‹ Proces de l'Hon. Daniel E. Sickles accuse du meurtre de Philip Barton Key Procureur du district de Colombia a WashingtonChapitre 14 sur 24 · DECISION DU JUGE CRAWFORD · texte numérisé non relu

DECISION DU JUGE CRAWFORD

Le juge Crawford, après un ajournement de quelques minutes, rend sa décision dans les termes suivants :

La proposition qui vient d'être longuement discutée, est celle de la présentation d'une déclaration de la part d'une femme à son mari, pour et en faveur de celui-ci. Il a été dit que ce document n'était pas offert pour établir les faits qui y sont contenus, mais comme une cause excitante, ou l'une des causes excitantes de cet état frénétique d'esprit dans lequel on a dit que le défendeur était lorsque l'homicide eut lieu. Je ne puis voir la distinction entre la preuve qui tend directement à exonérer le mari par le témoignage d'un principal dans une cause criminelle et la preuve qui tendrait à l'exonérer en montrant qu'il n'était pas dans un état à commettre aucun crime.

Dans l'un ou l'autre cas, l'effet doit être le même, l'acquittement. Les res gestœ sont les circonstances qui entourent les faits principaux, qui, dans le présent cas, sont indubitablement l'homicide.

Sur cette règle ou sur ce principe fut reçue cette déclaration du prisonnier — que son lit avait été " souillé," " déshonoré," ou " violé." Une bonne partie de la preuve que nous avons entendue a découlé de là. Je n'ai pas l'intention d'en dire plus long sur ce que sont les res gestœ. Les déclarations de la femme ou du mari, pour ou contre l'un ou l'autre, sont considérées de la même manière que des témoignages rendus dans cette boîte. Supposons que la femme du défendeur soit dans cette cour en ce moment, pourrait-elle être amenée à la barre 1 Pourrait - elle être entendue ? Certainement non. Son témoignage, ou le document dont on a voulu se "servir comme tel, ferait preuve et pourrait servir à prouver sa criminalité, et dans une application pour divorce, il pourrait servir contre elle.

Mais ce document n'aurait pas été recevable, à mon jugement, dans une action en dommages contre le défunt ou dans

PROCES SICKLES

tout autre procédé qui aurait pu être institué contre lui. Ce serait violer des principes et des règles bien établis que de l'admettre. Une telle décision aurait un effet très préjudiciable à l'égard des relations du mari et de la femme, en détruisant leur intimité confidentielle.

En conséquence, la proposition est rejetée."

La défense prend exception de cette décision.

L'examen de Bridget Duffy est suspendu , et Mlle Ridgley est assermentée.

Elle atteste que c'est sa signature qui se trouve au bas de la confession de madame Sickles, et son témoignage corrobore la preuve qui a été faite précédemment par les témoins de la défense et la première partie du témoignage de Bridget Duffy. Celle-ci étant de nouveau appelée, son témoignage est repris. Au moment, dit le témoin, où j'allais faire la chambre de M.

Sickles, le dimanche matin, il y entra en pleurant et les mains dans les cheveux, paraissant en proie au plus violent désespoir. Le témoin a vu passer M.

Key dans l'après-midi de ce jour-là ; elle décrit la manière dont il agita son mouchoir ; le chien de M. Sickles avait traversé la rue en apercevant M. Key, il lui faisait des caresses ; c'est dans ce moment, et après, que M. Key agita son mouchoir. Dans presque toutes les occasions où le témoin a vu M. Sickles ce jour-là, il pleurait et gémissait amèrement. Le témoin a vu M. Sickles vers deux ou trois heures, après la mort de M. Key. Il y avait deux officiers civils dans l'escalier. M. Sickles est monté à l'étage supérieur. Il y resta deux ou trois minutes. Ne sait pas avec qui il partit. Ne l'a pas vu pleurer alors ; M. Sickles paraissait très excité. Le chien de M. Sickles est un lévrier italien ; il s'appelle " DandyP Ne se rappelle pas que Mme Sickles se soit absentée dans le mois de janvier dernier.

Mme. W. Mann est examinée : A passé une partie du jour avec M. Key.

Le laissa près de Présidents Square.

Le vit agiter un mouchoir ; n'y vit rien de particulier. Etait alors avec une autre personne à qui elle dit le nom du défunt. Cette personne lui dit.... (La poursuite objecte à ce que cette conver-

sation soit rapportée.) M. Stanton demande à faire la question sous cette forme : " A-t-il été dit quelque chose au sujet de signaux 1 " (Le juge décide que cette conversation, entre le témoin et une autre personne, ne peut être rapportée.) Il fut fait une remarque au sujet du mouchoir, et mon esprit, dit le témoin, en fut impressionné.

Le Dr. Thomas Miller est examiné :

Il était présent lorsque M. Doyle a enlevé des poches des habits de Key, les objets qui s'y trouvaient — un portecartes, quelques papiers, etc. Témoin les mit dans une enveloppe et les adressa à M. Pendleton.

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