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…et la troisième arcide, le courant pourrait certainement entraîner un cadavsé jusque chez Cadoret.. . } G de
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Par M. Carter.—Je ne pense pas qu’un homme puisse passer pon à travers les gardes-corps, en traversant le pont Biron. Sur ce #ress pont, il y a des madriers, qui sont plus longs les uns que les au. fu ct tres ; il y a deux endroits où les madriers ne vont pas jusqu’au feu garde-corps. Au meilleur de ma connaissance, je suis passé, le 1 Be. avril, sur ce pont. vers onze heures moins dix ; j'ai rencontré un Mieu homme qui allait du côté nord de la rivière ; il était près de la hui Fusil tième arcade, à compter du côté sud. FF
Par M. Johnson.—Je ne puis pas dire quel était cet homme, s 80
mais j'ai pensé que c’était le prisonnier. J'étais avec ma femme; Aix € elle en a eu peur; elle trouvait qu’il avait mauvaise mine. et j'e Par la Cour.—Les trous dont j'ai parlé, qui sont formés par #ena les madriers qui ne vont pas jusqu’au garde-corps, ne sont pas ne assez grands pour qu’un homme puisse passer à travers. J'ai \ JEAN TURCOTTE —Je suis meûnier au moulin de M. Des. que ( saulles.Le jour que le corps a été trouvé, j'avais ouvert les pel. 4 P4 les, pour faire échapper l'eau; je pense que c’est cela qui a eu pluti l'effet de faire lever le corps. Une personne tombée à l’eau sous de 84 la 8me arcade, aurait été conduite là où on a trouvé Charron. 1 J MADAMKH DESMARAIS,. (Rosalie Tétreau).—Je suis restée ‘de e 13 jours à St. Hyacinthe, chez Ducharme, aubergiste, vers le 2 pvril avril. Fat vu le prisonnier chez Ducharme, le lundi matin quia Je 5 suivi le 2 avril. Ce jour-là, le 2 avril, j'ai vu Beauregard deman- ‘suis der de la boisson à crédit à M. Ducharme. Ilan dit à ce dernier dup qu’il aurait de l’argent pour le payer, le jour même, d’une person- près] ne qui en avait beaucoup; qu'il en aurait même pour avoir sa ‘trois licence. Le soir de ce jour-là, j'ai remarqué que le prisonnier du avait une petite corde au poignet, tenant à quelque chose qu'il Dans avait dans son surtout. Le lundi matin, il est revenu demander riviè de la boisson, disant que cette fois il avait de l’argent, pour la ‘Pas payer, et même pour payer sa licence ; et il a fait venir une traite avril de huit verres.—I1l y avait là un M. Guertin.—Le prisonnier lui xièm a dit: “ Je t'ai rencontré samedi sur le pont, à onze heures ; m'as. ‘barr tu reconnu?” Guertin a répondu : “ Peut-être.” Le prisonniera cette repris: “ As-tu été pogné sur le pont, et est-ce toi qui a crié au aus meurtre” Guertin a répliqué: “ Jai été pogné un autre jour, N mais non pas samedi.” Beauregard a ajouté : “ Comme je reve. dern nais sur le pont, rendu au bout, du côté de la ville, je crois avoir Laf entendu crier au meurtre; ce sont peut-être mes oreilles quiont flam fait cela.” It Par M. Drümmond.—Ta conversation que j'ai rapportée plus :S0nt haut, a eu lieu vers huit heures et demie, le lundi matin. Dans vers
ce moment, Guertin était en train. qua
SARSFIELD N. NAGLE.—J'étais à St. Hyacinthe, dans che: une maison située au bout du pont, au Sud, le 2 avril dernier — pas Entre dix et onze heures du soir, je suis sorti de la maison; j'ai dan entendu des cris venant du pont ; j’ai regardé et j'ai aperçu un I
objet que je n'ai pu distinguer; le bruit que jai entendu m'a s0n fäit croire qu’il y avait une voiture ou plusierrs personnes sur le ,con
8 puisse passer bont.—Ces cris me paraissaient venir d’une personne en dé. Biron. Sur ce@resse. Lorsque j'ai êté sur le pont, l'objet en question gagnait ins que les au. Gu côté de la ville.—Le lendemain matin, dimanche, j'ai vu, vers 4 t pas jusqu’au heures, le prisonnier à l’autre bout du pont, tenant quelque chosuis passé, le 2 Be. Une heure plus tard, j'ai encore vu Beauregard, vers le mi- 1 rencontré un ieu du pont.—L'objet qu’il tenait dans la main pouvait être un près de Ja hui. Fusil.
F. X. CHARRON.—J'étais chez mon oncle, à St. Hyacinthe,
it cet homme, de soir du 2 avril dernier. Nous étions à jouer aux cartes. Entre ec ma femme; dix et onze heures, j'ai entendu trois cris; nous sommes sortis, e mine. et j'ai entendu crier deux fois: au meurtre ! au meurtre ! ces cris
nt formés pat #enaient du pont, du côte du village.—Le lendemain qui était , ne SOht pas dk dimanche, je suis allé vers l’endroit d’où étaient venus les cris. avers. J'ai vu une tache de sang sur le petit pont, celui qui communilin de M. Des. que du pont Biron au moulin de M. Dessaulles, uvert les pel. # Par M, Drummond.—La tache de sang que j'ai vue était cela qui a eu plutôt près du pont Biron, que près du moulin.—Je n’ai pas vu e à l’eau sous de sang sur le grand pont.
> Charron. . JULIEN MIMEAU.—Ma maison est située sur la rue Casca- Je suis restée ‘de et fait face au pont.—J'étais chez moi, dans la soirée du 2 ste, vers le 2 pvril, et je me suis couché vers 10 heures. Le dimanche, 8 avril, li matin quia je suis sorti de ma chambre vers 5 heurés du matin.—Je me egard deman- suis rendu à ma porte de sortie.—J'ai aperçu Beauregard au coin à ce dernier du pont ; quand il m'a vu, il s’est misà marcher allant à peu l'une person. près jusqu'aux troîs quarts du pont et revenant ensuite.—[l a fait jour avoir sa trois voyages comme cela en regardant sur le pont et à côté e prisonnier du pont; une fois il s’est penché pour voir en bas du pont. e chose qu’il ‘Dans ce temps, il faisait assez clair pour voir de l’autre côté de la iu demander rivière.—Le prisonnier avait un fusil à la muin.—Je ne sache vent, pour la ‘pas qu'il y ait du gibier dans cette partie de la rivière.—Le 8 ir une traite ‘avril, j'ai vu une tache de sang surle pont Biron à la deurisonnier lui xième arcade à peu près.—A la troisièmé arcade, il y avait une eures ; m'as. “barre du garde-corps qui était partie. C’est le 8, que j'ai fait prisonniera ‘cette dernière remarque. Le dimanche matin, 3 avril, j'ai vu qui a crié au aussi, après quatre heures, Lusignan aller sur le pont.
autre jour, : NARCISSE ROBITAILLE.—J'étais à St. Hyacinthe le 2 avril mme je reve. dernier.—Pendant Ja veillée, je suis allé chez Guertin et chez e crois avoir Laflamme. Il était 9h. moins 15m. quand je suis allé chez Lailles quiont flamme avec M.Guitté, propriétaire du Courrier de St. Hyacinthe.
NII était 114h. quand je suis parti de chez Laflamme. J’y ai vu le pri-
portée plus sonnier et Charron. Je ne les ai pas observés particulièrement ; tin. Dans vers 9h. ils étaient tous deux dans la barre. Je ne sais pas quand ils sont partis Je ne pense pas qu'ils fussent encore nthe, dans ‘chez Laflamme quand je suis parti à 114h.; au moins, je ne les ai l dernier— “pas aperçus—Je les ai vus plusieurs fois durant la veillée, penmaison ; j'ai dant que j'étais là.— Je ne les ai pas vu boire. aperçu un Par M. Carter.—J'ignore à quelle heure ils sont entrés et s'ils ntendu m'a ont entrés ensemble,—Je ne les ai pas vus chez Guertin —Je nnes sur le connais Félix Fontaine, homme de police et témoin déjà en-
FFASSoéRS
tendu.—Je ne pourrais dire quel est le caractère de cet
omme.
JOSEPH CHATEL.—Je demeurais à St. Hyacinthe, le 2.
avril dernier.—Le dimanche matin, 8 avril, je pose sur le pont Biron, et j'ai été surpris de voir du sang sur le pont, à 90 pieds de l’embaurquement près de la troisième arcade. Le sang était frais; j'étais seul et je m’en allais alors à l’église pour la basse messe. Le sang était répandu par uihoards de distance
en distance. J'ai vu une pierre ronde, grosse comme le poing, :
près de ce sang. En voyant cette pierre, j'ai pensé que le meur. tre avait été commis avec cette pierre. |
Par M. Curter—Il était bien facile aux personnes qui passaient sur le pont de voir ce sang. Au bout de huit jours, le US effacé.-—J'al vu ce sang tout le jour dont j'ai parlé.
En Pr © ra
LSON HUGUES.—Je suis de St. Hyacinthe et je connais |
le prisonnier. Le 2 avril dernier, je passais sur le Pont Biron avec un numwé Simard ; le prisonnier nous rejoignit et comme on parlait d’un irlandais qui avait été pris par la police, la veille, le prisonnier a tiré une garcetle de‘sa poche, et en donnant un coup sur le pont, il dit: “ S’il en venait un pour me prendre je lui ferais ça.” —Cette garcette était formée d'un boutdeeâble au bout duquel il y avait quelque chose de dur et qui frappait bien fort.
ab et MIMEAU-—est de nouveau appelé dans la boîte-des témoins. ’
Par M. Drummond.—J’avais oublié de dire, à propos des trois voyages que le prisonnier a faits sur le pont Biron, qu'il était allé sur le petit pont qui communique du grand pont au moulin et qu’il s’y était arrêté à peu près une minute et demie, près de l'endroit où j’ai remarqué cette tache de sang, le mardi 5 avril dernier.
DENISE DANSEREAU-—es: rappelée.
Par M. Carter.—J’ai mis 7 ou 8 minutes pour me rendre de ma
chambre à la porte lorsque celle.ci a été défoncée. Je m'en suis allée ensuite, dans la salle à diner qui est sur le derrière de la maison.
JOSEPH LUSIGNAN.—Je suis en ce moment prisonnier à Montréal. Je demeurais à St. Hyacinthe, le 2 avril dernier. Je connaissais le prisonnier depuis une dizaine d'années. Le jour en question, j'ai vu le prisonnier plusieurs fois; entr‘autres, sur le marché de St. Hyacinthe vers 2 h. après midi.—Je suis allé chez Laflamme, dans la veillée vers dix heures ; avant d‘y aller je n‘avais pas pa"lé au prisonnier. Quand je suis entré chez Laflamme
il y avait là MM. Paillon, Maurice, Robitaille, L‘heureux, Civalier, Guitté, Soly, Charron et le prisonnier, Onaéteint lachan- *
delle deux ou trois fois. J’ai vu le prisonnier tenant Charron par
Je-bras ; il voulait l’amener coucher chez lui; une couple de fois :
le prisonnier a dit au témoin : “ Viens chez moi, tu seras bien.” Le. prisonnier. a gussi demandé à Charron de Fargentà.emprun: ter, disant que c'était pour payer‘a licence ; il s’est retourné vers \ .
ctère de cet
acinthe, le 2
is sur le pont .
nt, à 90 pieds Æ sang était lise pour la | de distance
me le poing, :
que le meur.
sonnes qui huit jours, le ont j'ai parlé.
moi en disant : “ De l'argent, de force ou autrement, j'en aurai toujours ben ;” Il m’a demandé 30 sous et je lui ai dit que je n’en avais pas. Alors ila demandé à Charron: “ Qui puie la traite de nous deux ?” Le défunt a dit: ‘“ C'est moi,” et il a tiré un 30 sous de sa poche. M. Laflamme a amené 4 verres, un pour moi, un pour M. Civalier, un pour Charron et un pour le prisonnier. J'ai remarqué que Beauregard portait une garcette; il nous fa montra en disant : “ C’est avec cela que je mouche ” les hommes. Alors je suis sorti de chez Laflamme par la porte de cour, et je me suis rendu vis-à-vis de chez M. Barnes, à un arpent de chez Laflamme, dans la direction opposée au pont Biron. Ensuite, je suis retourné sur mes pas dans la rue Cascade, et j'ai passé devant chez Laflamme. J'ai vu Beauregard et Charron allant du
| côté du pont ; je les ai suivis à 50 pieds de distance. Le prisonnier
et Je connais |
e Pont Biron nit et comme lice, la veille, n donnant un prendre je lui câble au bout it bien fort.
8 la boîte des
bpos des trois on, qu’il était nt au moulin emie, près de mardi 5 avril
rendre de ma Je m'en suis lerrière de la
prisonnier à dernier, Je , Le jour en autres, sur le suis allé chez aller je naez Laflamme ureux, Civaeint la chan- Charron par uple de fois
tenait Charron par le bras gauche ; vis-à-vis la maison de feu M. Brunelle, Charron est tombé ; le prisonnier l’a relevé brusquement. Ensuite, ils ont pris le pont, allant du côté du sud. J'ai traversé le petit pont 2t je me suis accoté sur le moulin de M. Des-
saulles. Vers la deuxième ou la troisième arcade, je les ai vus
s'arrêter ; le prisonnier a levé la main sur Charron; alors Charron a crié: “ Tue moi pas! Tue moi pas !” et il a écrasé. Dans ce moment, j'ai entendu un chien japper près d’eux. J’ai traversé le pont et je me suis accoté sur l1 maison de feu M. Brunelle, J'ai vu le prisonnier peser sur Charron, pendant environ 2 minutes, le prendre et le jeter à l’eau. Le prisonnier est alors venu vers moi et il m'a reconnu. Il m'a dit: “ Est-ce toi, Lusignan ?? “ Oui,” ai-je répondu, “ bien que trop pour ton malheur,” “ Si tu as le malheur d’en parler ” m'a dit le prisonnier, “ je t'en ferai autant.” Il m'a dit cela 8 ou 4 fois. J’ai dit au prisonnier: “ Beau. regard, je ne te déclarerai pas.” Alors il me dit: “Sijene te connaissais pas pour un homme pas bavard, je ne te laïisserais pas” Nous avons ensuite marché un bout ensemble, lé prisonnier et moi. Beauregard m’a donné dix chelins en 30 sous. Je ne voulais pas prendre ces 30 sous, mais le prisonnier m'a dit: ‘ Si tu ne les prends pas, tu mourras comme je viens de faire.” J'ai pris son argent par crainte. Arrivés à la maison de Cadoret, nous nous sommes séparés et je n’ai pas vu quelle direction a prise le
risonnier ; je ne l’ai revu que le lendemain, vers six heures et
emie, à la maison de M. Hogue., J'ai demandé à la fille de me verser un coup, et j'en ai offert un au prisonnier. Nous avons pris un coup ensemble ; c'est moi quiai payé. Nous étions pour
. sortir de l’auberge, mais Beauregard m'a retenu par le bras et . m'a montré des rouleaux d'argent. Parmi cet argent, j'ai vu un : dix piastres en or. 11 m’a semblé que le prisonnier avait £20 ou « 25; il me dit: “ J'en ai de reste pour payer ma licence, s'ils me
l'accordent.” Puis, nous nous sommes laissés. Le mardi ou le
| mercredi de la semaine suivante, j'ai rencontré le prisonnier chez un M. Benoit; il me dit: “ Fais le mort, où bien tu mourrass” ef je ne l'ai plus revu qu’au Nr 1 huit jours, quand il a été pris.
“J'ai dénoncé le prisonnier quand M. Delisle est venu à St. Hy2cinthe. Quelques jours avant le 2 avril, Beauregard m'avait dit qu'il avait loué une maison pour tenir une auberge, ajoutant: & J'ai payé un gros prix ; j'ai besoin de caresser quelques grosses bourses.” il mé dit qu’il en connaissait plusieurs.
Par M. Carter.—-Dans le mois d'avril, je demeutais sur la rüe Cascade, trois ou quatre arpents plus bas que chez Laffamme.
Quand je suis allé chez Laflimme [e 2 avril, j’arrivais de chez \ 1
Movussette le charretier où je m'étais rendu en sortant de chez \ ei
moi. JI pouvait étre dix heures quand je suis entré chez Laflam- * p:
me. On se chicanait dans cette maison. J'y suis resté environ #« re
une heure. C’est Félix Robitaille qui a éteint ki chandelle, (On * L
| demande au témoin s‘il n’a pas dit devant le coroner qu'il nesavait © al
À pas qui avait éteint la chandelle, et il répond, non. La déposi- \ £& tion prise devant le coroner est produite, et il y est dit que le té- ® vi : moin ne sait pas qui avait éteint la chandelle.) Vous dites, main- © P' Li tenant que c’est Robitaille qui éteignit la chandelle, et que Mau- : 4. rice l’a allumée ; n’avez vous pas dit dans votre déposition prise c devant le coroner: “ Maurice éteignit la chandelle et les autres el furent éteintes, sans que je puisse dire par qui ?”’=-Je pense avoir re 4 déclaré cela. C’est après que les chandelles furent éteintes que © d \ la traite dont j'ai parlé a été prise. Avant de m'’avancer pour là 4 prendre cette traite, j'étais dans la salle. Autant que je puis me re . rappeler, on n’a pris alors qu’une traite de 4 verres. IF n’y avait Li Fe pas d'autres personnes dans la barre que celle qui ont bu. Je cl ñ n'avais pas parlé de cette traite dans ma déposition. (On lit cette 2? © il partie de la déposition du témoin donnée devant le coroner: “La © cl 1h traite fut bue par Beauregard, Civalier, Charron, une personne af 1 dont je ne me rappelle pas le nom, et moi. Nous avons bu du U l .Whiskey.”’) Quand je suis sorti de chez Laflamme allant dans re 4 une direction opposée au pont, j'ai marché à peu près une demi- q | arpent. Je suis ensuite revenu sur mes pas. (On lit cette partie fe de la déposition du témoin devant le coroner: “ Je suis allé dans al il la direction de ma demeure à un aroent ou un arpent et demi; m le il ma maison est dans une direction opposèe au pont”) Quand j'ai Ju à vu Charron et le prisonnier, ils étaient devant la maison de Bel- qt na humeur, Le prisonnier tenait le bras droit le Charron avec son Fe = bras gauche. J'étais du côté dumoulin de M. Dessaulles, quand à lil le prisonnier et Charron ont pris le pont. (On lit cette partie de ca h la déposition devant le coroner: “ En arrivant au pont, Beaure- pa gard conduisait Charron du côté sud; je pris alors une place sur D l’embarquement du pont; j'étais appuyé sur les gardes-corps, … €t
ayant le pied gaucho sur le grand pont et le pied droit surle pee =
: tit pont.”) Je ne puis pas dire dans quelle position était Charron *. 81 ï. quand il a écrasé. (On lit cette partie de la déposition du témoin: = Pt ét # Au premier coup que reçut Charsen, il tomba la face contre à D hi terre, et je crois qu’il était dans cette position quand il reçut le ; second coup”) Quand j'ai changé de place, je suis allé près de la dé
"Maison de” Girard, mé” ténant sure parapetk - Je me trouvais à Î'é
ni] ne bi id
à St. Hya m'avait dit
ajoutant :
les grosses
3 sur la rue Laflamme.
ais de chez ant de chez ez Laflamsté environ delle, (On ‘il ne savait La déposi-
it que le tédites, maint que Mausition prise t les autres pense avoir teintes que ancer pour je puis me ÎT n'y avait
mt bu. Je (On lit cette roner : ‘ La e personne ivons bu du allant dans
s une demicette partie is allé dans t et demi; Quand j'ai son de Belon avec son Îles, quand te partie de nt, Beauree place sur ardes-corps, it sur le peait Charron du témoin :
face contre il reçut le
é près de la »-trouvais à
ra
ÿ #4 os Le:
AURBLGARD. "
une quinzaine de pieds:du pont, et j’observais le prisonnier. Il:
.avait eu une galerie à la maison de Girard, mais il n'y en avait plus; il n’y avait que quelques barreaux. Je ne sais, pas de quelle manière le prisonnier a pris Charron pour le jeter à l’eau. Après
que le prisonnier fut revenu de sur le pont, nous avons. marché ensemble jusque. chez Cadoret; j’ai continué ensuite sur la rue Cascade jusque chez moi. Quand j'eus quitté le prisonnier je ne me suis pas. retourné en arrière.et je ne sais pas si le prisonnier est resté sur la rue Cascade, ou s’il estallé ailleurs, Je n’ai pas parlé à Beauregard avant ce jour-là. Si j'avais crié, lorsque Beauregard était sur le pont, il était assez smart pour me rejoindre. Les personnes qui se trouvaient dans la maison voisine dormaient alors ; et je n’aurais pas pu appeler leur secours sans y aller cogner, et j'avais peur de le faire. Je n'aurais pas pu me rendre en ville pour avertir la police; j'aurais. été obligé d'aller assez loln pour la chercher, malgré que le pont se trouve assez près. Je pense que le prisonnier, dans le moment où il faisait ce mauvais coup, avait un œil sur moi ilme voyait, et sije m'étais sauce en criant au secours, j'étais sûr de mourir, car Beauregard m’aurait tué. .La police se trouve à deux arpents de chez Laflamme. Je ne puis pas dire combien de temps j’aurais mis à courir de là à la police. Je restai près du pont lorsque le prisonnier me regarda, malgré la crainte que j'avais de lui. Je craignais qu’en ce suivant pas Beauregard qui est traitre, il arrivât quelque chose à Charron qui était mon ami. Qui, je craignais, et, c'est pourquoi je n’ai pas parlé de cette affaire ; si je l’avais déclaré, je ne serais pas témoin ici, aujourd’hui. C’est huit jours après la scène dont j’ai été témoin, que Peauregard a été pris. Une enquête a eu lieu devant les magistrats, et malgré que Beauregar! ‘üt alors en prison, je n’osais pas en parler, car je savais que le prisonnier a des associés, mais je ne les connais pas. Ma femme avait requ un subpœna pour moi, je travaillais alors au troisième rang, chez un nommé Laperle. Je suis revenuchez moi, le soir et je vis l’ordre. Je ne me suis pas rendu devant les jug:s de paix ; la cour était finie. Je reçus deux subpæna et lorsque je reçus le dernier par Félix Fontaine, homme de policé, je
revins avec lui à St, Hyacinthe. J’ai paru devant M. Delisle, et,
ià j'ai donné ure déposition ; j’en ai donné une aussi devant le coroner. Le soir du 2 avril j'ai été coucher chez moi; je ne sais pas l’heure à laquelle je suis arrivé. Lorsque je suis allé chez Ducharme, le dimanche matin, il était 6 h. ou 64 h. le prisonnier était là seul, assis sur un banc. La seule autre personne que j’aie vue était une jeune demoiselle qui est venue nous servir. Je ne suis resté qu’à peu près un quart d'heure dans l’hôtel ; j’en suis parti seul, y laissant le prisonnier que je n’ai pas revr cejour-là. Dès que nous eûmes pris nos verres, la jeune fille nous a quittés.
Lorsque j'ai été demandé la première fois pour donner une déposition, je ne l’ai pas fait aussi longuement qu'ici, parce que
. J'étais malade dans ce moment là. Je ne puis pas dire de quelle
+ diagu me
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maladie j'étais indisposé ; je ne crois pas d’ailleurs qu’il soit nécessairé de le dire. Ce que j’ai déclaré devant lé coroner et les magistrats est la même chose que ma présente RATE J’étais malade alors, mais j’avais bonne mémoire. (La déposition donnée devant M. Delisle, est produite par la défens:. M. Delisle déclare, sous serment, que cette déposition est la même que celle qu’il a reçue du témoin. M. Delisle remarque aussi que le témoin semblait hésiter quand il a donné sa déposition devant le Juge de Paix, mais comme il (M. Delisle) voyait que le témoin en savait plus long, il l’a alors renvoyé devant le Coroner.
Par M. Carter.-Lorsque je suis allé chez Ducharme, le dimanche matin, le prisonnier m’a montré de l’argent et il ne m’a rien dit que ce que j’ai rapporté. (On lit la déposition du témoin donnée devant le magistrat: “En rencontrant Beauregard chez Laflamme où il était avec Charron et quelques autres, le prisonnier m'a dit: “ J'aurai l’argent de Charron; s’il ne veut pas m'‘em donner, j'ai une garcette et j’en aurai bien alors.?’) Le lendemain, j’ai revu le prisonnier chez Ducharme ; il m’a dit; “j’ai maintenant de l’argent pour ma licence ; j’ai volé Charron hier, sur le pont Biron; je lui ai pris son argent et sa montre; mais ayant vu venir des hommes au service de M. Nagle, j'ai jeté le corps de Charron à l’eau.’ Il me montra la montre de Uharron, qui était en argent, sans couvercle. Il me dit aussi qu’il avait un billet qu'il avait brûlé, car il n’aurait pu lui servir. Je ne suis pas certain si le prisonnier m’a dit que la montre qu'il avait, était celle de Charron. Je n’ai jamais dit à un nommé Lucas qui se trouve en prison, que j’aimais à y rester, vü que je gagnais quatre chelins par jour, comme témoin contre le prisonnier. Lucas m’a dit ; “ moi je gagne tant, ” et j’ai répondu, “ moi aussi.” Depuis que je suis en prison, personne ne m’a parlé de cette affaire, nilu aucune déposition à ce sujet. Aucun autre témoin n’était renfermé avec moi, dans la prison. Je n’ai dit à personne que si je disais telle et telle chose, je serais pendu, d’autant plus que je savais bien que mon crime n’était pas assez grand pour que je sois pendu. On ne m’a promis ni pardon, ni argent, pour ma famille, pendant que je serais en p'ison. Je n’espère pas en recevoir; si toutefois j’en recevais, je le prendrais; mais j’aimerais mieux m’en aller que de recevoir de l’argent. Je ne me rappelle pas avoir vu un nommé Brisson en prison ; il en entre tant qu’il n’est pas facile de savoir leurs noms à tous.
LUCIE BEAUREGARD.—Le 2 avril dernier, je demeurais à St. Hyacinthe.—Je suis la fille du prisonnier.—Je restais chez mon père.—Lorsque je me suis conchée, il était de dix heures à dix heures et demie. Mon père n’était pas à la maison.—Mon père avait un bout de câble qu’il suspendait à la tête de son lit,
“Ma mère a brûlé ce bout de câble après l'arrestation de mon père.
Par M. Carter.—Le lendemain du 2 avnil, dimanche, j'ai vu le bout de câble pendu à la même place. Je pense qu’il n'y avait pas de sang dessus. ;
Ve
1'il soit néoner et les ition. J’édéposition M. Delisle le que celle que le tén devant le le témoin roner.
, le diman- 1e m’a rien émoin dond chez Laprisonnier pas m‘'em lendemain, ’ai maintehier, sur le mais ayant té le corps hatron, qui ait un bilne suis pas avait, était 1Cas qui se gnaïs quaier. Lucas ussi.” Dette affaire, Loin n’était hne que si lus que je our que je our ma fa- \s en recej'aimerais rappelle tant qu’il
meurais à batais chez
heures à on.—Mon de son lit.
mon père.
, j'ai vu le | n'y avait
. chose dessus.
| s’enlevait uvec facilité.
. péaétrant jusqu’à l'os.
à mn.
6 j vs ‘4 = Par la cour.—Je n'ai pas connaissance que mon père soit venu
+ chez nous cette nuit .Ià.. Je conchais en.haut et mon père en
bas. Mon père pouvait arriver sans que j'en eus connaissance.
PIERRE LAFLAMME.—Je suis aubergiste à St. Hyacinthe, Le 2 avril dernier, j’avais, Je soir, beaucoup de monde chez moi. Je n’ai aperçu le prisonnier dans ma maison, que vers dix ou, onze heures, J’ai vu aussi Charron chez moi, ce soir là. Autant que je puis me rappeier, je crois qu il était près de9 h, quand Charron est parti de chez moi. Il s’en allait alors chez Guertin avec Maurice et quelques autres.
Par M. Drummond.—Entre 10 et 11 heures, le prisonnier n’est resté qu’un instant chez moi. Il était entré avec Pagéet Fontaine. Je ne me rappelle pas lui avoir rien servi avant ce moment. là. Il y avait chez moi, ce soirlà, MM. Delfosse, Préfontaine, Marchessault, Maurice, Guitté et quelques autres dont je ne. me rappelle pas les noms. de EE
LOUIS SCOTT.—Je veillais à St. Hyacinthe chez M. Gervais, le 2 avril dernier ; après la veillée, je suis allé me coucher chez M. Laflamme ; je suis arrivé là à 10 h, J’ai vu arriver le prisonnier, avec Pagé et Fontaine, vers dix heures et quart.
Par M. Drummond.—Je me suis couché vers dix heures et demie, et à cette heure, le prisonnier était encore chez Laflamme.
PHILOMENE MONETTE.-—Je restais chez M. Laflamme, le 2 avril dernier, j'y étais ce soir là et j’y ai vu le défunt vers onze heures. 9
PHILOMENE LAFLAMME.-—Je restais chez M. Faflamme, mon frère, le 2 avril dernier ; Je connaissais Charron. Je ne me rappelle pas l’avoir vu, chez mon frère, ce soir là.
DR. BEAUBIEN.—Je demeure à Montréal. Le 5 mai dernier, j'ai été prié par le Coroner Jones, de me rendre à St. Hyacinthe, où je suis arrivé après cinq heures de l'après-midi, On me conduisit de suite au côté nord de la rivière, près de la maison d’un nommé Cadoret. J’y aperçus un cadavre gisant dans l’eau. Il était couvert d’eau, maïs on avait jeté quelque Je demandui qu’on le sortit de là: on le découvrit. J’aperçus alors qu'il avait ja tête un peu en bas, tournée vers l’ouest, et penchée sur la poitrine ; les bras un peu fléchis, portés en avant du tronc, se trouvant en contact.—La face était couverte de vase un peu gluante, formant une espèce d’enveloppe sur la figure, ce qui empêchait d’en distinguer les traits. Je lavai la figure.—L'officier public fit reconnaître le corps, comme étant celui du nommé Anselme Charron. Il avait une contusion à la racine du nez, au bas du front. L’épiderme dn front Il y avait sur le menton une blessufe Les bords de cette plaie étaient inégaux, formés en zig-zag, couverts de caillots de sang.—Alors, les procédés furent suspendus jusqu’au lendemain matin, où ils furent continués chez un nommé Lussier, en la ville de. St. Hyacinthe.— Le lendemain, je procédai devant le juge.—Le corps fut désha:
ph à
F* NU VS î
billé. Je trouvai la cravate tachée de sang, surtont dans les plis | à ë intérieurs.—La figure était dins son état naturel, maïs il y avait à ä
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di un peu de gonflement. Les yeux étaient bien fermés, sans proé- rl
l minence. La bouche était aussi fermée.—J’ai commencé par ä 4! 4 nettoyer la face complètement; j'ai ensuite enlevé les che- ti ce veux, ce qui fut d'autant plus facile qu’ils tenaient à peine. K: À La peau: attachée aux cheveux et la face du cadavre était d’une.
| teinte livide, et un peu rougeâtre.—J’ai remarqué un enfonce » “ À Es
08 avaient été blessés dans cette partie —Une autre blessure À peu près semblable, se trouvait du côté gauche, au dessus ? ] de l'oreille. Je me suis convaincu par la suite, que les os n’a yaient pas été touchés. J'ai tout bien examiné le corps, dans
| | | | ment derrière la tête, assez profond pour me faire croire que les
de RARE GA nr PATES
F1 sa surface. Sur le bras droit, près de l'épaule, un peu en de- É dl dans et en avant, se présentait une longue tache bleuâtre; une ù il: autre tache, de même apparence, se présentait sur le même côté, È 4! au dessous du creux de l’uisselle. A part cela, le corps ne pré * " Lie sentait aucune lésion ou blessure quelconque ; seulement, les P 4!) arties sur lesquelles le corps avait reposé, étaient violacées. ÿ + tré ai examiné les os, avec le plus grand soin, surtout ceux du crâ- : M ne. Je fis une incision d’avant en arrière, et une autre d'une bi ini oreille à l’autre. J'ai alors détaché la peau des chairs qui pal tiennent à la tête ; elles étaient renversées. Je découvris une S Hi longue et large effusion de sang qui partait d'au dessus et en 1e aval de l'ouverture externe de l'oreille du côté gauche, se diri- L | gai geant en bas et en arrière, en gagnant la base du crâne. Elle ai continuait du côté droit en changeant de directiou, et venait L © sie alors ascendante, se terminant en arrière, un peu nu dessous €. fi de. l'ouverture extérieure de l'oreille du côté droit. Cette ! ” ‘à £ffusion avait à peu près un pouce et demi de largeur, et était, s 1 dans toute son étendue, parsemée de petits caillots de sang. à £ piu Dans cette étendue , à part cette effusion, les chairs étaient com- Ne à me imbibées de sang, Dans les ‘eux tempes, je découvris une L ‘
nn large effusion de chaque côté, pénétrant profondément dans les ÿ $
a chairs jusqu’à l'os Ces deux meurtrissures étaient de même L : a! nature que celles dont j'ai parlé d’abord. Les chairs 6taient L à Là bien plus broyées qu’elles ne l’étaient en arrière.
L La contusion, à la racine du nez, ne présentait nucun caillot b .
l de sang. Le sang était bien plus fluide, et par conséquent, plus ©
A à l’état de décomposition, que celui dont je viens de parler. Le : | crâne a été ensuite ouvert. Les v:isseaux qui se sont présen- L ., 4 tés, étaient remplis de sang coagulé. Cette enveloppe extérieu. 1 . ‘ul re, doublée aussi par la seconde enveloppe, a été ouverte L , 1 complètement par des coupures, telles que celles dont j'ai par- © , Lu lé pour la peau. La substance du cerveau encore-couverte # pa d’un pli de la seconde enveloppe et de la troisième, m'ofirit it une apparence extérieure très congestionnée. ÆEn détachant la ni boîte osseuse, deux déchirures mentionnées dans ma déposition,
‘A ont été faites pendant l'opération. Le cerveau fut mis à décou- |
ns les plis
s il y avait sans proéencé par les chet à peine, tait d’une
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BEAUREGARD. 29 vert ; toute la surface visible se montra extrêmement gorgée. de, sang, 16 cerveau a été sorti de sa boîte. En le détachant de cette partie qui s'engage dans la conduite de léchine, il s'est montré une certaine quantité de sang mélangée avec la substance cérebrale elle-même. (Cette substance du cerveau ne présentait aucun épanchement ailleurs, mais ses vaisseaux étaient partout remplis d'une grande quantité de sang, et surtont la partie la plus externe. En outre, cette substance de la cervelle était très ramolie ; surtout dans su partie inférieure, elle était comme fluide. Il n’y avait aueune fracture aux os du crâne. La racine du nez où se trouvait cette biessure dont j'ai parlé, ne présentait pas de fracture, non plus. |
Je coupai la mâchoire inférieure des deux côtés, et je fis ure large ouverture À la jointure des deux côtés, en eoupant les os des deux épaules, les deux incisions allant jusqu’au bas de la poitrine —l langue était parfaitement saine. ‘Le derrière des fosses nasales, ét le conduit qui va À l'estomac, étaient aussi parfaitement sains.—La partie qui conduit à la respiration était parfaitement saine dans toute son étendue, ne contenant pas d'écume. Le tissu des poumons était parfaitement sain. Le cœur était sain, présentant du côté droit, du sang caîllé, assez bien formé et mou. La partie gauche du cœur était en quelque sorte vide, présentant un tout petit morceau de sang. légèrement cougulé.—Le poumon, dont je viens de parler, a été plongé dans un sceau d’eau, accompagné du cœnr et de la langue; le tout flottait parfaitement. L'estomac était rempli de substances liquides et solides, c-à-d, de portions de viandes dont la nature était peu changée ; il y avait aussi une odeur de liqueurs fortes. Ce qu’on appelle le velouté était noirâtre, ce qui indiquait que cette personne n'avait pas bu, cette fuis-là, pour Ja première fois —Du reste, cette partie était saine. Les entrailles étaient à l’état de santé. Le foie était un peu gorgé de sang, et un peu plus développé que d'ordinaire, au moins ehez la généralité des hommes.—La vésicule du fiel n’était pas beancoup développée ; elle contenait cependant une certaine quantité de bile liquide. La rate était saîne aussi, ainsi que le panchias, la vessie et les reins.
J'en suis venu à cette conclusion, que l'individu dont j’ai examiné le corps, ne s’est pas noyé, ou n’a pas été noyé ; îlne s’est pas tué non plus en tombant dans l’eau,—la position des différentes blessures prouvent cet avancé, que cette individu est mort après | infliction des blessures que j'ai eu l'honneur d'énumérer ;qu’il a succombé par une mort très prompte, eausée par une commotion du cerveau produite par des coups ; que les con. tusions infligées sur la tête du défunt l'ont été par un instrument arrondi ou obtus. Pour complèter ma pensée, l'individu a du être saisi par les cheveux d’une main, et frappé de l’autre sur le crâne. La cravate que l’on me produit est celle dont j’ai parlé—La température de l’eau où a été trouvé le corps,
pouvait le conserver lonotemps.—D'après l’état. dû: endavre, 31 est certain qu'il x été constamment immergé depuis le moment où il a été jété à l'eau, jusqu'à celui vù ila é:é retrouvé.
Par M. Church.—Les symptômes qui indiquent la commotion, varient beaucoup suivant la force de l’action. Il ya des commotions qui ovcasionnent la mort immédiate et qui produisent un broiement. Dans le ças actuel, il n y a pas eu de dérangement ou trouble dans la substance cérébrale ; il y a eu congestion, comme je l’ai dit—Les signes qui se- présentent chez l'individu survivant, sont ceux de l'inflammation et de l'irritation du cerveau. Un individu perd connaissance, plus ou moins vite, selon la force de la commotion.—Je suppose que l'individu perd connaissance bien souvent dans ces cas-là. Si la personne en meurt, il faut que la circulation s'arrête immédiatement. Dans le cas présent, je dis que la mort a été produite aussitôt après que les coups ont été donnés.—Le sang coagulé était bien distinct. Il s’est probablement coagulé, quand les coups se sont donnés. Je pense que l’effusion du sang a eu lieu pendant la vie de l'individu. Je crois que le sang s’est coagulé en très peu de temps, en une demie heure à peu près.—Quand un homme
PROGÈS - - - :
meurt par immersion, il meurt par asphyxie.—La cause de la
mort, dans ce cas-ci, provenait de la cessation de l’action du cerveau. | ET (Le reste de la transquestion confirme ce qui a été émis par M. Beaubien, dans son examen en chef, ajoutant de légers détails sans intérêt pour nos lecteurs.)
DR. MALHIOT.—Je demeure à St. Hyacinthe et j’y demeurais au commencement du mois de mai dernier —Le 5 mai, j'ai été demandé par le coroner Jones, pour aider le Dr. Beaubien à faire l’autopsie du cadavre de Charron. (Le témoin donne les mêmes détails que ceux donnés par le Dr. Beaubien.
DR. MAGLOIRE TURCOTT'E. — J'ai assisté, le 6 mai dernier, à l’autopsie du cadavre d’un nommé Charron. ( Son té. moignage corrobore les dépositions des Drs. Beaubien et Malhiot.)
Alors M. Carter se lève et adresse la parole au jury, en anglais, pendant environ quatre heures.—Cette adresse est suivie de celle de Mr, Drummond.
C'était la sixième journée que les débats duraient ; Mr. Drummond se leva pour adresser la parole aux jurés,en français. Il parla pendant quatre heures ; son adresse fut calme et raisonnée. L’avocat parlait en homme qui se sent chargé de la terrible responsabilité de la vie d’un de ses semblables à défendre. 11 y mit tout le sang-froid et l’habilité qu’on pouvait déployer en pareille occasion.
Voici une analyse succincte de son discours.
Il fit voir toute l’importance et la grandeur du devoir qu'il avait à remolir, devoir dont la gravité n'était surpassée que par l’import.uve encore plus grande de celui du jury, “ Lorsqu’on
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ee devoir, et ics conséquences fatales qui résulteraient pour
accusé d'un jugement mal fondé, on se sent porté À se rappeler et à mettre en pratique cette divine maxime de l'Evangile. “ Ne
jugez pas, si vous ne voulez pas être jugé.” Je n’entends pas par
h, Messieurs, vous faire un crime du jugement que vous pour- Mez porter; non, loin de là; je veux seulement vous montrer la Gravité du devoir que vous avez à remplir, vons faire voirque ous ne devez donner votre jugement que d’après une certitude #omplète ; car, de la manière que vous jugerez votre semblable, Mous serez jugés vous-mêmes; ne le jugez pas témérairement, @ar si un jugement précipité de votre part conduisait cet homme 4 l'échafaud, tout en étant innocent
Mous seriez responsables de sa mort, et on aurait droit de vous de-
u crime dont on l’accuxé,
bander compte de son sang.”
: On a voulu soulever toutes sortes de préjugés contre l'accusé ; préjugé de l'opinion publique, préjagé de la presse qui ne rougit Pas de se fire l'organe de tous les cancans, et de condamner un Fons avant qu’il ait donné un seul mot de justification, et quand la justice a déjà la main sur lui. C’est un moyen peu honorable ét répudié par le droit anglais.
| “ L'accusé à la barre doit être considéré comme innocent tant
D preuve suffisante du contraire n’a pas été faite, ici, en vo-
re présence ; et en ce moment, je suis heureux de le dire, en fa-
Feur de l’accnsé, la preuve de la poursuite est si faible, si contra-
dictoire, que vous sortirez de cette salle avec le satisfaction d'avoir accompli une bonne œuvre, en acquittant le prisonnier d’une accusation mal fondée. ...Je le rérète encore une fois:
Une certitude morale complète vuus est nécessaire ponr motiver
un verdict de culpabilité. Le moindre doute doit être au profit de l'accusé ; vous devez lui en donner le bénéfice. C’est là une règle d'équité naturelle et de droit public si bien exprimée dans œette axiôme du droit criminel anglais : Il vaut mieux que quatre Mingt dix neuf coupables échappent qu'un seul innocent périsse.” Et s’il s’est jamais présenté une occasion oùcet axiôme dûtêtre appliqué, c’est bien dans le cas présent, où non-seutement des doutes s’élévent en faveur de l’accusé, mais où vous avez Dresqu’une preuve de son innocence, ” L'orateur fait remarquer Ê différence de position de l'accusé et du défunt. L’accusé est ün homme sans fortune et sans amis. Le défunt était riche; des amis nombreux ont réussi à créer de chaudes sympathies en
#n faveur; ils ont eu les moyens de faire de grandes recher-
œhes ; ils sont parvenus à créer un préjugé universel dans la ville
"de St. Hyacinthe, et l‘on sait que les convictions se forment sou- Ment d'après les sympathies. “ Le préjugé est tellement général, ‘dit l’orateur, que tout le monde, dans la ville de St. Hyacinthe,
epuis l'homme de police jusqu'au seigneur, semble conspirer ntre le prisonnier ; une foule de personnes dont l'intelligence obscurcie par le préjugé, est avide du sang de cet homme-là.”
lui. ;
Onren a fait une question de partisans ; on se montre. intéressé à.la condamnation du prisonnier ; on interpelle les témoins au 7e sortir de lu boîte ; on leur reproche de n‘avoir pas été assez forts M est contre l'accusé, ‘4 ef, Que dis-je ! messieurs, l‘on a été jusqu'à faire des paris sur le ph sang de cet homme; et, on s‘appuyait sur le préjugé général, M soulevé contre lui, pour croire que votre verdict lui sera fatal. Mais j'espère, messieurs, que vous vous éléverez an-dessus, de ce préjugé et que vous ferez justice de la réprobation dont on a M. voulu couvrir cet homme, avant qu'il ait pu se défendre; je M sais que votre conscience, éclairée par la vérité et la stricte véri- # té, sera votre seul guide. Je ne saurais trop le répéter: il 4 s‘agit ici d‘une chose grave, d‘une chose terrible ; il n‘y a plus à compter sur la pitié et sur la miséricorde ; le temps de la miséricorde est passé; les exécutions se multiplient avec une raridité qui effraie ; le sang humain inonde les échafauds, et l‘on voudrait parler de la douceur de la justice! Non, messieurs, c'est une question de vie ou de mort. Ne dites pas: “ Nous allons toujours condamner l'accusé, mais nous le recommandons à la clémence de la Cour.” | 4 . L'Orateur (sans doute dans l’intérêt de son client) s’élève con- M tre le droit que possède la société sur la vie des individus. Il M proclame qu’il a toujours nié et qu'il nie encore le äroit conféré à quelques hommes de verser le sang de leurs semblables. Il dit # qu'il aurait un grand nombre de considérations philosophiques et M sociales à présenter sur ce sujet, mais il les met de côte pour ne M Paire s‘occuper que des faits de la cause. L‘Orateur entre dans les dé- Li niéd tails des faits, et les explique dans un sens favorable à l'accusé, M 11 dit que, sans le témoignage du nommé Lusignan, tout l'écha. [M fsiage des preuves de la poursuite s’écroûle. Mais on ne doit À xt
pas admettre ce témoignage, d’abord parce que c’est celui d’un 4 «NN, délateur, d’un complice après le fait, et surtout parce que c’est # |; gelui d’un parjure. La loi refuse complètement ce témoigna- # a ge. D'ailleurs, Lusignan est un homme au serment duquel on # Lu ne peut se fier ; il le prouvera par des témoins qui leconnaissent, #4: La poursuite pourra produire des témoins qui donneront Lusi- 4 rap)
gnan comme digne de foi ; mais ces gens ne le connaissent pas, © ,4, ils n’ont que peu de rapports avec lui; ils sont au premier de- # » gré de l'échelle sociale, et Lusignan est au dernier. On doit #
\ n s * (Ü mo plutôt croire des gens qui ont vécu avec lui longtemps et qui que le connaissent à fond. La preuve corroborative se fonde sur une # les espèce de conspiration du prisonnier contre le défunt: maîs on & ne l‘a presque pas vu dans la journée avec lui : le soir, iln‘entre DS 4, pas avee lui chez Laflamme ; il se trouve à sortir avec le défunt, & ,n
et parce qu'il marche quelques instants avec lui, on conclut qu‘il # :
en était le gardien, comme si on était le gardien d’un homme, # AN pour avoir marché un quart d‘heure avec lui. Il n‘y a que Lusi- B à gnan, que personne n‘a vu chez Laflimme, qui dit que le prison- cé nier, chez Laflamme, a demandé à Charron de venir coucher chez pri
tre. intéressé À y témoins au té assez forts M
s paris sur le ugé général, M lui sera fatal, dessus, de ce on dont: on a défendre; je M stricte véri-
à répéter: i
| n‘y a plus à |
de la miséri
une raridité | l'on voudrait |
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Jons toujours Lä
la clémence
| s’élève con-
ndividus. Il
iroit conféré |
lbles. Il dit sophiques et ôté pour ne dans les dé-
à l‘accusé, tout l'échas on ne doit
celui d’un ce que, c’est e témoigna-
duquel on
onnaissent, 4 eront Lusi-
aissent pas,
Les 4 s’est enfin résigné à le dire. | * NC M montagne de ce simple badinage. Ilavait eu soin de nous dire
# que le prisonnier était arrivé à lui, tout essouffé, et en sefrottant de sur une À
it: mais on À r, Îln‘entre À
le défunt, ?
onclut qu'il n homme, »
mps et qui
1 que Lusile prisonucher chez
Le second moyen de la poursuite se fonde sur ce qué Benuegard seul avait à tuer Charron, ayant un besoin extrême de “trouver de l‘argent, et ayant dit qu'il entrouverait bien. Mais la “défense prouvera que, lors du meutre, Beauregard n'avait plus “Let intérêt, ayant trouvé un associé qui devait lui prêter de l'urrent, et qui, même, lui en avait déjà donné. Beauregard, dit-on, ‘avait pas d‘argent avant le 2 avril, et le lendemain de ce jour, en avait beautoup. Mais, il n‘y a que le complice, que le pare jure Lusionan, qui lui ait vu de l‘argent, et l‘on voit quil était:
cs
Eux
dans la plus grande détresse, n'ayant pas pu payer 5 piastres Æau‘on lui demandait sous menace de poursuite. On dira peutêtre qu'il avait intérêt à cacher cet argent; alors, pourquoi serait-il allé montrer cet argent à Lusignanet aurait-il dit à tant de gens qu'il avait de l'argent ? maïs cela s'explique facilement: eauregard avait de l'argent, mais cet argent, c'était celui qu'il (Mavait emprunté d‘un associé, pour sa licence ; il n‘en avait 1 pas d‘autre dont il pût faire usage, pour lui, pour sa famille que les voisins étaient obligés d'assister, Aïnsi, ‘on comprend faci- ‘lement les paroles du prisonnier: J'ai de l‘argent et je n‘en ai ‘ pas.“ L'Orateur détruit l’autre moyen de la poursuite, appuyé sur les paroles mêmes du prisonnier. Ce dernier aurait dit à un des témoins : ‘“ Ne sortez pas le soir avec votre argent ; on
b} pourrait vous tuer; pour moi, je tuerais un homme comme jé «| tuerais un rat, pour avoir de l'argent.” Mais le temps où ces 4 paroles ont été dites, est une preuve que le prisonnier ne voulait | faire qu‘un badinage, jear il n'est pas naturel qu'un homme qui \) médite un meurtre, se serve d‘un pareil langage devant des per- | sonnes qui l‘inculperaïént ensuite. L‘Orateur en vient aux paro- « lés que l‘on reproche si fortement au prisonnier, lorsqu'il répon- + dit à un témoin qui lui demandait où il avait mis Beauregard :
“ Ne soyez pas inquiets, dit-il, il va bien, il va comme un chapeau
qui s'en va sur l‘éiu”
1 “C’est à propos de ces paroles, dit l’orateur, que l’on voit ! combien la disposition dans laquelle se trouve un témoin vis-à- ! vis de l’accusé, influe sur sa manière de voir les choses et de les # rapporter. On a fait un crime au prisonnier de ces paroles qui } n'étaient, après tout, qu'un simple badinage, comme le témoin Ce témoin avait d’abord fait une
les mains, qu’il avait l’air embarrassé et voulait s’éloigner de lui ; mais ensuite, on parvient à lui faire dire, que le prisonnier a coutume de se frotter ainsi les mains, qu'il n’a pas cherché à s’en aller, qu'au contraire, il a continué à marcher avec lui (le témoin), jusque chez Laflamme; qu'il était tranquille comme d‘habitude, et, que lui, le témoin, ne s‘est douté de rien, et que le prisonnier ne faisait qu'un badinage. Rien de plus facile À expliquer que
ces paroles. C‘est une chose si peu importante, que je suis surpris qu'on y ait attaché autant d'importance. Le prisonnier était
Fr
passé avec Charron qui était complétement ivre ; le témoin Fontaine l‘avait vu passer. En voyant revenir Beauregard, Fontaine lui demande où est Charron, et il répond : “ Ne sois pas inquiet, il
est bien, il va comme un chapeau qui s‘en va sur l'eau.” |
Quel crime, vraiment, que le prisonnier ait fait cette réponse àun
homme de police : “ Ne soyez pas inquiets, Charron est bien; vous ! n'aurez pas à le mettre à la police; mais il est bien, il va comme | un chapeuu qui s‘en va sur l‘eau,” c‘est-à-dire, il est si en train | qu'il se balance comme un chapeau qui s‘en va sur l‘eau. (C'est |
une comparaison qui se présente naturellement. à l'esprit, que de
représenter la marche d‘un homme ivre comme le balancement, |!
les oscillations d‘un objet qui flotte sur l‘eau. Et ce sont ces paroles, si naturelles et si simples, que la malveillance et le préjugé
ont interprétées d‘une manière si odieuse et si accablante pour # l'accusé.” L‘orateur fait voir que la santé que Louis Fontaine dit #
avoir été proposée par le prisonnier, en l‘honneur de celui qui s‘én allait comme un chapeau sur l‘eau, est une invention de ce témoin, personne n‘ayant entendu, proposer une telle santé ; que d'ailleurs, dans le cas que Beauregard eût été l‘assassin, il est impossible de supposer que cet homme, encore fumant du sang de sa victime, aurait eu le front de boire à la santé de son cadavre ; c'était se dénoncer clairement, surtout si, comme on ledit, l'éveil donné par les cris de Charron, eût obligé. le prisonnier à s‘enfuir à l'approche de quelques personnes.
On fait encore un crime au prisonnier d‘avoir eu une garcette sur lui, ce soir-là ; mais, lorsqu'on sait qu'il peut y avoir du bruit dans les lieux où l‘on doit passer ; lorsqu‘on suppose qu‘on pourra être attaqué, est-ce un si grand crime que d‘avoir une arme pour se défendre? Un homme riche pourra porter impunément un pistolet sur lui, parce qu'il a quelqu'‘argent à protéger, et un pauvre malheureux qui croira sa vie exposée, sera incriminé, pour avoir paré, pour se défendre, une arme aussi commune qu’une garcette.
t puis, si le prisonnier avait médité un crime, il n’aurait pas montré cette arme à tout le monde, comme il l’a fait. Cette franchise, ces badinages avec tout le monde, sont une preuve des plus fortes, que le prisonnier n'avait jamais eu l’idée du crime qu’on lui impute, et que des suppositions malveillantes, aidées par la honteuse délation d’un parjure, sont les seules preuves qu’on puisse avoir contre l’accusé. | :
L’orateur discute ensuite les témoignages des médecins, Il fait remarquer qu’il y a contradiction entre leurs avancés et leurs conclusions, et les faits de la cause. “ Les anciens médedins, dit-il, ont conclu que le défunt n’était pas mort par submersion, mais qu'il avait été assommé avant d'être jeté à l’eau; qu’il était impossible qu’il se fut tué en tombant sur un corps qui se trouvait dans l'eau, parce que, disent-ils, on a trouvé du sang coagulé sur le défunt; or, le sang ne se coagule qu'après un quart d‘heure au
mgins : done,si le défunt était tombé eur un corps contondant qui. D ; se trouvait dans l’eat, le sang n'iurait été exposé à l'air que
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