II. Je ne le pense pas
D. Lors du procès auquel ces événemens ont donné lieu, »'avez-vous pas colporlé dans le quartier que vous habitez des iinodèles de protestations, rédigés au nom des gardes nationaux, .contre le service qu'on leur faisait faire à la chambre des pairs?
R. Non , monsieur; je n'ai pas colporté , comme on veut bien le dire..,.
Le PRKsroENT. — Vous avez entendu ce que Fieschi a dit : cet égard.
'^ Fiesclû persiste-t-il dans sa déclaration?
Fieschi. — Oui, M. le président. Je pense que le sieur Dècle , qui est appelé comme témoin; s'il veut dire la vérité, il dira que moi-même je lui ai parlé de ce que M. Pépin m'avait prié de faire signer la protestation si je connaissais des gardes lîationaux. Il m'a répondu qu'il ne l'était pas et que ça ne le regardait pas.
Pepitv. — Je ne puis répondre à cela que par une dénégation.
D. Connaissiez-vous Morey?
B.. Oui, monsieur le président, ainsi que je vous l'ai dit dans mon interrogatoire.
D. Depuis combien de temps le connaissiez- vous?
R. Quelque temps après que je vins habiter le 12* arrondissement.
D. Où l'avez- vous connu?
R. Dans cet arrondissement ; il était mon voisin.
D. Quelles ont été vos relations avec lui ? fi R. Je crois que la première fois que je l'ai rencontré , c'est dans l'Union de Juillet.
■ D. Il était doue membre de celte société avec vous.
/ R. Je crois que oui.
D. N'était-il pas membre aussi de la section des Droits de 1 homme dont vous étiez chef,
R. Je n'ai jamais été nommé légalement chef de section. J'en remplis les fonctions deux , trois, peut être quatre fois, eu place du véritable chef , peadant un voyage qu'il faisait. C'était un négociant manufacturier.
Je vous fais remarquer que s'il paraît l'ésulterde rinstruçlion queMorey vous aurait livré une fois un harnais ou telle autre chose de sa profession , il en résulte également qu'il n'était pas le fournisseur habituel de votre maison. Par conséquent vos relations avec lui ont dû avoir une autre origine que celle que vous avez assignée d'abord.
R. J'étais son voisin.
D. Vous connaissiez , sans doute , ses opinions exaltées.
R. Ses opinions ne me parurent jamais exaltées.
D. N'avez-vous pas quelquefois diné chez Morey . et notamment dans le mois de juin , en compagnie de plusieurs s^utres personnes.
R. J'y ai diné une fols , autant que je puis me le rappeler.
D. Quelles étaient les personnes qui se trouv aient à dîrer.
R. Je ne pourrais vous le dire.
D. Morey , de son côté , nVt-il pas plusieurs fois dîné chez vous.
R. Il y a diné une fois. C'est tont.
D. Vous avez dit tout à l'heure que Fieschi litait le seul individu poursuivi par la justice auquel vous aviez donné à coucher; cependant dans vos premiers interrogatoires, vous avez déclaré qu'il n'était pas le premier à qui vous aviez donné à coucher , que plusieurs patriotes étaient aussi venus vous demander asile , et que vous ne le leur aviez jamais refusé.
Il se peut que j'aie dit cela ; mais c'est sans doute une ererur, après mon arrestation , la pensée de ma femme, de ma familiei^ jetées dans les prisons , tout cela m'avait troublé les idées. Jç le répète , il se peut que je l'aie dit; mais je ne pense pas que qui que ce soit puisse dire que j'ai , proprement dit , caché d'autres personnes que Fieschi.
LE PRÉSIDENT. Je ne vous inculpe pas d'avoir caché telle ou telle personne , mais je dois vous faire remarquer cela pour établir les différences qui existent dansvoa déclarations.
I). Counaissez-Tous Boireau ?
R.Non.
D. îf'est-il jamais allé chez vous?