QUINZIEME JOUR
Mercnent, 20 avril 1859.
Le réexamen de M. Woolridge étant clos, John McElhone est appelé. N’étant pas présent, M. Brady dit qu’il voulait prouver par lui que Pannonce suivante avait été mise dans certains journaux de Washington, le 26 février :
“FR, P, G., qui a récemment adressé une lettre anonyme à un monsieur de cette ville, rendra une grande faveur à celui à qui cette lettre a été adressée en lui accordant une prompte, immédiate et confidentielle entrevue.”
L'examen du témoin est remis de consentement.
Albert À. McGaffey examiné : — M.
Brady ayant demandé au témoin, après quelques questions préliminaires, de rapporter une conversation qu'il ent
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SICKLES
avec M. Key au sujet de Mme Sickles, lors du bal Napier, la poursuite objecte à cette preuve. M. Brady dit que la defense veut prouver que ce témoin avait remarqué la conduite de M. Key, à l'égard de Mme Sickles, et qu'ayant dit à M. Key que le monde remarquait cette conduite, M. Key répondit qu’il avait une grande amitié pour elle, et qu’il était animé de sentiments paternels à son égard ; que, dans une conversation subséquente, le témoin ayant dit à M. Key qu’il s’attirerait des difficultés en raison de cette conduite, M. Key répondit, en mettant sa main sur le côté gauche de sa poitrine : “ Je suis préparé à toutes les éventualités.”?
M. Ould dit que ces conversations ne sont pas admissibles, n’ayant pas rapport à l’accusé e e paraissant pas lui avoir été commtr quées.
M. Brady argue l’admissibilité de cette preuve. M. Sickles a été représenté comme une armoirie ambulante et M. Key comme n'étant pas armé, et on a prétendu que M. Sickles le savait. Ce témoin montrera que M. Key a fait un geste duquel on doit induire qu’il était armé et préparé à se servir de ses armes dans le cas d’une collision.
M. Graham soutient aussi l’admissibilité de cette preuve qui, suivant lui, est une confession de l’adultère. La preuve de ladultère étant admise, pourquoi celle de admission de la culpabilité serait-elle rejetée. Le défunt n’a pas nié qu’il fât coupable, mais il s’est lui-même représenté tel que la poursuite a voulu représenter le prisonnier, en disant que c'était une armoirie ambulante. Non seulement la défense se propose de montrer que M. Key était à accomplir l’œuvre d’adultère, mais quil était même préparé à résister au sort qui attend justement l’adultère. Ces sortes d’intrigues n’ont qu’un but, la mort du mari; on en a un exemple frappant en ce moment à Albany (affaire Hartung). Cette preuve est admissible, non seulement parce qu’elle donne lieu à l’induction générale que le mari courait des dangers, mais encore parce que, dans ce cas particulier, l’adultère était armé pour résister au mari dans le cas où il interviendrait. Il faut aussi remarquer que cette déclaration fut faite sur la place Lafayette, en vue
“faire
de Mme Sickles, de la maison de M. Sickles, et dans le oursuite objecte temps où Key projetait la perpétration dy dit que la dé- | Qu tort pour lequel il a perdu la vie. ce témoin avait M. Carlisle répond que la défense de M. Key, à parait induire des décisions intervenues , et qu'ayant dit "précédemment que son honneur admet nde remarquait A doctrine de la vengeunce divine, tany répondit qu’il |» dis que la cour a admis la preuve de ié pour elle, et :ÆM'aduitère comme tendant à prouver entiments pater- \ l'insanité mentale du prisonnier. Il selans une conver- # ait curieux d’avoir l'opinion de M. émoin ayant dit Brady touchant cette doctrine, Son rait des difficul- honneur a rejeté l’objection de la pournduite, M. Key “Mguite au sujet du fait de l’adultère, mais main sur le côté ! 144 la condition que la preuve devait en ‘Je suis préparé "être fuite en connexion avec d’autres Ds faits, pour prouver l’aliénation du prionversations ne ©: #monnier. Cette preuve est offerte sur le l'ayant pas rap- rincipe de la vengeance divine. Son iraissant pas lui | y n’a jamais acquiescé à cette doctrine. Mais cette preuve est encore Lhbofferte: 1° Pour établir que M. Key était armé ; 2° Comme ayant été de pbature à faire croire au prisonnier qu’il était armé ; 3° Comme étant une meace. Ces raisons méritent d’être discura que M. Key tées. Il croit que des déclarations faites on doit induire dix ou douze jours avant l'évènement ré à se servirde me peuvent prouver que le défunt était une collision. “armé le vingt-sept février. Et que le aussi l’admissi- : défunt fût armé avant ce temps-là, cela ui, suivant lui, ‘p’importe pas. Ces déclarations n'ayant lPadultère. La pas été communiquées au prisonnier, on itadmise, pour- ‘ne peut en induire qu’il en a conclu | de la culpabi- ue le défunt était armé. Tout en ad- Le défunt n’a mettant La vérité de ces déclarations, le, mais il s’est elles ne prouveraient pas que le défunt l que la pour- était armé deux ou trois jours après. r le prisonnier, Qu'il fût armé ou non, cela n’a rien à e armoirie am- “faire avec l’innocence ou la culpabilité t la défense se: "du prisonnier. | M. Key était a © La question n’est pas de savoir s’il tère, mais qu’il tait armé, mais s’il s’est ser’ i de quelrésister au sort que arme. L'offre de cette preuve est adultère. Ces ait dans un cas d’hormicide que la déqu’un but, la ense prétend Jjustifiable et en exécua un exemple ion de la volonté de la divine provià Albany (af- lence ; elle est offerte dans le bui de uve est admis- montrer que c’est le défunt qui, le prece qu’elle don- «mier, assaillit où menaça le prisonnier. nérale que le C’est le seul usage que l’on puisse vou- $, mais encore oir en faire; Je ne vois pas que la déarticulier, l’a- fense puisse avoir d’autre but. Cepenésister au mari lant, cette preuve ne peut atteindre ce ndrait. Il faut Ibut. C’est tout simplement une dénégate déclaration tion et une déclaration qu’il serait prénavette, en vue paré à se défendre, en réponse à un
dmissibilité de es a été repréoirie ambulante tant pas armé, L Sickles le sa-
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avertissement qu'il pourrait être assailli.
Le conseil de la défense a paru insinuer que si le défunt avait défendu sa vie contre le prisonnier, il aurait transgressé la loi; et que s’il avait tué le prisonnier en défendant sa vie, cet acte aurait été équivalent à celui de tuer le shérif se tenant sur l’échataud pour exécuter le mandat de la loi. Il n’est pas nécessaire de discuter cet argument qui, s’il était fondé, tendrait à faire croire que, du moment que l’accusé sut que le défunt était coupable d’adultère, il exécutait la volonté de Dieu en le tuant ;qu’au point de vuedelaloiil n’était pas dans la paix des Etats-Unis ; qu’il était hors la loi; qu’il n'avait plus rien d’humain, mais qu'il était caput lupinum, de sorte que non seulement le prisonnier, mais qui que ce soit qui aurait eu connaissance de sa culpabilité, avait le droit de le tuer, n’importe où, et qu’en prenant la vie d’un autre, excepté en défendant la sienne, il aurait été coupable de meurtre.—Il exprime ensuite les impressions qu’il a eues lorsqu'il a entendu énoncer, pour la première fois, lu doctrine de la vengeance divine, croyant que c’était tout simplement pour ‘‘roduire un effet oratoire, etc.; mais 1l croit s’apercevoir que c’est un système, un jugement délibéré, que l’on s’est formé une théorie établie sur des principes d’éthiques, la théologie, et les principes fondamentaux de l’organisation sociale. De fait, c’est la formation d’une nouvelle secte touchant chacune de ces choses, une nouvelle sorte de socialisme, de sectarianisme et de jaurisme.
Dans la paix de Dieu et des Etats- Unis ne signifie rien autre chose qu’une personne est dans une condition à recevoir la protection de la loi.
Je concède donc que lorsqu'un homme commet l’adultère et qu’ilest pris sur le fait, 1l peut être traité comme une bête sauvage et tué, parce qu’il n’est pas dans la paix de Dieu et des Etats-Unis, Mais il me reste encore à apprendre de quelque juge ou par la lecture de quelque livre de loi, que de tuer l’aduitère par vengeance ou sur le principe de la vengeance divine, n’est pas un meurtre.
Je ne serai pas en arrière de mes adversaires dans la dénonciation de l’a-
dultère ; je ne serai pas en arrière d’eux pour admettre que c’est une des fautes les plus graves ; mais j’espèr: ne jamais avoir la volonté d’alléguer ou d’adimnettre la doctrine que lu société, prise en masse ou considérée individuellement, puisse punir cette faute par la violence.
Le juge, relatant alors la proposition de ln défense, telle que faite par M.
Brady, rejette cette proposition, d’abord parce que l’une des déclarations date d'aussi loin que le mois de juin 1858 et l’autre, d’une dizaine de jours avant l'évènement.
La coûr ne voit pas comment cela peut tendre à prouver que le défunt était armé,le 27 février, quand bien même ce fait serait matériel. Ensuite, cette preuve n’est pas admissible pour expliquer la conduite du défendeur, comme étant ce qui aurait pu le conduire à commettre l’acte. Cette conversation aurait tout aussi bien pu avoir lieu entre deux personnes étrangères à cette affaire, qui auraient discuté l’intimité existant entre Mme KSickles et M.
Key.
La cour ne voit pas comment cela aurait pu influencer la conduite du prisonnier. La cour déclare cette preuve inadmissible.
1. J. Brown étant ensuite examiné; dit qu’il a mesuré la maison de M.
Sickles et décrit la situatiou de la bibliothèque.
F. MecClosky est ensuite assermenté :
It fut témoin de l'évènement du 27:
février. Il se rendit ensuite à la maison de M. Sickles. Celui-ci était si excité que le témoin eut peur pour la femme de laccusé. IL avait lair d’un homme saisi d’une grande frayeur ; ses cheveux tombaient sur sa {.gure. Je formai immédiatement l’opimon, dit-il, qu’il ne pouvait être responsable de ses actes dans nn semblable état.—Témoin décrit ce qui se fit duns la maison durant le temps
que M. Sickles y resta avant de se ren-| dre à la prison—l’espace d’environ une |
heure.
le témoin ajoute les mots—vous savez.
Charles G. Bacon est examiné: Il:
produit un diagramme des environs de la maison de M. Sickles.
Après l'examen de John McDonald, le groom de M. Sickles, dont le témoignage porte sur deux entrevues relatées
A presque toutes ces phrases, |
SICKLES
par le cocher qui a été entendu comme témoin, M, Brady adresse la parole à la cour et annonce que la défense clôt sa | preuve.
Le procureur du district, relatant ce qui s’est passé lors de la discussion au {sujet de la question d’adultère et de la décision du juge, dit que la preuve du | commerce adultère ayant été admise et faite, il déclare franchement que la | poursuite retire toute objection qu’elle | pent avoir faite au développement de cette preuve et particulièrement à la confession de Mme Sickles.
M. Brady, après avoir dit que la |poursuite a dû se décider à faire cet offre a près y avoir mûrement réfléchi, dit que, rendu à cette étape des procédés, |nprès avoir eu à combattre, à chaque | pas, les objections que les esprits léguux | les plus subtiles et les mieux cultivés ont fait à la procédure de la défense, celleci fera comme les aborigènes qui acceptent la guerre immédiatement, mais | demandent le temps de réfléchir lors- | qu’on leur propose la paix. Il demande [jusqu’au lendemain matin pour se con- | sulter avec ses associés. Il ajoute que | M. Sickles désire qu’il déclare n’avoir contribué en rien à la publicité de la confession de Mme Sickles et qu’il le regrette profondément.
M. Ould donne quelques explications au sujet de la publicité donnée à ce do- :cument, et dit que la poursuite n’y a inullement contribué. Il n’a aucune objection à donner à la poursuite le temps de se consulter. La cour fait la même déclaration. M. Brady dit qu’il ne veut pas retarder les procédés et que la poursuite peut procéder à fairè sa contre-preuve.—M. Graham dit que la | poursuite aurait dû faire cet offre lorsque le juge décida que la preuve de ladultère était admissiblé, et non pas | lorsque lestémoins de la défense se sont dispersés aux quatre vents du ciel.
| L'effet de cet offre est d’embarrasser la | défense, presqu’autant que les objections faites par la poursuite.
M. Ould : — Ce n’est pas ce que nous ‘avons en vue.” M. Graham :—Qu’il en soit ainsi on : non, je nc le sais pus. Si la poursuite inous avait dit, lundi dernier : “ Nous | vous ouvrons les portes à deux battants ;
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et, relatant ce discussion au ultère et de la la preuve du été admise et ment que la ection qu’elle loppement de ièrement à la es.
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>s explications nnée à ce dooursuite n’y a | n’a aucune à poursuite le A cour fait la Brady dit qu’il rocédés et que der à fairè sa am dit que la cet offre lorsla preuve de lé,et non pas éfense se sont ents du ciel.
embarrasser la e les objections
as ce que nous
n soit ainsi ou Si la poursuite brnier : ‘ Nous deux battants ;
hissez entrer vos témoins,—alors cette proposition aurait été convenable,
M. Ould dit que la poursuite a choisi
“ce moment, parce qu’elle a cru que c’é-
“tait le meilleur et le seul convenable.
MN Le juge dit qu’il comprend que la défense répondra à cet offre le lende- "main au matin.
FN
et dit que cet offre ne devra pas être
M. Carlisle répond affirmativement
continué plus longtemps.
h L’'honorable G. Pendleton est asser-
menté de la part de la poursuite :—Est
beau-frère du défunt. Le second jour après la mort de M. Key, fit la visite de “In maison de la 15e rue. Il décrit la
Mimaison. M. Jones était avec lui. [1 trou-
. va un porte-cartes, une enveloppe contenant des cartes, des clefs, ete. Regretta beaucoup la mort de M. Key.
® M. Brady,après avoir montré les cartes
“au témoin, demande, de la part de M.
Sickles, qu’elles ne fassent pas partie du dossier, vu qu’elles portent les noms de personnes étrangères à cette affaire.—Ne sut que lorsqu'il l’entendit dire en cour, que la serrure avait été enlevée. Ceux qui ont dit qu’il avait voulu supprimer ms partie de la vérité en faisant ôter cette serrure se sont rendus coupables d'une infâme fausseté. (Lsgers applaudissements.] Envoya chercher un serrurier pour ouvrir la porte.
Le col. Charles J. Jones, avocat, étant assermenté, confirme le témoignage de M. Pendleton.
& M. Brady lui ayant demandé s’il n’a assisté la poursuite dans ce procès,
ïl répond qu’il a indiqué une ou deux “autorités à M. Carlisle. M. Brady dit 3 voulait le traiter avec tous les gards possibles ; mais qu’il devait dire quil n’était pas beaucoup nécessaire
+” indiquer des autorités à son confrère,
. Carlisle.— Le témoin dit ensuite Qu'il fut l’intime ami de M. Key, depuis #on enfance jusqu’à sa mort.
" M. Brady : — Je ne blâmerai jamais in homme d’être fidèle à un ami, aussi our qu’il mérite d’être respecté.
L’ex-sénateur Brodhead étant appelé,
“Be répond pas à son nom.