite ces renseigncmens à M. le président pour qu'il puisât au besoin, ainsi que dans les pièces de l'instruction, le texte des questions qu'il devait adresser à Fieschi.

Cet interrogatoire avait eu lieu le 3 août ; il ne fut continué que le 17. Il importait que l'inslruction fût achevée sur certains points, et sufîisammcnt avancée sur d'autres, pour que M. le président pût reprendre utilement l'examen de Fieschi.

Durant les premiers jours de sa détention à la Conciergerie, Fieschi se plaignait des soins qui lui étaient prodigués. « Ce n'était pas la peine de le déranger y» si souvent et de le fatiguer si péniblement pour en -» finir par la gnillatine. » Quand on lui recommandait de prendre patience, « autant vaut mourir au- )) jourd'hui que demain, » répondait-il. Si on l'exhortait à dire la vérité, il s'écriait : « Quand j'aurai » parlé, on ne m'en coupera pas moins la tête. » Une fois il demanda un prêtre, et dit qu'il aidait besoin de se confesser. En d'autres instans, il paraissait ressentir de grands remords : il donnait à entendre que, quand il serait mieux, il écrirait au Roi, et quoiqu'il prétendît être descendant des Romains, ce qui l'avait déterminé, disait-il, à servir en Italie plutôt qu'en France, il paraissait appréhender la mort, et il répétait souvent : « J'agirai comme on agira envers moi.» Peu à peu ses forces revinrent et sa santé se rétablit. Un de ses premiers soins, le 10 août, fut d'écrire à Nolland, pour savoir ce qu'étaient devenus sa malle et son linge.

Cependant finterrogatoire de Fieschi, qui suivit ses premiers entretiens avec M. Lavocat, fut encore rempli de dénégations et de réticences.

M. le président dut l'interroger d'abord sur ses relations avec Boireau, qui avait paru si bien informé, le 27 juillet, du lieu où devait se commettre l'attentat du lendemain, et de sa nature ; ensuite sur ses ressources pécuniaires et sur les frais qu'il avait dû faire

pour établir la machine infernale ; enfin , et par voie de conséquence, sur ses relations avec Morey et Pépin.

' Fieschi ne fut ni franc ni explicite à l'égard de Boireau : il prétendit n'avoir cherché qu'une fois, et dans le courant de juillet, un asile nocturne chez ce jeune homme j il soutint avec fermeté que Boireau n'avait eu aucune connaissance de ses projets; il prétendit, pour justifier sa dénégation, qu'il se serait bien gardé de se confier à un jeune homme ii^rogne et parleur ; il ajouta « qu'il n'avait pas connu un seul » homme qu'il eût voulu mettre dans sa confidence,» et qu'il ne se serait ouvert à quelqu'un que s'il y avait eu à Paris im Corse qu'il eût bien connu, et qui eût été « un homme et non un hommelet. » Il conclut de là que les propos qu'avait pu tenir Boireau étaient complètement insignifians 5 que d'ailleurs Boireau était informé de choses que lui Fieschi ne connaissait pas ; qu'il lui avait parlé de cinq personnes qui seraient allées sur la place de la Révolution pour assassiner le roi 5 qu'il lui avait dit leurs noms, et qu'au nombre de ces cinq personnes, qui avaient été arrêtées depuis, Boireau comptait un de ses bons amis. Il raconta aussi que Boireau lui avait parlé d'un homme de cinquante ans, brocanteur de son état, récemment sorti de Ste. -Pélagie, d'un caractère décidé, et qui réunissait les chefs des ennemis du gouvernement hors des barrières. Mais Fieschi n'avait retenu aucun nom et n'avait jamais accepté la proposition que Boireau lui avait faite de se réunir à ces gens-là j il a nié également qu'un jeune homme fût venu chez lui après onze heures du soir, le dimanche 26 juillet; et comme M. le président insistait sur cette circonstance , que Boireau avait dit formelle-

ment la veille de révt^nement qu'un coup devait être fait contre le roi au moyen d'une machine infernale, du côlé de V Ambigu- Comique , il répondit catégoriquement : « Il peut avoir dit tout ce qu'il a voulu. » Que voulez-vous que j'y fasse ? je ne pouvais pas » l'empêcher do parler. »

Dans rénr.imération de ses ressources , il compta d'abord une couple de cent francs, qu'il dit avoir reçus du docteur Perrève, pour l'exécution du plan de Paris, dont il lui avait donné, disait-il, l'excellente idée; ensuite, les économies qu'il avait faites sur ses salaires lorsqu'il recevait i fr. 5o cent, par jour chez Lesage-, le remboursement de quelque argent prêté, provenant de ses anciennes épargnes, fruits de son travail et de sa sobriété -, cent francs représentant un billet tiré sur Janot , et escompté par Morey ; enfin, I20 ou i3o fr. reçus de Pépin par Fieschi, et inscrits sur le carnet qui, disait-il, devait avoir été trouvé dans sa malle.

Comme M. le président lui faisait observer que le docteur Perrève avait déclaré lui avoir donné beaucoup moins de 200 francs, Fieschi, importuné par la contradiction, répondit : « 11 peut bien dire qu'il ne « m'a rien donné du tout, car ce que j'ai fait pour lui « valait bien 600 fr.

Quant aux dépenses que devaient entraîner ses liaisons avec les jeunes femmes qu'il fréquentait, il prétendit n'avoir gardé Agarithe chez lui que quelques jours, et ne lui avoir rien donné. La ûWe Kina ne recevait jamais de lui plus de cinq francs à la fois , et venait seulement dîner chez lui une fois par semaine.

Pour l'achat et les frais de construction de la machine, il a assuré n'y avoir employé que son propre

argent ; il venait cependant de laisser entrevoir que Morey et Pépin lui avaient avancé quelques fonds. Il résulte d'une déclaration de Laurence Petit ^ que vers le mois de mai, dans une entrevue qu'elle eut avec Fieschi chez la dame veuve Micoulot , celui-ci aurait offert de lui faire prêter par un de ses amis une somme de 200 francs -, et il ressort d'une question adressée à Fieschi par Pépin , pendant l'une de leurs dernières confrontations, que Fieschi aurait demandé à Pépin d'avancer 200 francs ; et il ressort d'une question adressée à Fieschi par Pépin , pendant l'une de leurs dernières confrontations, que Fieschi aurait demandé à Pépin d'avancer 200 francs à sa femme , qui était inquiétée pour le paiement de son loyer et pour d'autres dettes.

La partie de l'interrogatoire de Fieschi relative à Morey et à Pepiu est plus concluante. Il avoua que Morey l'avait accompagné , comme son oncle , quand il était allé louer son appartement; mais il affirma qu'il avait payé lui-même son loyer sans l'assistance de Morey. Leurs relations remontent à l'année i83o5 ils habitaient alors le même quartier. Depuis l'époque où Fieschi était poursuivi et durant l'espace de deux mois, il a trouvé fréquemment chez Morey un asile pour la nuit. Morey est venu le voir quelquefois dans son logement du boulevart du Temple , mais « il n'a jamais rien su de mes affaires,» s'est empressé d'ajouter Fieschi. Néanmoins , Fieschi est convenu qu'il avait bu de la bière avec Morey, le lundi 27, sur le boulevart , sous une tente, entre la Gaîté et Fraiiconi .

Dans le tems où il couchait tantôt d'un côté , tantôt d'un autre , depuis qu'il était poursuivi, et avant le 8 mars , époque à dater de laquelle il a eu un do-

micilc certain , Fieschi avait passé trois ou quatre nuits chez Pépin. M. le président lui ayant demandé si l'argent qu'il avait reçu de celui-ci ne lui avait pçis servi à acheter les canons de fusil de la machine, il fit cette réponse remarquable : « Il n'y en avait pas )) assez, j'ai fourni le reste; le tout a coûté i5o et » quelques francs. Quand je lui ai emprunté cet ar- )) gent, je lui ai dit d'être assez discret pour ne pas )) me demander ce que j'en voulais faire. » Cependant, comme il voulait absolument en connaître l'emploi , « pour m'en débarrasser, je lui ai dit que c'était » pour armer des Corses, afin que, s'il arrivait quel- » que chose, nous fussions tous ensemble. « Fieschi a d'ailleurs prétendu que s'il prenait de temps à autre quelque marchandise à crédit dans le magasin de Pépin , il payait quand il y retournait , et qu'il ne le voyait pas très-souvent ^ parce que ce n'était pas trop son affaire d'aller chez lui. Il est convenu cependant y avoir dîné une fois avec trois personnes marquantes ^ dont on ne lui fit connaître qu'une seule, qui se nommait Recurt, et qui était un ac~ CMi'è rf'am/y il y avait aussi un député, président d'un tribunal du Nord , et un avocat. Le député était de l'opposition , mais pas très-exalté. Fieschi reconnaissait avoir vu Pépin une huitaine de jours avant l'attentat. M. le président ayant fait observer à Fieschi que sa liaison avec Pépin devait être bien plus intime qu'il n'en convenait, puisque la fille Nina avait déclaré que Morey ou lui s'étaient engagés à prendre soin d'elle , en cas qu'il arrivât malheur à Fieschi, il répondit avec quelque impatience : « Je » ne puis répondre que de ce que je dis-, ce que les « autres disent ne me regarde pas; on vous a )) trompé ; s'il m'était arrivé malheur, la petite aurait

u eu à gagner sa vie comme tant d'autres, et ce n'est )) pas ce qu'on aurait pu me dire ou me promettre là- » dessus qui m'aurait tranquillisé ; elle s'apercevra » bien de ma perte quand je n'y serai plus.

Les interrogatoires de Fieschi prenaient beaucoup de temps 5 il s'y montrait prolixe, censeur-, il était évident qu'il cherchait souvent à éluder les questions posées, par des divagations

Le i8 août , on l'interrogea de nouveau sur ses relations avec Morey. Il avoua que le lundi 27, ainsi que la fille Lassave l'avait déclaré, il avait quitté Morey sur le boulevart, pour aller parlera la jeune fdle. M. le président lui ayant demandé si la fille Lassave était allée chez lui le dimanche matin, il répondit : « Elle est venue, je crois, vers une heure, si elle est venue. » Comme on lui fit remarquer qu'elle affirmait elle-même y être allée, il répliqua : a Si elle le dit, cela est vrai 5 car elle ne ment pas :» paroles remarquables qu'il importe de retenir, et par lesquelles il s'était engagé plus qu'il ne pensait. En elTet, quand M. le président lui eut demandé s'il n'avait pas brûlé , le lundi 27 juillet , une assez grande quantité de papiers par le conseil de Morey, il reconnut avoir brûlé des papiers, entre autres les lettres de Janot j mais il se récria sur la part que l'on supposait que Morey aurait prise à sa détermination. «Je lui en revendrais à Morey, s'écria-t-il, si cela était nécessaire 5 je n'avais pas besoin de ses conseils.» Mais sur ce qu'on lui fit observer que c'était Nina qui avait déposé de ce fait et qui avait dit le tenir de Morey lui-même, il répondit : « Cela m'étonnerait )) que Nina fit un mensonge ; il est possible que Mo- « rey lui ait dit cela , mais Morey ne m'a pas donné M à moi le conseil dont vous me parlez. »

Selon une déclaration de la fille Nina, Morey aurait raconté que, le mardi 28 juillet, il avait rencontré près des greniers d'abondance, sur le boulevart Bourbon, à onze heures du matin, Fieschi([ui revenait de porter sa maile , et qu'il lui avait dit : Comment , vous êtes encore là? A quoi Fieschi aurait répondu : On ne bat pas encore (le tambour), j'ai le temps d'arriver chez moi. Fieschi a complètement nié le fait. En revenant de la demeure de Nollant , il n'a point passé devant les greniers d'abondance , ce n'était point son chemin 5 mais, à ce propos , il a dit d'abord que Morey et lui s'étaient promis, le lundi 27, de diner ensemble le mardi, hors la barrière de Monlreuil, et il a fini par avouer que Morey avait promis de l'attendre , après l'attentat , rue Basse du-Temple , et qu'ils devaient fuir ensemble h vers )) la barrière de Montreuil ou de Charonne , celle des M çleux qui se trouve la plus voisine de la barrière du » Trône, et où ils avaient déjeuné ensemble huit » jours auparavant. »

Comme M. le Président lui demandait si , au moment où ils étaient ainsi convenus de leurs faits, Morey n'avait pas dit: « Nous f.... le feu aux bar- » rières et dans la banlieue , nous briserons les télé- » graphes, et nous verrons. » Fieschi se contenta de répondre : « Le père Morey aurait peut-être » fait comme les autres -, il n'aurait pas été plus dé- )) licat qu'eux. »

Il a reconnu l'exactitude du récit de Bury en ce qui concernait l'achat des canons de fusil, et il est convenu en avoir montré la facture à Morey. Interrogé sur ce qu'il avait fait du pistolet qa il avait reçu de Bury lors de l'achat des canons de fusil , il a déclaré que Boireau lui ayant dit qiiil n'avait pas

aaS PROCÈS de fieschi

d'armes , il le lui avait donné sur le boulevart , près de son logis. M. le Président lui ayant fait observer qu'il résultait de ses paroles que v Boireau pouvait )) avoir bientôt besoin d'armes pour se battre , « il a répondu : « Cela est bien possible ; et puis les » jeunes gens aiment à avoir des armes, quand ce » ne serait que pour faire les fanfarons. )>

Il a persisté à nier, avec protestations , qu'aucun homme fût entré dans sa chambre après que la machine avait été montrée 5 il a déclaré avoir travaillé chez un armurier nommé Dugène, demeurant à la Gare, et avoir percé lui-même, avec un foret qu'il avait chez lui , la lumière de trois ou quatre des canons de fusil qu'il avait achetés. En effet , a-t-il ajouté , je suis assez hardi , et j'ai la prétention comme cela de faire tout ce qlie je veux.

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