OBJECTION FAITES A FIESCHI ET SES REPONSES
Dans un de ses derniers interrogatoires , on lui a fait observer qu'en comparant la disproportion qui paraissait exister entre l'énergie de son caractère et ce qui apparaissait du caractère de Pépin et de celui de Morey, et en considérant les immenses et funestes conséquences de son attentat , on s'expliquait dijGûcilement comment l'influence de ces deux hommes avait pu suffire , soit à lui en faire concevoir le projet, soit à le lui faire accomplir.
Fieschi répondit :
» J'avais donné ma parole à Pépin et à Morey : je » leur avais des obligations depuis que j'étais pour- » suivi , et le rang d'un homme n'est pour moi » d'aucune considéraliou quand il s'agit de tenir une » parole donnée. Si je n'avais été leur débiteur que » d'une somme d'argent, «'aurais pu m'acquitler;
aSa PROCÈS de fieschi
» mais il s'agissait d'une dette de cœur. Toutefois, » ayant mieux connu Pépin, qui faisait le républi- » cain et qui était aristocrate , qui n'avait pas eu le )) courage de mettre le feu à la traînée de poudre que )» nous avions faite pour l'expérience de notre ma- » chine, qui était dominé par son intérêt, et qui » avait livré notre secret à un jeune homme tel que » Boireau , venu à cheval à sa place sur le boulevart, » le 27 juillet au soir, en face de ma croisée, pour » l'ajustement des canons^ si j'avais eu ce qui m'é- » tait dû par Isidore Janot et Salis, je me serais li- » béré envers Pépin, et j'aurais été heureux de re- )) noncer à mon projet. »