‹ Procès de Fieschi et de ses complices, devant la Cour des pairsChapitre 52 sur 71 · CONFRONTATION DE MORXT AVEC NINA LASSAVE · texte numérisé non relu

CONFRONTATION DE MORXT AVEC NINA LASSAVE

Morey et Nina Lassave ont été confrontés. Nina a répété , avec la plus ferme assurance et dans le plus

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grand détail , devant Morey, tout ce qu'elle avait dit à sa charge ; il a persisté à tout nier, sauf cependant la partie du récit de la jeune fille relative aux soins qu'il s'est donnés pour lui trouver un logement, et à la remise de la malle de Fieschi. Il a ajouté que c'était là sa plus grande faute , et que pour tout le reste il ne craignait rien ; il a reproché à Nina de débiter une longue suite de mensonges , et il s'est écrié : « Y )) aurait-il eu du bon sens qu'après une chose comme M celle-là, je fusse allé chercher une enfant pour la » lui conter?» Il reconnaît lui avoir donné quelque argent; il est également convenu qu'il peut avoir parlé à Nina de la manière dont les canons de la machine étaient chargés, et, à cette occasion, il a développé une théorie sur l'art de charger les armes à feu , qui ne laisse pas , dans une pareille circonstance , d'avoir quelque importance dans sa bouche.

Le carnet de Fieschi a été trouvé dans les latrines de la maison n°. aS], rue Saint- Victor, habitée par Morey. Il est constant que la fille Lassave est retournée chez Morey après l'ouverture de la malle ^ le dimanche a août, mais elle affirme que les ouvriers de M. Morey lui ayant dit qu'il n'y était pas, elle n'est pas entrée dans la maison^ et personne ne dit l'y avoir vue. Morey, cependant, prétend n'avoir eu aucune connaissance du carnet de Fieschi; il ne l'a point emporté, il ne l'a point jeté dans les latrines oii on l'a trouvé ; il attribue à Nina cette action déloyale.

Morey a fini par avouer que c'était lui qui avait fait connaître Fieschi à Pépin, et qu'il le lui avait présenté sous son véritable nom, depuis que Fieschi ne logeait plus chez Morey, c'est-à-dire depuis le mois de janvier.

ET DB SES COMPLICES. ngS

NOUVELLES DÉNÉGATIONS DE HORET. — BALLES SAISIES A SON DOMICILE ET TROUVÉES A LA BARRIÈRE MONTRECIL.

Itérativement interrogé sur toutes les circonstances à sa charge, déclarées par Fieschi ou par Nina , Morey a persisté à tout nier. Il a soutenu que Fieschi était un imposteur; que c'était lui qui, pour débarrasser sa chambre, avait remis des balles à la fille Lassave , qui les avait portées hors de la barrière et avait, contre toute vraisemblance, accusé Morey de les y avoir déposées. Car, en admettant, a-t-il dit, qu'il eût des balles en sa possession et qu'il voulût s'en débarrasser, il aurait été bien plus naturel qu'il les jetât dans la rivière^ en passant sur le pont d'Austerlitz, que de les porter péniblement hors de la barrière du Trône, d'aulant plus qu'il ne pouvait avoir aucun intérêt à les retrouver, puisque, pour quatre sous , il aurait pu fondre plus de balles qu'il n'y en avait dans le sac qu'on lui a représenté, tandis que , pour quatre sous , il ne voudrait pas faire une course aussi longue.

Les balles saisies chez Morey , les balles trouvées dans un sac de toile, hors de la barrière du Trône, et que JNina Lassave a déclaré y avoir été jetées par Morey, et diverses balles extraites des corps de diversespersonnes tuées ou blessées, sur le boulevart du Temple, au moment de l'explosion, d'autres balles enfin ramassées sur les boulevarts, aussilôtaprès Tévénement, ont dû être comparées entre elles par un. expert. Il résulte de son rapport que les soixante-six balles, trouvées hors de la barrière de Montreuil, sont toutes égales entre elles , et par conséquent sorties, à la même époqne , du même moule; enfin, qu'elles étaient toutes aptes à charger les canons de la machine Fieschi, puisqu'eîlesentrent librement dans

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sept de ces canons^ et qu'à Faide d'une baguettede fer ou de bois, on peut les introduire dans les autres, en se servant d'un maillet, et il a été saisi chez Fieschi une tringle qui paraît avoir servi à cet usage. Il est constant que ces balles sont, généralement de quelques grains , plus lourdes que celles qui ont été extraites des corps de M. le lieutenant-colonel Rieussec, et de MM. les grenadiers de la garde nationale. Léger et Ricard ; que , cependant , il s'en est trouvé une du même poids , et une autre plus légère de quelques grains j enfin^ qu'elles sont exactement d'un poids égal à celles qui ont été recueillies sur le boulevart, et qu'elles n'en diffèrent que par leur forme , qui a dû nécessairement s'altérer dans les canons de fusil, et parle choc des corps, plus ou moins durs, qu'elles ont rencontréslors de leur projection. Mais ces balles n'ont aucun rapport avec celles qui ont été trouvées au domicile de Morey, et ne peuvent entrer dans aucun des moules qui ont été saisis chez lui.

Morey est inébranlable dans ses dénégations. Quand M. le Président lui a parlé du petit modèle de la machine que Fieschi aurait présenté à Pépin, il s'est écrié : u M. Pépin est un honnête homme, et il au- )) rait bien remué Fieschi, si celui-ci lui avait pré- » sente un projet pareil. » Quand M. le président lui a demandé s'il avait quelque souvenir des conversations qui auraient eu lieu entre Pépin, Fieschi et lui, sur les conséquences de l'attentat de Fieschi, et sur le parti qu'il faudrait en tirer pour organiser un gouvernement provisoire, il a répondu : « Il faut avoir » des capacités pour faire des choses pareilles, et je » vous demande si ce serait un homme de mon âge » et de mon état qui entreprendrait des choses sera- » blables. »

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Dans le cours de l'instruction, celui que l'on conjecture être le même que Morey, a été désigné plusieurs fois comme vêtu d'une redingote bleue et d'un pantalon blanc, ou d'un babit noir, et coitFé d'un chapeau noir ou d'un chapeau gris. On a saisi chez Morey, une redingote verdâtre ou bleuâtre qu'il porte habituellement, un habit de drap noir, un pantalon de croisé de coton blanc, un chapeau de soie noir et un autre de feutre gris.

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