‹ Procès de Fieschi et de ses complices, devant la Cour des pairsChapitre 45 sur 71 · DÉCLARATION DE FIESCHI SUR BOIREAU. — POINTAGE DE LA MACHINE · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DE FIESCHI SUR BOIREAU. — POINTAGE DE LA MACHINE

Le dimanche 26 juillet au matin, Fieschi alla chercher Boireau à la boutique de son maître; ne l'ayant

pas trouvé, il alla dans son logement rue Quincarapoix, et, l'y rencontrant, ille pria de lui prêter un foret. Boireau alla en effet chez le sieur Vernert en prendre un, et le remit à Fieschi, qui ne l'instruisit pas de l'usage qu'il voulait en faire. Le manche du foret était en bois ordinaire , l'archet était d'un acier pliant, et la corde d'un acier élastique; la conscience (on nomme ainsi la plaque de bois sur laquelle on appuie la poitrine en manœuvrant l'instrument) n'avait que peu de trous. Fieschi ne perça que trois canons de fusil, parce que, sur les quatre qui n'avaient point de lumières, il n'y en avait que trois qu'on eût commencé à forer. Comme il perçait le troisième, la pointe de l'instrument s'émoussa.

Fieschi a fini par avouer qu'il était convenu avec Pépin et Morey que , le lundi 27 au soir^ entre sept et huit heures. Pépin viendrait se promener à cheval, en face du jardin Turc, afin que les canon? fussent dirigés à la hauteur d'un cavalier cheminant sur la chaussée.

La parole donnée ne fut pas tenue , Pepiu ne parut pas 5 la machine n'en fut pas moins ajustée, parce qu'il passa diverses personnes à cheval.

Après avoir quitté la fille Bocquin, comme Fieschi cherchait à se fuir lui-même et à s'étourdir sur le mal qu'il devait faire le lendemain , il entra au café des Mille-Colonnes. Il s'amusait à voir jouer au billard, lorsque Boireau arriva auprès de lui comme un homme furieux , très-content d'avoir appris par Pépin que, le lendemain 28, Fieschi devait se servir d'une machine qu'il avait faite pour tirer sur le roi, sa famille et son escorte. Quand Fieschi eut entendu ces paroles, il se mit en colère et s'étonna que Pépin eût coiofié une affaire si grave ? Boireau. Celui-ci dit alors

à Fiesclii qu'il était venu à cheval, entre sept et huit heures , sur le boulevart, se promener devant le Jardin Turc , et lui demanda s'il l'avait aperçu. Il raconta que Pépin, qui était malade , Tavait envoyé à sa place. Cette confidence donna beaucoup à penser à Fieschi , parce qu'il ne crut nullement à la maladie de Pépin , et qu'il imputa son absence à sa lâcheté et au désir qu'il avait de n'être pas connu pour avoir pris part à une entreprise si périlleuse.

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