‹ Proces de l'Hon. Daniel E. Sickles accuse du meurtre de Philip Barton Key Procureur du district de Colombia a WashingtonChapitre 6 sur 24 · CINQUIÈME JOUR · texte numérisé non relu

CINQUIÈME JOUR

Vendredi, 8 avril 1859.

Thomas Woodward, coronaire, est assermenté. Il dépose et dit en résumé : J'ai fait une enquête sur le corps de Key. Un pistolet Deringer m'a été remis. Voici deux clefs et la boîte d'une lorgnette d'opéra trouvées sur le corps de Key, ainsi qu'un mouchoir de poche.

(Le témoin donne la description des blessures. Son témoignage s'accorde sous ce rapport avec ce qu'en a dit M. Ould, dans son adresse au jury. Les habits du défunt sont montrés au jury ; et les trous percés par les balles lui sont aussi indiqués. Cette partie du témoignage produit une profonde impression sur l'auditoire et les marques d'une vive sensation s'aperçoivent sur toutes les figures).

Le I)r. Coolredge est assermenté. — Il a fait un examen post mortem du corps de Key. Il décrit les blessures.

M. Ould lui demande si, d'après les lignes décrites par les balles dans le corps de Key , il pourrait dire dans quelle position se trouvait le défunt lorsque les blessures furent infligées.

La défense objecte à cette question. La cour décide qu'on a droit de la faire, la question étant d'un caractère et d'une importance purement scientifiques. Le médecin répond alors à la question et sa réponse s'accorde avec les dépositions des témoins sur la position dans laquelle devait être Key lorsque les blessures lui furent infligées. Une seule balle a été extraite du corps de Key. -Le témoin identifie cette balle au moyen d'une marque qu'il lui a faite lors de l'extraction.—Cette balle étant appliquée sur l'ouverture du canon du pistolet Deringer se trouve être trop grosse pour pouvoir y pénétrer, et l'ouverture du Revolver est encore plus petite que du pistolet Deringer, de sorte que l'accusé doit s'être servi d'un troisième pistolet. L'avocat de la poursuite demande au témoin s'il peut dire à quelle espèce de pistolet cette balle peut servir.

M. Brady objecte, ne croyant pas qu'un médecin soit compétent à juger des armes à feu.

M. Ould. — Oui, pourtant, s'il est un chirurgien de l'armée. Sans cela il ne pourrait remplir son devoir.

M. Brady. — Je crois qu'il peut remplir son devoir sans décharger d'armes à feu. (Rires).

La cour décide en faveur de l'objection faite par la défense.

La poursuite ayant subséquemment produit le pistolet Deringer et la balle pour faire partie de la preuve, la défense objecte à ce que le pistolet soit produit pour la raison qu'il n'a pas été identifié.

La cour décide que le pistolet ayant été trouvé à l'endroit où la blessure mortelle fut infligée, fait partie des res gestes, et le jury doit en prendre connaissauce.

Quelques moments après, la poursuite annonce que la preuve est close.

La défense demande que la poursuite soit requise d'amener certains témoins qui n'ont pas été assignés, tels que MM. BuUerworth, Robert J. Waiker et G.

Woolridge. Il cite, comme autorités, des incidents analogues qui se produisirent dans les fameux procès d'Edwards et de Herbert. Deux de ces témoins ont été examinés devant le coronaire et deux devant le grand jury.

La poursuite répond que le cas se trouve à la discrétion de la cour, la règle étant que, là où la raison n'existe plus, la règle cesse cTêti e applicable. M. Carlisle ajoute qu'il a eu de bonnes raisons pour ne pas assigner M. BuUerworth devant le grand jury même ; et que son intention est de conserver ces raisons dans son cœur maintenant et à.

toujours. Il pense, cependant, que les messieurs engagés pour la défense du prisonnier sont très bien au fait de ces raisons.

La cour décide alors que le fait de la comparution de M. BuUerworth comme témoin devant le coronaire n'oblige pas la poursuite à l'assigner comme l'un de ses témoins, non plus que l'afiïdavit qu'il a donné à la prison, vu que M. BuUerworth parait; en avoir agi ainsi pour rendre un service d'ami à l'accusé dans le but d'empêcher alors un examen complet de l'affaire. Quant à MM.

Waiker et Woolridge, le fait qu'il n'étaient pas prélats à cette malheureuse affaire est suffisant pour faire rejeter la

PROCES SVCKLES

VS

motion de la défense. D'alleurs, il n'y a rien qui prouve que leur comparution devant le grand jury se rapporte à la présente cause.

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