‹ Proces de l'Hon. Daniel E. Sickles accuse du meurtre de Philip Barton Key Procureur du district de Colombia a WashingtonChapitre 20 sur 24 · QUATORZIEME JOUR · texte numérisé non relu

QUATORZIEME JOUR

Mardi, 19 avril 1850.

M. Sickles reçoit la permission de se retirer avec le geôlier.

John Thompson examiné: — Ce témoin demeure à New- York. Il a été pendant quelque temps le cocher de M.

Sickles. Il décrit les habitudes de la maison de M. Sickles. Il ne sortait pas une fois avec Mme Sickles, sans que M. Key embarquât dans la voiture. Il ordonnait souvent d'aller dans les rues retirées. Lorsque M. Sickles était absent, M. Key était toujours rendu de bonne heure à la maison et restait jusqu'à une heure avancée de la nuit. — En mai 1858, un jour que M. Sickles était absent, je rentrai vers minuit. Etant monté l'escalier vers une heure du matin avec la servante, je m'arrêtai pour parler à celle-ci. Nous croyions avoir entendu sonner la sonnette, et M. Key

I ROCÈS SICKLEfc

et Mme Sir kl os sprtiïenl de la bibliothèque et vinrent voir à. la porte; il n'y

avait personne ; ils la refermèrent et rentrèrent dans la bibliothèque qu'ils fermèrent aussi à la clef, ainsi que l'autre porte de ce même appartement. Je restai où j'étais pendant quelque temps et j'entendis un certain bruit sur le sofa durant deux ou trois minutes ; la servante s'enfuit ; je lui parlais de ce bruit et elle ne voulut pas m'ècouter [Rires.] Il ne convenait pas qu'elle m'entendît.

J'allai me coucher. J e savais qu'ils n'étaient pas à accomplir une œuvre bonne [Rires.] — Le témoin rapporte ensuite les différentes occasions où M. Key et Mme Sickles se rencontraient, particulièrement celle d'une visite faite par M. Key et Mme Sickles au cimetière de Georgetown, où ils restèrent environ une heure, hors de la vue du témoin. — La transquestion ne produit rien de plus que l'examen-en-chef, excepté une rencontré qui eut lieu entre M. Key et Mme Sickles au moment où ils sortaient, à deux heures du matin, d'une soirée donnée chez le sénateur Gwin. M. Key monta dans la voiture avec Mme Sickles. La voiture traversa des rues retirées et s'arrêta devant le National HoteL Ils restèrent pendant une heure dans la voiture. M. Sickles était alors chez lui.

G. W. Emerson ayant été assermenté, il dit que son état est celui de boucher, et que M. Key est allé à son banc dans le marché, le jeudi avant sa mort ; il accompagnait Mme Sickles, qui lui remit son portefeuille pour payer le compte qu'elle devait au témoin.

John Cooney est assermenté : — Il est le cocher de M. Sickles depuis le 8 lévrier dernier. Sou témoignage consiste à rapporter les occasions où M. Key rencontrait Mme Sickles dans la rue et montait dans sa voiture.

M. Woolridge réexaminé : — Une enveloppe et une lettre lui étant montrées, il déclare avoir vu les deux au Capitol, entre les mains de M. Sickles, qui lui en lit deux ou trois lignes et ne put aller plus loin. — La poursuite objecte à la production de cette lettre ; la cour déclare, après lecture faite de ce document, qu'elle est comprise dans sa décision. Voici celle lettre :

• \V.\; bingtoN] 2 i février 1859.

■' Aon, Daniel Sickles,

"Cher .Moxsieur: — .levons adresse ces lignes avec un profond regret; mais un devoir indispensable me force à le faire, en voyant que l'on vous en impose tellement.

" Il y a un individu (felloic~), je puis dire, — car il n'est pas un gentilhomme en aucune manière, — du nom de Philip Barton Key, que je crois être le procureur du district, qui loue une maison d'un nègre du nom de John A. Gray, située sur la 15e rue, entre les rues K et L, dans aucun autre but que celui de rencontrer votre femme, Mme Sickles.

Il attache une ficelle en dehors de la fenêtre pour lui faire signe qu'il est dans la maison, et il laisse la porte débarrée et elle y entre.

" Avec ces quelques remarques (Jdnts) je vous laisse à imaginer le reste.

" Très respectueusement votre ami,

M. Brady dit qu'il veut prouver la déclaration du prisonnier immédiatement avant de laisser sa maison, et avant sa rencontre avec M. Key, afin de montrer la condition de son esprit et en induire qu'il n'est pas légalement responsable de l'acte. — La poursuite objecte. — M. Magrueder dit que la poursuite paraît vouloir supprimer la vérité, tandis que la défense cherche tout le contraire. La poursuite conduit cette affaire comme si votre honneur était un Minos ou un Rhadamanthe siégeant pour administrer un code brutal dans les régions de Pluton. — Le juge rappelle le conseil à l'ordre.

M. Carlisle dit que la poursuite n'a pas d'objection à ce que le conseil de la défense prétende que la poursuite conduit cette affaire d'une manière différente de la défense. — M. Magrueder dit qu'il répond à des remarques qui ont été faites par la poursuite. Il tait de nouveau allusion au lait que le ministère public emploie deux procureurs, et qu'une application a été faite auprès du premier magistrat des Etats-Unis pour en faire nommer d'autres encore. — Le juge dit. à M. Magrueder de ne pas faire allusion au premier magistrat, qui n'a rien au monde à voir dans cette affaire.

PROCES SICKLES

Après quelques explications personnelles de part et d'autre, M. Magrueder argue l'admissibilité de cette preuve pour montrer la condition mentale du prisonnier, et dit qu'elle est admissible à ce point de vue et à tous les autres points de vue.

M. Ould après avoir dit qu'en parlant de l'organisation théâtrale de la défense, il n'a voulu que plaisanter, déclare que la poursuite ne veut pas arguer la question, parce qu'elle l'a déjà suffisamment été.

Le juge admet la proposition de la défense, non pas comme faisant partie des res gestce, mais comme tendant à prouver l'insanité du prisonnier. Il insiste fortement sur le motif de sa décision.

M. Woolridge rapporte alors les entretiens qu'il a eus avec M. Sickles et la condition mentale de celui-ci, lors de la réception de la lettre anonyme, durant les jours qui suivirent et immédiatement avant la rencontre dont la mort de M. Key fut le résultat. Le témoin déclare qu'il n'a nullement connaissance que M. Sickles ait fait un discours dans la chambre des représentants, le jeudi avant l'événement.

Tous les autres faits rapportés par ce témoin l'ont été précédemment, soit dans son premier témoignage, soit dans le discours de M. Graham.

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