‹ Procès de Fieschi et de ses complices, devant la Cour des pairsChapitre 47 sur 71 · CONFRONTATION DE BOIREAU AVEC FIESCHI ET PEPIN · texte numérisé non relu

CONFRONTATION DE BOIREAU AVEC FIESCHI ET PEPIN

Fiesclîi a ajouté qu'il connaissait depuis long-temps la haine de Boireau pour le Roi et son gouvernement. Il a rappelé l'histoire d'une nuit d'ivref-3e dont il avait déjà fait mention , et durant laquelle , en sortant du café des Sept-Billards, Boireau avait proposé à Maurice et à lui de tirer au sort à qui tuerait le Roi, et avait traité de lâche quiconque \i'agréerait pas sa proposition. Fieschi a terminé cette révélation en disant qu'il avait tout dit et que désormais il n'avait plus rien à déclarer.

U paraît qu'il en coûtait beaucoup à Fieschi d'incriminer Boireau. C'est le dernier des trois hommes qu'il désigue comme ses complices qu'il ait voulu charger. Il s'en excusait en quelque sorte, vis-à-vis de lui, lors de leur confrontation. Ce jeune homme lui tient au cœur, il semble n'avoir pas contre lui ce même ressentiment qu'on dirait qu'il éprouve contre Morey et Pépin , qu'il accuse de l'avoir entraîné dans le crime et de lui avoir fourni les moyens de le com' mettre.

Il est établi, par diverses dépositions, que Boireau a en effet emporté du magasin du sieur Vernert, le a6 au matin , un foret, sous un prétexte qui a été

aSo PROCÈS DE FIESCHI

reconnu faux. La mèche de ce foret, qu'il a rapporté plus tard , s'est trouvée éraoussée. Fieschi a cru reconnaître cet outil pour celui qui lui a servi à percer ses canons de fusil. Cependant , il Ini a paru que la mèche du foret qu'il avait employé était plus courte et plus cassée vers le bout. Boireau ne s'est pas sonvenu si c'était là le foret qu'il avait pris avec lui quand il était sorti le dimanche 26 juillet 5 il sait seulement qu'il y a des forets pareils chez le sieur Vernert.

Un mot remarquable est échappé à Boireau lors de sa confrontation avec Pépin. M. le président lui ayant rappelé qu'il semblait résulter de l'instruction que Pépin , qu'il soutenait ne pas connaître, l'avait envoyé, le lundi 27 juillet au soir, passer avec son cheval sons la fenêtre de Fieschi, Boireau a répondu : « Je n'ai qu'une chose à dire, c'est que je )) suis innocent -, s'il y a d'autres complices , c'est à » vous de les chercher-, ce n'est jamais moi qui li- » vrerai un père de famille , j'ai trop d'humanité )) pour cela. »

Dans sa confrontation avec Fieschi, Boireau a reconnu qu'il avait rencontré celui-ci sur le boulevart du Temple, le 28 juillet au matin ; mais il a soutenu que ce n'était pas lui qui avait dit à Fieschi : « Nous serons tous là, et nous attendrons l'affaire. »

M. le président lui ayant demandé quel était celui qui pouvait avoir tenu ce propos, Boireau a répondu qu'il ne le savait pas. « Est-ce la personne qui était -» avec vous? a repris M. le président. — Je n'en » sais rien , a répliqué Boireau. — Votre réponse ■» donne à penser que quelqu'un a tenu ce propos , )) que vous le savez et que vous ne voulez pas le » dire ? — Il ne faut pas attacher -trop d'importance

)) aux paroles qui peuvent échapper à un ouvrier •» aussi peu instruit que moi. J'étais seul. Si j'ai été )) vu ce jour-là par Suireau avec Martinault, c'était « sur le boulevart des Italiens. »

Fieschi a assuré depuis, qu'il avait su deBoireau que c'était un avocat de ses amis , chef de section de la société des Droits de l'homme, qui l'accompagnait ce jour-là sur le boulevart.

Il a déclaré , de plus , être allé une fois chez Pépin avec Boireau -, il ne doute pas que Boireau n'y soit allé plus souvent. Cependant Boireau a déclaré ne point reconnaître Pépin, et Pépin a déclaré qu'il ne croyait point reconnaître Boireau, et que s'il l'avait vu une fois , il ne le reconnaissait pas. Plus tard , il a dit qu'il croyait bien l'avoir vu venir boire la goutte dans sa boutique.

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