‹ Procès de Fieschi et de ses complices, devant la Cour des pairsChapitre 51 sur 71 · RAPPORTS D£ HORZT AVEC FIESCHI. >- DÉNÉGATION) DE MORET · texte numérisé non relu

RAPPORTS D£ HORZT AVEC FIESCHI. >- DÉNÉGATION) DE MORET

Morey a reconnu qu'il avait caché Fieschi chez lui pendant trois mois, parce qu'il le croyait poursuivi pour délit politique -, il a prétendu qtie Fieschi était entré chez lui au mois de novembre i834j ^t qu'ils s'étaient séparés en janvier. La déposition de la femme Mouche t est conforme à cette déclaration. Fieschi était tout à fait sans argent, quand il était chez Morey, et quand il en est sorti.

Morey prétend n'avoir revu Fieschi qu'une fois depuis que celui-ci serait sorti de chez lui, et cela vers le milieu de juin. Il a déclaré que c'était près de l'Arsenal que Fieschi lui avait parlé d'un ami qui devait le présenter à un grand personnage , et avait fini par lui dire que <c les républicains étaient des lâches, et » qu'il arrangerait cette affaire-là. Il fallait bien qu'il » eût des vues , » a continué Morey, puisqu'il a dit à Nina, deux jours avant l'événement : « qu'après de- » main elle serait heureuse ! c'est elle qui l'a dit.

A une troisième reprise, et dans un troisième interrogatoire, Morey a déclaré que Fieschi lui avait annoncé « avoir changé de drapeau , et que le parti M républicain n'était pour rien dans cette affaire-Jà. » M. le président lui ayant demandé ce qu'il en savait, il a répondu positivement qu'il était « à sa connais- » sance qu'il n'y avait aucune personne du parti ré- » publicain compromise dans cette affaire, «

Morey a nié avoir accompagné Fieschi lorsque celui-ci est allé louer son appartement au boulevart du

Temple -, il a soutenu ne s'être jamais donné pour son oncle ; il a nié qu'il connût Fieschi sous le nom de Girard, et il a soutenu ne lui avoir jamais donné d'argent. Sophie Salnion, fille du portier de la maison n. 5o du boulevart du Temple , confrontée avec Morey, a dit qu'elle croyait bien que c'était lui qui accompagnait Fieschi t{uand il est venu louer l'appartement où était placée la machine, et qui se donnait pour l'oncle de Girard. Elle a ajouté : « Surtout iors- » que je l'examine par derrière , c'est bien cet homme- » là; c'est sa taille, sa corpulence 5 mais il n'a pas » l'accent gascon qu'avait l'oncle prétendu du faux » Girard. » La femme Larcher, qui habite la maison dont la fille Salmon est portière , confrontée avec Morey, a reconnu qu'il avait « la tournure de l'indi- » vidu qtii se disait Toncle de Girard-, mais que cet » homme lui avait semblé un peu plus grand et un peu » plus fort que celui qui était actuellement devant » ses yeux. » Elisabeth Andrener a également trouvé que a Morey avait de la ressemblance avec l'individu » qui passait pour l'oncle de Girard 5 mais que cet )) homme ne portait pas de favoris, et quil lui avait » paru un peu plus grand que l'homme avec lequel elle » était confrontée , et avoir les épaules plus larges. » Morey a nié s'être trouvé chez Fieschi le dimanche 26 juillet. Il a soutenu que , le lundi 27, à l'heure où Nina Lassave assure l'avoir vu buvant de la bière avec Fieschi sur le boulevart du Temple, il était, avec les autres décorés de juillet, rue du Faubourg- Saint-Martin, à l'église française, oùl'abbé Châtel officiait. Quelques personnes qui se trouvaient avec Morey dans cette église, où Pépin se trouvait aussi, ont fait connaître qu'il en était sorti de bonne heure «t avant la fin de la cérémonie.

Il a soutenu que le jour de l'attentat, après être parti à six heures du matin , pour aller à la Maison- Blanche faire un recouvrement, il était rentré chez lui avant dix heures , et n'était plus ressorti qu'après son second déjeuner et pour aller chez Nolland.

Cependant la présence de Morey dans la rue des Fossés-du-Temple , entre dix heures et demie et onze heures et demie, le jour de l'attentat, a été constatée par la déposition d'un domestique de M. Panis, membre de la chambre des Députés. Ce témoin a vu Morey venant du côté de la Bastille et allant tout doucement; il passait devant la porte du Jeu de boule.

Morey a nié le fait. Burdet , c'est le nom du témoin, a persisté aie soutenir en la présence de Morey. Morey soutient qu'// s'est trompé; il dit que s'il avait passé près de Burdet, qu'il connaissait, il l'aurait salué ou lui aurait parlé.

Il résulte d'une déposition de la femme Mouchet, qu'après être sorti de chez lui , à sept heures du matin le 28 juillet, il est rentré , entre neuf et dix heures; ensuite il est sorti de nouveau, et n'est revenu pour le dîner qvx après que les enfans avaient majigé. Selon Lutz, apprenti de Morey, et la fille Mony, repasseuse , qui demeure dans la même maison , il ne serait rentré chez lui, ce jour-là, pour la seconde fois, qu'entre une heure et une heure et demie.

Morey prétend que son intérêt pour Nina a été

excité par le récit qu'elle lui a fait de la manière

dont Fieschi s'y était pris pour la faire sortir de la

Salpêtrière. L'homme le plus barbare , dit-il , aurait

fait ce que f ai fait.

Il accuse Nina et Fieschi de s'entendre pour per-

ET DE SES COMPLICES. agï

dre leur bienfaiteur-, il soutient que Nina ne lui a rien dit de ce qu'elle savait , qu'après avoir reçu la malle, le 3o juillet. Cependant il convient que Nina est venue le chercher la veille , après midi, dans sa maison; quil n'a pas voulu l'entendre là; qu'il lui a dit quelle lui conterait cela plus tard, et qu'il l'avait envoyée l'attendre à la barrière du Trône. II a reconnu qu'il était allé l'y joindre, et qu'il l'avait menée chez un traiteur, hors de la barrière , oîi elle s'était fait apporter une soupe et un demi-setier de vin.

Morey a été reconnu par le garçon de service du restaurateur Bertrand , demeurant près la barrière de Montreuil-, il l'a vu venir, le mercredi 29 juillet, vers trois ou quatre heures de l'après-midi, prendre un repas, en compagnie d'une jeune fille gui avait un œil de moins. On leur a servi un potage, un pain, deux côtelettes de veau cuites dans leur jus, et une bouteille de vin blanc. Ils sont restés une heure et demie à table; pendant ce temps ils ont causé tout bas , de manière à n'être pas entendus.

Morey convient qu'il a recommandé Fieschi à son neveu Renaudin; mais il prétend ne pas connaître le sieur Lesage. 11 ne sait pas si Fieschi avait pris le nom de Bescher en allant travailler à la manufacture de papiers peints; il ne se souvient pas d'y être allé voir Fieschi. Cependant il ne nie pas que Fieschi ne lui ait fait vendre pour 3o fr. de colle au sieur Lesage. « Si Fieschi avait pris le nom de Bescher, ajoute-t-il, » il est possible que Lesage m'ait dit : J'ai Bescher ici ; )) il l'aura fait venir, et je l'aurai vu.

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