MEMOIRE JUSTIFICATIF DE PEPIN
11 commence , dans ce mémoire , par repousser de toute la force de sort ame les fausses allégations de Fieschi , qui ne sont fondées, dit-il , sur aucun fait , aucune preuve, et dont plusieurs sont des mensonges avérés. Il est dans sa destinée d'être en butte à de mensongères accusations. En i832, les faits les plus graves lui furent imputés, ils furent reconnus faux : ceux qui les avaient avancés ne voulurent pas se rétracter, et cependant, conlradictoirement aux rapports de deux généraux, appuyés par cinq ou six colonels et autres officiers, il fut prouvé que Pépin était l'officier de sa légion qui s'était le mieux montré pour le maintien de l'ordre; que pas un homme n'avait été blessé devant son domicile ; que pas un boulet n'avait été tiré dans la rue qu'il habitait ; que les fusils qui avaient été saisis chez lui et qu'il était chargé de délivrer aux gardes nationaux de sa compagnie étaient neufs et n'avaient jamais servi , et qu'il n'avait pu mettre le pistolet sur la poitrine d'un grenadier du i6« régiment de ligne , puisqu'il était
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sans armes. Plus tard , un ouvrier qu'il avait occupé pendant huit à dix mois, et qu'il avait renvoyé pour cause d'infidélité , le dénonça comme détenteur d'armes et de munitions de guerre ; deux fois il fut traduit en police correctionnelle , et deux fois il fut renvoyé de la plainte : le délateur qui l'avait si calomnieusement dénoncé subit en ce moment la peine de deux années d'emprisonnement , à laquelle il a été condamné pour vol domestique. « Garrot » m'accusa, dit Pépin, parce que je l'avais renvoyé a pour cause d'infidélité 5 Fieschi me désigne comme )) son complice, parce que je le renvoyai pour d'au- 3» très motifs. Il y a long-temps que des hommes à )) qui je n'ai jamais fait aucun mal, que je n'ai jamais )) connu, ont déclaré, en lieu public, qu'ils sauraient » m'envelopper dans une mauvaise aû'aire et me » perdre. Plus tard , un portefeuille rouge fut jeté )) sous un de mes comptoirs, contenant des papiers )) séditieux : il a été remis à l'autorité en temps » utile.
Pépin donne ici un aperçu de sa situation financière ; il en résulte qu'il a des dettes. « Ainsi con- » tinue-t-il, je suis sans argent à pouvoir disposer; » je suis sans connaissance qui puissent m'en procu- )) rer , sans ramifications au dehors ni en France. » Bescher dit Fieschi n'a pas dû mettre à exécution » son fatal projet sans espoir d'une forte récom- » pense, et je n'étais pas en position de fortune » pour pouvoir la lui offrir. Père d'une nombreuse » famille , je n'aurais d'ailleurs aucun intérêt )) à un changement de gouvernement -, mes ca- » pacités sont restreintes aux affaires commer- » claies et industrielles. Quels motifs m'auraient donc » porté à me rendre complice d'un acte aussi cruel ?
)) Quatorze annëes d'un commerce honorable etlabo- » rieux répondraient à dix calomniateurs comme » Bescher ou Fieschi. Au surplus, où sont mes con- » seils, mes adhérens ? il n'y en a point. Je suis sans w ramification avec aucune société politique^ je prou- » verai, par l'attestation de commerçans ou indus- M triels honorables, que mes antécédens sont ceux )) d'un homme d'honneur , de moralité et de vertu ; )) c{ue j'ai toujours fait le bien et jamais le mal ^ que » j'ai secouru mes concitoyens dans le malheur, tant » que je l'ai pu.... Dans ma conviction, on profite » de ma faiblesse, du malheur de mes injustes persé- )) entions antérieures, pour me faire servir de plas- » tron, pour dénigrer une conviction généreuse.
PROFOSITION DE VENDRE LES SECRETS DE LA POLICE AUX JOURNAinC. — DERNIER MOT DE PEPIN.
Pépin est revenu sur la proposition de vendre les secrets de la police aux journaux, par le moyen des accointances qu'avait Fieschi avec des agens de police , qu'il prétend lui avoir été faite par ce dernier ; il a insisté sur les rapports habituels de Fieschi avec ces agens. Fieschi est convenu qu'il avait fait des mensonges de cette nature pour se rendre agréable à Pépin-, et il a présenté l'avidité de celui-ci à saisir toutes les occasions de servir les journaux de son parti, le Réformatenr surtout, car il parlait peu du National^ et son empressement à se mettre incessamment en hostilité avec la police , comme une nou- Telle charge contre Pépin.
On a saisi chez lui un dessin fort grossier , mais qui semble indiquer les principaux linéamens de la machine infernale. Ce dessin lui a été représenté , il n'en avait conservé aucun souvenir; il l'a attribué à la fan] taisiê on an caprice de ses enfans:
iTanl). ehi^Srnut ^ouiJin.lib Hdit, rue O uincainpoia, 3J
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