SEIZIÈME JOUR
Jevpi, 21 avril 1859.
L Entr'autres lettres anonymes reçues ar les avocats, de part ct d'autre, M.
SICKLIS
Brady en a reçu une d’une dame qui signe en caractères grecs “ Olympin Aiken,” et qui se donne comme “ l’un des membres de l’ordre de la fragilité — l’une des simples qui attend après l’ondulation de quelque mouchoir de poche masculin.” Cette lettre est datée de West Randolph, Vt., et appelle l'attention de M. Brady sur les extraits suivants du livre des “ White Lies ”:
“ Je ne veux pas voir de guêpes autour de mon miel. Si ma femme avait un amant, je ne sermonnerais pas la femme, à quoi ça sert-il ? Je tnerais l’homme, là et alors. Je le tueruis dehors ou ailleurs. Je le tuerais comme je tuerais un serpent. Si elle en prenait un autre, je l’enverrais trouver le prcmier et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il y en eût un qui me tut.”
Une autre lettre, adressée à M. Wilson, l’un des jurés, et aux soins du juge, produit une grande sensation. L’écriture en est absolument semblable à celle de la lettre anonyme reçue par M.
Sickles. Elle contient des insinuations d’une nature infamante à l’adresse de l’un des avocats de la défense. Le juge pourvoit à ce que cette lettre soit conservée dans le but d’en découvrir l’auteur.
M. Brady dit alors que la défense ayant pris en considération l'offre faite hier par la poursuite, déclare qu’elle ne l’accepte pas.
La poursuite continue sa contrepreuve. Une vive discussion s'élève au sujet du témoignage de Francis Doyle, que la poursuite veut de nouveau examiner au sujet de certains papiers trouvés sur la personne de M.
Key, après enquête du coronaire. La chose n’est pas importante en ellemême ; mais la défense veut que la poursuite se restreigne strictement à ce qui est matière à contre-preuve. La cour admet néanmoins la proposition de la poursuite, en autant que la preuve quelle veut faire tend à renverser la preuve faite par la défense. Le témoin dit que c’est le Dr. Miller qui a pris en charge les papiers en question. La-cour permet ensuite à la poursuite d’interroger le témoin sur les indices de la condition mentale de M. Sickles, immédiatement après l’homicide. Le témoin dit que Pexpression dont il se servit dé-
6 PROCES notait plus son excitation que sa contenance qui paraissait assez calme, M. Brady ayant demandé au témoin sil avait jamais été dans un nsyle de lunatiques, le témoin, évidemment blessé par cette question, demande la protection de la cour.
M. Ould :—Il ne veut pas dire comme pensionnaire, mais comme visiteur.
[Hilarité générale, que le témoin partage de bon cœur.]
Le témoin s'excuse, et M. Brady dit que ce serait à lui de s’excuser s’il avait voulu insinuer ce que le témoin a compris.
Le témoin répond négativement, et en réponse à une autre question, il dit que s’il voyait douze personnes dansant out assises tranquillement dans un asile d’aliénés, il ne pourruit dire lesquelles sont aliénées. Les habits de M. Key restèrent plusieurs jours au club ; personne ne fut empêché d'y avoir accès,
Albert Grreenleaf est examiné et confirme le précédent témoignage.
Jacob King, homme de police, confirme aussi le précédent témoignage et ajoute que M. Sickles lui parut ne pas être sous le coup d’une forte excitation, qu’il le trouva même extrêment froid.
Le témoin étant transquestionné, il dit qu’il n’a jamais visité un asile de lunatiques et que si les yeux de M.
Sickles avaient eu une expression toutà-fait différente de celle qu’ils ont ordinairement, il ne l'aurait pas remarqué, et qu’il croit ne pouvoir exprimer d’opinion sur l’expression particulière des yeux d’un aliéné.
L’ex-sénateur Brodhead et M. Mec- Elhone étant de nouveau appelés, ne répondent pas à leurs noms.
Charles Howard, beau-père de M.
Key, est ensuite examiné : Il produit une lettre écrite en chiffres, qui était, la veille, entre les mains de M, Pendleton. Ila transcrit cette lettre et il en lit la traduction. Le témoin ne pouvant dire par qui cette lettre a été écrite, la défense objecte à sa production, parce qu’elle ne peut être considérée comme une contre-preuve. Après une vive discussion, qui n’a rien d’important au point de vue légal, la cour exclut de lu preuve la lettre écrite en chiffres et Ja traduction de cette lettre,
SICKLES
paree qu’elles ne peuvent pas être considérées comme une eontre-preuve,
Wim. Duw, oflicier de police, est examiné : Ce témoin a été en comypugnie de M. Sickles depuis le moment de homicide jusqu’à ce qu’il eût été conduit à la prison. Rendu chez lui, M.
Sickles voulut aller en haut ; nous ne le laissâmes aller qu’à condition qu’il donneruit sa promesse de ne faire aucun mal à sa femme, Il répondit que ce n’était pas son intention. Il y resta environ cinq minutes. Je n’entendis ni gémissements, ni soupirs dans le salon. M, Sickles nous inuvita à prendre du brandy avant de partir pour la prison. Il n’y eut que lui et M. Butterworth qui en prirent,
James H. Suit, officier de poliee, confirme le témoignage précédent, mais n’est pus certain si c’est M. Sickles qui a offert du brandy et si l’accusé en a alors pris. Une grande foule suivait la voiture dans laquelle M. Sickles et le témoin étaient, en revenant de la demeure du juge Black.
J. H. McBlair examiné :—Ce témoin se rendit chez M. Sickles environ un quart d'heure après l'événement. Il donne les noms des personnes qui étaient là. Il était très excité; un officier de police lui dit qu’il était à craindre que la populace tirerait sur M. Sickles. M.
Suit dit qu’il pouvait tirer aussi bien que ces gens-là, M. Sickles puraissait être calme; témoin crut s’apercevoir que c'était le culme du désespoir, car il paraissait beaucoup souffrir intérieurement. C’est un homme doué d’un remarquable esprit de patience et capable de comprimer ses sentiments et de se contenir en apparence.
Col. Berritt, maire de Washington, est examiné : — Il se rendit à la maison de M. Sickles après l'évènement en question. Il dit à M. Sickles qu’il ferait mieux de se rendre à la prison où l’examen préliminaire aurait lieu. En apercevant M. Walker, il lui dit: “ Mille remerciements pour être venu,” et parla de son enfant, de sa maison déshonorée ; il pleurait beaucoup et gémissait; je lui conseillai d’être plus calme, qu'il fallait partir ; cet accès de douleur dura cinq où six minutes ; ses manières dénotaient un profoud désespoir. En partant il sembla faire des signes d’adieu à sa
rent pas être conontre-preuve, rx de police, est a été en comyuepuis le moment ce quil eût été endu chez lui, M, | huut ; nous ne le mdition qu’il donie faire aucun mal dit que ce n’était | y resta environ ntendis ni génrisins le salon. M.
rendre du brandy a prison. Il n’y iterworth qui en
1er de police, con-
précédent, mais . M. Sickles qui a accusé en a alors le suivait la voi- I. Sickles et le venant de la de-
iné :—Ce témoin :kles environ un Pévénement. Il sunnes qui étaient ; un officier de it à craindre que r M. Sickles. M.
tirer aussi bien Sickles puraissait crut s’apercevoir 1 désespoir, car il uffrir intérieurene doué d’un retience et capable timents et de se
Washington, est it à la maison de nement en queskles qu’il ferait à prison où l’exat lieu. En aper-
lui dit: “ Mille e venu,” et parla ison déshonorée ; et gémissait ; je lus calme, qu’il de douleur dura ses manières déspoir. Eù partant ncs d'adieu à sa
PROCHES SICKLES demeure. Je lui dis de ne pus parnitreprimer son opinion sur ce point, et fire attention à la foule, Il fit un ellort|cette opinion est que la propos ition de pour se calmer et parut ensuite un peu | la poursuite n’est pus admissible tevenu de son désespoir, | Une nouvelle pause a lieu, durant » Mile Ridgeley est rappelé :—Hlle dit! laquelle M, Ould a une consultation Qu'elle ne suivit pas le prisonnier lors- avec le juce, M, Graham et M, Brady il monta en haut.—M, Ould ditavoir |se consulient ensemble, L'anditoire dit appeler le témoin parce qu'il était attend avec un vif intérêt le résultat de Sous une impression contraire. |ces délibérations, l'impression étant que - Ja cour s’ajourne, {la question est de mettre laflaire entre sde les mains du jury sans urgumentation.
M, Curlisie s'adressant à Ja cour, dit que le juge ayant rejeté une proposition F | qu vient d'être faite touchant la preu- 4 CH. Winder, membre du barreau, !ve,-il ne reste à examiner, au sujet de ci la permission de donser des expli- !Paliénation, que les deux témoins congations au sujet du témoisznage de Doyle, tre lesquels des contraintes ont été “touchant les prier trouvés sur ln per-|émanées hier; sous ces circonstances,
DIXSEPTIÈME-JOUR,
Venbrepr, 22 avril 18:0
sonue de M, Key, [ln'a pue it au lil demande à la cour d'ajourner, où bien témoin qu'ils av: aient été trouvés lors «e [que 1: deux heures qui restent soient enquête du coronaire, | CP) ces à dis nter les instructions’ Joseph Dudrow étant rappelé, il dit {qu 1 est sur le point de soumettre. que M. Sickles ne lui a pas paru plus | [. Brady, "près avoir fait remarquer excité qu’un homme l’est dans une ‘1° /|tous les inc énicuts qui résulteraient
ou toute autre chose de ce genre, ‘d'une nouveile prolongation du procès, M. Delatield examiné: 11 dit que lete.. dit qu'il ne voit prs ce qui peut M. Sickles lui a EUR passablement de |rester à prouver touchiut la condition sanc-froid avant et après évènement. mentale de M, Sickles, Les témoins [remit son pistolet dans sa poche ot [qu'il reste à entendre sont bien de la archa d’une manière très-digne, Le | plus haute respectabilité, mais la pour. hombre de coups de feu qu'il tira lu: fit|suite ne peut aveir l'intention de con- “nes qu'il était de sang-froid,-— M, [tredire le RARE OR ATANRS rady dit que cela lui faitcroire le con-|ington. Le jury doit Maintenant être traire. Len position de rendre un ve relié é tntelli- Plusieurs témoins, grefliers où em- |gent et bien m AS é.—M, Carlisle ayant ployés du Congrès, sont examinés pour | dit que ces témoignages se rapportaient prouver que M. Sickles fit des dis cours [au momentoù M. * \ kles se rendit chez ublies le vendredi ei & samedi avant |le procureur-géntral, M, L rady dit que Ro rnenent du dimuis!:. La défense |ce qu ot importe au jury de savoir, c’est dit qu’elle est prête à l’admettre, car, | la condition mentale du pris onnier au Mo- ; “alors, M. Sickles, avait encore raison de | ment de l'acte. Or,quel que soit le degré croire que sa ferine n’était pas cou-|d’aliénation du prisonnier, au moment able. le l’hoinicide, sa e apac té int tellect uelle M. Carlisle informe ln cour qu'il n'était pas tout-à-fait éteinte; aussi le attend que la défense ait examiné une | fait que l'accusé s’est rendu chez : Je propro osition touchant une noi ivelle phase |cureur-général dans le bat de se livrer “de ia preuve. — Li impression géaérale [aux autorités ne peut être a tte est que cette proposition a trait à l’in- très légè :e importance.—M, Carlisle dit vestigation de la conduite de M, Sic kles, qu'il y eut une conversation entre l’acparticulièrement au sujet de son séjour |cusé et ces témoins et qu’il considérait à l'hôtel Barnun, à Baltimore, avec une | cette preuve comme très-importante.— dame.—MM. Brady, Graham et Ould} M. Brady dit que la défense ne veut pas e rendent auprès du juge,et discutent à |élaguer une partie de la preuve, mais
» voix basse la proposition ; des autorités | tout simplement signifier soh désir de
sont soumises et le juge en prend con- | voir cette affaire arriver à son terme le
naissance. — Le juge :—“* Pour de très- | plustôt possible.
onnes raisons, la conr ne fera qu’ex-} M. Chilton fait quelgnes remarque:
66 PROCÈS au sujet du délai demandé par la poursuite et insiste pour aue les instructions légales ne soient pas discutées avant que la preuve soit complètement close. Il dit exprimer le sentiment du prisonnier en ‘lisant qu'après l'audition de ja preuveet l’exposition qui a été donnée de| Ja loi, il lui semble que tout ce qui pourrait être dit ensuite ne saurait changer en rien lopinion du jury. Quant à luimême, il ne tient pas à remplir dans cette affaire la partie qui lui a été assi-| gnée, queiqu’elle soit très-honorable.
M. Ould dit que, quand les instructions de la défense et de la poursuite auront été soumises à son honneur, etqueles questions de loi auront été expliquées au jury par le juge, la poursuite acceptera cette proposition avec empressement.
La poursuite croit qu’il appartient à son | honneur de régler toutes les questions de loi que comporte le présent cas, sous la forme d'instructions au jury.
La cour accorde jusqu’au lendemain matin à la poursuite peur l'examen des deux témoins assignés,
La poursuite, à lu demande de la défense, produit ses “ instructions”? an jury.
Les instructions de la poursuite peuvent étre résumées en deux lignes: Si le jury | est convaincu que i'accusé a tué Philip Barton Key avec intention préméditée, parce que celui-ci avait eu, à une époque antérieure à l’évènement, un commerce adultère avec lu femme de laccusé et qu’il n’a reçu lors de l'évènement aucun assaut de la part du défunt, il
doit être déclaré coupable de meurtre. |
Mais si le jury est convaincu, après avoir pris en considération la preuve faite en ce cas, que le prisonnier était
la poursuite, que l’homicide était justifinble ou excusable, l'accusé ne peut être convaincu de meurtre ; 4° si le Jury croit que M. Sickles, lors de l’homicide, avait l'intention de tuer M. Key, il ne peut être convaincu de manslaughter ; 5° c'est au jury de déclarer si, sous toutes les circonstances du cas actuel, l'acte dont est accusé M. Sickles est un meurtre ou un homicide justifiable ; 6?
si le jury croit que M. Sickles a tué M. Key tandis que eelui-ci avait des rapports adultères avec Mme Sickles, il ne peut être trouvé coupable ni de metutre, ni de #anslaughter ; © si le jury croit que M. Sickles m'avait pas conseience de ses actes et n’était pas sain d'esprit lorsqu'il tua M. Key, il west pas en loi coupable de meurtre ; 8° si le jury croit que l'esprit de M.
Sickles était troublé en raison de la conduite de M. Key, et que pour cette rai-
|son, il ne croyait pas commettre un
crime, il n’est coupable d’aucune offense quelconque ; 9° c’est le jury qui doit décider si le prisonnier était dans une condition mentale propre à lui permettre de juger de la criminalité de l’homicide, au moment où 1l fut commis, et quelle était la position des parties respectivement et si toutes deux étaient armées lors de l'évènement.
Ces questions sont du ressort du jury ainsi que toutes celles qui resssortiront de la considération de la preuve.
10° la loi n’exige pas que l’aliénation, qui absout du crime, existe pour aucune période définie, mais seulement qu’elle existe au moment que l’acte dont est [accusé À, Kickles est commis ; 11° sile jury a quelque doute dans le présent
aliéné lors de la cominission de Pacte, VPacte n’a pas été malicieux et intentionel.
Les avocats de la défense eurent une conférence immédiatement après l'a-
journement de la cour et préparèrent les | instructions suivantes :1° [ln°y a pas pré- | somption de malice, si “ J’atténuation,” | & excuse,” ou la “ justification” ressor- | tent de la preuve de la poursuite ; 2° Ja |
malice n’est pas présumable si, de la preuve qui a été faite, il ressort que l’'homicide était justifiable ou exceusable, ou était un acte d’homicide simple (#0nstaagnter) ; 3° si une hypothèse rationelle
peut être induite de la preuve faite par
cas, soit à l'égard de l’homicide ou de {la question de laliénation, M. Sickles | doit être acquitté. — Un grand nombre | d’autorités sont indiquées au soutient de chacune de ces propositions.
DIXHUITIÈME-JOUR.
| SaxEpr, 23 avril 1859.
L'ex-sénateur Boadhead étant enfin présent, il est examiné par M. Carilisle:—{fe connais M, Sickles, mais non pas intimement, Je le vis le jour de l’ho- |micide, J'étais avec mon ami, M. Hadlemar, en visite chez le juge Black. Nous attendions dans le salon d'entrée, quand
M.S en ti boue allait le pa:
ver, :
(M. ] porte n’éta nue | ment j'ente il se vant nute très-c qu’il prése n’est assez moi © amis étion magi manc cauti mais elle 1 sait, pu fa MM.
Quel était “ Oui dans dans excit que & parti C’es mom M lé, il La et ob tem défer COpI truct dit À
ustipeut > Jury icide, il ne hter ; sous tuel, st un e; 6?
à tué t des les, il i de si le t pas t pas Y, il irtre ; e M.
à cone raire un offenui doit s une rrmethomilis, et s restaient
u jury tiront
ation, ueune qu’elle nt est |” sile résent ou de ickles ombre ent de
, enfin . Car- \is non e l’ho- Hadle- . Nous quand
M, Sickles entra. Je lui donnai la main et le présentai à M. Hadlemar, qui causa quelques instants avec M. Sickles au sujet des affaires politiques de la Pennsylvanie ; je ne sais pas qui a commencé la conversation. Ayant fait remarquer à M. Sickles qu’il n'avait pas été heureux en traversant la rue,à en juger par la boue qu’il avait sur ses bottes, il dit qu’il allait y porter remède, ce qu’il fit dans
le passage. M. Hadlemar me fit obser-|
ver, après qu’il eut laissé la chambre...
(M. Brady dit au témoin de ne pas rapporter cette conversation, si M. Sickles n’était pas présent.) M. Sickles, continue le témoin, revint presqu’immédiatement, mais à peine s’était-il rassis que j'entendis le bruit de pas dans l'escalier ; il se leva immédiatement et alla au devant du juge Black, pensais-je ; une minute ou deux après, le juge Black entra très-excité ; Je lui demandai qu'est-ce qu’il y avait... (M. Sickles n'étant pas présent à cela, cette autre conversation n’est pas rapportée.) M. Sickles entra assez longtemps après ; M. Hadlemar et moi allèmes à lui; comme il était sans amis, M. Hadlemar lui dit que nous étions prêts à aller avec lui devant un magistrat ; M. Hadlemar lui ayant demandé si cétait une offense sujette à caution, il répondit qu’il ne le savait pas, mais que si tous les faits étaient connus, elle le serait, et il ajouta : “ Car Dieu le sait, je suis justifiable,”? ou : “ Je nai pu faire autrement.” Dans ce moment MM. Gillette et Butterworth entrèrent.
Quelqu'un ayant demandé si M. Key était mort, M. Butterworth répondit:
“Oui,” et M. Sickles dit quelque chose
dans ce sens: “ Un misérable de moins!
dans le monde,” et il me parut trèsexcité ; la voiture étant arrivée, ainsi que ses amis de New-York, M. Sickles partit ; M. Hadlemar et moi restâmes.
C’est tout ce dont je me rappelle en ce moment.
M. Hadlemar étant de nouveau appelé, il ne répond pas à son nom.
La poursuite déclare sa preuve close et obtient la permission de prendre le temps d’examiner les instructions de la défense, dont M. Carlisle n’a reçu une copie que très tard la veille.
La poursuite donne lecture des‘ instructions” suivantes, copiées verbatim, dit M. Carlisle, des instructions données
SICKLES 67
par son honneur, dans le procès de Day.
Nous les résumons :
L’action de tuer implique la malice en loi et est un meurtre.
C’est à la défense de renverser la présomption de l’homicide par la preuve qu’elle peut être en position de faire.
Toute personne est présumée saine d'esprit Jusqu'à ce qu’elle ait prouvé le contraire,
Si le jury croit qu’il y a eu commerce adultère habituel entre le défunt et la femme de l'accusé, et et que peu de temps avant la commission de l’acte, le défunt fit des signaux dont le prisonnier fut témoin, et que, influencé par cette provocation, le prisonnier tua le défunt, cette provocation ne justifie pas Pacte ou ne le réduit pas du crime de meurtre à celui de manslaughter.
La discussion est alors ouverte par M.
Carlisle sur les instructions offertes par la défense, et se continue durant près de trois jours. MM. Ould et Carlisle, du côté de la poursuite, et MM. Staunton et Brady, du côté de la défense, prennent successivement la parole, et traitent d’une manière particulière et avec des succès d’éloquence qui font le plus grand honneur an barreau américain, les difitrents points compris dans les instructions précédentes, la pluspart desquelsavaient déjà été habilement discutés, quoique ce fût incidentellement.
VINGTIEME er DERNIER JOUR.
Manpr, 36 avril 1859.
M. Ould, ayant employé une partie de ce jour à répliquer à M. Brady, clot la discussion, et le juge Crawford adresse ensuite la parole au jury.
MM. les jurés : La cour a été requise de donner au jury certaines instructions, tant de la part des Etats-Unis que de la part de la défense. La première instruction demandée par les Etats-Unis à trait à la partie particulière de la loi à laquelic elle se rapporte,et estaccordée avec quelques remarques explicatives touchant l’aliénation, point auquel cette “ prière?
fait en dernier lieu allusion. Un grand juge anglais a dit, lors du procès d’Ox- | ford, accusé d’avoir tirésur la reine d’An- |#leterre, vol. 4, Carrington and Painc's | Reports, p. 533 : “ Que si le prisonnier lagit sous le contrôle de quelque cause
Leone ne re ee cam
contrôlante, qui fut réellement le pouvoir qui le fit agir et auq uel il ne put |!
résister, alors 1l n’est pas respons: ble.
Et encore: La qi iestion est de savoir s’il agissait sous le coup d’une aliénation propre à vous conva li i la nature, le caractére et les co
ces de l'acte qu’il commettait,? ou en d’autres mots, s'il était sous leifet d'une maladie mentale et n'avait réellement pas conscience
mettait lact
: $ COUpELDI > u
etenv
aux autres devoir. Au c
ictions
æ Î La preniere est en ces termes— Vide p. 66.
Il y a, messieurs, une présomption iégale de malice dans tous les cas d’ho-
micide déhibéré, et le soin de détruire
cette présomption appartient a l'accusé, xeenté que l’atténuation, la mitivation.
SICKLES
Pexense ou la justification, ressortent de la preuve faite contre lui, L’atténuation, la mitigation, l’exeuse ou la justification doivent ètre telles que prescrites par la loi et dans les limites déjà établies dans les instructions qui vous ont été données.
irai, à l'egard de la seconde instruction demandée par la défense: La réponse à la première instruction doit étre considérée en même temps que la réponse à la seconde instruction : “ Si, en raisonnant d'une manière consistante la preuve” et la loi — telle par la cour—et les règles d’ales on peut s'assurer de ce rovocation légale, la justifix , Vous en arriviez à la "a telle justification ou l'homicide était mansprésomption de marie tout acte de tuer un détruite. Vous vous le manslaughter est ‘7 un homme sans malice.
isi instruction de la défense
te à la même réponse.
ur maccorde pas la quatrième manslaug.ter peut exister et Le le plus fréquemment lorsque Paca eu l’inteution de tuer, mais sous irconstances qui restreignent la
pricre ne peut être l'appartient au jury de ns de fait, et que la
ler les questions de loi, est du devoir du jury de la cour ; etc'est l'attribution roit | du jury de rendre un
de coupable où x de non-coupable ou d homi ide simple (aanssuivant la preuve et la loi
its